Si vous hésitiez entre la mer ou la montagne, le Monténégro est assurément le pays qu'il vous faut ! Cette nation balkanique a les deux en stock, offrant une diversité de paysages et d'activités à couper le souffle. En moins de deux heures de route, le voyageur peut passer des alpages verdoyants et des forêts profondes aux plages souvent bondées de l’Adriatique, où la jet-set américaine recommence à venir parfaire son bronzage. La région mêle une nature grandiose à un patrimoine historique et culturel d’une grande richesse, façonné par les influences vénitiennes et autrichiennes. Ses villes et ses paysages sont d’ailleurs inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
La Splendeur de la Baie de Kotor : Un Patrimoine Mondial entre Eaux et Montagnes
La baie de Kotor, surnommée le « fjord le plus méridional d’Europe », dessine un paysage spectaculaire où les montagnes abruptes plongent directement dans les eaux calmes de l’Adriatique. Cette baie, qui est en réalité un ria composé de plusieurs golfes, s’enfonce sur près de 28 kilomètres à l’intérieur des terres, créant une ambiance unique et préservée.
Kotor, le Cœur Historique de la Baie
Kotor, qui donne son nom à la baie, est sans aucun doute le cœur historique et touristique de la région, et d'ailleurs souvent le seul endroit visité au Monténégro, parfois grâce à un petit aller-retour rapide depuis Dubrovnik. Établie autour d'une baie, cette ville médiévale entourée d'une muraille recèle un grand nombre de magnifiques églises et fortifications bien préservées. Inscrite au patrimoine de l’UNESCO, cette commune vallonnée séduit les visiteurs par son ensemble de remparts médiévaux, qui comprennent les anciennes portes, tours et murs entourant la municipalité. La vieille ville (Stari Grad) de Kotor est un véritable labyrinthe de ruelles pavées, de placettes pittoresques et de palais vénitiens. Chaque ruelle en pierre polie raconte une histoire, bien qu'il faille faire attention quand il pleut car ça glisse !
La muraille de la vieille ville de Kotor traverse les collines bordant le centre historique, offrant une protection séculaire et des vues imprenables. La nuit, elle est superbement illuminée, créant un spectacle magique où le reflet des lumières de la muraille dans la baie semble compléter la boucle autour de la commune. N'hésitez pas à gravir cette structure pour profiter d'une vue inoubliable sur les toits rouges de la ville et les montagnes verdoyantes environnantes. Les remparts sont ornés d'éléments architecturaux intéressants comme la porte Gurdić du XVe siècle, la porte de la Mer, la porte de la Rivière et la tour Kampana du XIIIe siècle. En son sein, le quartier triangulaire de la vieille ville de Kotor est à ne pas manquer si vous souhaitez avoir un aperçu de la riche histoire locale.
De retour au centre-ville, plusieurs sites méritent une visite approfondie. L'impressionnante cathédrale Saint-Tryphon, édifiée au XIIe siècle, présente des touches romanes et gothiques qui témoignent des différentes époques de sa construction et de son influence architecturale. Également digne d'intérêt, l'église Saint-Nicolas est le plus grand lieu de culte orthodoxe de la municipalité, offrant un contraste architectural et religieux. Enfin, si vous souhaitez en savoir plus sur le passé marin de Kotor, vous apprécierez le Musée maritime du Monténégro, qui abrite des collections fascinantes.
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Conseils Pratiques pour une Visite Réussie de Kotor
Kotor n'est pas juste une escale de croisière ni une "alternative moins chère à Dubrovnik". Et ce n'est certainement pas une ville qu'on expédie en quelques heures. Pour moi, c’était la première étape d’un voyage de deux semaines dans ce petit pays des Balkans, et l'expérience fut marquante. Kotor est spectaculaire quand on entre dans la baie : la route serpente entre les montagnes qui deviennent abruptes, et l’eau se referme autour de vous comme un lac géant entouré de murailles naturelles.
Pour profiter pleinement de l'atmosphère de Kotor et éviter les foules, il est fortement recommandé de planifier votre visite. Le meilleur moment pour visiter Kotor est d’octobre à mai, afin d'éviter les foules estivales européennes et les grosses chaleurs. Le printemps (avril-mai) et l’automne (septembre-octobre) sont considérés comme les saisons idéales pour apprécier la ville sans la cohue des croisières estivales. En été, la chaleur peut être intense dans la vieille ville et les rues sont très fréquentées. Les hivers vont quant à eux de doux à froids, avec des températures approchant le point de congélation. Juillet est la période la plus chaude et la plus sèche de l'année.
La vieille ville étant classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle attire de nombreux visiteurs. Pour éviter la foule des bateaux de croisière qui accostent, visitez la vieille ville tôt le matin avant 9h30. Ce créneau permet de flâner dans les ruelles et de monter aux remparts dans une ambiance plus sereine. Le soir, l'ambiance change et la ville redevient charmante après le départ des groupes. Le meilleur moment est vraiment au lever du soleil. En effet, entre 10h et 16h, lorsque plusieurs bateaux accostent, la vieille ville est bondée. En été, la montée aux remparts sous le soleil peut être intense, il est donc essentiel de partir tôt et d'apporter beaucoup d’eau.
Côté hébergement, si en haute saison les appartements dans la vieille ville peuvent grimper rapidement, surtout s’ils ont vue sur les toits ou la baie, beaucoup de gens préfèrent séjourner dans les environs de Kotor, en particulier s'ils disposent d'une voiture, car cela revient moins cher. Plusieurs auberges de jeunesse proposent des dortoirs et chambres privées au cœur de la ville et à Dobrota. Un conseil important : il est préférable de ne pas dormir dans la vieille ville en haute saison, car les restaurants font du bruit jusqu’à tard.
Kotor n’est pas immense et n’est pas flashy, mais c’est une ville dense d'histoire, de panoramas, et d'escaliers qui "brûlent les mollets". Les escaliers sont partout, entre la forteresse San Giovanni et les ruelles pentues, prévoyez de bonnes chaussures. Pour apprécier pleinement la baie, il est recommandé d'y passer au minimum une nuit, deux idéalement, et même plus si vous aimez prendre votre temps et explorer la baie sans courir. Trois jours sont considérés comme idéaux : une matinée pour la vieille ville (avant 9h30 pour éviter les croisières), une journée pour le tour des bouches en bateau et une journée pour Lovcen et Perast.
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En ce qui concerne la restauration, les restaurants dans Kotor même sont souvent très touristiques. Il est souvent conseillé d'aller manger dans les environs des bouches, où l'on peut trouver des établissements plus authentiques, parfois "les pieds dans l’eau", avec une vue sur les bouches et d'excellents poissons à des prix raisonnables.
Les Activités Nautiques de la Baie : Entre Plaisirs Marins et Aventures Aériennes
Le littoral monténégrin, avec un quart de ses 293,5 km de côtes souligné de plages (72 km au total, très officiellement au nombre de 117), offre de jolis croissants de sable entre des caps rocheux veillés par les pins, ou des criques de galets chauffés par le soleil. Beaucoup de ces plages mêlent les deux, rendant sandales ou chaussons de plongée bien utiles pour ne pas se faire mal aux pieds.
La baie de Kotor est cependant "carrément minérale" : ici, pas d’arène moelleuse, mais des pontons, le plus souvent privés, qui permettent de se tremper les orteils. Malgré cette particularité, la température de l’eau a tout pour plaire : elle n’est jamais moins de 20-21 °C en juin, et peut atteindre jusqu’à 27-28 °C à la fin août dans les zones les mieux protégées. Ajoutons à cela un temps au beau fixe presque tout l’été et une bonne visibilité sous-marine (15 à 50 m), qui enchantera les amateurs de plongée. Les falaises calcaires sont percées de nombreuses grottes marines à explorer, les herbiers grouillent de vie et les épaves, dont celle du yacht du roi Nikola, se ramassent à la pelle (on exagère juste un peu, mais elles sont bien présentes).
Le Parachute Ascensionnel et l'Éventail des Sports Nautiques
L'ensemble du littoral monténégrin, et par extension les zones touristiques de la baie de Kotor, mettent à disposition tout l’éventail des sports nautiques classiques. Que vous soyez adepte de sensations fortes ou de loisirs plus paisibles, vous trouverez de quoi vous divertir. Le ski nautique, la planche à voile (particulièrement populaire à Ada Bojana), le jet-ski, la voile, la pêche en mer, le « banana boat » et bien sûr, le parachute ascensionnel, font partie des joyeusetés offertes. Le parachute ascensionnel, permettant de s'élever au-dessus des eaux de la baie, offre une perspective unique et des vues spectaculaires sur le littoral et les montagnes environnantes, combinant l'excitation de l'altitude avec la beauté du paysage côtier. Les eaux abritées de la baie sont également idéales pour la pratique du kayak ou du stand-up paddle, offrant une perspective différente et plus intime sur les villages côtiers et les montagnes.
Pour ceux qui souhaitent simplement se rafraîchir, il y a une petite plage le long de la promenade pavée à l’extérieur de la vieille ville. Cependant, il ne faut pas s'attendre à du sable blond, elle est plutôt rocailleuse. À Kotor, il n’y a pas vraiment de plage au sens traditionnel ; les gens se baignent souvent depuis un bout de béton, et dès qu'un accès à la mer est possible, il y a foule. C'est à la limite bien juste pour se rafraîchir quelques minutes, mais c'est tout.
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Les excursions en bateau sont une manière privilégiée de découvrir les paysages de la baie. De nombreuses excursions permettent de visiter les îles emblématiques de Perast, d’atteindre la grotte bleue (Plava Špilja) pour une baignade dans ses eaux fluorescentes, ou encore d’explorer d’anciens tunnels à sous-marins creusés dans la roche, témoins d'un passé stratégique. L'une des meilleures expériences est de contacter un capitaine local pour découvrir les bouches depuis l’eau tôt le matin. Par exemple, il a été possible de voir Notre Dame des Rochers seuls, avant l'arrivée du premier ferry, puis d'être déposés à Perast avant la foule et d'éviter la galère de parking, pour ensuite nager au milieu du fjord. Il faut bien partir à 8h dernier carat pour en profiter pleinement.
Au-delà de Kotor : Perles de la Baie et Panoramas Montagnards
La découverte de la baie de Kotor ne se limite pas à la ville éponyme. L'exploration de ses cités historiques qui bordent le littoral révèle d'autres trésors.
Plus loin dans la baie, le village de Perast offre une atmosphère paisible, avec son front de mer bordé de palais baroques et de clochers élégants. Face au village se trouvent deux îles emblématiques : l’île Saint-Georges, qui abrite une abbaye bénédictine, et l’île artificielle de Notre-Dame-du-Rocher (Gospa od Škrpjela), surmontée d’une église et d’un petit musée. Cet îlot minuscule et fascinant mérite une visite. Des visites guidées sont proposées pour en savoir plus sur les œuvres d'art fascinantes qui se trouvent sur place. Le stationnement est très difficile à Perast, ce qui renforce l'intérêt d'une visite en bateau. Un site pour le coup pas du tout touristique, mais qui vaut le coup d'œil rapide, car les peintures rupestres sont vraiment super bien conservées, est également à découvrir dans les environs.
À l’entrée des bouches, la ville d’Herceg Novi se distingue par sa végétation luxuriante et ses nombreuses forteresses, comme Kanli Kula et Forte Mare, qui témoignent de son passé stratégique et de sa position clé sur l'Adriatique. Enfin, Tivat présente un visage plus moderne, avec sa marina Porto Montenegro qui accueille des yachts de luxe, tout en conservant des plages et des hameaux plus discrets dans ses environs, offrant ainsi un contraste intéressant.
La géographie unique de la baie de Kotor se prête également à de nombreuses activités de plein air offrant des vues panoramiques saisissantes. Plusieurs sentiers permettent de prendre de la hauteur pour admirer la grandeur du paysage. Le plus célèbre est sans doute l’« échelle de Kotor », un ancien chemin muletier qui relie la vieille ville de Kotor au parc national de Lovćen par une série de lacets escarpés, offrant des panoramas à couper le souffle à chaque tournant. La péninsule de Vrmac, qui sépare les baies de Kotor et de Tivat, propose également des sentiers balisés à travers les forêts, menant à d’anciens forts et offrant des points de vue spectaculaires sur les deux côtés de la baie.
En complément du parachute ascensionnel en mer, un mot encore sur le parapente, pratiqué en été depuis plusieurs sommets dominant le littoral. Des sites tels que Brajici près de Sveti Stefan offrent une belle vue sur l’île. Le Vrmac, au-dessus de Kotor, et Dizdarica, à l’arrière de Herceg Novi et du mont Lovcen, sont d'autres points de départ privilégiés, offrant une très belle vue sur la baie de Kotor à la clef. Ces activités aériennes permettent d'embrasser l'immensité et la beauté de la région d'une manière totalement différente.
Le Cœur Monténégrin : L'Appel de la Montagne et de la Nature Sauvage
Côté montagne, un vaste terrain de jeux : voilà comment on pourrait décrire le cœur du Monténégro. Forêts, alpages, pics alpins, canyons profonds, torrents tumultueux et lacs sereins offrent de nombreuses possibilités de randonnée et de découverte dans une région de toute beauté, encore trop ignorée de la grande majorité des Européens. Le Monténégro mise beaucoup sur le développement des infrastructures touristiques en montagne et la formation des guides, rendant ces expériences de plus en plus accessibles.
Les Parcs Nationaux : Gardiens de la Biodiversité
Le pays possède cinq parcs nationaux qui couvrent 8 % du territoire national, et depuis le classement en parc national du parc Prokletije, à la frontière avec l'Albanie, le Monténégro dispose de près de 20 % de son territoire protégé. Sa faune et sa flore comptent plus de la moitié des espèces monténégrines, et le parc est aussi réputé pour les habitations traditionnelles.
Parmi eux, un parc est classé au patrimoine mondial par l’UNESCO : le Durmitor. Celui-ci englobe à la fois le massif du Durmitor, le fantastique canyon de la Tara, le deuxième plus profond du monde, et 18 lacs glaciaires splendides. C’est un paradis pour les amateurs de nature où l'on croise encore (avec beaucoup de chance quand même) loups, ours, lynx et loutres.
Les autres parcs nationaux sont tout aussi remarquables :
- Biogradska Gora conserve l’un des trois derniers pans de forêt primaire d’Europe, encerclant un magnifique lac.
- Le parc du Lovcen, montagne symbolique, surplombe directement les bouches de Kotor. C'est un lieu d’importance culturelle et naturelle, abritant au sommet de son pic Jezerski Vrh le mausolée du poète et souverain Petar II Petrović-Njegoš, accessible après l’ascension de plus de 460 marches. Pour se rendre au Mont Lovcen, il faut emprunter la route appelée la Serpentine. La route est un peu étroite, mais cela se fait bien en voiture. Il y a même des bus qui empruntent cette route, mais là franchement on a trouvé ça limite irresponsable… Google Maps n’offre pas cette route en itinéraire, mais il faut vraiment l’emprunter car les vues sont à couper le souffle. Si vous avez le temps, profitez-en pour faire des randonnées à Lovcen, sinon profitez des vues superbes depuis le mausolée.
- Le parc du lac de Skadar, quant à lui, est un refuge d’une très riche avifaune, avec plus de 280 espèces recensées, ce qui en fait un site d'observation ornithologique de premier plan.
Activités en Montagne : De l'Escalade au Ski
Le Monténégro est un véritable paradis de la randonnée. Le seul parc du Durmitor compte plus de 2 000 km de sentiers balisés et une quarantaine de sommets de plus de 2 000 m à escalader. Certes, ce ne sont pas des altitudes très alpestres comparées aux Alpes, mais l’impression y est - on part simplement de plus bas. Ne manquez pas la balade facile jusqu’au Crno Jezero (« lac Noir ») et, dans le parc Biogradska Gora, celle qui conduit au lac. Ceux qui veulent se mesurer aux chemins et pics locaux feront bien de se procurer sur place le guide "Mountains of Montenegro" (Cicerone Guide, en anglais), un outil précieux pour planifier vos expéditions.
Les plus audacieux étudieront les multiples options en matière d’escalade et de spéléologie. Des voies pour free climbers ont été tracées dans de nombreux coins du pays. Les plus téméraires (on n’a pas dit cinglés) mettent le cap sur le canyon de la Komarnica et, plus précisément, sur la section baptisée Nevidio (« invisible »). Les gorges, larges par endroits de seulement 25 cm (!), n’ont été explorées qu’en 1965, témoignant de leur caractère sauvage et inhospitalier.
Classique d’entre les classiques, le rafting sur la Tara permet de pénétrer dans le cœur du canyon, inaccessible autrement. La concurrence est rude entre les agences, offrant un large choix. Vous pourrez choisir entre des descentes d’un, deux ou trois jours pour des tarifs raisonnables. La version longue permet de parcourir l’intégralité du canyon, qui s’étend sur 78 km. La plus courte, qui ne dure qu’environ trois heures, se fait sur l’une des sections les plus spectaculaires. Falaises atteignant 1 100 m de haut, cascades à foison, rapides pas trop méchants : on ne saurait trop vous conseiller l’excursion. La Tara se prête aussi au canyoning, un sport en vogue qui combine marche, nage, sauts et descente en rappel. Certains opérateurs proposent également le rafting sur la rivière Moraca.
Pour les amateurs de sports d'hiver, les bonnes années, de novembre à mai, on peut faire du ski sur les pentes du Durmitor, du Bjelasica et du Sinjajevina. La tradition ne date pas d’hier : le premier à s’aventurer dans le coin fut un Norvégien, en 1893 ! On peut s’installer et louer du matériel à Zabljak (Durmitor) d’un côté, Kolasin (Biogradska Gora) de l’autre. C'est une bonne occasion de chausser les skis sans faire la queue… mais il ne faut pas s'attendre à des stations proposant 200 km de pistes et des remontées ultramodernes. Le snow-board et le ski de fond sont également au programme. Ceux que ça amuse pourront même skier l’été au Durmitor (Debeli namet), mais, il faut bien l’avouer, cela ne vaut pas les glaciers de Zermatt.