L'histoire de la marine romaine à voile est une saga fascinante, tissée d'innovations, d'adaptations et d'évolutions stratégiques. Des modestes débuts à la domination de la Méditerranée, la marine romaine a joué un rôle crucial dans l'expansion et la consolidation de l'empire. Cet article explore les différentes facettes de cette histoire, en s'appuyant sur des sources historiques et des découvertes archéologiques.
Les Origines de la Marine Romaine
Contrairement à d'autres civilisations maritimes de l'Antiquité, Rome n'était pas initialement une puissance navale. Son expansion initiale s'est faite principalement par voie terrestre. Cependant, la nécessité de faire face à la puissance navale de Carthage lors des guerres puniques a contraint Rome à développer rapidement une marine.
Au début, les Romains n'avaient combattu que sur terre. Puis, en 264 avant J.-C., ils ont dû faire face à la redoutable flotte de guerre des Carthaginois. Comprenant qu'il leur fallait se battre à armes égales, ils ont poussé le Sénat à prendre la décision historique de doter Rome au plus vite d'une importante flotte de guerre.
Selon l'historien grec Polybe, les Romains possédaient en 256 av. J.-C. La première flotte de la marine romaine a été construite en 261 av. J.-C.
Construction et Types de Navires
Les premiers navires romains étaient souvent des copies de modèles étrangers, notamment carthaginois et grecs. Les Romains ont rapidement adapté ces conceptions à leurs propres besoins et à leur style de combat. Les navires romains étaient généralement plus lourds et moins gracieux que leurs homologues grecs, reflétant l'accent mis par les Romains sur la force et l'abordage dans la guerre navale.
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Les Romains construisirent des bateaux plus légers et plus rapides après leur victoire sur les Carthaginois.
Navires de Guerre
Le navire de guerre le plus courant dans la marine romaine était la trirème. Comme son nom l'indique (du latin tres, trois, et remus, rame), la trirème avait trois rangs de rameurs superposés. Presque semblable à nos bateaux de navigation fluviale, la trirème mesurait de 35 m à 38 m de longueur sur 6 m de large. Sa coque était en cèdre. L'équipage comprenait 250 hommes en tout : rameurs, marins et soldats.
Une trirème comprenait 150 rameurs: ceux-ci ne participaient pas au combat et restaient assis sur le pont du bateau. Voici comment ils étaient placés : ceux du haut, les thranites, étaient derrière ceux du bas, les thalamites, et maniaient des rames plus longues; ceux du milieu s’appelaient les zygites.
Un autre type de navire de guerre était la quinquérème. La « quinquérème » (du latin quinque, cinq, et remus, rame) avait cinq rangs de rameurs mais, trop lourde à la manœuvre, peu rapide, elle fut peu employée dans la marine romaine.
Les armes à feu étant inconnues, le seul moyen d’attaquer était le « rostre » ou « éperon ». Cette arme, en fer ou en bronze, était dissimulée dans la proue et permettait d’atteindre directement la quille du navire ennemi pendant le combat. C’est au consul Caius Duilius (261 av. J.-C.) que revient l’initiative d’une géniale innovation dans I’armement des bateaux de guerre il dota effectivement ceux-ci du « corbeau » (sorte de pont-levis volant muni d’un crochet de fer en bec de corbeau).
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Navires de Commerce
La marine romaine possédait un bon nombre de navires marchands, dits « onéraires » (du latin onus, charge, cargaison). La voile était carrée, de couleur blanche, en lin, en papyrus ou en bysse (soie sécrétée par certains mollusques).
Il y avait des bateaux spécialement conçus pour les différents groupes de transports, tels que l’« Hippago » où l’on embarquait les chevaux. La propulsion de ces vaisseaux se faisait presque exclusivement à la voile, la marche à l’aviron étant réservée à la marine de guerre, système qui mobilisait beaucoup d’hommes, tenait beaucoup de place, coûtait cher et réduisait la place réservée à la cargaison.
Tactiques et Stratégies Navales
Les tactiques navales romaines étaient fortement influencées par leur expérience de la guerre terrestre. Ils cherchaient souvent à transformer les batailles navales en combats rapprochés, en utilisant des tactiques d'abordage pour engager les navires ennemis.
Les Romains étaient inspirés de la guerre terrestre. L'ennemi était retenu bord contre bord à l'aide de grappins.
C'est au consul Caius Duilius que revient l'initiative du "corbeau". Cette arme permettait aux soldats romains de monter à bord du navire ennemi, transformant ainsi la bataille navale en une mêlée terrestre.
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Rôle de la Voile
Bien que la marine romaine ait largement utilisé des navires à rames, la voile jouait également un rôle important, en particulier pour les navires de transport et de commerce. La voile carrée était la plus courante, permettant aux navires de naviguer avec le vent arrière. La voile était carrée, de couleur blanche, en lin, en papyrus ou en bysse (soie sécrétée par certains mollusques).
Logistique et Ravitaillement
Les navires de guerre ou de commerce de l’Antiquité n’étaient pas équipés pour la vie en pleine mer et, pendant le jour, on naviguait le plus possible à proximité de la côte. Chaque soir on accostait pour camper et pour faire provisions de nourriture, car celle-ci ne pouvait être conservée dans d’aussi petits bateaux transportant un si grand nombre de passagers. Et ne parlons pas du confort !…
Pour lutter contre les audacieux pirates qui les harcelaient sans cesse, ces navires étaient groupés en convois quand il s’agissait, notamment, de transporter le blé nécessaire au ravitaillement de l’énorme population romaine.
Personnes et Équipage
Les navires romains étaient généralement montés par d’excellents matelots originaires des pays conquis, bien meilleurs marins que leurs conquérants.
Comment les Romains transmettaient-ils les ordres d’un équipage à l’autre? Servir comme matelots était réservé aux plus pauvres et aux esclaves.
Exemples de Batailles Navales
L'histoire de la marine romaine est jalonnée de nombreuses batailles navales importantes. Parmi les plus notables, on peut citer :
- La bataille de Mylae (260 av. J.-C.): Première grande victoire navale romaine contre Carthage, remportée grâce à l'utilisation du "corbeau".
- La bataille d'Actium (31 av. J.-C.): Victoire décisive d'Octave sur Marc Antoine et Cléopâtre, qui marque la fin de la République romaine et le début de l'Empire.
- Les batailles navales durant la guerre civile entre César et Pompée, notamment à Marseille.
La flotte de César
César veut les attaquer sur cette mer par laquelle ils se croient bien protégés. César veut faire une expédition en règle. Il aura besoin pour reprendre sa guerre contre les Bretons. César est de retour au port Itius.
Les batailles navales durant la guerre civile entre César et Pompée, notamment à Marseille
Marseille s’est déclarée pour Pompée. Elle munit es remparts, et se hâte d’armer ses navires. se dispose de son côté à la guerre. promptement des vaisseaux longs au nombre de vingt-deux. Vingt-deux navires faits et gréés en trente jours ? dimensions médiocres de ces navires si promptement achevés. promptitude qui avait pu frapper les Marseillais. constructions si hâtées. que Domitius avait sur lui un autre avantage. importante, passer assez près de leurs rames pour les briser. pour eux que les chances de l’abordage. réussit beaucoup moins bien qu’aux adversaires des Gaulois. marseillais se réunirent contre un seul vaisseau de. victoire. que la retraite devenait impossible[14]. été à terre. le port. (Bell. civil., l. Arrêtons-nous ici un moment. sur l’eau. vingt-six rames de chaque côté. Pharsale. singulièrement les objets et plaisait au ponte coloriste. Mais revenons à Marseille, où L. envoyé par Cn. qu’on appelait le vaisseau long. arme d’attaque ? navires de transport. pu les pertes faites dans le combat que nous avons raconté. avec le plus grand soin. des traits. l’ennemi qui le reçoit bravement. ripostent de leur mieux. pour lui prêter aide et réduira l’abordeur. avirons. proue. de D. bataille sans y laisser même blessé un de ses bâtiments. combats sur mer, et se décidèrent à se donner à César. l’entrée du port. Domitius, mais ne put l’atteindre. qui, livra ses trésors, ses armes et ses vaisseaux. (Bell. civil., l. n’a pu sauver du malheur d’une défaite.
Découvertes Archéologiques
L’assèchement du lac Nemi ordonné en 1931 par Mussolini et mené à bien par l’ingénieur italien Guido Vicelli, mit à jour deux coques de galères de Caligula, coulées depuis près de 2.000 ans. Cette découverte a révélé certains détails de construction des vaisseaux antiques. Malheureusement, les coques étaient incomplètes et leur examen n’a pas permis de résoudre le problème des rangs de rames superposés.
La Marine Romaine de l’Antiquité tardive
Cet article a pour but de tenter de dresser un tableau de l’évolution de la marine romaine à l’intérieur du système dioclétio-constantinien. C’est la quatrième et dernière partie de l’article “La marine de guerre de l’Antiquité tardive, de Dioclétien à Constantin IV”, paru dans les numéros sous forme papier 130, 131 & 132 de Connaissance Hellénique. Après la mort de son père (Constantin Ier) puis de ses deux frères, Constance II (337-361) règne seul à partir de 350. Venant d’Orient, il bat à Mursa en Illyrie en 351 Magnence (350-353) l’usurpateur de la partie occidentale de l’empire. Après cette victoire, avec l’aide d’une flotte considérable rassemblée en Orient, composée sans doute d’une grande partie des escadres de cette partie de l’empire et augmentée par d’importantes constructions de navires, il lance, vers l’été 352, une offensive maritime et terrestre d’encerclement de son adversaire. Son but est probablement d’abord de l’expulser d’Italie : d’où un débarquement en Italie du sud, de le couper de tout renfort et ravitaillement provenant d’Afrique : d’où un débarquement dans cette région qu’il réoccupe, enfin de l’empêcher de se replier éventuellement en Espagne : d’où un débarquement de troupes pour bloquer les passages des Pyrénées. En même temps Constance avec son armée combat Magnence en Italie et finalement le défait définitivement en 353 près de Gap. Durant cette période, les frontières septentrionales de la partie occidentale sont dégarnies de leurs meilleures troupes et subissent les attaques des Alamans, Quades, Marcomans, Francs sur le Rhin et le haut Danube. Aussi Constance II charge-t-il son neveu Julien, promu César en 355, de la défense de la Gaule et du Rhin, tandis que lui-même s’occupe de celle du Danube. De 356 à 359 Julien parvient à refouler les Alamans et à neutraliser les Francs par des opérations amphibies audacieuses utilisant la nombreuse flotte de lusoriae qu’il a réorganisée et qui patrouille sur le Rhin et la Meuse. Cette pacification du Rhin lui permet de constituer une flotte de transport de 600 navires, dont 400 neufs, qu’il utilise, de l’été 358 au printemps 359, pour amener, sur 350 km de l’estuaire du Rhin jusqu’à Bingen, du blé de Bretagne. Une rupture de charge s’opère à l’embouchure du fleuve : le blé y est transféré sur des bâtiments fluviaux; la remontée du fleuve a alors lieu avec l’appui de la flotte rhénane qui ouvre la voie pour écarter les menaces barbares éventuelles. Ce transport de Bretagne jusqu’à l’embouchure du Rhin sur une telle durée et à une telle distance, environ 165 km, laisse supposer, qu’en raison de la présence toujours possible de pirates saxons ou francs, des navires de guerre patrouillent encore en Manche et mer du Nord, capables d’escorter les navires de commerce. Peut-être sont utilisées à ce moment les propres trières dont dispose encore probablement la marine du Rhin. Certains chercheurs admettent aussi la présence d’une flotte de guerre à Boulogne en raison des mouvements de troupes effectués à plusieurs reprises entre le continent et l’île, comme par exemple en 343 où Constance II s’y rend et en 360 où le magister militum Lupicinus vient combattre des envahisseurs locaux. Sur le bas Danube les flottes ont une activité intense sous Constantin Ier lors des opérations entreprises contre les Goths en Valachie et sous Constance II contre les Sarmates, activité se traduisant par des franchissements et par le ravitaillement des troupes engagées. Mais le fleuve, à cette époque, est surtout connu par l’utilisation qu’en fait l’Auguste Julien II (360-363) en 361 dans sa marche vers Constance II de Paris vers l’Orient. Ce même empereur apparaît également, lors de sa lutte contre les Perses en 363, avec une flotte sur l’Euphrate que seuls Marquardt et O.Seeck tiennent pour, en partie, permanente sur ce cours d’eau. Construite à Samosate (Samsate), elle comprend 50 navires de guerre, 600 chalands de transport en bois, 500 en peau (navires typiques de la région) et 50 navires-ponts. Elle est commandée par un tribun et un comte et dispose de 20000 marins pour sa manœuvre. Julien avec une partie de ses troupes descend l’Euphrate de Callinicon (Raga) jusqu’au-delà de Circesion (Karkisia), puis continue à pied avec toute son armée qui l’a rejoint par terre. La flotte reçoit alors l’ordre de se tenir à hauteur de celle-ci malgré les méandres de l’Euphrate. A Ctésiphon sur le Tigre, cinq navires sont lancés par surprise d’une rive à l’autre du fleuve pour créer une tête de pont, puis la flotte débarque les soldats sur la rive où se trouve la capitale perse. Après la mort de Jovien (363-364) son successeur, Valentinien Ier et son frère Valens (364-378) se partagent l’empire. Se chargeant de l’Occident, Valentinien Ier doit faire campagne contre les Alamans qui, de 365 à 374, mènent des raids en Gaule. Après celui victorieux sur Mayence en 368, il réplique en lançant une attaque massive en pays germanique à l’occasion de laquelle il utilise ses lusoriae. Il réorganise ensuite la défense du limes en installant des petits forts au delà du fleuve à des confluents de cours d’eau, couloirs naturels d’invasion. Le fort, dont les murs descendent jusqu’à l’eau et constituent un petit port, est ravitaillé en hommes et en approvisionnements par un navire qui y reste jusqu’à la prochaine relève, donnant ainsi à la garnison une possibilité de repli supplémentaire en cas de danger sérieux. En 370 la flotte du Rhin est basée à Spire; toutefois, après cette date, on n’en entend plus parler. Elle n’empêche pas les incursions barbares entre 386 et 406 en Gaule et semble plus efficace pour franchir le fleuve dans les opérations de représailles. Durant cette période Valentinien Ier, après les invasions des Pictes et des Scots en 367 en Bretagne et les razzias des pirates saxons venus de la mer du Nord, charge le magister equitum Théodose l’Ancien de pacifier cette région. Celui-ci remporte une victoire navale sur les pirates, repousse les envahisseurs au-delà du mur d’Hadrien et réorganise la défense de la Bretagne. A la fin du IVe siècle, en ce qui concerne la marine, on trouve, à l’ouest de l’île, à Lancaster, un préfet avec un numerus barcariorum et au nord-est à Arbeia (South Shields) à l’estuaire de la Tyne le numerus barcariorum Tigrisiensum. A l’est, au nord de la Humber, les côtes du Yorkshire sont protégées par une série de fortins d’où des signaux peuvent être adressés, d’après P. Galliou, aux flottilles basées dans les estuaires de la Humber et de la Tees. Au sud, du Sussex à l’entrée du Wash, on trouve toute une série de forts mais aucune flottille n’y est connue. Pour combattre les pirates saxons et rétablir l’ordre en Bretagne, Théodose a donc certainement à sa disposition une flotte de guerre, mais on ignore si les navires proviennent de la Classis Sambrica ou d’ailleurs. Après avoir signé la paix avec les Alamans en 374, Valentinien Ier lance, en 375 en franchissant le Danube, une offensive victorieuse contre les Quades et les Iazyges qui viennent de ravager la Pannonie entre le Gran et l’embouchure de la Save et se sont dirigés vers l’est en laissant donc intactes les flottes du Norique et de Pannonie I. A sa mort Gratien (367-383) devient empereur d’Occident et Valentinien II (375-392) devient, à l’âge de 4 ans, Auguste chargé de l’Illyricum. En Orient de 367 à 369, Valens lutte contre les Goths avec succès en franchissant le Danube plusieurs fois sur des ponts de bateaux. En 376 il autorise l’installation en Thrace de Wisigoths pressés par les Huns mais refuse ce droit aux Ostrogoths trop nombreux. Ces derniers, en 377, submergent la Mésie II et la Petite Scythie jusqu’au Balkan, tandis que les Wisigoths, installés précédemment au sud de ce massif, se révoltent. Valens est alors battu et tué à Andrinople en 378 ce qui a pour conséquences l’invasion de l’Illyricum, le siège de Constantinople et l’accession de Théodose Ier (379-395) au trône d’Orient. De 370 à 377 Valens a aussi mené campagne contre les Perses à partir d’Antioche qu’il a choisie comme capitale. Ceci peut expliquer la création de la Classis Seleucena, inconnue de la Notitia Dignitatum mais connue par une loi de 369 publiée par Valentinien Ier et Valens et par le codex Justinien. Cette escadre est alors à la disposition du comte d’Orient et stationne à Séleucie sur l’Oronte, ville portuaire d’Antioche. Tandis que Gratien lutte contre les Alamans en Rhétie puis contre les Ostrogoths, les Alains et les Huns qu’il accepte d’établir comme fédérés en Pannonie II et en Savie en 380, Théodose Ier, de 379 à 382, combat les Wisigoths qu’il laisse s’installer en 382 entre Danube et Balkans en contrepartie de la fourniture de soldats et de la défense du fleuve. En 383 Maxime (383-388) se fait proclamer empereur par l’armée de Bretagne qu’il commande, débarque aux bouches du Rhin ce qui laisse supposer qu’il détient des navires de guerre pour naviguer dans une zone où sévissent les pirates saxons; il s’empare, peu après le meurtre de Gratien, de la partie occidentale de l’empire. En 388 Théodose décide de réduire cette usurpation et envoie vers l’Italie son beau-frère Valentinien II avec une flotte provenant probablement de Constantinople; celui-ci débarque d’abord en Sicile puis à Ostie, sans que la flotte de l’Adriatique de Maxime ne réussisse à l’intercepter. Théodose bat ce dernier et le capture dans Aquilée où il est mis à mort en 388. Durant cette période sont attestées avec certitude une flotte de guerre venant de Constantinople, une autre dans l’Adriatique provenant sans doute de Ravenne et d’Aquilée, probablement une autre issue de Bretagne ou (et) des côtes de la Manche. A la mort de Théodose Ier en 395, des hordes de Huns font irruption les unes en Thrace, les autres, par le Caucase, en Asie Mineure orientale, tandis que d’autres barbares franchissent le moyen Danube et dévastent le diocèse de Pannonie jusqu’à l’Adriatique et qu’Alaric et ses Wisigoths ravagent toute la péninsule balkanique. En 397, pour combattre ce dernier, le généralissime Stilicon débarque dans le Péloponnèse mais doit, sur ordre d’Arcadius (383-408), se retirer et rendre l’armée orientale commandée par le magister militum Gainas. Peu après, en 398 pour lutter contre Gildon, magister militum d’Afrique en rébellion, Stilicon envoie de Pise le frère de celui-ci avec une petite armée embarquée sur les navires qu’il vient d’utiliser pour son expédition en Grèce. En 400 les Goths de Gainas sont massacrés à Constantinople et ce général, révolté, échoue dans la conquête des villes de Thrace. Il tente alors de passer en Asie à partir du Chersonèse de Thrace et trouve en face de lui le magister militum Fravitta. Celui-ci, d’après E. Demougeot, dispose d’une flotte assez importante, composée de quelques navires du genre liburnes qu’il vient d’utiliser pour purger l’Égée et la Méditerranée orientale des pirates de Cilicie complétés par des barcae et des navires marchands réquisitionnés; par contre, pour C.Morrisson, il n’a que des bateaux légers construits pour l’occasion. Fravitta fait charger par sa flotte les radeaux grossiers des Goths de Gainas acculés à la côte de Thrace et en fait un carnage. Comme le pense C.Courtois, on peut estimer que Stilicon n’a eu besoin que de navires de transport pour ses expéditions contre Alaric et Gildon qui ne possèdent pas de flotte de guerre; ceci n’exclut pas pourtant l’existence des escadres italiennes, sans doute réduites en raison de l’effort porté par Stilicon sur la réorganisation des forces terrestres et le recrutement massif de barbares. En Occident, jusqu’à l’invasion de Radagaise, la Gaule du nord-est est défendue par une forte armée comitatensis et la Bretagne, le littoral picard et flamand du duc de Belgique II, le littoral de la Somme à la Gironde du duc du Tractus armoricain par des troupes et des flottilles dont nous ignorons tout. Sur le Rhin la réorganisation de Valentinien Ier est sauvegardée en 397 par Stilicon avec l’installation de nombreux fédérés et d’états tampons indigènes remplaçant les limitanei qui, avec la flottille du Rhin, restent toutefois présents entre Constance et Cologne. A la même époque, il a probablement aussi établi en Bretagne un comes litoris Saxonici et rétabli la frontière de Pannonie I. Mais les invasions se succèdent ensuite, amenant d’importants retraits de troupes de Gaule et de Bretagne pour assurer la protection de l’Italie. En effet Stilicon doit, en 400, intervenir contre Alaric et ses Wisigoths qui ont quitté l’Illyricum et viennent assiéger Milan qu’Honorius (393-423) abandonne pour Ravenne; battu, Alaric se replie dans la région de la Save. Puis, en 405, Stilicon écrase en Italie les Ostrogoths de Radagaise. Ensuite survient en 406 la ruée des Vandales, Alains et Suèves sur le Rhin moyen ce qui provoque la disparition définitive de la flotte du Rhin, le ravage de la Gaule et de l’Espagne et menace la Bretagne. Débarque alors de cette dernière en 407, avec de très faibles effectifs, l’usurpateur Constantin (406-411) qui occupe bientôt toute la partie occidentale sauf l’Italie. L’impuissance de Stilicon, menacé en outre par une nouvelle invasion d’Alaric, favorise son exécution en 408. Pour la marine de haute mer, les conséquences sont évidentes. Faute d’argent et d’utilité immédiate, elle dépérit. Toutefois l’installation définitive de l’empereur à Ravenne a dû permettre de réunir dans ce port les navires de guerre encore en état des flottes italiennes. Il est à noter qu’à propos du passage de l’usurpateur Constantin de Bretagne en Gaule, J. Après la mort de Stilicon la période de 408 à 411 est marquée essentiellement en Italie par la présence d’Alaric et de son homme de paille l’usurpateur Attale. Ce dernier assiège en 410 dans Ravenne Honorius qui, peu sûr de ses troupes, y a rassemblé un grand nombre de navires en vue de s’enfuir, ce qui lui est évité grâce à l’arrivée par mer de 4000 h envoyés par Anthémius régent de l’Orient. La même année Héraclien, comte d’Afrique, resté fidèle à Honorius, coupe le ravitaillement en blé et huile de Rome. Attale lui envoie alors un corps expéditionnaire symbolique vite écrasé, si bien qu’après la prise de Rome en août 410, Alaric se dirige vers l’Italie du sud en vue de passer en Sicile et de tenter peut-être de conquérir ensuite l’Afrique. En 410 donc, d’après J. Kienast et E.Demougeot, existent encore en Méditerranée une flotte de guerre à Ravenne et une flotte en Afrique à base de bateaux de transport mais comportant aussi quelques navires de guerre. En Occident, de 411 à 421, le rétablissement de l’empire est l’oeuvre du général Constance qui le débarrasse de tous les usurpateurs et lui rend une partie de la Gaule et de l’Espagne. Toutefois le processus d’abandon des provinces a commencé. Ceci semble impliquer qu’au plus tard à la mort de l’usurpateur Constantin en 411, les flott…
Le déclin de la marine romaine
Avec la fin de l'Empire romain d'Occident, la marine romaine a décliné en importance. Les invasions barbares et les troubles internes ont conduit à la négligence des forces navales, et Rome a perdu sa domination sur la mer Méditerranée.