L’univers du surf : passion, mémoire et vigilance sanitaire

Le surf, bien plus qu'une simple activité sportive, est un mode de vie qui façonne des identités, construit des communautés et, parfois, confronte ses pratiquants à des réalités médicales complexes. À travers les trajectoires d'athlètes de haut niveau ou d'amoureux de l'océan, cet univers se déploie entre la recherche de la performance et le devoir de mémoire.

La passion du surf au sommet de l'athlétisme

Renaud Lavillenie n'est pas qu'un champion d'athlétisme, c'est aussi un amateur de surf. Un vrai et qui pratique. Invité par un de ses sponsors, le recordman du monde du saut à la perche (6,16 m) est venu profiter pendant deux jours du Quiksilver Pro France, à Hossegor. Lundi après-midi, le perchiste s'est d'abord immergé dans le tube tahitien de Teahupoo grâce à un casque de réalité virtuelle. « J'ai pris trois tubes, c'était bluffant. Je m'y croyais vraiment, il manquait juste la chaleur et l'eau », a-t-il confié.

Il est ensuite passé du virtuel au réel en allant surfer avec Jérémy Florès, le champion français de la discipline. Planches sous le bras, le duo a filé sur le mythique spot de La Gravière, juste un peu au Sud du site de compétition. Pendant un peu plus deux heures, et sur un bon mètre, les deux compétiteurs ont profité du moment. « Ma hantise, c'était de me retrouver dans de grosses conditions et de ne pas pouvoir vraiment surfer, a avoué Lavillenie. Là, on était bien dans l'eau, on s'est vraiment fait plaisir. »

« Je me suis franchement bien régalé. » Excité, le Clermontois s'est jeté à l'eau comme un gamin avec sa 6'0, un shortboard avec un peu de volume fabriqué sur mesure. Après un début de session où il a eu du mal à se mettre dans le rythme, il a ensuite vite pris ses marques. Notamment grâce aux conseils précieux de Florès. « Jérémy me disait de partir sur telle vague un peu plus tôt, ou alors plus tard sur d'autres. À la fin, j'étais beaucoup plus à l'aise. En tout, j'ai dû prendre une bonne dizaine de bonnes vagues. Je me suis franchement bien régalé. »

Entre deux rides, Lavillenie et Florès n'ont cessé d'échanger, comme de vieux potes habitués à surfer ensemble. « On a parlé de beaucoup de choses, relate le perchiste. En plus des conseils techniques qu'il pouvait me donner, je lui ai posé pas mal de questions sur sa vie de surfeur pro. Du style combien de planches il utilise par an, ce genre de choses. J'ai voulu en savoir un peu plus sur la discipline. »

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Une pratique inscrite dans le temps

Quand on est Jérémy Florès et Renaud Lavillenie, on passe rarement inaperçu. « En fait, les gens ne s'attendent pas à te voir sur une planche de surf à côté d'eux. Ce sont des moments sympas », raconte Lavillenie. Jérémy Florès a, lui aussi, beaucoup apprécié cette session : « Renaud, il surfe vraiment bien. Et c'est en plus un gars super cool ».

Si Lavillenie a un niveau suffisamment bon pour prendre du plaisir, c'est parce qu'il surfe régulièrement depuis neuf ans, après avoir longtemps pratiqué le bodyboard. En 2007, il a enfin testé le surf. « La première fois, à La Martinique, ce fut un gros kif », se souvient-il. Depuis, il se met à l'eau dès que l'occasion se présente, par exemple quand il rend visite à sa mère qui habite Mont-de-Marsan. Il en profite alors pour s'aventurer dans les rouleaux landais. Et depuis trois ans, il surfe à San Diego chaque printemps quand il est en stage avant la saison estivale. Perche le matin, surf parfois l'après-midi.

Les défis sanitaires : comprendre l’aspergillose

Si le surf est une source de plaisir et d'évasion, le monde des voyageurs et des sportifs peut être confronté à des risques infectieux méconnus. Il est nécessaire de porter une attention particulière aux pathologies fongiques comme l’aspergillose. Les Aspergillus sont des champignons saprophytes de l’environnement qui se développent aux dépens des végétaux en décompensation dans les sols. L'aspergillose n'est pas contagieuse entre individus. La transmission se fait par inhalation de spores d’Aspergillus présentes dans l’air. Chez les individus sains, le champignon est rapidement éliminé.

Les symptômes de l'aspergillose varient considérablement selon le type d’infection, le poumon étant l’organe le plus fréquemment touché. Ils peuvent inclure des symptômes respiratoires tels que la toux, une difficulté à respirer, des douleurs thoraciques mais également des signes généraux comme de la fièvre. Les aspergilloses pulmonaires chroniques touchent les patients présentant une pathologie pulmonaire préexistante telles qu’une caverne (séquelle de tuberculose), ou une BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive).

L'aspergillose invasive concerne principalement les patients immunodéprimés (comme les neutropéniques, ou les patients ayant subi une allogreffe de moelle osseuse). Elle se caractérise par une infection sévère, avec une invasion du poumon par le champignon. L’infection peut être disséminée à d’autres organes dans cette forme. L’aspergillose invasive est une infection difficile à diagnostiquer en raison de la similarité de ses symptômes avec ceux d’une infection bactérienne. L’imagerie thoracique notamment le scanner est un outil précieux pour aider au diagnostic, notamment chez les patients immunodéprimés.

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Concernant les traitements, pour l’aspergillose pulmonaire chronique, cela dépend de la taille des lésions et de leur localisation. Il peut aller de la surveillance active à un traitement antifongique, voire une intervention chirurgicale. Pour l’aspergillose invasive, le traitement de première intention est un antifongique de la famille des azolés, comme le voriconazole ou l'isavuconazole, à administrer dès que l'infection est suspectée. Le posaconazole ou l’amphotéricine B sont des traitements de 2e intention. L’émergence d’Aspergillus résistants à ces molécules azolés est un problème émergent dans certains pays en rapport avec l’utilisation large d’azolés dans l’agriculture. Ce phénomène reste actuellement limité en France. Il n’existe pas de vaccin contre cette infection.

La fragilité de la vie et le devoir d'assistance

L'histoire de Renaud Dubois, jeune surfeur passionné de 24 ans, rappelle combien la vigilance doit être absolue, notamment lors de séjours à l'étranger. Renaud venait de voyager en Indonésie. Le 21 décembre, les parents de Renaud Dubois contactent Europ Assistance - à laquelle Renaud avait souscrit une assurance rapatriement - pour les avertir des problèmes de santé rencontrés par leur fils. Ils évoquent le paludisme, Renaud revenant d’un trip en Indonésie. Europ Assistance aurait noté l’information mais s’en remet aux médecins marocains pour assurer la prise en charge initiale et effectuer les premiers examens.

Pendant l’hospitalisation du surfeur, Europ Assistance suit la prise en charge par contacts téléphoniques depuis Paris, sans juger nécessaire de le rapatrier en urgence. L’état de Renaud Dubois va s’aggraver. Le 25 décembre 2006, il est admis en service de réanimation. Devant la gravité du tableau, les médecins marocains demandent à Europ Assistance un rapatriement sanitaire en urgence. Europ Assistance aurait alors réservé une place sur un vol régulier au malade. « Ce procès qui s’annonce est une première victoire. Il est impossible de mesurer la douleur et l’amertume des proches de la victime », a déclaré l’avocat des parents du surfeur, Me Michel Petit-Perrin, très remonté : « L’ironie de ce truc-là, c’est qu’on leur a dit : attention, il vient d’Indonésie. Les symptômes, c’est le palu. Faites quelque chose. On leur a donné les clés dès le début. Et il ne s’est rien passé. C’est ça qui est terrible. C’est une maladie qui tue énormément de monde. Et qui est connue, qui doit être connue, d’Europ Assistance dont c’est le métier de rapatrier les gens, notamment de ces pays-là. »

« Ils l’ont laissé mourir pour des raisons financières », a déclaré dans Le Parisien Me Petit-Perrin. « Quand on voit que les médecins marocains réclament un avion sanitaire, on ne répond pas à cette demande. Forcément la seule motivation, c’est financier. Voilà un jeune athlète, en extraordinaire forme physique. » Europ Assistance assure de son côté que l’enquête interne n’a pas révélé de dysfonctionnements. Europ Assistance donne sa version des faits dans le reportage de France Info : « À Marrakech, Renaud Dubois a été pris en charge dans une clinique qui est réputée et recommandée par le ministère des affaires étrangères. C’est l’équipe médicale sur place qui nous a donné, lorsque cela a été possible, le feu vert pour organiser le rapatriement sanitaire dans les meilleures conditions et les délais les plus brefs. »

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