Le relais 4x100 mètres 4 nages est une épreuve de natation par équipe qui combine les quatre styles de nage officiels : le dos, la brasse, le papillon et la nage libre. Cette épreuve, qui casse la routine des compétitions individuelles, se dispute en équipe et crée des liens entre les membres d'un même club. La pression y est souvent moins forte, et l'ambiance plus décontractée qu'en individuel.
Principes de Base du Relais 4x100 mètres 4 Nages
Ordre des Nages
Contrairement à l'épreuve individuelle de 4 nages, où l'ordre est papillon, dos, brasse et nage libre, le relais 4x100 mètres 4 nages suit un ordre spécifique :
- Dos : Le premier nageur effectue sa longueur en dos. Particularité, le départ se fait dans l’eau. Au signal du juge arbitre, les nageurs doivent s’accrocher les deux mains au plot (étriers). La première coulée (immersion totale du nageur) ne doit pas excéder 15 mètres. Le nageur doit nager toute sa distance sur le dos. La position normale sur le dos peut inclure un mouvement de roulis du corps inférieur à 90 degrés par rapport à l’horizontale. La position de la tête est indifférente. Une partie quelconque du corps du nageur doit couper la surface de l’eau pendant toute la course.
- Brasse : Le deuxième nageur nage la brasse. Pour cette nage, le départ se fait en plongeant du plot. Après le départ et après chaque virage, le nageur peut faire un mouvement des deux bras se prolongeant jusqu’aux jambes pendant lequel le nageur peut être submergé. Un seul coup de pieds de papillon est autorisé à n’importe quel moment avant le premier mouvement de jambes. Ensuite et tout au long de la nage, les mains doivent être poussées ensemble en avant à partir de la poitrine, au-dessous, au niveau ou au-dessus de l’eau. Les coudes doivent être sous la surface de l’eau, sauf avant le virage, pendant le virage, et pour la traction finale à l'arrivée. Les mains doivent être ramenées en arrière sur ou sous la surface de l’eau. Pendant chaque cycle complet (bras et jambes), une partie de la tête doit couper la surface de l’eau. Tous les mouvements des jambes doivent être simultanés et dans le même plan horizontal sans mouvement alterné.
- Papillon : Le troisième nageur effectue le papillon. Pour cette nage, le départ se fait en plongeant du plot. La première coulée (immersion totale du nageur) ne doit pas excéder 15 mètres. A la reprise de la nage (sortie de la coulée, les bras doivent être amenés en avant simultanément au-dessus de la surface de l’eau et ramenés en arrière en même temps sous le niveau de l’eau tout au long de la course et sans interruption. Tous les mouvements des pieds vers le haut et vers le bas doivent être simultanés dits aussi ondulations.
- Nage Libre : Le dernier nageur nage en nage libre, généralement le crawl, le style le plus rapide. Pour cette nage, le départ se fait en plongeant du plot. La première coulée (immersion totale du nageur) ne doit pas excéder 15 mètres. La nage libre signifie que, dans une épreuve ainsi désignée, le nageur peut nager n’importe quel style de nage, sauf dans les épreuves de 4 nages individuelles ou de relais 4 nages, où la nage libre signifie tout style de nage autre que le dos, la brasse ou le papillon. Une partie quelconque du corps du nageur doit toucher le mur à la fin de chaque longueur et à l’arrivée.
Départs et Relais
Chaque membre de l'équipe doit attendre que le nageur précédent ait terminé sa course pour plonger à son tour. Les membres d'une équipe de relais et leur ordre de départ doivent être précisés avant la course. Un nageur ayant fini sa course, ou sa distance dans une épreuve de relais, doit quitter la piscine aussitôt que possible sans gêner tout autre nageur qui n’a pas encore fini sa course.
Règlements
Pour toutes compétitions de natation course, quel que soit le niveau, elles sont régies par un seul règlement de la natation course d’après le manuel FINA en vigueur. Sa réactualisation se fait suivant les olympiades. Les installations comprennent :
- Des plots de départ.
- Des couloirs délimités par des lignes d'eau. Il ne doit pas y avoir plus d'une ligne d'eau entre chaque couloir.
Les nageurs doivent être licenciés. L’officiel placé à ce poste est appelé le Commis de course. Il doit rassembler les nageurs avant chaque épreuve suivant un programme établi lors des inscriptions à la compétition suivant des temps déjà faits.
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Aspects Techniques et Stratégiques
Les Spécialistes
Chaque nageur est généralement un spécialiste de la nage qu'il effectue dans le relais, ce qui maximise la performance de l'équipe. L'optimisation de l'ordre des nageurs est cruciale pour une stratégie de relais réussie.
Le Départ Lancé
Le départ lancé, c'est-à-dire le plongeon du nageur suivant avant que le précédent n'ait touché le mur, est une composante technique essentielle. Un bon départ lancé peut faire gagner de précieuses fractions de seconde.
La Communication
La communication entre les nageurs est primordiale pour synchroniser les départs et éviter les faux départs, qui entraînent la disqualification de l'équipe.
Les Relais Mixtes : Une Nouvelle Dimension
Apparu en 2021 à Tokyo, le relais 4x100m 4 nages mixte, où la place des nageurs selon leur spécialité est totalement libre, est loin d'être une science exacte. Délaissé au départ par les grosses nations, il est désormais devenu un rendez-vous très prisé.
Dans ce contexte, le relais bleu, qui a réalisé le septième temps des séries vendredi matin et partira loin du bouillon à la ligne 1, fait figure de bel outsider. « Léon va faire peur aux autres, il est tellement en état de grâce qu'on ne sait pas ce qui peut arriver » Marie Wattel Il devrait aligner, ce samedi soir à 21h58, Yohann Ndoye Brouard en dos, le quadruple champion olympique Léon Marchand en brasse, Marie Wattel en papillon et Béryl Gastaldello en crawl. Soit quatre nageurs expérimentés qui semblent ne pas souffrir de l'accumulation des courses et très bien finir la semaine de compétition. Portés par une foule en feu, ils ont largement de quoi se faufiler sur la troisième marche du podium, les États-Unis et l'Australie semblant surarmés.
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Le Relais 4x100 mètres 4 Nages Hommes : Une Quête d'Or
Quand on signe le meilleur temps des séries sans aligner sa meilleure équipe, on a de quoi rêver. Ce samedi matin, Yohann Ndoye Brouard, Léon Marchand, Clément Secchi et Rafael Fente Damers ont été les plus rapides en 3'31''36. Les Bleus avaient fait le choix logique de préserver Maxime Grousset, engagé ce samedi soir en finale du 100m papillon et Florent Manaudou, médaillé de bronze vendredi soir sur 50m et qui, s'il brille encore sur 100m (47''90 cette saison), ne peut plus enchaîner les courses comme au temps de sa splendeur sur la distance (champion d'Europe en 2014 notamment).
Le choix a été payant, puisque Secchi en papillon et Fente Damers en crawl ont maintenu la première place, le dernier s'offrant même le luxe de devancer le champion olympique et recordman du monde chinois du 100m Pan Zhanle. Le relais bleu « all star » sera donc en finale dimanche (finale à 19 h 32) ligne n°4. Quatrièmes du 4x100m 4 nages lors des Championnats du monde 2023 avec Hadrien Salvan en crawl car Manaudou avait raté sa compétition, les Français sont cette fois bien mieux armés et ne pas monter sur le podium serait une grosse déception.
Peuvent-ils viser encore mieux ? Un relais français 4 nages est déjà monté sur le toit du monde. C'était à Barcelone, lors des Championnats du monde 2013 avec Camille Lacourt, Giacomo Perez Dortona, Jérémy Stravius et Fabien Gilot pour la France et… les États-Unis disqualifiés. Les Américains, qui n'ont pas non plus aligné leur meilleure équipe en séries, règnent sur ce relais depuis des décennies, et sont les tenants du titre olympique. Mais, fait rare, aucun des leurs n'est monté sur la plus haute marche lors des 100m en crawl, dos, brasse et papillon. Les Australiens compteront eux comme d'habitude sur le finish de feu de leur vice-champion olympique du 100m Kyle Chalmers pour espérer coiffer au poteau Pan Zhanle, l'Américain Jack Alexy et Florent Manaudou.
La Natation Française : Une Histoire de Relais
Les Débuts Difficiles
L'histoire récente et finalement glorieuse du relais masculin français avait débuté en plein marasme, en juillet 1996. Cet été-là, la natation française termine sa campagne olympique, à Atlanta, avec un bonnet d'âne : aucun titre, pas de podium, seulement quatre nageurs finalistes, une onzième place pour le 4 x 100 m, et personne pour le regretter vraiment. La dernière médaille d'or olympique d'un nageur tricolore remonte alors à Jean Boiteux, victorieux sur 400 m nage libre à Helsinki. C'était en 1952…
Peu après les Jeux d'Atlanta, la fédération décidera de prendre les nageurs par le calot de silicone et de rehausser drastiquement ses critères de sélection. L'homme du changement était déjà de la déroute, il s'appelle Claude Fauquet. Il venait d'être nommé directeur des équipes de France et reconnaît que l'idée de « ne pas rester » dans le milieu de la natation lui avait effleuré l'esprit en rentrant des Etats-Unis la tête basse. Il consacra finalement les années qui suivirent à effacer cet affront, convaincu par Jean-Paul Clémençon, à qui il succédera plus tard au poste de DTN.
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La Montée en Puissance
Avec quelques fidèles, dont Marc Begotti, futur entraîneur du relais à Pékin, Claude Fauquet va redessiner les contours de son sport. Dès l'issue des épreuves, Fauquet n'a pas encore quitté l'Amérique qu'il trépigne, tourne en rond au village olympique. Il embarque avec lui Esposito dans un centre commercial, racontant au reste de l'équipe qu'ils vont acheter des souvenirs…
Les deux hommes conversent pendant deux bonnes heures, refont le monde et finissent par se livrer l'un à l'autre : « J'ai le sentiment d'une énorme injustice », lance Claude Fauquet. « Écoute, je pense qu'il y a des gens dans l'équipe qui ne devraient pas être aux Jeux Olympiques, lui rétorque Esposito, cheveux ras, visage de légionnaire. Ils n'ont pas idée de ce que ça représente comme sacrifice, et leur objectif était de s'y qualifier et non d'y briller. »
Parmi les sujets abordés, le cas des relais, et notamment celui du 4 x 100 m nage libre masculin, le plus emblématique, revient avec insistance. Il faut dire que, dans le contexte, le manque de talent individuel pousse la fédération à jouer la carte du collectif. Les relais font figure de priorité et les temps de sélection sont donc sciemment très accessibles.
Pékin 2008 : Une Défaite Crève-Cœur
Douze ans après Atlanta, dans les tribunes du centre aquatique de Pékin, Claude Fauquet observe le quatuor français s'avancer vers la ligne d'eau n° 5. Frédérick Bousquet, Alain Bernard, Amaury Leveaux, Fabien Gilot, main dans la main au moment de saluer la foule.
Leveaux, premier relayeur français, fera face à Michael Phelps. Il hisse sa longue carcasse sur le plot n° 5. Mais d'entrée, un troisième homme s'invite à la fête. L'Australien Eamon Sullivan sort les hélices : en 47''24, il bat le record du monde de Bernard. Phelps n'est pas loin (2e en 47''51), Leveaux un poil trop (4e en 47''91). Mais Gilot ramène les Bleus dans le jeu (2e à 0''43 de l'Américain Garrett Weber Gale). L'Australie s'efface progressivement et laisse place au duel attendu. C'est au tour de Bousquet, troisième relayeur tricolore.
Bernard n'a plus, pense-t-on, qu'à nouer le ruban sur le paquet (0''59 d'avance sur Jason Lezak au plongeon). Malgré un gros départ de Lezak l'Antibois caracole encore en tête à la bascule, mais sa nage se fait plus lourde, plus crispée. À sa gauche, Lezak revient, inexorablement. Lezak touche devant. Pour huit centièmes.
Au pied de cette pyramide de bonheur, Gilot et Leveaux fixent le vide, regards perdus. Pétrifiés. Bernard, lui, s'accoude au mur, la tête entre les mains. Son torse se soulève, sa respiration est saccadée. Il est seul avec ses fantômes.
Le triomphe à Londres
La revanche interviendra quatre ans plus tard, à Londres, où le relais français, porté par son orgueil, coiffera à son tour son rival américain dans les derniers mètres.
L'Importance du Relais
En natation, si le 4 x 200 m révèle la force d'un pays, c'est le 4 x 100 m que tous rêvent de gagner. Épreuve ultime qui mélange, dans cinquante mètres d'eau, le feu du sprint et l'air lourd qui accompagne la lutte pour la suprématie entre nations. Quant à sa dimension collective, elle voile l'issue d'incertitude ; en relais, l'attelage composé des quatre meilleurs nageurs ne l'emporte pas toujours.