Comprendre les règles de la compétition de surf : Du local aux Jeux Olympiques

Le surf, discipline synonyme de liberté et d'harmonie avec la nature, se révèle être un sport de compétition rigoureusement codifié. Que ce soit en shortboard, longboard ou bodyboard, l'esprit reste le même : les athlètes doivent se surpasser pour impressionner les juges par leur style, leur puissance et la qualité de leur choix de vague. Cet article vous propose une exploration détaillée des règles qui régissent le monde du surf de compétition, des circuits professionnels aux Jeux Olympiques.

Le surf aux Jeux Olympiques : Une vague de reconnaissance

Après des débuts mémorables aux Jeux de Tokyo en 2020, où le surf a été introduit comme sport olympique, l'excitation autour de cette discipline n'a cessé de croître. Pour la deuxième fois, le surf aura son heure de gloire aux Jeux olympiques 2024. Et c’est à Teahupo’o, sur l’île de Tahiti, que les meilleurs surfeurs et surfeuses de la planète (24 hommes et 24 femmes) ont rendez-vous, du 27 au 30 juillet 2024. La compétition de surf des Jeux Olympiques de Paris 2024 se déroulera à Teahupo'o, une vague légendaire réputée pour sa puissance, ses tubes profonds et ses conditions souvent spectaculaires. Le choix de Teahupo'o comme lieu de compétition souligne l'engagement des Jeux Olympiques à mettre en valeur des lieux emblématiques et à offrir aux athlètes une scène grandiose sur laquelle ils peuvent démontrer leurs talents.

L'intégration du surf aux Jeux Olympiques est plus qu'une simple compétition sportive ; c'est une vitrine mondiale pour ce sport, une occasion de promouvoir la culture surf et d'inspirer de nouvelles générations de surfeurs.

Structure et déroulement d'une compétition olympique

Les compétitions olympiques de surf commencent par des séries, dans lesquelles plusieurs surfeurs s'affrontent simultanément. Généralement, chaque série comprend 4 surfeurs. Chaque série dure généralement entre 20 à 30 minutes, pendant lesquelles les surfeurs tentent de prendre les meilleures vagues et d'exécuter les manœuvres les plus impressionnantes.

  • Round 1 : Les surfeurs sont divisés en 6 groupes, qui verront s’affronter 4 surfeurs chacun, les 2 premiers accèderont directement au 3ème tour. Lors de la première série, les deux meilleurs surfeurs sont directement qualifiés pour le 3ème Tour, alors que les deux autres passeront par le 2ème Tour.
  • Round 2 : Le deux meilleurs des 4 concurrents rejoignent le 3ème Tour alors que les autres sont éliminés.
  • Round 3 : Le surfeur avec le plus de points à l'issu des 1er et 2ème Tours rencontre le moins bien classé. A partir des quarts jusqu'à la finale, les épreuves sont à élimination directe, donnant une autre dimension à l'évènement. Chaque athlète maximise alors la prise de risque et se doit alors de donner le meilleur de lui-même. Il doit s'efforcer de proposer un surf innovant aux organisateurs et aux juges s'il veut sortir du lot.
  • La Finale : Les meilleurs surfeurs se disputent la finale, où les enjeux sont plus élevés. Le surfeur qui obtient le meilleur score dans la finale est déclaré le vainqueur de la compétition.

Le système de notation : un regard subjectif encadré

En compétition, les séries durent entre 15 à 30 minutes durant lesquelles les athlètes peuvent prendre autant de vagues qu’ils souhaitent. Chaque vague est notée sur 10. Seules les deux meilleures vagues de chaque heat comptent pour la note finale (une note sur 20, donc). À la fin de la compétition, le surfeur avec le plus haut score remporte la victoire.

Lire aussi: Priorité à la voile: Guide complet

Un panel de juges évalue les performances des surfeurs selon des critères définis. Les juges attribuent des notes sur une échelle de 1 à 10, par incréments d'un dixième, en fonction de plusieurs critères. Les deux vagues avec les scores les plus élevés sont retenues pour former un total sur 20. Les critères de notation comprennent la difficulté des manœuvres et la qualité des enchaînements, la vitesse, le style, la variété des mouvements et la taille des vagues surfées. Les notes données par les juges sont comprises entre 0 et 10.

  • 0 à 1,9 : faible
  • 2 à 3,9 : médiocre
  • 4 à 5,9 : moyen
  • 6 à 7,9 : bon
  • 8 à 10 : excellent

Sur les 5 scores attribués, la note la plus haute ainsi que la plus basse sont retirées afin de faire une moyenne des 3 restantes.

Bien sûr, le système de notation est évidemment subjectif. Mais les juges sont tenus de suivre un certain nombre de critères pour évaluer les athlètes. Lesquels ? La difficulté, l'exécution, l'impact de la manœuvre… En voici quelques-unes :

Exemples de manœuvres notées

  • Le take-off : le take-off, la manœuvre qui consiste à se mettre debout sur sa planche. C'est probablement l'une des manœuvres les plus importantes pour un surfeur en surf car elle lui permet de contrôler sa planche et de se mettre en position pour faire des tricks.
  • Les virages : ce sont les manœuvres les plus courantes en surf. Il en existe des différents, mais les plus courants sont les virages frontside (vers l'avant) et les virages backside (vers l'arrière).
  • Les airs : Comme leur nom l'indique, les airs sont des figures très impressionnantes pendant laquelle le surfeur utilise la puissance et la lèvre de la vague pour s'élever dans les airs avec sa planche. Couplés avec une ou plusieurs rotations, les airs sont parmi les figures qui marquent le plus de points lorsqu'ils sont exécutés correctement.
  • Les Tubes : Grâle de tout surfeur pour la sensation de communion avec la nature qu'il procure, le Tube consiste à se retrouver au cœur de la vague qui déferle, pour ne faire qu'un avec elle. Le timing se doit d'être parfait, pour entrer et ressortir du tube avec succès.

Les règles de priorité et de conduite

Comme dans chaque discipline sportive, un certain nombre de règles sont évidemment à respecter. En voici quelques-unes :

  • Les surfeurs doivent respecter les priorités. Le surfeur qui est le plus près de la zone de take-off a la priorité sur les autres surfeurs. Si l'un d'entre eux ne respecte pas la priorité d’un autre, les juges peuvent le pénaliser en retirant tous les points reçus sur sa 2ème meilleure vague.
  • Les surfeurs ne doivent pas gêner les autres. Ils ne doivent donc pas leur couper la route, ne pas les heurter et ne pas les mettre en danger.
  • Les surfeurs ne doivent pas faire de manœuvres dangereuses. Ils ne doivent pas heurter pas sauter sur les autres surfeurs, ne pas les faire tomber de leur planche et ne pas les mettre en danger.
  • Tout comportement jugé dangereux ou antisportif sera sanctionné d’une interférence ainsi que de toutes autres sanctions prévues par le règlement disciplinaire de la FFS.

Il existe des règles de priorité en surf. Au cours d’une série, chaque surfeur se voit attribuer un ordre de priorité. Le début d’une série est annoncé par un coup de trompe prolongé. Une série dure entre 20 et 30 minutes. Au même moment, le chronomètre est déclenché et un système de panneaux est utilisé : vert pour le début de la série et jaune pour les 5 dernières minutes. La fin de la série est annoncée par deux coups de trompe prolongés.

Lire aussi: Surf: règles de priorité

Les différents circuits de compétition

Le surf professionnel est structuré autour de plusieurs circuits, chacun ayant ses propres spécificités et objectifs.

Le circuit mondial

  • La WSL (World Surf League) : C'est une entreprise américaine chargée de l'organisation de toutes les compétitions professionnelles de surf à travers le monde. Elle est notamment responsable des épreuves suivantes (avec les circuits féminin et masculin dissociés) :

    • Le Championship Tour (CT) : constitue la division d'élite du championnat du monde professionnel. Seuls les 32 meilleurs surfeurs mondiaux sont qualifiés chaque saison pour y disputer la dizaine d’étapes du circuit. Ce tableau est constitué des 22 meilleurs surfeurs du CT de la saison précédente rejoints par les 10 meilleurs surfeurs du circuit QS de la saison précédente. Ce Top 32 est rejoint par deux wild cards attribuées à l’année par la WSL à deux surfeurs méritants. L'américain Kelly Slater est aujourd'hui le recordman du nombre de titre de champion du monde, avec 11 consécrations. Le CT est le sommet du surf professionnel. Attirant une grande attention médiatique et rassemblant les meilleurs talents de la communauté du surf à travers le monde, c'est elle qui rayonne le plus auprès du grand public.
    • Le circuit Qualifiyng Series (QS) : est la deuxième division mondiale du surf professionnel. L’objectif pour les surfeurs professionnels est de concourir dans le CT. Les World Qualifying Series regroupent les surfeurs souhaitant se qualifier pour le World Championship Tour, regroupant les 35 meilleurs surfeurs et les 18 meilleures femmes. Il est la deuxième division du surf mondial. Sur ce circuit sont regroupés 96 hommes et 64 femmes issus des 7 régions WSL. Tous sont issus des circuits de qualifications via les Qualifying Series. Le circuit consiste en 8 étapes pendant lesquelles les surfeurs et les surfeuses donnent le meilleur d'eux-mêmes. Les 5 meilleurs résultats sont conservés pour établir le classement général. Au final, le Top 10 messieurs et le Top 5 Dames de la saison accèdent au CT l'année suivante !
    • Le circuit Pro Junior : il est ouvert à tous les surfeurs de moins de 18 ans (inclus) disposant d'une licence WSL.
    • Le circuit Longboard Qualifying Series (LQS) : il est ouvert à tous les longboardeurs disposant d'une licence WSL.
  • L'APB (Association of Professional Bodyboard) : C'est l'entreprise américaine chargée de l'organisation de toutes les compétitions professionnelles de bodyboard à travers le monde. Elle est notamment responsable des épreuves suivantes :

    • Les Championnats du Monde Masculin (APB Men's World Tour)
    • Les Championnats du Monde Féminin (APB Women's World Tour)
    • Les Championnats du monde de Dropknee (APB DKWT)
    • Le circuit Pro Junior (APB PJWT)
  • L’ISA (International Surfing Association) : C'est la Fédération Internationale de Surf, seule reconnue par le Comité international olympique (CIO) en tant qu'autorité d'administration mondiale pour le surf. Bien que moins influente sur la scène internationale que la WSL, l'ISA (International Surfing Association) entretien néanmoins des liens étroits avec le Comité International Olympique (CIO) et les fédérations nationales de surf. Elle est, en effet, la seule reconnue par le CIO en tant qu'autorité d'administration mondiale pour le surf. Depuis 2016, le surf est intégré comme discipline olympique. Elle organise les championnats du monde de surf depuis 1964 où les équipes vainqueurs ne remportent pas de prize money mais des médailles, à la différence du circuit proposé par la WSL. Les championnats du monde ISA, à la différence de la WSL offrent aux surfeurs une seconde chance s'ils se font éliminer, grâce au repêchage. Chacun possède ainsi plus de chance de rejoindre la finale. Outre les compétitions de surf, de kneeboard, de SUP (Stand Up Paddle) ou encore de longboard et de bodyboard, l'ISA joue un rôle primordial dans le développement du surf dans ses quelques 101 pays membres.

Le circuit Français

  • Les compétions fédérales : Les compétitions fédérales de surf se déroulent sur 3 niveaux :

    Lire aussi: Règles essentielles du départ

    • Le niveau départemental : regroupe l'Open Local et le championnat départemental.
    • Le niveau régional : regroupe les Open Territoriaux et les championnats régionaux.
    • Le niveau national : intègre les Special Events, Open de France, la finale Open de France et les championnats de France.
  • Les championnats de France : Sommet du surf hexagonal, le championnat de France de surf est un événement se déroulant chaque année et attirant des compétiteurs et des amateurs de surf de tout le pays. Les dates varient, mais l'ambiance électrique et l'excitation ne font jamais défaut. Les sites emblématiques, choisis avec soin, offrent des conditions idéales pour mettre à l'épreuve les compétences exceptionnelles des surfeurs. Du shortboard au longboard, en passant par le bodyboard, les championnats de France de surf englobent une variété de disciplines pour s'assurer que tous les styles de surf sont représentés. Des catégories juniors aux vétérans, hommes et femmes, tous les compétiteurs ont leur chance de briller sous les projecteurs. Les championnats de France de surf ne sont pas seulement une arène pour les champions confirmés, mais aussi une plateforme pour les jeunes talents émergents. C'est l'occasion pour les surfeurs en herbe de se mesurer aux meilleurs, de gagner en expérience et de laisser leur empreinte sur la scène du surf national.

  • L'Open de France : L'Open de France, anciennement Coupe de France, est une compétition se déroulant tout au long de la saison, en parallèle des compétitons départementales et régionales. Il regroupe quatre compétitions franco-françaises professionnelles et trois autres réservées à la catégorie espoirs. Ainsi, depuis 2022, 32 hommes et 24 femmes s'affrontent dans un circuit fermé sur les meilleurs spots français. En fin de saison, au mois d'octobre, la finale du circuit couronne le meilleur surfeur et la meilleure surfeuse.

Histoire des compétitions de surf

Le surf en tant que pratique remonte à des centaines d'années et a des origines polynésiennes, particulièrement à Hawaï. Cependant, les compétitions de surf modernes ont été popularisées et organisées plus récemment. La première compétition de surf officielle a eu lieu à Corona del Mar, en Californie, en 1928. C'était un événement organisé par le Pacific Coast Surf Riding Championships. La compétition comprenait des épreuves de natation et de paddleboard, en plus du surf.

Dans les années qui ont suivi, le surf a gagné en popularité et d'autres compétitions ont émergé dans différents endroits du monde. Le surf est devenu un sport mondial avec la création de la World Surfing Championship en 1964. Cette compétition a évolué pour devenir ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de World Surf League (WSL), qui organise des événements majeurs sur les meilleurs spots de surf à travers le monde.

Le Para surf

Une compétition de para surf respecte généralement le même déroulement que dans le surf. Cependant, les épreuves étant classées en fonction du type de handicap. La notation des enchaînements et des figures est adaptée.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *