La poursuite de records est un élément central du sport, où chaque fraction de seconde gagnée peut marquer un nouveau chapitre de l'histoire. L'aviron en salle ne fait pas exception, offrant des opportunités uniques aux athlètes d'exception tels que Phil Clapp, qui continue de redéfinir les limites de cette discipline. De plus, l'épreuve de 1 000 mètres en salle est devenue une distance populaire depuis son inclusion dans les CrossFit®* Games 2020.
L'importance de la formation et de la technique
Le parcours de Phil Clapp vers ses récents succès est ancré dans un programme d'entraînement rigoureux et structuré. Pour atteindre l'excellence, il est essentiel de choisir un plan spécifique et adapté. La maîtrise des aspects techniques de l'aviron en salle nécessite une compréhension approfondie des paramètres de puissance tels que la fréquence des coups par minute et la puissance maximale. Ces chiffres révèlent non seulement la force brute, mais aussi une gestion optimale de la respiration, de la technique et de l'hydratation. Il n'est pas rare que les périodes de repos soient négligées, mais elles sont essentielles pour éviter les blessures et optimiser les performances futures.
Analyse des temps moyens sur 1 000 m
Pour tous les âges et tous les sexes, le temps moyen pour un athlète moyen pour ramer 1000 mètres est de 3:33.6. Les débutants qui ont peu ou pas d'expérience au rameur mettront un peu plus de temps que la moyenne. La plupart des rameurs débutants pourront parcourir 1000 mètres en un temps compris entre 3:50 et 4:30. Il est important de noter que si vous vous situez en dehors de cette fourchette, ce n’est pas une si mauvaise chose ! Les rameurs intermédiaires (ceux qui pratiquent depuis un certain temps et qui sont habitués à l’entraînement cardio) peuvent s’attendre à ramer 1000 mètres en un temps compris entre 3:30 et 3:50. Cela ne semble pas être une amélioration considérable par rapport au temps moyen des débutants, mais 1000 mètres, ce n’est pas très long ! Un rameur avancé ayant beaucoup d’expérience devrait être capable de ramer 1000 m en 3:10 environ. Pour mettre cela en perspective, le record du monde sur 1000 m est de 2:39.3, établi par James Hall, un ancien joueur de rugby et un athlète extraordinaire, bien qu’il ne soit pas un rameur d’élite. Ce record a été établi très récemment, à la fin du mois d’octobre 2022.
Différences de genre et facteurs d'influence
Les hommes et les femmes ont naturellement des physiques et des niveaux de puissance différents. En moyenne, un homme mettra environ 3:40 pour ramer 1000 mètres. Bien entendu, ce temps varie en fonction de l’âge, du niveau physique, de la composition corporelle et de l’expérience au rameur. En moyenne, une femme met environ 4:35 pour ramer 1000 mètres. Comme pour les hommes, la composition corporelle, la condition physique, l’expérience et l’âge de la femme font une différence. Ces chiffres sont basés sur le temps de rame moyen d’une femme de 35 ans.
Le parcours de Jonathan Wood et sa passion pour l'aviron en salle
Jonathan Wood, 35 ans, a partagé son parcours personnel, passant d'une aversion initiale pour le sport à une passion dévorante pour l'aviron. Il a découvert l'aviron, une véritable révélation qui lui a ouvert les portes de la musculation et de toutes les formes de cardio possibles. Il pratique le rameur indoor depuis 2005 et s’entraîne principalement chez lui car il a son propre rameur.
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Réalisations et défis de Jonathan Wood
Jonathan Wood a connu ce type d’événement en 2014 car son ancien entraîneur du club, Etienne DELEAU, avait réalisé cette distance. Cela fait depuis juin 2021 qu’il a repris sérieusement les entraînements. Concernant ses entraînements, les séances les plus courtes de 12 km durent environ 55 mn, pour les plus longues cela peut aller jusqu’à 3h. En grande majorité, il le fait le soir après le travail. De plus, cela fait plusieurs années qu’il s’entraîne pour d’autres événements. Il a été le premier Français à courir avec une prothèse au marathon de New York en 2003. Il a traversé l’Atlantique à la rame à deux reprises. Pour sa première traversée en 2007, il était en binôme avec une athlète paraplégique. Seul équipage handisport engagé pour cette course internationale de 24 bateaux, l’Ocean Rowing Race, ils ont terminé 12ème en 66 jours, 23 heures. En 2012, il a fait partie de l’équipage TitanRow composé de huit rameurs pour une tentative de record du monde de la traversée.
Son expérience le jour J
Il n'a aucun stress avant une compétition car l’expérience est là. Souvent, par manque de repère, il démarre fort et rame presque 12h et 125 km. Autant dire que cette première journée va laisser des marques. Le deuxième jour, il se contente de 85 km. Les 3ème et 4ème jours, il rame à une jambe sans prothèse. Mais pour le coup, il se fixe un rythme plus en souplesse aux alentours de 2mn50 au 500 m.
Aujourd’hui, il est le 6ème Français à avoir ramé la distance de 1 000km en intérieur. La gloire n’est pas recherchée. Pour lui, l’idée est de convertir les gens aux bienfaits du sport. En effet, outre ses performances athlétiques personnelles, le rameur est un sport porté, peu traumatisant pour le corps et qui permet de travailler tous les muscles du corps. La pratique peut se faire à partir de 10 ans sans limite d’âge.
Comment se passe l’homologation pour établir le record mondial ?
C’est le fabriquant des rameurs qui homologue le record. Pour les autres distances, une application reliée au rameur permet d’enregistrer votre performance et éventuellement de valider un record avec la référence et un code qui vous est propre. De plus, il faut que des personnes puissent attester de la performance. Pour le 1 000 km, ça a été un peu différent suite à un bug de l’application qui n’a pas comptabilisé un peu plus de 42km le 4ème jour. Ils ont donc écrit à Concept2 qui a pris en compte afin de ne pas le pénaliser.
Son prochain défi sera de réaliser 4 710km en rameur indoor. Il s’agit de la distance exacte entre l’île de la Gomera et Antigua. Ce sera une première mondiale en intérieur aussi bien pour les valides que pour les handisports. Il compte démarrer ce nouveau défi une semaine avant le début des Jeux Olympiques 2024 qui débuteront le 26 juillet. L’objectif sera le même que pour le 1 000km mais avec une dimension différente car il espère donner des envies à ses collègues DIRISIEN pour venir l’accompagner, mais également tous les militaires ainsi que le personnel civil de la garnison de Metz. Son conseil est simple : il faut laisser le temps au temps et y aller étape par étape. Parfois, l’envie de ramer n’est pas là. En moins de 2 ans, il a parcouru plus de 8 000km, avec des étapes et des challenges. Il s’inspire souvent de ce que disait le Général Bigeard « un pas, encore un pas ». Il pense aussi à la devise du 3ème Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine : « Etre et Durer ».
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Engagement associatif
Depuis 15 ans, il est impliqué dans de nombreuses manifestations sportives et associatives. Depuis 2008, il est intervenant pour l’Éducation Nationale au sein des écoles et collèges en Meurthe-et-Moselle. Afin de favoriser les échanges avec les élèves, il effectue une présentation sur l’handisport et les différents handicaps. Actuellement, il est parrain de l’Association Intemporelle.
Conseils pour les débutants
Il est facile de perdre la bonne posture sur le rameur lorsque vous vous fatiguez, ce qui peut nuire à vos performances, mais aussi augmenter le risque de blessure. Plutôt que de pousser aussi vite que vous le pouvez, faites une pause rapide si vous sentez que vous êtes en baisse d’énergie. Il est recommandé de ne pas pousser jusqu’à 1000 m sans tenir compte de votre posture et de votre état. La moindre erreur peut entraîner une blessure qui vous éloignera du rameur pendant des semaines ! Si vous ne voulez pas faire de pause à mi-parcours, ramez plus lentement afin de conserver votre énergie tout au long des 1000 m. Plus vous ramez, plus vous vous améliorez ! Mais se lancer à corps perdu dans cet exercice peut s’avérer désastreux. Commencez lentement jusqu’à ce que vous trouviez votre rythme et ce qui est confortable pour vous.
Le rameur sur 1000 m peut être intégré à l’entraînement de n’importe qui, et pas seulement des rameurs expérimentés. Si vous êtes complètement débutant et que vous comptez monter sur un rameur pour la première fois, vous ne serez peut-être pas capable de ramer 1 000 m sans vous arrêter pour reprendre votre souffle. Votre premier objectif pourrait donc être de ramer 1 000 m sans vous arrêter. Gardez à l’esprit qu’en tant que rameur débutant, vous pouvez ramer au rythme qui vous convient. Ne vous laissez pas convaincre de ramer comme un fou simplement parce qu’il s’agit d’une « distance de sprint » !
Technique pour gérer la distance
Ramer 500 m est une distance normale. Si la distance de 1000 m vous intimide, essayez de faire deux fractions de 500 m. Cela signifie que vous ne regardez pas la distance de 1000 m, mais plutôt celle de 500 m. De ce fait, vous ne vous concentrerez pas sur l’objectif final, mais plutôt sur la moitié de la distance.
L'exploit de Vincent Hourdin
Vincent Hourdin, âgé de 28 ans, rameur des Avirons d'Armor, vient de faire tomber, ce week-end, le record du monde de 1.000 km en aviron indoor, détenu par Étienne Deleau, en 2014, en six jours, 23 heures et 24 minutes. Il affiche ainsi un nouveau record en six jours, huit heures et 30 minutes.
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Son parcours et sa préparation
Natif et résidant à Plédéliac, il a commencé en 2003 au sein du club local Avirons d'Armor. Un club où il s'entraîne aujourd'hui encore plusieurs fois par semaine, soit en extérieur, à la base nautique, soit en salle. Depuis plusieurs mois, il est passé à un entraînement journalier. Il s'est fixé une vitesse maximum de 10 km/h, afin de ne pas s'épuiser trop rapidement. Sa feuille de route : commencer lundi, à 5 h, et terminer samedi, afin de pouvoir s'intégrer au challenge, aux 24 heures de l'Hourdin, qui commençait vendredi, à 18 h 30 (un challenge dont il est l'initiateur). Il s'imposait un rythme journalier de trois cycles de quatre heures et 51 minutes de rame, dix minutes de pause et deux pauses supplémentaires de 30 minutes pour prendre ses repas.
Ses sentiments après avoir battu le record
À chaud, même s'il est content de l'avoir fait, il dira que non, il n'est pas prêt à recommencer. C'est vraiment très difficile. Le dos et les genoux, pour ce qui le concerne, fatiguent énormément. Il remercie les élus, licenciés du club et habitants, pour leurs encouragements, et son employeur, qui lui a permis de participer à ce nouveau challenge.