Le parcours de Raphaël Salles est intimement lié à l’évolution technologique et sportive des sports nautiques depuis les années 80. Windsurfer de renom dans le courant des années 80 puis kitesurfer de haut vol depuis une quinzaine d’années, le français Raphaël Salles est aujourd’hui un acteur incontournable dans l’industrie du kitesurf avec sa marque F-One. Son itinéraire, marqué par une soif constante de développement et une intuition aiguisée, illustre la manière dont un passionné a su transformer sa pratique en une industrie innovante, tout en restant un "waterman" authentique.
L’éveil d’un waterman : du funboard à la compétition mondiale
Né à Montpellier, Raphaël a toujours été bercé par les vagues de la Méditerranée. Avec deux parents passionnés de voile, il passe probablement plus de temps sur l’eau que sur la terre ferme durant son enfance. En 1976 et à l’âge de 13 ans, Raphaël débute la planche à voile et inconsciemment change la trajectoire de sa vie. Dès 1981, sa carrière d’athlète professionnel est en plein essor et il devient rapidement l’un des meilleurs véliplanchistes de sa génération.
Un voyage à Hawaï au milieu des années 1980 marque un premier tournant dans la carrière professionnelle de Raphaël. Il devient immédiatement accro au funboard et connaît un succès immédiat dans ces épreuves. Raphaël a été l’un des premiers français à participer aux séries de Coupe du Monde, se mesurant à des athlètes comme Robby Naish. Il a sans aucun doute participé et contribué aux années glorieuses du funboard, à l’époque où les compétitions attiraient des milliers de spectateurs et étaient retransmises en direct à la télévision. Dans les années 80, Raphaël Salles figurait parmi les meilleurs funboarders français. Il a même obtenu une place de 3e mondial en funboard.
La genèse de F-One : l’intuition avant le business
Au début des années 1990, il se rend compte qu’il n’est plus aussi motivé qu’avant pour rester sur le circuit professionnel. Sa passion pour le sport était toujours aussi forte, mais il voulait l’exprimer d’une manière différente. Il décide donc de créer sa propre marque de planche à voile, F-One, en collaboration avec sa femme Sophie. Au début, F-ONE se focalise sur les planches de windsurf, mais le marché est déjà plus que saturé. Aucun des deux ne sait comment gérer une entreprise, utiliser un ordinateur, ou même rédiger une facture. Raphaël s’est toujours basé sur son intuition et ses ressentis sur l’eau inégalés, jamais sur des business plans.
À cette époque, il rencontre un planchiste qui monte : Marco Copello. Ensemble ils commencent une collaboration de rider - shaper et Marco dira qu’il a eu beaucoup de chance en le rencontrant car Raphael avait la capacité de retranscrire avec finesse ce qui se passait sous ses pieds, lors de sessions test des planches. En 1984, Raphael Salles remporte une finale de coupe du monde au Japon devant le « Roi » Robby Naish. Dès lors, la presse spécialisée du monde entier et les compétiteurs se penchent sur les planches Copello.
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Le virage du Kitesurf : pionnier mondial
Au milieu des années 90, le kitesurf en est encore à ses balbutiements. Évidemment, Raphaël a immédiatement voulu essayer. Rapidement, il se rend compte du potentiel de ce sport encore naissant. En 1997, F-ONE dévoile sa première planche spécifique pour le kitesurf : la 215 red. F-ONE devient ainsi la seule marque mondiale à proposer une planche dédiée au kitesurf. La 215 prend tout le monde de court et Raphaël et Sophie croulent rapidement sous les commandes. Ils doivent parfois même récupérer des vieux cartons aux magasins des environs afin de pouvoir expédier leurs propres planches.
Sentant que le vent tourne, Raphaël prend la décision de se concentrer uniquement sur le kitesurf. Le slogan de l’entreprise devient même “All we do is kiteboarding”. Alors que F-ONE continue d’agrandir sa gamme de planches, il veut également proposer des ailes. Dès 1999, la ATK sort, suivie par la STARTER l’année suivante. Il faut deux ans avant d’obtenir les moyens nécessaires pour pouvoir payer la licence des ailes à boudin. Peu de temps après, la MACH1 voit le jour.
En 2008, F-ONE franchit un cap avec le lancement de la BANDIT, un design Delta C-Shape qui a alors changé la façon dont les gens percevaient le sport. Du débutant au rider professionnel, c’est une aile qui peut convenir à tout le monde. F-ONE a véritablement franchi un cap et a vendu plus de BANDIT que n’importe quel autre kite au cours de sa première année d’existence.
L’hybridation des pratiques : Kite SUP et Foil
Toujours ouvert aux nouvelles formes de glisse, Raphaël Salles a compris très tôt que kitesurf et SUP pouvaient mêler leurs destinées afin de proposer une pratique alternative, le kite SUP. Raphaël explique : « J'ai commencé le SUP pour surfer et faire de la balade et naturellement, j'ai testé avec une aile car je cherche depuis toujours un engin qui puisse rendre le kitesurf super accessible et plus familial. » Pour lui, le SUP est l’engin parfait car il reste plus petit qu’un bateau et assez volumineux pour tenir debout dessus.
Concernant le foil, Raphaël Salles revient sur l’histoire de la discipline au sein de la marque : « Nous avions pu voir des images de Laird Hamilton en surf foil tracté avec des chausses de snowboard il y a déjà fort longtemps, et plus récemment encore les vidéos de SUPfoil de Bruno André surfant des vagues. » Fin 2018, il reçoit le premier design de wing de Robert Graham. Instantanément, il est convaincu qu’il doit s’engager pleinement dans ce nouveau sport. « Tout comme la BANDIT dix ans plus tôt, la SWING marque un nouveau tournant dans l’histoire de l’entreprise. »
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La philosophie de la marque F-One
L’innovation de F-One repose sur une approche exigeante. Tout ce que nous créons est développé en interne, des toutes premières idées aux designs et prototypes, et jusqu’au produit fini. Raphaël souligne que l’originalité de F-One est qu’ils travaillent pour faire de beaux produits pour bien rider. L’important est l’amour du produit, c’est ça qui fait leur force. La marque fait le choix d’utiliser des matières premières provenant de France, des États-Unis ou du Japon. F-ONE a aussi fait le choix de travailler avec un réseau de distributeurs contrairement à d’autres marques qui utilisent la vente directe.
L’entreprise est gérée par le trio Raphaël, Sophie et leur fils Julien. Julien explique : « F-ONE est un peu comme mon petit frère. L’entreprise fait partie de moi et est là depuis que j’ai quatre ans. » Cette transmission assure la pérennité de l’esprit familial, tout en intégrant de nouvelles perspectives comme la passion intense pour le foil apportée par Julien.
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