La raie manta est une créature sous-marine passionnante, un spectacle magique, un rêve pour tout plongeur, offrant une expérience inoubliable.
Qu'est-ce qu'une raie manta ?
La raie manta est une cousine éloignée des requins et des autres raies. La famille des raies peut se diviser en 2 groupes : les raies vivant sur le fond et les raies pélagiques, comme les raies manta. La raie manta est de couleur bleu nuit et blanc, et a une forme de losange avec une tête plate. Toutes les raies ont un corps aplati en forme de cerf-volant.
Les différentes espèces de raies manta
Bien que ressemblant fort aux mobulas, qui appartiennent à la même famille que les raies aigle (les Myliobatidae), les mantas sont une espèce à part entière. Depuis 2009, la communauté scientifique s'entend pour les distinguer en deux sous-catégories, les récifales (Manta Alfredi) et les océaniques (Manta Birostris). De forme légèrement différente, les secondes sont plus mobiles (elles migrent davantage) mais aussi de plus grande dimension.
La face dorsale de la manta des récifs possède des transitions de couleurs plus douces et dégradées entre le noir et le blanc alors que la manta océanique offre une coloration beaucoup plus contrastée entre ces deux teintes. La mise en avant de l’espèce Mobula alfredi est très récente puisque ce sont des études génétiques réalisées en 2010 qui ont validé son existence taxonomique permettant ainsi de la différencier de Mobula birostris.
Caractéristiques générales
La raie manta est la plus grande des raies, pouvant atteindre jusqu’à 7 mètres de diamètre. Les raies manta océaniques peuvent atteindre 7 mètres d'envergure, peser jusqu'à deux tonnes et vivre au moins cinquante ans. Leur vitesse de pointe frise les 25km/h !
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La raie manta des récifs fait partie des espèces de poissons cartilagineux les plus impressionnantes. Cette proche parente des requins possède deux immenses nageoires pectorales qui peuvent lui donner une envergure allant jusqu’à plus de 5 mètres ! La queue en forme de fouet est plus longue que le corps et la bouche située en position terminale est entourée de deux nageoires dites céphaliques. Elle ne possède pas d’épine caudale et ne représente, de ce fait, aucun danger pour l’homme.
Un cerveau développé
Ce sont des animaux très intelligents et une étude démontre même que ce sont les poissons ayant les cerveaux le plus grand par rapport au ratio cerveau/taille du corps.
Comportement social
Elles sont également très sociales, par exemple, lorsqu’elles s’alimentent, elles le font en groupe, en se laissant la première place à tour de rôle. Reconnaître un mâle d'une femelle : les dames manta sont de nature plus avenante et plus curieuses que leurs partenaires de sexe masculin, nous apprend le Manta Trust. Ce sont donc elles qui viendront plus volontiers se faire caresser par les bulles des plongeurs sur les stations de nettoyage. Pour en avoir le cœur net, l'on observera le ventre, à la racine de la queue. Nageoires pelviennes lisses signifieront femelle. Si elles comportent des excroissances, appelées « ptérygopodes », c'est que vous avez affaire à un mâle.
Alimentation
Se nourrissant principalement de plancton, les raies Manta visitent à l’occasion les zones riches en plancton des récifs. Elles nagent souvent à proximité de la surface, et parfois crèvent la surface en sautant ! Lorsqu’elles se nourrissent, elles planent facilement dans l’eau en utilisant les nageoires céphaliques situées de chaque côté de la tête pour diriger la nourriture vers la bouche.
Contrairement à ce que pourrait laisser penser la taille de sa large gueule, la raie manta se nourrit principalement de plancton et de micro-organismes. Ses nageoires céphaliques se déroulent et forment un véritable entonnoir qui canalise la nourriture directement dans la bouche de l’animal.
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Reproduction
La raie manta des récifs est ovovivipare. Les œufs vont éclore dans le ventre de la mère au bout d’une durée de gestation de 12 à 13 mois. En général, un seul petit viendra au monde (très rarement 2) mais il aura une taille déjà respectable avec une envergure d’environ 1,50m.
Identification des individus
Pour distinguer une manta de l'une de ses congénères, les scientifiques observent les taches situées sur leur ventre. Elles sont uniques à chaque individu, à l'instar de nos empreintes digitales. Chaque manta a un motif unique de tâches sur son ventre, et il est souvent possible de prendre des photos ou des vidéos de celles-ci. Les photos seront ensuite soumises à une banque de données globale des raies manta.
Relations avec d'autres espèces
Les rémoras accompagnent souvent les raies mantas. Ils profitent de leur taille imposante pour venir se mettre à l’abri d’un éventuel prédateur et ils n’hésitent pas à se nourrir des petits poissons qui passent parfois à proximité de ce grand vaisseau amiral. On peut ici parler de commensalisme entre les espèces puisqu’en théorie le rémora ne gêne pas la raie manta. La plupart des récifs sont des zones où les raies manta se rendent pour se faire nettoyer par les labres (petits poissons qui se nourrissent de leurs parasites, NDLR) afin de se maintenir en bonne santé.
Où plonger avec les Raies Manta ?
Il est possible de plonger avec des raies manta à de nombreux endroits. Les raies Manta sont généralement présentes dans les eaux chaudes de la planète. Les raies mantas des récifs sont présentes tout autour de la zone tropicale dans l’océan Indien et l’océan Pacifique. Ce ne sont pas de grandes voyageuses et elles restent souvent inféodées à une zone ou un archipel bien spécifique.
Australie
L’Australie possède une infinité de sites de plongée d’exception. Vous pouvez aussi les retrouver sur L’ile de Lady Elliot qui est aussi surnommé la “maison des raies manta”. Cependant, il est conseillé de visiter la côte ouest, à Coral Bay, près de Ningaloo, qui est une région moins fréquentée par les plongeurs que la Grande Barrière de Corail et l’île de Lady Elliot mais très fréquentée par les raies-manta qui s’y retrouvent par centaines. On y compte 600 raies manta par an et elle vous offre un spectacle magique pendant la saison de reproduction (novembre-février) avec parfois près de 15 males se battant pour se reproduire avec une seule femelle.
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Bali
La plongée à Bali est superbe si vous voulez voir des GROS poissons mais aussi pour la plongée Macro. Excellente biodiversité et faune. Excellentes chances d’apercevoir des raies Manta géantes et des requins baleine. Superbes paysages et îles tropicales. Manta Point, Bali.
Mexique
Dans les Amériques, l'endroit le plus emblématique pour voir des mantas océaniques est l'archipel de Revillagigedo au Mexique, souvent connu sous le nom de Socorro. Uniquement accessibles avec un bateau de croisière entre novembre et mai, ces îles volcaniques ont été enregistrées au patrimoine mondial de l'UNESCO. Depuis 2017, l'archipel fait partie d'une grande Aire Marine Protégée.
Autres destinations
Toujours dans les Amériques, l'archipel des Galápagos en Equateur et L'île Cocos au Costa Rica sont d'autres destinations où il est possible de voir des mantas océaniques. Dans l'océan indien, les atolls du Nord des Maldives, et plus spécifiquement la baie d'Hanifaru, sont connus pour leurs rassemblements de mantas entre mai et novembre. Raie Manta à l’île Komodo. Croisière Plongée aux Maldives.
Les raies manta sont-elles dangereuses ?
Une mauvaise réputation : avant de pouvoir s'immerger sous la surface de l'eau, les marins redoutaient l'inconnue tapie dans les abysses. Ils frémissaient à la seule évocation du kraken, ce calamar géant, du léviathan et ses multiples têtes, des sirènes (dont on souffle qu'il s'agissait en fait de lamantins)… Ne comprenant pas ce qu'étaient ces immenses ailerons sombres clapotant parfois à la surface de l'eau, ils avaient surnommé les raies manta et mobulas les « diable des mers ». Ces animaux sont pourtant bel et bien inoffensifs, et se nourrissent exclusivement de plancton !
Ces raies sont également parfois appelées ‘diables de mer’ en raison de leurs deux excroissances en forme de corne autour de la bouche. Ces animaux possèdent également des épines venimeuses qui peuvent infliger des blessures, ce qui les rend dangereuses. Cependant, les raies Manta ne possèdent pas ces épines à la base de leur queue. Elles sont même plutôt inoffensives et ne peuvent blesser les plongeurs ou les nageurs. Elles sont généralement assez curieuses et nagent souvent autour des plongeurs.
Interaction avec les plongeurs
En Australie, une raie manta de trois mètres d'envergure s'est approchée d'un groupe de plongeurs, semblant les appeler à l'aide. Ceux-ci ont débarrassé l'animal de plusieurs hameçons plantés dans son corps. Au cœur du récif corallien de Ningaloo en Australie, une raie manta est venue à la rencontre d'un groupe de plongeurs et s'est immobilisée devant eux. Les plongeurs ont pu filmer le retrait des hameçons du corps de la raie manta.
« Je guide souvent des plongeurs équipés d'un tuba dans cette zone, et c'est comme si elle m'avait reconnu et avait compté sur moi pour lui venir en aide, relate le photographe par communiqué. La vidéo montre Jake Wilton plongeant à plusieurs reprises vers la raie manta, qui reste paisible à son approche. Selon le plongeur, les hameçons se seraient plantés près de l'œil de la femelle alors que celle-ci longeait le fond marin pour ramasser du plancton. « La plupart des récifs de la baie sont des zones où les raies manta se rendent pour se faire nettoyer par les labres [petits poissons qui se nourrissent de leurs parasites, NDLR] afin de se maintenir en bonne santé, a-t-il expliqué à la BBC.
Statut de conservation
L’Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN) a déclaré le statut des raies Manta géantes comme ‘vulnérable’ en 2011. En 2019, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a changé la classification des mantas océaniques de "Vulnérable" à "En danger".
Aujourd’hui les raies mantas sont toutes classées comme espèce vulnérable sur la liste rouge des espèces menacées établie par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Du fait d’une très faible migration des populations, les mesures de protection sont souvent prises de façon locale, même si depuis 2013 la réglementation sur la vente de cette espèce s’est considérablement durcie. Les raies manta sont très sensibles aux perturbations. Bien que protégées, les mantas sont néanmoins vulnérables face à l'homme, à la pollution et au dérèglement climatique… sans parler du braconnage.
Que faire pour aider ?
Il n'est pas nécessaire d'être un scientifique pour participer à une expédition manta. On peut par exemple prendre des photos ou des vidéos des motifs uniques sur leur ventre. Les photos seront ensuite soumises à une banque de données globale des raies manta. Une autre technique parfois utilisée est le marquage.
Organismes de protection
www.mantatrust.org une ONG britannique, se consacre à leur étude et à leur protection. MarAlliance embarque avec les pêcheurs sur des modestes esquifs, et part à la rencontre de la mégafaune marine. Au-delà des travaux de photo-identification, les protecteurs des environnements marins équipent certaines raies avec des balises électroniques. Ceci leur permet de suivre les mouvements des géantes pendant quelques semaines.
Légendes et anecdotes
D’anciennes légendes polynésiennes racontent que les mantas pouvaient emporter les embarcations des pêcheurs dans les profondeurs. D’autres évoquent le fait qu’elles pouvaient facilement recouvrir les chercheurs de perles en apnée de leur grand manteau (de l’espagnol manta) pour les empêcher de remonter les trésors des fonds marins. Bien évidemment, il n’en est rien.