L'Art Subtil de la Rallonge de Mât en Windsurf : Comprendre la Hauteur entre Poulies et Optimiser Votre Gréement

Le windsurf, sport de glisse exigeant, repose sur une interaction subtile entre l'équipement, le vent et le pratiquant. Au cœur de cette alchimie, la rallonge de mât s'impose comme un composant indispensable du gréement, servant de pont essentiel entre le mât et le pied de mât (ou plaquette). Elle permet d’ajuster la hauteur du mât pour s’adapter parfaitement à la voile, une étape clé pour optimiser son gréement. Un bon réglage de la rallonge garantit une meilleure tension à l’amure, une voile plus stable et une navigation plus performante, que l'on pratique le freeride, les vagues, le freestyle ou le slalom. Comprendre les nuances de cet accessoire, notamment l'interaction et la hauteur entre ses poulies et celles de la voile, est fondamental pour tout windsurfeur désireux de maximiser ses performances.

La Rallonge de Mât : Composant Essentiel du Gréement

La rallonge de mât, cet accessoire placé entre le mât et le pied de mât, a pour fonction première d'ajuster la longueur totale du mât afin qu'il s'adapte parfaitement à la voile utilisée. Sans elle, il serait impossible de respecter les préconisations du fabricant de voile, qui indique la taille de mât nécessaire et, le cas échéant, la taille de rallonge requise, souvent précisée dans les sections "LUFF" ou "EXT". Ce rôle primordial dans l'adaptation de la hauteur du mât à la voile est directement lié à la performance. La longueur du mât influence en effet la tension de la voile, impactant ainsi sa puissance et sa stabilité. Chez des spécialistes comme SurfShop.fr, on trouve un large choix de rallonges compatibles avec la majorité des mâts du marché et avec toutes les plaquettes de pied de mât standards, à condition de respecter le type de connecteur (Pin ou US cup).

Types de Rallonges : Diamètre, Matériaux et Conception

Le choix d'une rallonge est loin d'être anodin et se décline en plusieurs catégories, chacune adaptée à des besoins spécifiques en fonction du mât, de la voile et du style de navigation.

SDM vs. RDM : Adapter le Diamètre du Mât

La première distinction majeure concerne le diamètre du mât auquel la rallonge est destinée. On retrouve deux styles principaux :

  • Les rallonges SDM (Standard Diameter Mast) : Conçues pour les mâts à diamètre standard, ce type de mât est plus épais et plus rigide, avec un diamètre de 48,5 mm pour la rallonge. Elles sont traditionnellement idéales pour les grandes voiles et les conditions de vent fort, offrant une plus grande rigidité. Historiquement, le SDM représente l'ancienne génération.
  • Les rallonges RDM (Reduced Diameter Mast) : Utilisées avec des mâts à diamètre réduit, plus fins, plus souples et plus légers, dont le diamètre de la rallonge est de 32 mm. Plus souples et légères, elles offrent davantage de confort dans les manœuvres et conviennent particulièrement aux voiles de vagues ou de freestyle. Le windsurf tend à se tourner de plus en plus vers le RDM pour sa maniabilité et sa légèreté, particulièrement appréciées des petits gabarits et des waveriders.Le choix entre une rallonge SDM ou RDM est donc simple : il suffit de s'adapter au type de mât utilisé. Pour un mât SDM, il faudra une rallonge SDM, et pour un mât RDM, une rallonge RDM.

Aluminium ou Carbone : Le Choix du Matériau

Les rallonges sont fabriquées dans différents matériaux, principalement l'aluminium et le carbone, chacun présentant des avantages distincts :

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  • L'aluminium : Solide, abordable et parfait pour un usage polyvalent, l'aluminium est le matériau le plus répandu pour les rallonges. Si une rallonge de windsurf en aluminium est plus lourde qu'un modèle en carbone, elle est toutefois super résistante aux chocs. Son prix et sa fiabilité constituent un excellent rapport qualité/prix pour les personnes ayant un petit budget, les débutants ou les pratiquants occasionnels.
  • Le carbone : Ultra léger et rigide, le carbone est recommandé pour les riders exigeants recherchant un maximum de performance. Les rallonges de windsurf en carbone sont plus légères que celles en aluminium et, bien que solides, sont un peu plus délicates que celles en alu en cas de choc. Du fait de leur technicité, leur prix est plus élevé. Elles sont excellentes pour optimiser les performances et satisfont les riders qui cherchent sans cesse à se dépasser et désirent le meilleur matériel possible.

Conceptions et Fonctionnalités des Rallonges

Au-delà du diamètre et du matériau, les rallonges varient également dans leur conception et les fonctionnalités qu'elles intègrent :

  • La rallonge classique : Elle se connecte à un pied de mât et son réglage minimum est souvent de 12 cm.
  • La rallonge avec pied de mât intégré : C'est la rallonge la plus utilisée, car elle regroupe le pied de mât et la rallonge en un seul accessoire, simplifiant ainsi le gréement.
  • La rallonge avec étarqueur poignée intégré : Cette version permet d’étarquer sans effort et d’adapter ses réglages directement sur l’eau, offrant une grande flexibilité.De plus, des innovations constantes apparaissent sur le marché pour faciliter le gréement et optimiser les réglages. Par exemple, le nouveau modèle NP est parfois coûteux, mais semble bien fini. Des rallonges de marques comme Pryde, avec de gros réas sur roulement à billes, sont jugées indispensables pour étarquer de grandes voiles de slalom ou de course nécessitant une forte tension, comme une Loft Blade 9.4. Ces systèmes permettent de réétarquer sur la plage sans avoir besoin de remonter à la voiture pour utiliser une manivelle. Pour les modèles Pryde, il est à noter que certains modèles récents noirs ont eu une bague de réglage très fine en plastique qui pouvait fissurer rapidement, contrairement aux modèles avant 2011, en alu gris avec une bague métal/plastique incassable. Les anciennes MXT de NP, notamment en SDM 48 avec la bague alu, étaient également réputées fiables, avec un système simple et pratique incluant la plaquette associée.Une innovation notable est la rallonge NoerStick, issue d’un travail de développement approfondi. Ce modèle intègre un système de palans dans le corps de la rallonge et une bague de blocage directement reliée. Son principe novateur est la possibilité de régler le point d'amure "poulie contre poulie" et ensuite d'ajuster le réglage au millimètre près. Elle permet de n'avoir qu'une seule rallonge pour toutes les voiles nécessitant un mât SDM, sans avoir à se rappeler les réglages précis de chaque voile. La rallonge NoerStick possède un corps plein, creusé pour laisser la place au palan et à sa poulie à 4 réas, qui sert à monter ou descendre la bague contre le mât. Cette poulie est intégrée à quelques centimètres du haut de la rallonge, démultipliant les forces pour remonter la bague, surtout sur une voile de slalom qui demande une tension importante. Elle intègre également deux taquets coinceurs, l'un pour la mise en place des poulies de rallonge contre celles de la voile, et l'autre pour gérer la tension d’amure. La charge est répartie sur la bague contre le mât grâce à deux poulies intégrées de chaque côté. Ces innovations visent à faciliter l'étarquage et à le rendre plus précis, même si l'utilisation de deux taquets coinceurs peut parfois réduire l'espace disponible pour appuyer avec le pied lors de l'étarquage sur des voiles de course très tendues.

Optimisation de la Longueur et du Réglage : Clé de la Performance

Le choix de la bonne longueur de rallonge et son ajustement précis sont déterminants pour la performance du gréement.

Déterminer la Bonne Longueur de Rallonge

La longueur de la rallonge se choisit avant tout en fonction de l'indication sur la voile. Les dimensions à utiliser pour que votre voile soit bien réglée sont inscrites dessus. Par exemple, si sur la voile il est écrit "LUFF 483 +/- 1 cm" et que vous possédez un mât de 4,60 m, il vous faudra utiliser un réglage de 22 ou 24 cm sur votre rallonge. Il est crucial que la rallonge choisie ait une plage de réglage couvrant les besoins de vos voiles. Si vous avez besoin de 36 cm de rallonge, une rallonge de 32 cm ne vous permettra pas de gréer correctement votre voile.

L'Impact de la Tension sur la Voile

Le rôle de la rallonge est primordial pour adapter la hauteur du mât à la voile. La longueur du mât influence la tension de la voile, ce qui impacte directement la performance. En fonction des conditions de vent, vous pouvez choisir de tendre plus ou moins votre voile à la rallonge pour ajuster la puissance et la stabilité de votre gréement. Si vous tendez plus que le réglage indiqué, votre voile aura moins de creux et plus de chute, ce qui se traduira par moins de puissance mais plus de contrôle et d'accélération. Cette capacité d'ajustement permet de personnaliser le comportement de la voile en fonction des préférences du rider et des conditions météo du jour.

La Précision des Mesures et l'Emboîtement

Il est important de noter que les marquages sur les rallonges peuvent parfois présenter des erreurs, allant jusqu'à 2 cm ou plus d'un modèle à l'autre ou d'une marque à l'autre. Certains fabricants, comme MauiSails, ont résolu ce problème en indiquant la longueur de "rallonge" comme la distance entre le bas du mât et le bas de la poulie de la voile, un système similaire à celui d'Easy avec une règle intégrée à la sangle d'amure. Ces précisions sont précieuses, car la course au 0.5 cm niveau réglage peut être vaine si la base de mesure est imprécise.Concernant l'emboîtement de la rallonge dans le mât, plusieurs points sont à considérer. Sur une voile ne nécessitant que très peu de rallonge (0 à quelques centimètres), la longueur d'emboîtement peut être très faible, même avec une forte tension à l'amure, sans poser de problème. Cependant, rentrer une rallonge de seulement 34 cm dans un mât alors que la voile n'a besoin que de 6 cm de rallonge peut s'avérer impossible selon la rallonge et le mât. Il est généralement recommandé d'avoir une certaine "garde", c'est-à-dire une partie de la rallonge insérée dans le mât. Par exemple, une rallonge Duotone, une fois à fond, a environ 10 cm qui rentrent dans le mât. Un manuel Pryde indiquait qu'il fallait un minimum de 11 cm d'insertion.L'utilisation d'une rallonge trop grande ou trop insérée profondément peut modifier la courbe du mât. De même, déporter la contrainte à 40 cm de la base, plutôt qu'à un emboîtement minimal, est mécaniquement moins simple et peut être plus critique avec des mâts SDM qu'avec des RDM en raison de leur diamètre. Il est courant de ne jamais utiliser les dernières positions d'une rallonge pour éviter ces contraintes excessives.Néanmoins, l'utilisation de très grandes rallonges (certaines mesurant jusqu'à 50 cm) peut offrir une flexibilité significative. Elles peuvent permettre d'éviter l'achat d'un mât supplémentaire, par exemple en utilisant un mât de 520 cm au lieu d'un 550 cm pour les grandes voiles de foil. Ce type de montage, avec énormément de rallonge, est de plus en plus courant sur les voiles de foil qui ont des aspects ratios très allongés, obligeant même certaines marques (Severne, North, Patrik, NP) à proposer des "mast extenders" lorsque les rallonges standards de 48 ou 50 cm ne suffisent pas. Parfois, pour des mâts hard-top comme ceux de Point-7, il est même préconisé un mât plus long avec davantage de rallonge pour assouplir la tête de voile.

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Le Rôle Crucial des Poulies et de l'Étarquage

L'étarquage, c'est-à-dire l'action de tendre la voile, est une opération fondamentale qui dépend grandement de la qualité des poulies de la rallonge et de la manière dont le bout est passé.

L'Importance des Poulies pour un Étarquage Efficace

La facilité et l'efficacité de l'étarquage sont directement liées à la conception des poulies. Une rallonge avec des poulies à gros réas sur roulement à billes réduit considérablement l'effort nécessaire. Pour des voiles de grande surface ou très creuses, qui exigent une tension importante, un tel système est presque indispensable. Il permet non seulement un étarquage initial plus aisé, mais aussi des ajustements fins sur l'eau ou sur la plage sans effort excessif. Les rallonges Point-7, par exemple, sont construites en aluminium de qualité T8 avec des roues en laiton sur les poulies et un système de taquet en acier inoxydable de qualité marine 365, leurs doubles poulies XXL étant conçues spécifiquement pour réduire l'effort d'étarquage. L'utilisation d'un bout en Dyneema de 3,8 mm ou 4 mm est fortement recommandée, car il glisse mieux dans les poulies et est beaucoup plus résistant que les bouts normaux, évitant ainsi les casses fréquentes. Malgré un prix plus élevé, sa durabilité le rend rentable à long terme et il facilite grandement l'étarquage. Le choix entre double poulie ou double taquet dépendra de la méthode d'étarquage préférée : les poulies sont plus adaptées à un étarquage manuel, tandis que le taquet est plus pratique avec un système d’aide mécanique (manivelle).

La Configuration "Poulie Contre Poulie"

L'objectif idéal lors du gréement est de parvenir à une configuration "poulie contre poulie", où les poulies de la rallonge viennent se loger parfaitement contre celles de la voile, minimisant ainsi l'espace entre elles pour une transmission de force optimale. Cette configuration n'est pas toujours facile à obtenir. Sur certaines voiles, il faut parfois un peu de réflexion pour éviter les croisements entre les bouts, et il n'est pas toujours possible de suivre le déroulé proposé par la marque, car le cheminement dépend de l’orientation de la poulie d’amure sur la voile, et toutes les marques n’utilisent pas la même manière de sangler leur poulie d’amure. La rallonge NoerStick, par exemple, est spécifiquement conçue pour permettre cet alignement "poulie contre poulie" dès la mise en place, ce qui est agréable et évite de lutter pour récupérer le bout. Cela permet d’avoir la bordure de voile la plus basse possible dans toutes les conditions. Ce n'est plus l'écartement que l'on réduit en étarquant, mais c'est la rallonge qui s’agrandit dans le mât.

Considérations sur le Bout d'Étarquage

La longueur du bout de l'étarquage est également une considération pratique. Il arrive souvent que la longueur du bout de la rallonge ne permette pas tout de suite de faire le tour de toutes les poulies pour pouvoir étarquer entièrement. Il n'est pas rare de devoir étarquer puis de faire les derniers passages du bout. Avec un accessoire comme la NoerStick, où la tension de la voile n’est pas encore mise en place lors des premiers passages, cette action ne prend que quelques secondes. Cependant, les systèmes à multiple réas, comme ceux de la NoerStick avec 4 poulies dans la bague et 4 autres en haut de la rallonge, bien que démultipliant la tension, peuvent générer beaucoup de bout résiduel qu'il faudra enrouler pour finir la préparation du gréement. L'utilisation de bout formuline est également une option, reconnu pour sa bonne glisse dans les poulies.

Le Pied de Mât : Le Lien Indispensable

Le pied de mât est l'élément qui connecte la voile à la planche. C’est un composant clé pour la transmission de l'énergie du vent à la planche via le mât. Le pied de mât peut être en plastique ou en aluminium. Pour des personnes pointilleuses sur les réglages, il existe des pieds de mât avec une carotte démontable. Le pied de mât est essentiel pour assurer la stabilité du mât et de la voile, permettant ainsi de mieux contrôler la planche. Il joue un rôle crucial dans le réglage de l’angle de la voile par rapport à la planche, influençant directement l’efficacité du gréement.Le positionnement du pied de mât sur le rail de la planche a également son importance. Un pied de mât positionné sur l'arrière du rail aura tendance à maintenir la voile plus droite sur le pont de la planche, avec moins d'angle. À l'inverse, un pied de mât positionné sur l'avant du rail est très peu utilisé, car l'angle entre la voile et la planche deviendrait tellement important lors du planing que cela favoriserait les spin out (dérapages de l'aileron). Certaines rallonges sont conçues pour être des systèmes intégrés avec la plaquette, comme la NP MXT, qui, outre ses poulies bien orientées, offre un système simple, pratique et plus fiable qu'un axe universel.

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Choix du Mât et Synergie avec la Rallonge

La rallonge et le mât sont indissociables ; leur compatibilité et leurs caractéristiques sont à considérer conjointement.

SDM ou RDM : L'Alliance avec le Mât

Comme mentionné précédemment, le choix entre une rallonge SDM et RDM dépend directement du mât. Le mât RDM, plus léger et plus maniable, est idéal pour les petits gabarits et les waveriders, tandis que le mât SDM, davantage utilisé, donne à la voile un aspect plus rigide et plus stable. Cette synergie est essentielle pour que le gréement fonctionne comme un tout cohérent.

Longueur et Teneur en Carbone du Mât

La longueur du mât est également indiquée sur la voile. Pour faire simple, plus il y aura de carbone, plus le mât sera performant et plus son prix sera élevé. Le pourcentage de carbone est indiqué de cette manière : C100 signifie que le mât est 100% carbone, C40 signifie qu'il contient 40% de carbone. Plus un mât a un taux de carbone important, plus il est léger et utilisé pour optimiser la performance. À l’inverse, un taux plus faible rend le mât plus lourd mais souvent plus durable que les mâts à fort taux de carbone. Lors de l'achat d'un mât d'occasion, il est crucial de bien l'inspecter et de poser des questions sur son historique, notamment s'il a subi des chocs importants.

Courbure du Mât

Il existe différents types de courbure pour les mâts, le "Constant Curve" étant un exemple souvent cité comme idéal pour toutes les conditions, offrant un bon équilibre entre réactivité et flexibilité. La courbure du mât joue un rôle crucial dans la manière dont la voile prend sa forme et réagit aux sollicitations du vent, interagissant directement avec la tension appliquée par la rallonge.

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