La navigation, qu'elle soit côtière ou en haute mer, sportive ou de loisir, repose sur la connaissance précise de nombreux paramètres. Parmi ceux-ci, la mesure de la vitesse occupe une place prépondérante, influençant la sécurité, la consommation et l'optimisation des performances du bateau. Sur un trimaran, où la vitesse est souvent un atout majeur, la fiabilité et la pertinence de cette mesure sont d'autant plus cruciales. Cet article explore les différentes approches pour déterminer la vitesse d'un navire, de la technologie traditionnelle à l'innovation moderne, en abordant leurs principes de fonctionnement, leurs avantages, leurs inconvénients, ainsi que les considérations pratiques liées à leur installation et à leur entretien.
Les Speedos à Roue à Aubes : Mécanisme Traditionnel et Défis Quotidiens
Le speedo à roue à aubes représente une des méthodes les plus classiques pour mesurer la vitesse du bateau par rapport à l'eau. Son principe est simple : une petite roue munie d'aubes tourne sous l'effet du courant d'eau, et cette rotation est convertie en signal électrique, puis en affichage de vitesse. Sur un système comme le ST40 BIDATA, les données techniques précisent que le signal de la sonde est de "4 impulsions par tour de roue à aubes". L'alimentation de la sonde est de "12V (Rouge)", la "Tresse" correspond à la masse, et les fils "Blanc et marron" sont dédiés au capteur de température, affichant "environ 10 k Ohms entre les fils blanc et marron à 25°C" lorsque la sonde n'est pas connectée. Les cosses utilisées sont des cosses AMP, et un sachet de 10 cosses (Référence produit Q085) peut être commandé auprès des revendeurs nautiques habituels si nécessaire.
Malgré leur relative simplicité, les speedos à roue à aubes sont confrontés à un défi récurrent : l'encrassement. Il est souvent constaté que "le speedo avec les roues à aubes semble se boucher régulièrement". En effet, algues, coquillages et autres débris marins peuvent s'accumuler sur la petite roue, entravant sa rotation et faussant les mesures, voire provoquant un dysfonctionnement total. "Le plus souvent, lorsque le speedo ne marche plus c'est que la petite roue à aube ne tourne plus", et il "suffit de se mettre à l'eau et de nettoyer délicatement la roue pour qu'elle retrouve sa mobilité". Un conseil partagé par des marins expérimentés suggère même qu'un "verre de vinaigre" peut suffire pour le nettoyage. Certains utilisateurs ont rencontré des situations où, même si "mon speedo tourne très bien", le problème ne venait "pas de là", pointant vers des défaillances de câblage ou de l'instrument lui-même. La vérification du câblage est donc primordiale, bien que tester la sonde avec un multimètre pour les impulsions générées par "un petit morceau de métal situé dans les pales de l'aube et passant devant un aimant" puisse être complexe, car "les impulsions électriques générées de cette façon sont trop faibles pour être captées sur un contrôleur universel, même digital".
Pour des bateaux mouillant dans des "ports à échouage et donc en vase molle", le risque d'encrassement est accru, ce qui rend le nettoyage fréquent "à chaque sortie" fastidieux pour le propriétaire. C'est pourquoi de nombreux navigateurs se tournent vers des alternatives moins exigeantes en maintenance.
La Précision du GPS : Une Alternative Moderne et Multifonctionnelle
L'avènement du Global Positioning System (GPS) a révolutionné la navigation, offrant une alternative puissante et souvent plus pratique aux instruments de mesure de vitesse traditionnels. Le GPS est largement apprécié car "il permet aussi d'avoir ma position ce qui est fort pratique". Au-delà de la simple localisation, "il donne le cap, la vitesse, la VMG (Velocity Made Good), des points astro", fournissant ainsi une panoplie d'informations essentielles à la navigation. La vitesse mesurée par GPS est la "vitesse fond", c'est-à-dire la vitesse du bateau par rapport au fond marin, et non par rapport à l'eau. Cette distinction est fondamentale, car "grâce aux deux, tu sais s'il y a du courant". En l'absence de courant, l'intérêt de cette dualité est moindre ("si pas de courant, aucun intérêt"), mais en présence de courants importants, la différence entre la vitesse surface (mesurée par un speedo à roue à aubes) et la vitesse fond (mesurée par GPS) est cruciale pour évaluer la dérive et optimiser la route.
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L'un des avantages majeurs du GPS réside dans sa simplicité d'installation par rapport aux speedos classiques. Il "n'exige pas de contact avec l'eau, ce qui simplifie le montage" et élimine le besoin de "perçage de coque". Cette caractéristique est particulièrement appréciée par ceux qui "n'ont pas envie de le nettoyer à chaque sortie" ou qui hésitent à "se lancer dans une opération qui nécessite de faire des trous sous la ligne de flottaison". Un GPS portable comme le Garmin 60Csx est jugé "très pratique et franchement indispensable pour les grandes nav". En effet, pour des trajets longs où la précision de la position et de la route est essentielle, la fiabilité du GPS est sans égale.
Cependant, pour les "sorties à la journée dans un endroit connu", un GPS peut sembler "un peu superflu". Certains navigateurs conservent une affection pour les méthodes traditionnelles, ou adoptent une approche plus philosophique, suggérant qu'un "sextant" et une "bonne vieille carte, une règle et un compas" devraient suffire, en plaisantant qu'à un certain âge, "les bidules électroniques c'est du chinois". Néanmoins, la réalité de la navigation moderne incline vers l'intégration des technologies. Même en cas de défaillance du speedo, de nombreux marins ont "craqué et maintenant, je regarde la vitesse sur mon GPS", appréciant de disposer de "la vitesse en milles et en km/h". En attendant de réparer un speedo défectueux, il est courant de mesurer "ma vitesse fond à l'aide des Gps du bord".
Le GPS offre également des avantages en termes de "sécurité accrue", car il "permet de mieux anticiper les manœuvres, notamment dans les zones fréquentées". Pour une "navigation côtière, un compteur vitesse bateau mécanique ou électronique peut suffire", mais "en haute mer, un speedomètre GPS est recommandé pour sa précision".
Innovations en Matière de Sondes : Ultrasons et Systèmes Sans Fil
Face aux contraintes des speedos à roue à aubes, des solutions innovantes ont vu le jour pour offrir une mesure de vitesse plus fiable et moins contraignante. Parmi celles-ci, les sondes à ultrasons se distinguent. Il existe "des sondes sans roue à aube, à ultrason, qui ne s'encrasse pas". C'est un avantage considérable pour la maintenance, mais elles "se posent en perçant la coque", ce qui maintient la nécessité d'une intervention structurelle. Malgré cela, elles sont considérées par certains comme une "bonne solution" ou "déjà bien faute de mieux".
Une autre innovation notable concerne les speedos sans fil et sans perçage. L'existence de "speedos sans fil, donc sans nécessité de perçage" est une réalité. Ces systèmes, parfois aperçus dans d'autres sports comme l'aviron dès les années 90, avant la démocratisation du GPS, se composent généralement d'un "aileron collé sur la coque". "De l'autre côté de la coque, un capteur retransmet l'info à la montre". Ce type de système comprend "3 éléments" et permet d'indiquer "la vitesse en surface et non par rapport au fond". Un point d'attention concerne l'efficacité de ces dispositifs qui "dépend de l'épaisseur de la coque". Si pour "les petits dériveurs, c'est bon", la question se pose de savoir "que se passe-t-il pour un bateau dont la coque en bois a une épaisseur de plusieurs centimètres?". Cela soulève des interrogations sur la capacité du signal à traverser des matériaux plus épais et des structures complexes.
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L'idée de capteurs sans perçage n'est pas nouvelle et a eu des applications variées, comme les "lochs pour planche à voile : une petite hélice que l'on scotchait à l'aileron", qui étaient "sans fil ou câblé", bien qu'ils n'aimaient pas "trop les arrivées brutales sur la plage". Plus récemment, l'approche sans perçage se retrouve également dans les sondeurs : "il y a des sondeurs dont la sonde est collée à l'intérieur de la coque (c'est ce que j'ai installé l'an dernier)". Ces derniers évitent ainsi l'ouverture de la coque, bien qu'ils soient "réputés un peu moins précis" que leurs homologues traversants. L'option de ne "pas percer la coque" reste un conseil privilégié par de nombreux navigateurs, soucieux de l'intégrité de leur bateau.
Installation et Intégration des Instruments de Vitesse
L'installation d'un instrument de mesure de vitesse, qu'il s'agisse d'un loch-speedomètre ou d'un sondeur, est une opération délicate qui requiert méthode et précision. La première étape consiste à "localiser l’emplacement de la position de votre sonde (ici il s’agit du loch/speedo) qui sera placé dans le fond du placard à penderie (transformé en rangements sur étagères)". Il est crucial de choisir un endroit qui garantisse une mesure fiable et qui soit également accessible pour la maintenance. Lors de l'acquisition d'un bateau, comme NOSTRESS, il a été observé qu'une "sonde était positionnée dans le coffre de rangement situé dans le carré contre la cloison de séparation de la cabine". Cependant, "le fils était coupé au ras, donc sonde HS".
Si un perçage est nécessaire, une préparation minutieuse de la zone est indispensable. Il faut "commencer par enlever le vaigrage à l’emplacement de votre sonde et bien gratter pour enlever tout résidu de colle et de mousse". Ensuite, "pour garantir une bonne tenue du silicone, il est important de bien enlever toute trace de colle et mousse du vaigrage et de bien dégraisser à l’acétone". Une fois la zone propre, "poncer légèrement à l’abrasif fin pour redonner de 'l’accroche'". L'opération de perçage elle-même doit être effectuée avec prudence. Un document Raymarine, une fois traduit, suggère de "Faire un trou de 3mm depuis l'intérieur… regarder de l'extérieur si il est bien placé (dans le cas contraire, reboucher) puis de l'extérieur, prendre une scie cloche et percer". Il est important de noter que "pas la peine de multiplier les trous, ça reste un bateau et pas non plus une passoire". La correspondance de diamètre avec d'anciens passe-coques est une aubaine : "Heureusement pour moi, le diamètre du passe coque de l’ancienne sonde correspondait, à quelque chose près, au diamètre du nouveau passe-coque".
Le scellement du passe-coque est une étape critique pour éviter les fuites. "Tous les joints des capteurs sont faits en sicaflex 291". Une fois que "le passe-coque de sonde est équipé de sa sonde traversante", il est temps de le poser et de "passer la longueur de fil qui va avec". Après avoir "serré le passe coque (pas trop) le silicone va dégueuler". Il est recommandé de "laisser le silicone sécher un peu avant le serrage complet du passe-coque". Le stress lié à cette opération est palpable : "je ne cacherai pas que j'ai eu beaucoup de stress pour la mise à l'eau !! Les conseils de mon ship furent de rester sur le bateau durant les 12 premières heures". Après une "saison de navigation", l'absence de "trace d'eau au niveau des passes coque" confirme le succès de l'installation, même "pour les sceptiques".
L'intégration des afficheurs est une autre considération majeure. Un afficheur "Multi M310 NorthStar" a été "placé à l’endroit de l’ancien compas sur cloison qui avait un trou de perçage trop grand par rapport à un compas contest 101". Le choix de l'emplacement des écrans peut s'avérer complexe, notamment pour éviter de "percer le cockpit". Certains optent pour une "planche volante" plutôt que de percer la cloison, notamment "lorsque j'ai vu la profondeur nécessaire pour les instruments et la connectique". Placer les instruments directement sur la cloison aurait signifié qu'ils "dépassaient à l'intérieur" et qu'il aurait fallu "découper aussi les planches intérieures", ce qui n'était "pas terrible et du meilleur gout". Après quelques navigations, le choix d'une planche se justifie, les écrans étant "super visibles quelque soit le coté où l’on est".
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Pour l'électricité, l'installation peut être simple et rapide. Un espace "condamné l'équipet haut de gauche par une planche" peut servir à ajouter "un tableau électrique avec une prise allume cigare". Des équerres et des charnières permettent d'accéder aux connexions "au besoin". Il suffit alors de "brancher la prise allume cigare étanche avec fusible intégré" pour alimenter les instruments, ce qui est "rapide et simple". L'autonomie électrique est un sujet d'intérêt, notamment pour les longues navigations en solitaire. Les "panneaux solaires et les éoliennes sont très chères", mais des solutions comme les générateurs de traînée, bien que "chers" et ralentissant le bateau de "0.5 nœud", sont envisagées. La plus grande sollicitation électrique reste souvent le pilote automatique. Il est impératif de "vérifier les connexions électriques pour les modèles électroniques" afin d'éviter les pannes. Des problèmes de tension, comme un voltage "toujours au-dessus de 12V", peuvent soulever des questions de surtension, bien qu'il soit rare qu'un sondeur soit affecté si le speedo l'est.
Étalonnage et Optimisation des Mesures de Vitesse
Une fois les instruments installés, l'étape cruciale de l'étalonnage est indispensable pour garantir la précision des mesures. En effet, "la pose d’un instrument ne suffit pas à elle seule. Les instruments doivent être étalonnés !". Cela implique de "définir l’offset de quille" et d'"établir le coefficient de correction". Pour le sondeur, la question se pose de savoir "quelle est la valeur affichée par votre sondeur ? Est-ce la hauteur d’eau ?". L'étalonnage à une vitesse donnée, comme "à 5 nds = OK" sur un bateau, permet d'ajuster l'instrument pour qu'il affiche des valeurs fidèles à la réalité.
L'optimisation de la navigation est une des principales retombées d'une mesure de vitesse fiable. Elle "permet d’ajuster la vitesse pour consommer moins de carburant" et "aide à respecter les limitations de vitesse dans certaines zones maritimes (ports, réserves naturelles)". Une bonne connaissance de sa vitesse est également gage de "sécurité accrue". Elle "aide à maintenir une vitesse adaptée en cas de conditions météorologiques défavorables" et "permet de mieux anticiper les manœuvres, notamment dans les zones fréquentées".
Pour les compétitions nautiques ou la navigation sportive, la "gestion des performances avec un loch speedo" est "essentiel". Elle "aide à analyser les performances du bateau en temps réel", permettant aux marins d'optimiser leurs réglages et leur stratégie.
Le choix du type de speedomètre doit être adapté au "type de navigation" et au "type de bateau". "Pour une navigation côtière, un compteur vitesse bateau mécanique ou électronique peut suffire". Cependant, "en haute mer, un speedomètre GPS est recommandé pour sa précision". Les "petits bateaux privilégieront des modèles simples et légers", tandis que "les yachts et voiliers bénéficieront de speedomètres intégrés à des systèmes multifonctions". L'installation est fondamentale : il faut "fixer correctement le capteur ou l’hélice sous la coque pour garantir des mesures précises". Enfin, un "entretien" régulier est nécessaire : "nettoyez régulièrement les capteurs pour éviter l’accumulation d’algues ou de saletés. Pensez également à vérifier les connexions électriques pour les modèles électroniques". Un vieux speedo Shark en parfait état pourrait même être mis en service "surtout pour le fun, et puis il est tellement beau !", soulignant la robustesse de certains équipements d'antan.