La naissance d'une vocation : le parcours d'Émeric Dary
À 22 ans, le jeune Sablais vient de ramener d'Allemagne son premier titre de champion du monde en catamaran, dans la catégorie senior. Émeric Dary espère bien ramener d'autres médailles comme celle-là ! Après avoir tiré ses premiers bords sur le lac de Tanchet et les compétitions en Optimist à l'âge de 8 ans, Émeric voulait aller beaucoup plus vite sur l'eau. « Le catamaran est ce qu'il y a de plus grisant, je ne suis pas attiré par la course au large c'est pas assez rapide ! J'ai commencé en 14 pieds, puis 16 pieds et maintenant 18 pieds. C'est dans cette dernière catégorie que j'ai gagné, fin juillet, les championnats du monde de Hobie Cat, en Allemagne. En 2010, une première victoire en championnat de France jeunes a été le déclic, encourageant : « Je me suis ensuite lancé en Formule 18 motivé par l'olympisme, mais la donne des Jeux 2016 a été changée, pour du mixte sur Nacra 17. Avec ma soeur Lucille, qui a 19 ans, nous y avons pensé mais c'était compliqué pour elle qui est étudiante en médecine. De plus, il y a de sacrés candidats, pour preuve Franck Cammas a été choisi ! Bac en poche, Émeric a effectué quatre années de Sup de co La Rochelle avant de prendre un an de pause pour se consacrer à la voile. Heureusement, sa famille l'a soutenu. La maman, médecin, et le papa, informaticien, ont parfaitement compris les envies de leur fils. « Les connaissances acquises en voile m'apportent un bagage technique et, en janvier, j'intégrerai une école d'ingénieur en management industriel, à La Rochelle. Et puis en bateau j'emmène Félix, mon petit frère de 6 ans, qui veut faire pareil. Il barre déjà au trapèze ! Licencié au SNS, Émeric s'entraîne à La Baule où il y a un centre d'excellence voile, comme à La Rochelle. « Je suis très surpris par le rayonnement de ce succès, ce qui m'encourage à continuer. Je vise maintenant le championnat du monde de F18 - toutes marques confondues - qui est le support du haut niveau en catamaran, choisi aussi par François Gabart.
L'innovation technologique au service de la performance
Le nouveau catamaran français sera sur le marché à compter du 1 janvier 2012. La collaboration d’Alex Udin avec Martin Fisher et le développement fait par Olivier Backès et Olivier Jarlegan a permis au projet Phantom d’apparaître dès l’Eurocat de cette année. Construction sous vide, appendices carbones produit en autoclave, peinture « Durepox », très belle en noir, à la place du gel-coat comme les bateaux de la Coupe afin de gagner 3 kg par coque consacré à la structure. Des volumes inspirés des meilleurs modèles du marché, poutres et mât BCM, les mêmes que le Cirrus R de Manu Boulogne, c’est un magnifique bateau qui ambitionne d’être un des meilleurs de la classe F18. Le Championnat d’Europe des Canaries du mois prochain est donc un rendez-vous attendu par le nouveau constructeur français. Black Phantom: Olivier Backès et Arnaud Jarlegan (World Champ. 2010) gagnent à Quiberon devant les C2 de Moana Vaireaux, Faustine Merret et Pierre Le Clainche (meilleur français du Championnat du Monde 2011) avec David Fanouillère.
La dynamique des circuits internationaux et le rendez-vous de St-Barth
La flotte alignera les meilleurs skippers de la discipline. « On rêve d’y participer depuis de nombreuses années. Avec autant d’équipes de haut niveau, ce sera une excellente occasion de voir où nous en sommes. Sept anciens participants de la Saint Barth Cata Cup étaient d’ailleurs au départ de la Transat Café L’Or ce 26 octobre dernier, dont Franck Cammas et Morgan Lagravière respectivement vainqueurs de la Cata Cup en 2013 et 2014. Australiens, Argentins, Français, Suédois, Américains, Belges, Néerlandais… Les meilleurs ont fait du chemin pour ce rendez-vous incontournable du circuit F18. « Mais oui, on est un vieux couple : les automatismes sont là et j’ai la chance d’avoir l’un des meilleurs barreurs au monde, 5ᵉ des derniers JO (Nacra 17). Tim est sur l’eau plus de 250 jours par an, c’est vraiment une chance de naviguer avec lui. Associé au Suédois Rasmus Rosengren, sacré champion du monde de la discipline en 2023, le Belge Henri Demesmaeker (St Barth Assurances), qui croise régulièrement Tim Mourniac sur le circuit ETF26, compte bien, lui aussi, défendre ses couleurs : « Au moins cinq à six équipages peuvent prétendre au titre cette année. Ça promet de super matches sur l’eau. À St-Barth, j’ai vécu deux années consécutives avec un vent assez léger et “tricky” (instable). Rasmus est hyper agile, c’est clairement un gros atout dans ce genre de conditions. Et le belge est lucide. La concurrence est au rendez-vous : « Gurvan Bontemps et Frédéric Moreau (Stickerman) vont aussi venir chercher le podium, ils sont dangereux. Sans oublier mon père (Patrick Demesmaeker), associé à Olivier Gagliani, alias “3 Pommes” (Les Perles de St Barth / Bati VRD).
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