Bien que l'on associe souvent le milieu aquatique à la capacité de nager, certaines espèces animales, étonnamment, ne maîtrisent pas cette compétence. Des mammifères terrestres aux poissons, en passant par les animaux semi-aquatiques, plusieurs exemples illustrent cette inaptitude surprenante. Cet article explore ces exceptions fascinantes, leurs adaptations uniques et les raisons pour lesquelles ces animaux ont évolué pour se déplacer autrement dans l'eau.
Poissons qui ne savent pas nager : une stratégie de survie
L'idée que tous les poissons nagent peut sembler une évidence, mais la nature regorge d'exceptions. Plusieurs espèces de poissons ont évolué pour se déplacer de manière non conventionnelle, privilégiant la marche, le camouflage et l'attente plutôt que la nage active. Ces adaptations sont souvent liées à leur environnement et à leur mode de vie.
L'Antennaire des Sargasses (Histrio histrio)
Ce poisson jaune aux taches blanches et noires vit dans la zone épipélagique, au milieu des algues appelées « sargasses ». Comme il est parfaitement incapable de nager, ce poisson demeure toute sa vie caché dans les sargasses. Son corps imite la forme des algues, et il peut rester des mois au même endroit, attendant que les proies viennent à lui. Pour se nourrir, il se camoufle au cœur des algues et saisit sa proie lorsqu’elle n’est qu’à quelques centimètres de lui. Vorace, il reste à l’affût du moindre crustacé ou poisson, et peut attendre des semaines sans manger.
Le Poisson-Grenouille Strié (Antennarius striatus)
Également connu sous le nom de poisson-crapaud strié, ce poisson fascinant change de couleur en fonction de son environnement, variant principalement du jaune au rouge orangé. Il récolte et charrie sur son dos les algues du sol marin pour se camoufler. Souvent calé entre les rochers, il attend ses proies. Quand il en voit une, il étend son illicium (épine dorsale) au bout de laquelle il agite un leurre, qui a l’apparence d’un ver. Quand il doit se déplacer, il agite ses nageoires pelviennes et pectorales, qui sont coudées, dans le sol. Il traque, attire et dévore des poissons pouvant atteindre la même taille que lui grâce à sa bouche protractile aussi large que son corps. Cette bouche lui permet de projeter sa mâchoire en avant et de gober des proies en 10 millisecondes.
L'Hippocampe
L’hippocampe est l’un des plus mauvais nageurs des océans. C’est pourquoi il utilise, dès qu’il le peut, d’autres façons de se déplacer. La plupart du temps, il s’accroche grâce à sa queue au corail, aux algues ou aux fonds marins. Grâce à ses nageoires pectorales, il émet ensuite des vibrations qui lui permettent de se mouvoir. On représente généralement l’hippocampe en position droite pourtant il est régulièrement étalé sur le sable, enroulé. La nage de l’hippocampe est vibratile, et ses nageoires pectorales situées en arrière des ouïes lui permettent d’effectuer de petits déplacements dans les algues en vibrant. Cette nage est cependant épuisante pour les hippocampes, qui ne l'utilisent qu'en l’absence de support.
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Le Poisson aux Mains Tachetées (Brachionychthys hirsutus)
Ce poisson ne peut pas nager : vous le verrez toujours se déplacer sur ses deux « pattes » (en réalité des nageoires pectorales), « marchant » littéralement sur les fonds marins. Ce poisson est présent dans l’océan Pacifique, autour de la Tasmanie, mais il est désormais placé sur la liste rouge de l’UICN car il est menacé d’extinction. Ses œufs sont mangés par une étoile de mer introduite accidentellement dans la région. Il est considéré comme l’un des poissons les plus rares.
Histiophryne Psychelidica
Ce poisson, repéré en Indonésie près de l’île d’Ambon, avance en rebondissant sur les coraux qui l’entourent. Ted Pietsch, spécialiste des antennaires, a baptisé ce poisson d’une précieuse rareté Histiophryne psychelidica, provenant du mot psychédélique à cause de ses rayures rouges et blanches ! Instable dans ses mouvements, Histiophryne psychelidica possède également une queue courbée sur le côté et appartient à la famille des poissons-grenouilles.
Autres exemples de poissons malhabiles
Parmi les autres poissons qui nagent mal, on peut citer les poissons-globes, qui se gonflent en boule pour se défendre, les poissons-pierres, qui ressemblent à des roches pour se camoufler, les baudroies abyssales, qui utilisent un appât lumineux pour attirer leurs proies, et les poissons-chauves-souris, qui marchent sur le fond marin avec leurs nageoires pectorales modifiées.
L'hippopotame : un mammifère semi-aquatique qui marche au fond de l'eau
L'hippopotame, dont le nom signifie littéralement "cheval du fleuve", est un autre exemple surprenant d'animal aquatique qui ne sait pas nager. Bien qu'il passe une grande partie de sa vie dans l'eau, cet imposant mammifère se déplace en réalité en marchant ou en bondissant sur le fond.
Adaptations à la vie aquatique
Les hippopotames ont développé plusieurs adaptations pour la vie aquatique. Ils peuvent boucher leur conduit auditif et fermer leurs narines par contraction lorsqu'ils s'immergent, et ils peuvent retenir leur respiration pendant environ cinq minutes. De plus, leurs yeux et leurs narines sont situés sur le dessus de leur tête, ce qui leur permet de voir et de respirer lorsqu'ils sont immergés.
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Un piètre nageur
Malgré ces adaptations, l'hippopotame est incapable de nager. Il se sert de ses pattes imposantes pour donner des impulsions sur le sol et faire des bonds. Lorsqu'on voit le dos et la tête d'un hippopotame dépasser de l'eau, c'est qu'il a pied et qu'il se maintient en équilibre grâce à son corps dense et à l'air emprisonné dans ses poumons. Il évolue dans l'eau comme un astronaute en apesanteur.
Pourquoi l'hippopotame ne nage pas ?
L'incapacité de l'hippopotame à nager peut s'expliquer par sa densité corporelle élevée et sa morphologie massive. Contrairement aux mammifères marins, qui ont évolué pour être hydrodynamiques, l'hippopotame a conservé une forme corporelle adaptée à la marche sur terre, ce qui le rend moins efficace dans l'eau.
Les animaux terrestres et la nage
La capacité à nager varie considérablement chez les animaux terrestres. La plupart des mammifères, comme les chiens, les chats et les chevaux, peuvent nager instinctivement, bien que certains soient plus à l'aise dans l'eau que d'autres. Les oiseaux, quant à eux, sont souvent de bons nageurs grâce à leurs os creux et leurs plumes hydrofuges qui piègent l'air.
Exceptions chez les mammifères
Certains mammifères terrestres, comme les grands singes (orangs-outans et gorilles), sont de mauvais nageurs en raison de leur lourde musculature et de leurs longs bras. Pour un orang-outan ou un gorille, tomber à l’eau signifie se noyer.
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