Fondamentaux de la navigation à voile
Toutes les embarcations à voile utilisent le vent de la même façon pour se déplacer. On peut choisir son bateau dans deux grandes catégories : les dériveurs et les catamarans. Néanmoins, un dériveur et un catamaran sont deux types de bateaux différents en termes de conception. Ils présentent également des particularités de fonctionnement en navigation qui influencent le choix de l'embarcation selon le programme de navigation visé, que ce soit pour le loisir, l'apprentissage ou la grande croisière.
Conception structurelle : Monocoque vs Multicoque
La distinction fondamentale réside dans la configuration de la coque. Un dériveur est un bateau monocoque, c’est-à-dire qu’il a une seule coque. À l’opposé, le catamaran possède deux coques parallèles reliées par une plateforme. Cette architecture influence directement le comportement du bateau sur l'eau. D’un point de vue du confort, on sera moins à l’aise sur le pont d’un monocoque de par sa forme et sa tendance à la gîte. À l’inverse, le multicoque est connu pour sa stabilité rassurante. Il permet aux débutants en voile de s’acclimater. D’autant plus qu’il est quasiment impossible qu’un catamaran qui a chaviré coule : un argument de taille pour rassurer les plus peureux.
Les matériaux de construction de ces deux catégories ont une influence majeure sur le poids final de l’embarcation et sa fragilité aux chocs. La gamme RS Sailing propose notamment deux dériveurs de loisir, le Tera et le Neo en polyéthylène. Le polyéthylène s’avère très résistant mais assez lourd quand la fibre de verre possède l’avantage d’être léger mais plus fragile. Les dériveurs ILCA et les catamarans Hobie Cat 16 par exemple sont fabriqués en fibre de verre. Une alternative aux coques classiques est le matériau gonflable qui allie légèreté et une bonne résistance aux chocs, bien que le gonflable présente moins de rigidité qu’une coque classique en dur.
Comportement dynamique et stabilité
La stabilité est un facteur clé en navigation. Un catamaran est généralement beaucoup plus stable qu’un dériveur en raison de sa largeur et de la position des coques. Il est donc moins susceptible de chavirer qu’un dériveur. En revanche, sa largeur et son poids le rendent plus difficile à ressaler. Il nécessite la plupart du temps la mise en place d’un bout pour le ressalage. A l’inverse, un dériveur sera en général plus facile à remettre à l’endroit qu’un catamaran en cas de dessalage complet en chapeau.
L'équilibre en navigation diffère radicalement. Un monocoque « gîte » quand le vent gonfle ses voiles alors qu’un multicoque ou catamaran va « lever », c’est-à-dire qu’une de ses coques, celle au vent, va s’élever et atténuer sa surface de contact à l’eau. Cela aura pour effet de faire accélérer ce dernier. Un monocoque qui gîte doit, pour accélérer, contrecarrer cette force du vent dans ses voiles par l’action du poids du corps. Sur les petits dériveurs, on appelle cette action le rappel. Cette action se concrétise par un allongement du corps le plus possible hors du bateau avec les pieds bien maintenus sous les sangles de rappel pour accentuer le « couple de rappel ». En catamaran, on cherche également à contrecarrer la force du vent par le poids par l’utilisation des trapèzes qui permettent d’accentuer encore davantage l’effet du couple de rappel en étant positionné complètement à l’extérieur de la surface de ce dernier.
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Performance et manœuvrabilité
Un catamaran, bien qu’ayant deux coques, possède une surface mouillée inférieure à celle d’un monocoque, lui permettant d’atteindre une vitesse supérieure pour la même force de vent. En général, un catamaran est plus rapide qu’un dériveur grâce à sa conception de coque double, qui offre moins de résistance et une meilleure portance et qui permet d’avoir une surface de voile plus grande. Cependant, cela dépend également de la taille et de la conception de chaque bateau.
Les dériveurs ont une grande manœuvrabilité en raison de leur petite taille, de leur légèreté et de leur coque unique. Le dériveur est une bonne école pour progresser finement et pourquoi pas passer à l’habitable plus facilement. Les catamarans sont plus grands, plus lourds, et avec leur double coque, ce qui les rend moins manœuvrables dans des espaces restreints, particulièrement lorsque le vent est faible. Il est cependant important de noter que le monocoque remonte plus facilement au vent. Il permet une navigation très précise et des réglages fins, offrant une forte sensation à la barre due à sa réactivité au vent et aux courants.
Gréement et équipements techniques
Certains modèles de catamarans et de dériveurs sont conçus en gréement catboat avec seulement une grand-voile. Parmi les catamarans on peut citer le Hobie Wave ou chez les dériveurs le Laser et le Sunfish. D’autres modèles sont équipés d’un foc à l’avant ce qui accentue la vitesse et améliore la remontée au vent. Parmi les catamarans, le Hobie Cat 16 est un grand classique, comme le 4.20 et 4.70 chez les dériveurs. Enfin, des modèles sont équipés en supplément d’une voile légère à l’avant (spinnaker) qui va accroître les performances en vent arrière, comme le RS Cat 16 chez les catamarans et le Laser 4000 chez les dériveurs. Certains modèles de catamaran comme le Erplast XS, ou de dériveur comme les Tiwal 2, 2L et 3 sont dépourvus de bôme, ce qui limite les chocs potentiels à la tête.
Pour les voiles, sur la majorité des voiliers de croisière, le tissu employé est un polyester, souvent du Dacron. Le Dacron est un polyester particulier qui a de bonnes caractéristiques à la demande en voilerie, en particulier fasseyement, raguage, déchirure et faible déformation. Une fois tissées, les fibres sont chauffées de façon à se rétrécir et donc resserrer le tissage pour obtenir une meilleure élongation dans le biais. Les tissus à spi sont eux aussi des tissés à base de nylon ou de polyester. Pour les voiles haut de gamme, l'usage de laminés permet une résistance accrue à l’allongement et aux UV avec un gain de poids significatif, ce qui implique souvent une coupe orientée pour mieux contrôler la forme de la voile.
Transportabilité et logistique
Généralement, le catamaran est plus large qu’un dériveur car les poutres reliant les deux coques sont assez longues. Le dériveur possède donc l’avantage d’être facilement transportable sans démontage des poutres et également plus facile à stocker. Les deux types de supports nécessitent une remorque de transport. Les modèles gonflables présentent un avantage indéniable en termes de transportabilité. Des marques comme Minicat et Grabner proposent une gamme de catamarans gonflables, et Tiwal pour les dériveurs gonflables. Ces modèles sont démontables et tiennent dans des sacs, bien qu’il faille faire attention au temps de montage de certains catamarans gonflables qui peut s’avérer assez long.
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Choix de l'embarcation pour le voyage au long cours
Partir autour du monde fait naître une question aussi simple qu’impossible à trancher : existe-t-il vraiment un bateau idéal pour tout quitter et traverser les océans ? Le choix d’un bateau de grande croisière ne se résume jamais à une opposition entre monocoque et catamaran, aluminium et polyester, neuf et occasion. Il engage une vision complète du voyage : les routes envisagées, le niveau d’autonomie souhaité, le confort attendu, les capacités de réparation et l’expérience de l’équipage.
Le polyester a bâti la plaisance moderne. Pour un tour du monde, sa réalité compte autant que la théorie. Un bon monocoque polyester de série, correctement construit, sainement entretenu et sérieusement préparé, peut faire un excellent bateau de grand voyage. Son avantage principal tient à son écosystème : les modèles sont connus, les pièces se trouvent plus facilement, les chantiers savent intervenir, et le marché de l’occasion offre un choix très large.
Le catamaran n’est plus une fantaisie de plaisancier en quête de volume. Le carré de plain-pied avec le cockpit, la stabilité au mouillage, les cabines séparées, les grands espaces extérieurs, les jupes arrière pour la baignade et la possibilité d’installer une importante surface de panneaux solaires créent un confort difficile à égaler sur un monocoque. Cependant, sa charge utile doit être surveillée avec rigueur. La sécurité demande aussi une autre culture : un catamaran ne gîte pas pour prévenir. Il faut réduire tôt, surveiller les grains, éviter de rester surtoilé et garder des marges.
Le dériveur intégral reste l’une des grandes signatures du bateau de voyage. Pouvoir réduire son tirant d’eau, se rapprocher d’un rivage, passer derrière une barrière, entrer dans un lagon ou se poser volontairement change le rapport au voyage. En contrepartie, le système doit être irréprochable. Une dérive, un puits, des axes, des câbles, des vérins ou des paliers mal entretenus peuvent devenir une source d’ennuis sérieuse. Le dériveur intégral donne de la liberté, mais il ajoute aussi un système essentiel à entretenir.
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