La Sécurité en Mer : Au-delà de la Bouée Fer à Cheval Traditionnelle et Ses Alternatives Modernes

La sécurité en mer représente une préoccupation constante pour tous les marins, qu'ils soient professionnels ou plaisanciers amateurs. Face à l'imprévu, notamment l'homme à la mer, disposer des équipements adéquats est non seulement une obligation réglementaire mais aussi une mesure de bon sens vitale. L'imaginaire collectif place assurément l'homme à la mer en tête des dangers auxquels on est susceptible d’être confronté en mer. C’est pourquoi les réglementations imposent le plus souvent d’avoir à bord une “bouée de sauvetage” ou un dispositif d’assistance équivalent. Historiquement, la bouée fer à cheval a longtemps incarné cet équipement essentiel, symbolisant la première ligne de défense en cas de chute accidentelle. Cependant, l'évolution rapide des technologies et l'approfondissement des connaissances en matière de sauvetage ont conduit à l'émergence d'alternatives plus performantes et mieux adaptées aux contraintes de la navigation moderne, tout en soulevant des interrogations sur la pertinence et la légalité de ces nouveaux dispositifs.

La Bouée Fer à Cheval : Un Pilier de la Sécurité en Mer et Ses Exigences

La bouée fer à cheval est un équipement de sécurité obligatoire en bateau. Son rôle principal est d'être utilisée pour sauver de la noyade une personne tombée à l’eau. Cette bouée est obligatoire sur tous les bateaux côtiers et hauturiers, soulignant son importance universelle dans la sécurité maritime. Dans la majorité des cas, elle se trouve sur le pont des bateaux, pour un accès facile et rapide. Il est primordial que l’intégralité de l’équipage connaisse l’emplacement de la bouée de sauvetage. Une accessibilité aisée est essentielle, car tout retard dans le déploiement de la bouée en situation d’urgence pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Une bouée fer à cheval Plastimo est une bouée demi-circulaire qui, comme son nom l’indique, est en forme de fer à cheval. Elle possède un cordon solide qui permet de rejoindre les deux extrémités du « fer à cheval » selon le besoin du MOB (Man Overboard). Si le naufragé parvient à s’agripper à la bouée, il sera beaucoup plus visible par les sauveteurs et l’équipage. En pratique, une bouée fer à cheval se relie au bateau avec un cordage flottant doté d’une couleur vive, le plus souvent orange. Une fois la bouée en main, il faudra la jeter en direction de l'homme à la mer. La bouée prend l’apparence d’un fer à cheval, un peu rond. Le prix d'une bouée en fer à cheval peut varier de 30 à 130 euros, le coût étant déterminé par la taille, la composition de la bouée, et les caractéristiques techniques additionnelles visant à optimiser le sauvetage de l’homme à la mer. Parmi les marques les plus connues, Plastimo, CrewSaver et 4Water se distinguent, Plastimo et 4Water étant les bouées en fer à cheval les plus courantes.

Il est crucial de noter que l’utilisation d’une bouée de sauvetage ne permet pas de se dispenser d'un gilet de sauvetage. Les plaisanciers doivent utiliser ces divers dispositifs de sécurité, conformément à la Division 240 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. D’après cette réglementation, seule la bouée couronne disposant d'un dispositif réfléchissant et homologuée SOLAS est autorisée pour les navires transportant des passagers et les navires de commerces. En ce qui concerne l'identification, la présence de cette bouée, sur nos bateaux, n’est pas le seul impératif. Il est également essentiel que le nom du bateau soit indiqué sur la bouée. En effet, si cette bouée tombe à l’eau, les personnes qui la retrouveront sauront de quel bateau elle provient, une information très importante pour les secours. La bouée n’a pas de date de péremption, mais son bon état et sa fonctionnalité doivent être vérifiés régulièrement. Vous pouvez ajouter un feu tournant à votre bouée pour rendre la détection d’une personne à la mer plus confortable en cas de tombée de la nuit.

L'Évolution Réglementaire et la Quête d'Équipements Performants

L’équipement de sécurité de nos bateaux a grandement évolué ces dernières années. Entre des produits novateurs et des équipements de plus en plus efficaces, la réglementation s’est adaptée. On entend parfois dire, sur les pontons, que la bouée fer à cheval n’est pas obligatoire si vous avez des gilets des sauvetage pour chaque membre d’équipage. En effet, la Division 240, qui réglemente l’équipement de sécurité à bord de nos navires, exige des équipements individuels de flottabilité. Cependant, cette division 240, par une modification du texte publié ultérieurement, a précisé autre chose. Elle stipule que l’équipement de sécurité obligatoire comporte « un dispositif de repérage et d’assistance pour personne tombée à l’eau de type “bouée fer à cheval” ou “bouée couronne”, conforme aux dispositions de l’article 240-2.17 ». Et le texte précise bien bouée « Fer à cheval » ou « Bouée Couronne », ou « tout autre équipement aux caractéristiques équivalentes ». Cette formulation ouvre la porte à des dispositifs innovants, à condition qu'ils répondent aux caractéristiques et performances requises. L’imaginaire collectif place assurément l’homme à la mer en tête des dangers auxquels on est susceptible d’être confronté en mer. Il est donc impératif d'avoir le bon matériel et de savoir s'en servir.

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La Division 240 impose de naviguer avec “un dispositif de repérage et d’assistance pour personne tombée à l’eau type « bouée fer à cheval » ou « bouée couronne » ou tout autre dispositif équivalent”, d’une flottabilité d’au moins 142 N, et d’une forme et couleur facilement repérable de jour. À noter que le dispositif devra être complété d’un système lumineux étanche. En outre, l'administration fédérale impose, pour naviguer dans les eaux suisses, d’avoir à bord un “engin de sauvetage approprié pouvant être jeté à l’eau, dont la poussée hydrostatique est d’au moins 75 N”. Cette exigence de flottabilité minimale est fondamentale pour assurer le soutien de la personne en difficulté. Quant aux équipements individuels, attention, l’utilisation d’une bouée de sauvetage ne permet pas de se dispenser d'un gilet de sauvetage. Il est recommandé de choisir des gilets automatiques de 150 N, faciles à porter, comme les Challenger chez AD. Les marins, professionnels ou amateurs, doivent utiliser les meilleurs équipements de sécurité disponibles pour assurer leur sécurité sur l'eau. Pour les enfants jusqu’à 30kg, des Équipements Individuels de Flottabilité (EIF) de 100N minimum sont requis. L'ISO 14227:2001 encadre les exigences pour les petits navires de longueur de coque inférieure ou égale à 24 mètres. Portez obligatoirement une lampe à éclat sur le gilet en permanence, et notez que 3 types de dispositifs lumineux existent, y compris à déclenchement manuel pour les gilets classiques, particulièrement pour la navigation au-delà de 6 milles.

Les Alternatives Modernes : Compacité, Efficacité et Innovation

Bien que la bouée fer à cheval demeure un équipement reconnu, il existe différents types de bouée de sauvetage, et certains dispositifs se sont avérés être des alternatives sérieuses, voir supérieures, à l'équipement traditionnel. Au jour où ces lignes sont écrites, seules les bouées Fer à Cheval et bouées Couronnes, ainsi que la bouée Silzig et quelques bouées gonflables, vous éviteront, à coup sûr, une amende auprès des affaires maritimes. Pourtant, il existe d’autres systèmes de récupération d’homme à la mer, qui semblent efficaces, ou tout du moins très pratiques.

La Bouée Fer à Cheval Gonflable : L'Optimisation de l'Espace

Une des premières innovations est la bouée fer à cheval gonflable. Il s’agit d’une bouée, rangée dans une sorte de tube. Lorsque vous la jetez à l’eau, celle-ci va se gonfler automatiquement. L'avantage principal de ce type de bouée est qu'il permet de gagner de la place, notamment sur le balcon arrière des bateaux, où l'espace est souvent compté. Il semblerait que les modèles de Plastimo et 4Water soient reconnus pour remplacer la bouée fer à cheval traditionnelle, offrant une solution plus compacte sans compromettre la sécurité. Ces bouées répondent aux besoins des plaisanciers qui cherchent à optimiser l'aménagement de leur pont sans pour autant négliger les impératifs de sécurité.

La Bouée Silzig : L'Excellence Bretonne au Service du Sauvetage

Parmi les alternatives les plus notables et performantes, la bouée Silzig se distingue. Cette bouée, fabriquée en Bretagne sous forme de boudin, est la seule à remplacer, réglementairement, la bouée fer à cheval selon certaines interprétations et reconnaissances. On la retrouve très souvent sur les voiliers de course et de régate, attestant de sa fiabilité et de son efficacité dans des conditions exigeantes.

La Silzig se présente sous la forme d’un long boudin mesurant environ 2 mètres de long. Sous la housse orange fluo, particulièrement visible et solide (650 g/m²), se trouve le flotteur en mousse imputrescible, qui répond aux normes internationales. C’est en fait une véritable “frite”, que l’on retrouve habituellement dans les piscines ou sur les plages, mais très résistante. Une sangle mère ultra-solide traverse la Silzig sur toute sa longueur, ce qui permet de supporter le poids d’une personne. À l’extérieur, deux grosses poignées permettent à l’homme à la mer d’attraper facilement la bouée. Celles-ci permettent également aux sauveteurs de la saisir fermement pour remonter la personne à bord.

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L'inventeur de la bouée, Alain Daoulas, ancien maître voilier et officier de la Marine Nationale, a conçu la Silzig comme un dispositif de sauvetage trois en un. C’est à la fois un flotteur, un outil de traction et un harnais pour hisser la personne à bord. Cela contraste fortement avec les traditionnelles bouées fer à cheval ou bouées couronnes, qui ne sont en définitive que des aides à la flottabilité et n’ont pas la résistance suffisante pour aider le naufragé à remonter à bord. La bouée Silzig est distribuée chez les bons shipchandlers et accastilleurs, aussi bien pour la plaisance que dans le monde maritime professionnel. Elle est fabriquée par la société Océanplus à Brest, une entreprise engagée dans une démarche d’insertion professionnelle, soutenant ainsi l'emploi local et la qualification de salariés. En vous équipant de la sorte, vous œuvrez donc sur tous les tableaux : vous faites l’acquisition du dispositif le plus performant et le plus résistant, qui maximise les chances de sauver la personne tombée à l’eau, et vous soutenez une entreprise locale, européenne, française et bretonne.

Les avantages de la Silzig ne se limitent pas à sa performance en situation de sauvetage. Alors que la bouée fer à cheval était encombrante à stocker, la Silzig se montre ultra-pratique le reste du temps - que ce soit en navigation ou à l’escale. Sa forme longiligne permet de la ranger sur une bannette, ou là où vous stockez gaffe, voiles, etc. Et lorsque vous appareillez, il est simple de l’amarrer dans les filières latérales - en régate, la Silzig y rend le rappel plus confortable - ou sur le tableau arrière. Si vous avez un bimini, la Silzig trouve même sa place juste en dessous. Il suffit de confectionner des attaches rapides en velcro pour pouvoir la déployer rapidement. De plus, la Silzig résout les problèmes de moisissure d’un dispositif textile ensaché continuellement soumis aux éléments.

Autres Dispositifs Complémentaires et la Nécessité d'un Équipement Complet

Au-delà des bouées, d'autres dispositifs jouent un rôle complémentaire essentiel dans la sécurité en mer. Le Lifesling, par exemple, a été considéré comme un net progrès par rapport aux bouées traditionnelles. Cependant, la Silzig résout des problèmes que le Lifesling pouvait rencontrer, notamment la difficulté pour l'homme à la mer de se glisser dans le flotteur avec un ciré et un gilet gonflé.

Il est également crucial de disposer d'autres équipements pour le repérage et la signalisation. Un feu à retournement peut être ajouté à une bouée pour améliorer la détection nocturne. De même, une perche IOR, ou danbuoy en anglais, constitue un repère visuel lumineux et haut sur l’eau, idéal pour marquer la position de la personne à l’eau et faciliter le retour du bateau. Ces dispositifs, combinés aux gilets de sauvetage individuels et aux bouées, forment un ensemble cohérent et complet pour faire face à la situation d'homme à la mer.

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