Respirer sous l’eau, explorer des cavernes et nager avec des requins. La plongée sous-marine peut sembler extrême. Mais est-elle vraiment dangereuse ? Dans cet article, nous répondons à la question la plus fréquemment posée : La plongée sous-marine est-elle sans danger ? La plongée sous-marine est pratiquée chaque jour par des milliers de personnes dans le monde entier. Que les plongeurs flottent sur des récifs coralliens colorés, repèrent des tortues de mer ou naviguent sur de mystérieuses épaves, ce sport offre une combinaison unique d’aventure, de détente et de connexion avec le monde sous-marin.
Malgré son attrait pour l’aventure, la plongée sous-marine est considérée comme une activité à faible risque par rapport à de nombreuses autres activités sportives et de plein air. Même des activités courantes comme la natation, le jogging et la conduite de véhicules tout-terrain affichent des taux de mortalité plus élevés que la plongée. Les problèmes médicaux les plus courants associés à la plongée sous-marine sont les coups de soleil, le mal de mer et la déshydratation (qui peuvent tous être évités). Très peu de blessures associées à la plongée sous-marine nécessitent une attention médicale. Cependant, dans la plupart des cas, les plongeurs peuvent éviter ces problèmes en suivant des pratiques de plongée correctes (comme celles enseignées dans les cours tels que PADI Open Water Diver). Si certains de ces risques peuvent sembler graves, une formation et une préparation adéquates les rendent gérables.
Fondements physiologiques et pression sous-marine
La plongée sous-marine, également appelée plongée subaquatique, est une activité consistant à rester sous l'eau, soit en apnée dans le cas de la plongée libre, soit en respirant à l'aide d'un narguilé ou encore en s'équipant d'une bouteille de plongée dans le cas de la plongée en scaphandre autonome. Le facteur principal influant sur l'organisme humain en plongée est la pression exercée par l'eau. Celle-ci augmente avec la profondeur : le corps est soumis à une pression d'environ 1 bar à l'air libre au niveau de la mer (pression atmosphérique), mais le poids de l'eau au-dessus du plongeur immergé soumet celui-ci à une pression additionnelle d'environ 1 bar tous les 10 mètres en eau de mer.
La pression sous-marine est, en général, exprimée en unités de profondeur (pieds ou mètres) ou à l’aide d’unités de mesure appelées atmosphères absolues. La pression exprimée en atmosphères absolues comprend le poids de la colonne d’eau qui, à la profondeur de 10 mètres, est de 1 atmosphère (1,03 kilogramme par centimètre carré) auquel s’ajoute la pression atmosphérique de surface, égale à 1 atmosphère. Ainsi, un plongeur à une profondeur de 10 mètres est soumis à une pression totale de 2 atmosphères absolues.
Chez les plongeurs, les problèmes médicaux qui sont liés à la pression peuvent résulter de :
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- Dilatation ou compression des espaces remplis de gaz dans l’organisme (barotraumatisme).
- Libération de l’azote dissout dans le sang et les tissus (accident de décompression).
Ces processus peuvent causer la production de bulles gazeuses dans les artères, obstruant la circulation sanguine vers les organes (embolie gazeuse artérielle). Les gaz tels que l’oxygène et l’azote peuvent également causer des troubles (hyperoxie et narcose à l’azote) lorsqu’on les respire sous haute pression. Lors de la descente, en plongée bouteille comme en plongée en apnée, l'air contenu dans l'oreille moyenne du plongeur est en dépression par rapport au milieu ambiant, ce qui crée une déformation du tympan. Le plongeur doit volontairement insuffler de l'air dans son oreille moyenne via les trompes d'Eustache, afin d'éviter toute déchirure ou douleur.
Équipement et fiabilité technologique
Le matériel de plongée sous-marine est très fiable. Avec un bon entretien, des vérifications régulières et une utilisation de l’équipement conforme à sa conception, les pannes sont extrêmement rares. Le matériel spécifique commun aux différentes formes de plongée se compose généralement d'une combinaison isothermique, d'un masque, de palmes, et d'un lestage. Le plongeur bouteille sera également muni d'une bouteille de plongée qui contient le gaz respiré apporté via un détendeur. Il doit contrôler sa plongée à l'aide d'un manomètre et d'un ordinateur de plongée et respecter des tables de décompression incluant d'éventuels paliers de décompression.
Votre équipement de plongée comprend un manomètre qui vous indique la quantité d’air contenue dans votre bouteille - pensez-y comme à la jauge d’essence de votre voiture. En le vérifiant régulièrement et en remontant toujours à la surface avec une quantité d’air suffisante, les plongeurs peuvent facilement éviter de manquer d’air au cours d’une plongée. En cas de problème, votre binôme de plongée portera un détendeur supplémentaire. Certains plongeurs emportent également une petite réserve d’air de secours indépendante pour plus de tranquillité d’esprit.
Formation et règles de sécurité essentielles
La majorité des blessures et des décès liés à la plongée sous-marine résultent d’une erreur du plongeur. C’est pourquoi il est essentiel de suivre une formation adéquate et de respecter scrupuleusement les règles et les procédures de plongée sûres apprises pendant le cours. Dans le cours PADI Open Water Diver, les plongeurs apprennent des techniques importantes et des concepts de sécurité et les mettent en pratique dans une piscine avant de passer à l’océan.
Presque tous les plongeurs rencontrent des problèmes d’égalisation à un moment ou à un autre, surtout lorsqu’ils commencent à plonger. La règle la plus importante lors de l’égalisation est de ne jamais forcer ou de continuer à descendre. Si vous avez des difficultés à égaliser, remontez en toute sécurité de quelques pieds ou d’un mètre pour réduire la pression et réessayez. Avec une formation et une technique appropriées, la plupart des plongeurs sont capables d’effectuer une égalisation en toute sécurité.
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Il est impératif de respecter les règles suivantes :
- Ne jamais plonger seul. Un binôme n’est pas seulement une bonne compagnie, c’est aussi un partenaire pour la sécurité.
- Effectuez toujours votre contrôle de sécurité avant la plongée (buddy check).
- Ne touchez pas la faune marine.
- Ne consommez pas d'alcool ou de drogue avant la plongée.
- Respectez les paliers de décompression si nécessaire.
- Attendez 24 heures après une plongée avant de prendre l'avion.
Statistiques et facteurs de risque médicaux
L’étude sur les décès de plongeurs publiée par le Divers Alert Network (DAN) indique que parmi les citoyens des États-Unis et du Canada, seuls 24 décès de plongeurs récréatifs ont été signalés en 2020. La population de plongeurs étant estimée à 2,85 millions, cela équivaut à un taux de mortalité d’environ deux pour 100 000 participants, ce qui se compare favorablement à d’autres sports courants tels que l’équitation. Le rapport annuel de DAN montre qu’environ 50 % des décès liés à la plongée sous-marine sont associés à un accident cardiaque aigu. Souvent, de multiples conditions préexistantes sont présentes : cardiopathie hypertensive, cardiomégalie, diabète, obésité, en plus de l’âge avancé et d’autres facteurs de risque comme le tabagisme.
Les contre-indications médicales incluent les problèmes respiratoires tels que l’asthme, les pathologies cardio-vasculaires, neurologiques ou les tympans fragiles. La grossesse est une contre-indication formelle. La visite médicale est obligatoire avant la plongée, et le médecin fédéral vérifie l’absence de contre-indications médicales majeures pour garantir la sécurité du plongeur.
Histoire et évolution de la pratique
La volonté de plonger plus profond et plus longtemps a sans doute toujours habité de nombreux peuples côtiers, à tel point que certains comme les Bajau d'Indonésie ont développé des adaptations physiologiques et遺伝iques accroissant leurs performances en apnée. On fait remonter au règne d'Alexandre le Grand la conception d'une « cloche de plongée » imaginée par le philosophe Aristote, vers 322 av. J.-C. Les premières esquisses d'un équipement mobile et autonome datent de la fin du XIVe siècle, avec Konrad Kyeser qui imagine une « robe de plongée ».
Mais c'est évidemment l'invention du scaphandre autonome qui va révolutionner l'histoire de l'exploration marine. La forme actuelle de l'équipement de plongée autonome est élaborée par Maurice Fernez puis Yves Le Prieur pendant l'entre-deux-guerres, et perfectionné par Émile Gagnan et Jacques-Yves Cousteau en 1943 : l'invention capitale pour la plongée autonome, sans aucun tube relié à la surface, est le détendeur automatique, dit aussi « de débit à la demande ».
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