La NDC Subaquatique Angers représente un chapitre fascinant de l'histoire de la plongée sous-marine en France, et plus particulièrement dans la région angevine. Son parcours, jalonné de l'enthousiasme de ses fondateurs, des défis techniques et organisationnels des premières heures, et d'une évolution constante, témoigne d'une passion inébranlable pour les profondeurs. Au-delà de l'aventure humaine, l'association a su se structurer pour s'inscrire durablement dans le paysage associatif et sportif, répondant aux exigences administratives modernes tout en conservant l'esprit pionnier de ses débuts.
Les Racines d'une Passion : L'Impulsion des Premiers Explorateurs Angevins
L'histoire de la NDC Subaquatique Angers prend sa source dans l'effervescence des années 1970, une période où la plongée sous-marine, bien que déjà établie, conservait encore un caractère d'aventure et de découverte. C'est dans ce contexte que Jean-Marc Mesnil, figure emblématique de la création du club, revient d’Espagne où il a effectué ses premières incursions subaquatiques. Ces expériences initiales, réalisées parfois avec des moyens rudimentaires comme son « tuba à balle de ping-pong » - un matériel qui sera d'ailleurs interdit vers la fin des années 70 en raison de ses limitations et risques - forgent sa détermination.
À son retour en Anjou, un constat s'impose : il cherche un club dans la région d’Angers. Mais rien n’existe encore. Cette absence d'une structure dédiée à la pratique de la plongée devient le catalyseur de l'initiative qui allait donner naissance à la NDC Subaquatique. L'idée de la première réunion émerge grâce à Dominique Girardi, une rencontre fondamentale pour concrétiser cette vision. Cette réunion fondatrice a lieu à la salle Jeanson, rue Rangeard, un lieu insolite puisqu'il abritait habituellement un ring de boxes, ajoutant une touche d'originalité aux prémices de l'association. Une dizaine de pionniers se rassemblent alors, unis par une même volonté d'échanger pour constituer l’association, posant les premières pierres d'une communauté sous-marine à Angers.
Les défis logistiques ne tardent pas à se manifester, notamment pour l'accès à un lieu d'entraînement adapté. L’équipe, avec une détermination remarquable, décroche un créneau piscine improbable mais unique : ce sera le dimanche de 7 h à 9 h à la piscine Jean-Bouin. Ces horaires matinaux et peu communs reflètent l'engagement sans faille des membres fondateurs, prêts à toutes les concessions pour vivre leur passion. Dès les premiers pas, l'équipement, bien que limité, est acquis avec ingéniosité. Le groupe achète un bloc de plongée et un détendeur par l’intermédiaire du magasin de pêche « la Carpe d’or », un symbole de cette période où les ressources étaient précieuses et le système D souvent la règle. Les entrainements s’enchainent au rythme cadencé des longueurs du bassin de 50 m, où les exercices de canards, d'apnées, de sauts des plongeoirs et de vidage de masque deviennent le quotidien de ces futurs plongeurs.
La première année, seulement trois blocs sont disponibles, un nombre modeste mais complété par ceux de deux nageurs du génie qui apportent les leurs, illustrant l'esprit de partage et de solidarité qui animait les débuts. Avec les quelques pompiers et militaires qui participent à l’encadrement, l’entraînement est forcément un peu commando, marquant les esprits par son intensité et son exigence. Certains membres, peu à l’aise dans l’eau, voire ne sachant pas nager au départ, ont pris cher pendant les entraînements, faisant face à la multiplication des canards, à l’apnée et aux vidages de masque. Cependant, il est important de noter qu'à ce stade, ils n'étaient pas encore vraiment formés à la maîtrise des gestes techniques nécessaires à la pratique de la plongée, ce qui soulignait le besoin croissant d'une instruction plus structurée et conforme aux normes émergentes. Les anecdotes de l'époque, comme celle de devoir fermer les robinets de conservation des bouteilles, parfois en maintenant fermement la victime sous l’eau, illustrent le caractère rudimentaire et parfois risqué des méthodes initiales.
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L'Évolution de la Formation et les Premières Explorations en Milieu Naturel
Le besoin criant d'une expertise encadrante devient rapidement évident. Au sein du groupe, il manquait donc un moniteur qualifié pour guider et former les plongeurs selon des standards reconnus. Cette lacune est d'autant plus pressante que la fédération française, la FFESSM (Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins), fait évoluer ses exigences. À partir du 1er janvier 1974, la FFESSM imposait la présence d’un « moniteur auxiliaire » - l'équivalent de l'actuel MF1. Cette réglementation marque un tournant, professionnalisant davantage l'encadrement des clubs de plongée et garantissant une meilleure sécurité pour les pratiquants.
C'est dans ce contexte que Jean-Marc Mesnil, déjà moteur dans la création du club, s'investit profondément dans la structuration et la qualification. Il en devient rapidement le nouveau président, un rôle qu'il occupera jusqu’en 2003, une longévité qui témoigne de son engagement indéfectible. Parallèlement à ses fonctions présidentielles, il poursuit sans relâche sa formation de cadre, progressant à travers les différents niveaux jusqu’à atteindre le prestigieux titre d'Instructeur National. Cette ascension marque non seulement son parcours personnel mais aussi la montée en compétence et en reconnaissance de la NDC Subaquatique Angers au sein du milieu fédéral.
Au-delà des entraînements en piscine, l'appel des profondeurs en milieu naturel se fait sentir. La première sortie concrète de l'association, un moment historique, s’est réalisée le 16 mai 1971 à Pornic. Le carnet de plongée de Jean-Marc Mesnil fait foi de cet événement fondateur, relatant le départ d’un voilier d’un copain pour une plongée à 10 mètres de profondeur d'une durée de 15 minutes. Ces premiers instants en mer, bien que modestes en termes de profondeur et de durée, représentent une étape cruciale, concrétisant les efforts des fondateurs.
Pour s’entraîner en profondeur de manière plus régulière et structurée, la recherche de carrières devient nécessaire, les plans d'eau intérieurs offrant des conditions différentes et des profondeurs accessibles. Les Ardoisières de Trélazé, sites emblématiques de la région, permettent ainsi la « première sortie carrière », qui sera réalisée à la Brémandière le 29 avril 1972. Ces sites offrent l'opportunité d'expérimenter des techniques plus avancées. C'est là que débuteront des pratiques comme le RSE (Remontée sans Embout) à 20 mètres ou le décapelage (retirer son équipement sous l'eau et le remettre) à 7 mètres. Ces techniques, considérées comme avancées à l'époque, ont bien évidemment été modifiées et affinées depuis, reflétant l'évolution constante des pratiques et des standards de sécurité en plongée.
Le matériel a bien changé aussi, et les descriptions de l'équipement des pionniers offrent un aperçu saisissant de l'époque. Plus tard, la carrière de la Porée, offrant une profondeur impressionnante de 40 mètres, aurait pu devenir un lieu d'entraînement de premier choix. Malheureusement, elle sera rapidement interdite à la plongée après deux accidents mortels impliquant des plongeurs extérieurs au département, soulignant les risques inhérents à cette activité et l'importance cruciale de la sécurité et d'un encadrement rigoureux.
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L'Âge d'Or du Matériel et de la Théorie Subaquatique
L'évolution de la plongée ne se mesure pas seulement aux techniques et aux sites explorés, mais aussi à la transformation du matériel et à la démocratisation des connaissances. À cette époque, pour aller plus loin et explorer les profondeurs, les plongeurs s'appuyaient sur des outils qui paraissent aujourd'hui rudimentaires mais qui étaient alors à la pointe de la technologie. Les tables GERS 65*, des abaques complexes utilisées pour calculer les paliers de décompression, étaient indispensables, complétées par la montre ou le timer pour suivre précisément le temps de plongée. Le décompressimètre, un instrument révolutionnaire pour l'époque, commençait à faire son apparition, offrant une indication en temps réel des paliers.
Le détendeur Cousteau-Gagnan, à un seul étage, était l'équipement standard pour l'alimentation en air. L’absence de stab, c'est-à-dire de gilet stabilisateur, procurait un style particulier à la plongée, exigeant une flottabilité parfaite et un contrôle corporel accru de la part des plongeurs. Cette caractéristique rendait la plongée d'alors plus exigeante physiquement et techniquement. Le choix de la combinaison était également un élément clé : les combinaisons en néoprène au liseret jaune allaient s’essayer chez Topstar à côté de Bordeaux, témoignant de l'émergence de marques et de l'innovation dans l'habillement spécifique à la plongée. Quant aux palmes, elles étaient presqu’essentiellement des jet-fin, un modèle prisé pour sa puissance et sa robustesse.
Parallèlement à l'évolution de l'équipement, la transmission du savoir théorique prenait de l'ampleur. Pour les plongeurs loisirs, la théorie devient accessible en 1979 avec la publication du livre « La plongée ». Cet ouvrage deviendra rapidement une référence, plus communément appelé « le Guy POULET » du nom de son auteur, Guy Poulet. Robert BARINCOU, également auteur de l’ouvrage, était moins cité, souvent oublié dans l'appellation populaire. Une référence humoristique et complice circulait alors parmi les plongeurs : on y faisait référence par un clin d’œil par : « T’as étudié le POULET / BOIRE-UN-COUP ? », illustrant l'importance et la popularité de ce manuel dans la communauté. Viendra ensuite le « MOLLE et REY », un autre ouvrage fondamental du nom des auteurs de « La plongée subaquatique », qui contribuera également à structurer la connaissance théorique des plongeurs. Ces manuels ont joué un rôle crucial dans la formation des plongeurs, leur permettant d'acquérir les bases de la physique, de la physiologie et des techniques de plongée indispensables pour évoluer en toute sécurité.
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