La natation est une discipline où la morphologie du corps devient un facteur déterminant pour la performance, dépassant largement les idées reçues sur la simple musculature. Pour les nageurs de haut niveau, la quête de la victoire se joue parfois à quelques dixièmes de seconde, poussant à une optimisation extrême de l'hydrodynamisme. Si l'observation des compétitions peut laisser croire à des phénomènes particuliers, comme la coloration bleutée du visage des nageurs, il est essentiel de distinguer les réalités physiologiques de la science de la glisse.
L'hydrodynamisme : La quête de la goutte d'eau parfaite
Oubliez toutes les idées reçues sur le poids et la musculature des nageurs et découvrez comment la forme du corps a un impact sur l’hydrodynamisme. Comme dans beaucoup de sport, on croit qu’il est primordial d’être mince et musclé pour être performant en natation mais il n’est pas rare de voir un nageur en surpoids nager plus vite qu’un nageur à la musculature parfaite. Avoir les bras très musclés n’est pas non plus le plus important pour nager vite. On parle d’hydrodynamisme pour désigner le phénomène de frottement et de résistance en milieu aquatique. En nageant, le nageur oppose de la résistance et c’est tout son corps qui gêne sa propulsion dans l’eau. Il existe deux types de résistance. La résistance passive désigne toutes les résistances qui empêchent d’avancer telles que le placement des bras et des mains, l’alignement du corps et la position de la tête par exemple. La résistance active désigne toutes les formes de résistance qui aide à propulser le nageur vers l’avant telles que l’orientation et l’angle des pieds et des mains, les avant-bras ou les battements de jambes.
La morphologie du nageur fait partie de la résistance passive puisque la forme de son corps nuit au fait de glisser dans l’eau. La forme d’une goutte d’eau est idéale en terme d’hydrodynamisme. La morphologie idéale pour un nageur est d’avoir les épaules larges et le bassin étroit pour se rapprocher au mieux de la forme d’une goutte d’eau. Il a été démontré suite à de nombreuses études que les nageurs les plus grands obtenaient de meilleurs résultats. Si l’envergure des bras est plus longue que le corps, cela permet au nageur d’aller chercher l’eau plus loin que les autres nageurs. Si vous avez un long torse et les jambes plus courtes, vous aurez une meilleure glisse et vous gagnerez en équilibre. La flexibilité des coudes, des épaules et des chevilles est aussi un facteur important pour réaliser des virages efficaces.
Physiologie de l'effort : La gestion de la température et de l'oxygène
L'idée que les nageurs ont le visage bleu est souvent liée à une mauvaise interprétation des signes de refroidissement du corps. Il est vrai que la température corporelle peut chuter au cours d'une séance prolongée. Philipp Binaghi, de la Société Suisse de Sauvetage, souligne : « Il ne faut pas attendre d’avoir les lèvres bleues. Car elles indiquent généralement que la température du corps a chuté ». Ce phénomène de vasoconstriction est une réponse naturelle à l'immersion en eau froide, où le sang est redirigé vers les organes vitaux, délaissant les extrémités et le visage.
La natation affecte également le système cardiovasculaire de manière intense. « La natation est une activité rythmique et dynamique qui sollicite l’ensemble du corps, qui fait augmenter votre rythme cardiaque et qui fait baisser votre tension artérielle efficacement », indique Hirofumi Tanaka, directeur du Laboratoire de recherche sur le vieillissement cardiovasculaire de l’Université du Texas à Austin. La pression hydrostatique exerce une contrainte sur le système respiratoire, rendant l'inhalation plus difficile qu'à terre, ce qui accroît la capacité pulmonaire et renforce le muscle cardiaque.
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L'impact de l'épilation sur la performance
Si vous suivez les compétitions de natation à la télévision, vous avez dû remarquer un détail physique chez ces sportifs de haut niveau. Toutes les parties du corps des nageurs sont parfaitement épilées. En réalité, il s’agit de réduire la friction entre le système pileux et l’eau pour limiter les turbulences au maximum. L’absence de poils augmente alors mécaniquement la vitesse en favorisant une meilleure pénétration dans l’eau lors des courses. On peut donc dire que, oui, l’épilation des nageurs améliore les performances dans l’eau. Par ailleurs, un corps imberbe permet d’avoir une meilleure perception sensorielle du mouvement de l’eau sur ses muscles et sur son corps. Enfin, un autre point plaide en faveur de l’épilation des nageurs. Il s’agit de la confiance en soi que procure une apparence impeccable.
Santé cutanée et xérose du nageur
Malgré ses avantages, les nageurs font face à un problème cutané fréquent : la xérose. Caractérisée par une peau rugueuse, des tiraillements, voire des desquamations et des fissures, cette dernière résulte d’une altération de la fonction barrière cutanée. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, immerger son corps dans l'eau ne permet pas d'hydrater sa peau, bien au contraire. Lorsque la peau est immergée trop longtemps, le film hydrolipidique, ainsi que la structure lipidique de la couche cornée, se dissolvent et se désorganisent progressivement. Pour des raisons sanitaires, l’eau des piscines est traitée avec divers agents chimiques, dont le chlore. Si cette désinfection est essentielle pour éviter la prolifération des bactéries, elle interagit également avec les lipides de la peau, contribuant à leur dégradation.
Risques et sécurité en milieu aquatique
La sécurité est primordiale, particulièrement face à des idées reçues tenaces concernant la baignade après manger ou le risque de noyade. « Dans les films hollywoodiens, les personnes qui se noient crient et se débattent. En réalité, lorsque l’on se noie, on meurt en silence », confirme la Société Suisse de Sauvetage. La noyade est la deuxième cause de décès par accident chez les enfants de moins de 4 ans. Les enfants ont une grosse tête par rapport à leur corps. Leur centre de gravité ne se situe pas au niveau du nombril, mais de la poitrine. Un enfant en bas âge qui se penche au-dessus de l’eau tombe facilement dedans. Selon swissmom, les muscles de la nuque ne sont pas encore entraînés et ne parviennent pratiquement pas à maintenir la tête hors de l’eau.
En ce qui concerne la nutrition, « il ne faut pas aller se baigner avec l’estomac plein ou vide ». Après un repas copieux, le corps a besoin d’énergie pour digérer, ce qui peut entraîner une moindre irrigation du cerveau et provoquer nausées et vertiges. Quant à l'exposition au soleil, contrairement aux idées reçues, les rayons UV sont encore plus forts juste sous la surface de l'eau.
Bienfaits thérapeutiques et accessibilité
La natation est une activité physique aux nombreux bénéfices, même pour les personnes qui la pratiquent occasionnellement. L’un des avantages les plus importants est le fait que la gravité est grandement réduite dans l’eau. Cela allège l’impact sur le corps pendant la pratique de la nage. C’est pour cette raison que la natation est fortement recommandée aux personnes aux prises avec des problèmes de santé tels que l’arthrose, l’arthrite, ou encore les maux de dos. La réduction de la gravité et la sensation de diminution du poids dans l’eau permettent de bouger plus facilement et réduisent les douleurs. La natation est une activité physique très complète, car elle sollicite le corps dans son ensemble. Elle permet de faire travailler de nombreux muscles afin de les développer et de les renforcer. De plus, contrairement à la plupart des sports, les membres supérieurs travaillent davantage que les membres inférieurs. La natation est une activité physique très accessible, quel que soit l’âge ou la condition physique du nageur. En plus de solliciter l’ensemble du corps, la natation pratiquée de façon régulière est excellente pour la santé. Elle diminue l’hypertension tout en favorisant la fréquence cardiaque et, par conséquent, la circulation sanguine. Enfin, l’eau a des effets positifs dans le traitement de certaines blessures.
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Prévention des blessures de surutilisation
La natation est un sport qui produit peu d’impact sur le corps. De ce fait, les blessures les plus courantes sont principalement dues à la répétition des mouvements et non à un traumatisme. On appelle ces blessures « des blessures de surutilisation ». Les épaules (39 %), le dos (16 %) et les genoux (13 %) sont les parties du corps les plus sollicitées pendant l’activité, ce qui les rend plus à risque de blessures. Il est cependant important de noter que ces statistiques se rapportent principalement au milieu compétitif. L’épaule est l’articulation la plus mobile de notre corps. Cependant, la forme des os la rend particulièrement sujette à devenir instable, surtout lorsqu’il s’agit d’effectuer de grands mouvements de rotation à répétition. Le crawl, le papillon et le dos crawlé utilisent généralement tout le mouvement du bras de façon répétée. La répétition de ces mouvements peut mener à ce qu’on appelle une hypermobilité de l’épaule. Habituellement, elle ne provoque pas de symptômes désagréables et n’est pas considérée comme une pathologie en soi. Avec le temps et les stress répétés, toutefois, cette hypermobilité peut provoquer une instabilité de l’articulation. Dans ce cas, l’épaule a tendance à « glisser » plus souvent à cause du manque de stabilité des ligaments.
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