Pourquoi le surf est-il dangereux ? Risques et précautions

Le surf, sport emblématique des plages ensoleillées, attire chaque année des milliers de passionnés et de novices en quête de sensations fortes et de communion avec la nature. Cependant, derrière son image de loisir paradisiaque, le surf présente un certain nombre de risques qu'il est essentiel de connaître et de prendre en compte pour pratiquer ce sport en toute sécurité.

Surf : plus qu'un sport, un mode de vie

Le surf est plus qu'un simple sport, c'est un mode de vie. Lorsque vous surfez sur une vague, vous avez l'impression de voler sur l'eau. Le moment où vous vous levez sur la planche et où vous glissez sur la vague est inoubliable. Le surf n'est pas seulement amusant, il est aussi excellent pour votre corps. Pagayer pour attraper les vagues fait travailler vos bras et vos épaules. Se tenir en équilibre sur la planche renforce votre tronc et vos jambes. Le surf n'est pas seulement bon pour le corps, il l'est aussi pour l'esprit. Le fait d'être dans l'océan peut vous aider à vous détendre et à oublier le stress.

Les dangers environnementaux du surf

Il ne faut jamais oublier que les mers et les océans sont des environnements imprévisibles et potentiellement hostiles. Les surfeurs peuvent être confrontés à des courants de baïne, des vagues de forte houle ou à des marées changeantes. Les courants peuvent les emporter rapidement loin du rivage, rendant le retour sur la terre ferme difficile, voire impossible sans assistance. Les vagues, quant à elles, peuvent atteindre plusieurs mètres de hauteur : une mauvaise évaluation de leur puissance peut entraîner des chutes violentes et des blessures graves.

Les conditions météorologiques peuvent également s'avérer dangereuses : un orage, des vents forts ou une mauvaise visibilité due au brouillard impactent inévitablement la pratique et augmentent les risques d'accidents. Les récifs, les rochers, voire les épaves cachées sous la surface de l'eau peuvent aussi s'avérer dangereux et occasionner des coupures ou des contusions en cas de collision.

Surfer dans des eaux polluées est aussi loin d'être une partie de plaisir. La pollution de l'eau, qu'elle soit chimique ou bactériologique (algues, plastiques, etc.) peut en effet avoir des effets néfastes sur la santé des surfeurs et entraîner des infections cutanées, des troubles gastro-intestinaux, ou d'autres problèmes de santé. Il est donc crucial de se renseigner sur la qualité de l'eau et la présence d'éventuels agents pathogènes avant de surfer et de se doucher après une session de surf.

Lire aussi: Voile islamique : perspectives

Enfin, les surfeurs peuvent rencontrer des méduses, des raies, des vives, des oursins, voire des requins dans certaines régions du monde. Bien que les attaques de requins soient rares, elles peuvent être fatales. Les méduses et les raies, quant à elles, peuvent infliger des piqûres douloureuses, voire dangereuses en cas de réaction allergique. La présence d'autres animaux marins, comme les phoques ou les dauphins implique aussi de prendre ses précautions.

Les attaques de requins : un danger surestimé ?

Les attaques de requins envers les pratiquants de surf existent, c'est incontestable. En 2020, 57 morsures ont été recensées sur des pratiquants de sports nautiques selon Nauticway. Même Mick Fanning, triple champion du monde de surf et sérieux rival de Kelly Slater sur le tour avait vécu une attaque en live pendant la finale du J-Bay Open en 2015.

Seulement voilà, le danger que représente cet animal est largement extrapolé. Déjà car sur les 500 espèces de requins présentes dans nos océans, seulement une vingtaine représente un danger pour l'homme. Deuxièmement, surfeurs et requins partagent rarement le même territoire. Les requins qui attaquent l'homme sont généralement en recherche de nourriture à cause de la raréfaction de cette dernière, majoritairement due à la pollution et à la surpêche d'origine humaine. Enfin, les attaques de requins se concentrent sur quelques littoraux précis comme ceux des Etats-Unis, de l'Australie, de l'Afrique du Sud ou encore des Caraïbes. Tous les spots ne sont pas concernés.

En résumé, les requins sont un danger pour les surfeurs, mais c'est loin d'être le danger qui fait le plus de dégât dans la communauté.

La surpopulation des spots de surf : un risque accru

La surpopulation des spots de surf augmente aussi les risques d'accidents. Le manque de préparation et d'équipement adapté entre souvent en compte. Une bonne condition physique et une connaissance approfondie des conditions marines sont nécessaires lorsqu'on évolue en autonomie. Les personnes qui surestiment leurs capacités ou ignorent les consignes de sécurité s'exposent à des risques accrus et mettent aussi en danger les surfeurs qui les entourent.

Lire aussi: Taux de chlore piscine bas : explications

Le non-respect des règles de priorité et des zones de surf entraîne bien souvent des collisions entre surfeurs, occasionnant blessures et frictions. La surpopulation de certains spots accentue ces risques, rendant la pratique du surf parfois chaotique et dangereuse.

Les blessures les plus courantes en surf

La plupart des accidents surviennent en été, entre les mois de juin et de septembre. Les blessures concernent aussi bien les hommes que les femmes et peuvent survenir à tout âge, de 7 à 77 ans et plus. Elles sont généralement dues à une collision avec une planche ou ses dérives, avec un obstacle quelconque, ou avec le fond marin.

Les blessures musculaires et tendineuses sont plutôt rares et concernent principalement les surfeurs professionnels, voire les surfeurs amateurs qui pratiquent régulièrement et depuis longtemps. La grande majorité des blessures sont dites traumatiques et peuvent concerner toutes les parties du corps, des oreilles aux orteils en passant par les yeux et le nez. Enfin, il subsiste un risque de malaise et de noyade pouvant entraîner la mort, mais les cas sont extrêmement rares.

Blessures à la tête

Les blessures les plus courantes au niveau de la tête sont les suivantes :

  • Plaies diverses
  • Traumatisme cervical
  • Fracture du nez
  • Traumatisme de l’oreille
  • Traumatisme dentaire
  • Traumatisme oculaire

Plus de 75 % des blessures à la tête sont des plaies plus ou moins graves et inesthétiques au niveau du cuir chevelu, mais aussi de la face (front, paupières, nez, joues, lèvres, etc.).

Lire aussi: Diagnostic et solutions pour la nage sur le côté

Blessures aux membres supérieurs

Les blessures les plus courantes au niveau des membres supérieurs sont les suivantes :

  • Plaies diverses
  • Luxation d’épaule
  • Doigt de leash
  • Traumatismes du poignet

Le leash désigne l’accessoire utilisé pour relier les surfeurs à leur planche. C’est un accessoire de sécurité indispensable qui doit uniquement être relié à votre cheville. Si vous chutez, ne cherchez surtout pas à l’attraper avec vos mains, au risque de mettre vos doigts en péril (entorses, fractures ouvertes, parfois amputations, etc.). Les traumatismes des poignets (entorses, fractures) surviennent généralement en cas de chute, lorsque les surfeurs essaient de se rattraper avec les mains et heurtent le sable.

Blessures aux membres inférieurs

Les blessures les plus courantes au niveau des membres inférieurs sont les suivantes :

  • Plaies diverses
  • Traumatisme du genou
  • Traumatisme de la cheville

Les traumatismes du genou et de la cheville sont généralement liés à une torsion des articulations en faible profondeur et en fin de vague, lorsque les surfeurs sautent de leur planche et heurtent par exemple le sable. Il s’agit le plus souvent d’entorses, parfois de fractures, mais on observe aussi des luxations de la rotule sur des genoux fragiles.

Blessures au tronc

Les blessures les plus courantes au niveau des membres inférieurs sont les suivantes :

  • Plaies diverses
  • Fractures des côtes
  • Fractures des vertèbres

L'exostose de l'oreille : l'oreille du surfeur

L’exostose de l’oreille, communément appelée « oreille du surfeur », est une affection méconnue qui handicape de nombreux amateurs de surf. Il s'agit d'une maladie primaire de l’os de l’oreille qui se caractérise par la formation de petites excroissances osseuses dans le conduit auditif externe. Ces excroissances sont bénignes et se développent en réponse à une exposition prolongée à l’eau froide et à l’humidité. À terme, elles peuvent rétrécir le canal auditif à long terme et entraîner diverses complications, comme des acouphènes, des otites à répétition ou une baisse d'audition.

Précautions à prendre pour surfer en toute sécurité

Pour surfer en toute sécurité et limiter les accidents, il est essentiel de prendre quelques précautions avant, pendant et après la session de surf.

Avant de surfer

  • Ne surfez pas seul(e) et ne surfez pas si vous ne savez pas nager ou n’êtes pas à l’aise dans l’eau !
  • Consultez les prévisions météorologiques et maritimes pour anticiper les tempêtes et orages éventuels, mais aussi la taille et la force des vagues. Informez-vous également sur les marées et les courants (notamment les courants de déchirure).
  • Choisissez un spot adapté à votre niveau et préférez les plages surveillées par des sauveteurs. Si vous débutez, évitez les zones trop fréquentées, trop agitées et celles qui sont entourées de rochers ou de récifs.
  • Identifiez les zones de baignade et n’y pénétrez pas en surfant, au risque de percuter des nageurs !
  • Utilisez un équipement en bon état et adapté à votre niveau : adaptez la taille et le type de planche à votre niveau de compétence, portez une combinaison néoprène adaptée aux conditions de température de l’eau, utilisez toujours un leash pour éviter de perdre votre planche et pour protéger les autres surfeurs et pensez au casque.
  • Avant de vous jeter à l’eau, faites quelques exercices d’échauffement et d’étirements pour préparer vos muscles et vos articulations.
  • Apprenez les bases des premiers secours, y compris comment traiter les coupures, les contusions et les fractures mineures.

Pendant les sessions de surf

  • Ne surfez pas seul(e), surtout si vous êtes débutant. Avoir un(e) partenaire peut être crucial en cas d’incident.
  • Communiquez et respecter les règles de priorité pour éviter les collisions avec d’autres surfeurs. Faites preuve de politesse, soyez attentif aux autres surfeurs et utilisez des signaux de la main pour indiquer vos intentions. Contournez la zone de déferlement pour vous rendre au large, laissez la priorité au surfeur le plus à l’intérieur du déferlement et ne vous lancez pas sur une vague s’il y a déjà quelqu’un dessus.
  • Apprenez à tomber correctement pour minimiser les risques de blessures : ne plongez pas tête la première, ne sautez pas jambes tendues, protégez votre tête en cas de chute.
  • Si vous êtes pris dans un courant, ne paniquez pas. Faites des signes avec vos bras et ne tentez pas de regagner la plage à la nage !
  • Évitez les zones avec des rochers, des récifs ou des obstacles sous-marins. Et si vous repérez un danger (courants forts, animaux), informez les autres surfeurs et les autorités locales.
  • Si vous ou un autre surfeur êtes gravement blessé(e) ou en difficulté, n’hésitez pas à demander de l’aide aux sauveteurs ou à d’autres surfeurs.
  • En cas de problème, alertez toujours le 15 (SAMU) ou le 196 (SECOURS MARITIMES).

L'importance du casque pour limiter les traumatismes crâniens

Le port du casque permet de prévenir la majorité des petits traumatismes au niveau du cuir chevelu et de la face. Il peut aussi réduire le risque de traumatisme crânien.

Comment plonger en cas de wipeout ?

  • Le plongeon en surface : dans une vague avec peu de profondeur, plongez à plat, mais pas la tête la première au risque de faire très vite connaissance avec le fond !
  • Le plongeon en profondeur : dans une vague au large, imposante et puissante, plongez profond pour échapper à la force de la vague et éviter de vous faire trop secouer.
  • Le saut à plat dans la mousse : sur un fond rocheux ou corailleux, préférez tomber à plat, puis pensez à ne pas pousser avec vos pieds pour remonter à la surface si vous touchez le fond.
  • Par-dessus la vague : Si vous sentez que votre vague va fermer sur votre trajectoire, mieux vaut anticiper le wipeout et sauter par dessus la vague. Cette option est sans doute la plus sécuritaire, pour vous comme pour les surfeurs qui pourraient se trouver en dessous !

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *