Techniques et maîtrises pour la réalisation vidéo en plongée sous-marine

La capture d'images sous-marines est une discipline qui marie la passion de l'exploration à une exigence technique rigoureuse. Ce qui était autrefois réservé aux professionnels équipés de lourds systèmes est aujourd'hui accessible au grand public grâce à l'évolution des caméras numériques. Cependant, le milieu aquatique impose des contraintes physiques - lumière, pression, densité - qui nécessitent une préparation minutieuse, bien au-delà de la simple pression sur le bouton d'enregistrement.

Comprendre les paramètres techniques de la caméra

Ce n’est pas un hasard qu’il y ait autant de modes disponibles sur les caméras modernes. La résolution, comme le 720p ou le 1080p, fait référence à la qualité de l’image. Une image en 1080p affichera 1920×1080 pixels ; c’est de nos jours le standard de la haute définition. La fréquence d’images, exprimée en fps (images par seconde), est cruciale : pour créer une illusion de continuité dans une vidéo, nous avons besoin d’au moins 24 images par seconde, un phénomène lié à l’effet phi. 30 fps est donc idéal pour notre œil. Si l’on veut pouvoir ralentir la vitesse d’un film et conserver l’illusion de continuité, nous devons au moins avoir 24fps.

Concernant les formats, 16:9 est le standard actuel de la majorité des télévisions et cinémas. Pour trancher dans les standards d'enregistrement, vous sélectionnerez le mode NTSC qui vous permettra d’accéder à tous les modes de votre caméra. Quant aux FOV (field of view), ils permettent de gérer le champ de vision, remplaçant le zoom optique absent sur la plupart des caméras d'action. En plongée, la qualité dépend de la résolution et de la fluidité, des caractéristiques qui vont déterminer la netteté ainsi que la qualité des vidéos au ralenti.

La gestion de la lumière et de la profondeur

La plongée possède des paramètres totalement différents de la prise de vue terrestre. En premier lieu, ce qui nous manque durant une plongée, c’est la lumière. Du fait d’un phénomène appelé absorption, la lumière et les couleurs disparaissent avec la profondeur. Le rouge notamment devient invisible après quelques mètres. Afin de raviver les couleurs et d’éviter les plans ternes, ou pour les explorations nocturnes, vous pouvez vous équiper de projecteurs que vous accrochez sur les bras du caisson. Il faut écarter un maximum les lumières du sujet pour ne pas brûler l’image, et éviter de révéler les particules en suspension.

Pour la balance des blancs, c'est une étape cruciale : elle doit être ajustée en permanence, tous les quelques mètres, en utilisant soit une slate blanche, soit la bouteille de son partenaire. Les filtres rouge et magenta sont également des outils efficaces contre l’effet bleuâtre qui gâche les images après quelques mètres de profondeur. Si vous ne disposez pas de lampes sous-marines, évitez de descendre trop profond et restez entre 5 et 10 mètres pour obtenir d’excellentes couleurs.

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Stabilisation et ergonomie de tournage

La stabilisation d’image est la principale fonctionnalité ignorée par de nombreux utilisateurs lorsqu’ils utilisent des caméras de sport sous-marines. Dans l'eau, le moindre mouvement est décuplé à l’écran. Avoir la caméra fixée sur le poignet n’est pas la meilleure option, car à chaque mouvement de bras, l’image est instable. Il est préférable d'utiliser une poignée ou une perche télescopique, ou mieux, une platine de plongée avec deux poignées pour une stabilité accrue.

Le rôle du stabilisateur, qu'il soit électronique (EIS) ou mécanique, est de compenser les mouvements dus aux courants sous-marins. La flottabilité est un facteur crucial à ne pas négliger : il est essentiel d’apprendre à maîtriser les accessoires sous l’eau pour stabiliser les prises de vue. Des dispositifs de flottaison peuvent vous aider à obtenir des résultats exceptionnels. Enfin, la pratique de la plongée elle-même est le meilleur outil : apprendre à se stabiliser et à utiliser son poumon ballast permet de devenir une véritable statue au fond de l'eau avant d'enclencher la caméra.

Préparation et stratégie de réalisation

Le travail commence bien avant la mise à l'eau. Filmez ces petits moments qui précèdent la plongée, votre palanquée, votre checking matériel et votre entrée dans l’eau pour donner une ambiance à votre récit. Soyez efficace, pensez votre plan avant de filmer. Ne soyez pas intrusif : ne dérangez pas la faune en pourchassant un animal avec votre caméra, respectez-le et privilégiez votre sécurité.

Privilégiez des prises de vue de 5 à 15 secondes ; en-dessous, il n’y a pas suffisamment d’éléments exploitables. Si vous utilisez des caméras embarquées, sachez que vous ne pourrez pas zoomer ou faire de mise au point, car ces appareils sont équipés d’un grand angle. La zone de netteté se trouve généralement après les 40 premiers cm de l’objectif. Pour filmer un banc de poissons, inutile de s’approcher : il se dispersera. Approchez le calmement ou placez-vous sur sa trajectoire. Dans la mesure du possible, prendre des sujets de trois quarts est une règle d'or pour restituer le volume du sujet.

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