Guide complet de la plongée sous glace : techniques, équipements et expéditions

La plongée sous glace représente le sommet de l’aventure subaquatique, offrant des paysages et des sensations introuvables ailleurs. Contrairement à la plongée traditionnelle que l’on peut pratiquer dans les meilleures destinations plongée, cette discipline s’effectue sous une surface gelée, généralement dans des lacs ou mers pris par les glaces en hiver. L’immersion dans l’eau froide nécessite non seulement un équipement spécifique mais également une préparation soigneuse. Un accompagnement professionnel par un instructeur qualifié est donc indispensable.

Organisation logistique et préparation en altitude

La plongée sous glace, outre l’altitude, est quasiment à l’opposé de la plongée en eaux tropicales. Dans ces conditions, l’expression en anglais « plan the dive & dive the plan » prend tout son sens. L’écoute active et la discipline sont de rigueur. Oui, la plongée sous glace est une aventure exigeante mais la bonne nouvelle, c’est qu’elle est accessible à tous, quel que soit son niveau de plongée, du moment qu’on est prudent et qu’on aime la préparation autant que la plongée elle-même.

En partant pour ce voyage de plongée, vous aurez besoin d’emporter de quoi vous couvrir dans une région montagneuse et enneigée. Je recommande des chaussettes de ski chaudes, certaines sont assez techniques et possèdent de la soie pour protéger les orteils. Ce qui est bien avec cet équipement de neige, c’est que vous pourrez le réutiliser sous la combinaison étanche en plongée. Néanmoins, ce sera plus adapté si vous utilisez une combinaison en néoprène (plus chaud) alors qu’une combinaison étanche tri-laminée nécessite un sous-vêtement plus épais.

Équipement technique et protection thermique

La plongée sous glace demande un équipement bien particulier. Enfilez une combinaison, des gants et des chaussons étanches, puis laissez un professionnel vous préparer pour le grand bain. La combinaison étanche est obligatoire ; cependant, certains plongeurs plus résistants considèrent qu’une combinaison épaisse peut être suffisante pour eux, ce qui n’est pas vrai, et ces plongeurs prennent des risques importants. Une combinaison peut être préchauffée en versant de l’eau chaude à l’intérieur. Un capuchon et des gants (mitaines recommandées à trois doigts ou des gants étanches avec des bagues) sont nécessaires.

Le plus grand inconvénient à l’utilisation d’une combinaison humide est l’effet de refroidissement sur le plongeur sous l’eau (effet hypothermique) mais aussi causé par l’eau s’évaporant de la combinaison après une plongée. Certains préfèrent utiliser un masque de plongée intégrale pour éliminer essentiellement tout contact du visage avec l’eau froide.

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La gestion du risque : le givrage des détendeurs

Dans des conditions aussi froides, votre ennemi n°1 est que le détendeur se mette en free-flow. Le détendeur est conçu pour que, en cas de problème, il reste grand ouvert au lieu d’être définitivement fermé. La raison principale en plongée sous glace est le risque de geler son premier étage. C’est un problème à prendre au sérieux, surtout lorsque vous avez un plafond de glace au-dessus de vous.

La plupart des fabricants proposent des modèles de détendeurs spéciaux pour les eaux froides : ici, ce n’est pas un luxe mais une exigence. Pour anticiper tout problème sous l’eau causé par le gel du premier étage, vous devez monter votre détendeur principal et votre octopus sur deux premiers étages séparés qui sont eux-mêmes montés sur une bouteille avec deux robinets séparés. Un conseil efficace pour éviter de geler son premier étage : une fois dans l’eau, allongez-vous sur le dos pour que votre premier étage soit immergé dans l’eau avant de descendre.

Protocoles de sécurité et ligne de vie

La plongée sous glace est une plongée de pénétration. Parce qu’elle place le plongeur dans un environnement sous plafond typique avec seulement un seul point d’entrée et/ou de sortie, elle est considérée comme un type avancé de plongée exigeant une formation spéciale. Les plongeurs sous glace sont généralement attachés pour la sécurité. Cela signifie que le plongeur porte un harnais spécial en sus de son équipement de plongée.

La ligne de vie nécessite un plongeur en charge du contrôle de la ligne. Cette personne est responsable de surveiller et légèrement tendre la ligne de sorte que le plongeur ne s’emmêle pas. La communication au plongeur, ou à la surface, est accomplie en tirant sur la ligne. Chaque série de coups donnés à la ligne signifie une chose différente. Il y a un plongeur équipé et prêt à entrer dans l’eau à tout moment. Ce plongeur est un plongeur de sécurité, et a sa propre ligne.

Environnements extrêmes et sites de plongée technique

Des cavernes d’eau douce cristalline aux puits verticaux, les océans, les lacs, les dolines et les mines inondées du monde entier offrent certains des environnements les plus extrêmes et les plus fascinants de la plongée technique. Ces sites ne sont pas seulement spectaculaires d’un point de vue géologique, ils repoussent les limites des compétences, de la planification et de l’exploration sous-marine.

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Le lac Baïkal, par exemple, n’est pas seulement le plus profond du monde avec ses 1642 mètres, c’est aussi l’un des plus spectaculaires pour la plongée sous glace. En Europe, des sites comme Tignes, situé à 2100 mètres d’altitude, offrent une expérience accessible. Ailleurs, les mines d’opale slovaques ou le gouffre de Hranice en République tchèque illustrent l’attrait et les défis inhérents à la plongée technique. L’exploration de ces sites met à l’épreuve les compétences et la préparation des plongeurs, mais les récompense également en leur offrant des expériences de plongée inégalées.

Dynamique des mélanges gazeux et autonomie

La plongée de loisir se pratique le plus souvent à l’air comprimé jusqu’à une profondeur de 50 m, voire 60 m en France. Au-delà, il est nécessaire de rajouter un troisième gaz, l’hélium, pour contrôler la narcose à l’azote, limiter le risque de crise convulsive hyperoxique et faciliter la mécanique ventilatoire. Ce mélange est un mélange ternaire dénommé trimix ou nitrhéliox.

L’utilisation d’appareils à recyclage de gaz ou « recycleurs » permet d’augmenter l’autonomie en gaz, de maintenir une pression partielle élevée en oxygène quelle que soit la profondeur, d’améliorer le confort thermique et de limiter le rejet de bulles à l’extérieur. Le gaz carbonique expiré est fixé par une cartouche de chaux sodée et les gaz consommés compensés par une adjonction. Ce type de plongée, qui concernait il y a 20 ans un nombre restreint de plongeurs très expérimentés, est en pleine expansion, en particulier en plongée souterraine.

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