L'Étang de Virelles : Une Immersion au Cœur de la Nature, de l'Histoire et de l'Écologie en Wallonie

L’Aquascope, situé à deux pas de Chimay, vous plonge dans le monde du vivant, depuis l'un des plus beaux étangs de Wallonie, offrant une escapade 100 % nature à vivre en solo, en famille ou entre amis. Le défi de l’Aquascope est de concilier tourisme, protection de la nature et éducation à l’environnement. L'Étang de Virelles, aussi appelé par les locaux « Lac de Virelles », est un étang semi-naturel situé en Belgique, à 3 kilomètres au nord-est de Chimay dans la botte du Hainaut. Il est alimenté par une dizaine de cours d’eau dont le principal est le Ry Nicolas. L’étang de Virelles se situe au cœur du territoire de l’Entre-Sambre-et-Meuse, dans la dépression de la Fagne à la limite de la Calestienne. Virelles, qui se trouve dans la commune de Chimay, représente un exemple parfait de bonne cohabitation entre activités humaines et respect de l’environnement. En aménageant et en protégeant les lieux, l’homme assure un déploiement idéal de la biodiversité.

Des Origines Industrielles à un Sanctuaire de Biodiversité : L'Histoire Fascinante de l'Étang de Virelles

L'histoire de l'Étang de Virelles est riche et complexe, débutant bien avant sa reconnaissance actuelle comme réserve naturelle. À l’origine, l’emplacement de l’étang de Virelles était une cuvette marécageuse alimentée par plusieurs petits ruisseaux. La création de cet étang semi-naturel a eu lieu en 1410, ou au XVème siècle selon d'autres sources, lors du développement de la métallurgie. Il a été créé spécifiquement pour alimenter la roue à aubes d’une forge voisine, répondant ainsi aux besoins de la métallurgie locale. En plus de ces forges, deux industries gravitaient autour de l’étang, témoignant de son importance économique initiale.

Lors de la cessation des forges, à la fin du XIXe siècle, les Princes de Chimay louèrent le site pour la pêche et la chasse. Le sentier des Princes, encore existant aujourd’hui, longe l’étang sur toutes ses rives est et nord et permettait, à l’époque, aux chasseurs de repérer les canards et de se dissimuler. L’étang de Virelles ayant toujours été très poissonneux, les Virellois copièrent une recette espagnole à base de sauce vinaigrée afin de conserver plus longtemps le poisson. Pour Virelles et ses environs, l’étang jouait un rôle considérable dans la vie quotidienne des habitants, autant en hiver lorsque celui-ci était pris par les glaces qu’en été en tant que lieu de délassement. Il était également le siège d’activités agro-pastorales telles qu’une vannerie qui utilisait les joncs, l’osier sauvage et les noisetiers de l’étang, ainsi que des fauchages de certaines plantes pour les besoins personnels des paysans des environs. Pendant les années 1950 et 1960, l’étang était géré en pisciculture semi-intensive.

Cependant, le destin de l'étang a connu des périodes plus sombres. Le plan d'eau fut pollué et défiguré par le tourisme de masse dans les années septante. Divers aménagements contribuèrent peu à peu à défigurer et dégrader le milieu : restaurants, embarcadères, et des plages aménagées pour la baignade ou bétonnées. Avant les années 2000, l’étang de Virelles subissait plusieurs sources de pollution. Tout d’abord, les eaux usées provenant des installations touristiques étaient rejetées directement dans l’étang, ainsi que les égouts de certaines habitations du village. Il y avait également un déséquilibre dans la population de poisson où les carpes et les brèmes avaient pris le dessus et consommaient toute la nourriture disponible de l’étang suite à la pisciculture semi-intensive.

À la fin de 1981, le site était à louer ou à vendre. S’intéressant depuis longtemps au domaine et aux enjeux qu’il représente, trois associations de protection de la nature se sont associées afin de conserver le domaine. Pendant plusieurs années, les changements effectués sur le site ont été progressifs afin de mettre en place une phase de transition sans pour autant vouloir faire table rase du passé. Des mesures ont donc été prises afin de faire un compromis entre tourisme et préservation. La pêche à la ligne a pu continuer ainsi que la voile et les barques, mais seulement un tiers de l’étang était accessible à ceux-ci. L’infrastructure touristique devenant obsolète et les moyens financiers étant maigres, il y a eu une décision d’épuration en ajoutant tout de même un mirador, une plaine de jeu, un barbecue ainsi que des panneaux didactiques le long de la promenade. À l’époque, la petite équipe de 4-5 personnes a mis en place des activités de prévention et d’animation que l’on peut encore retrouver aujourd’hui, telles que des visites guidées, des visites de groupes et des stages. Grâce au projet européen Phasing Out et à Electrabel, le projet de l’Aquascope a pu voir le jour en 2004. Ce bâtiment représente le nouveau visage de Virelles Nature et démontre une volonté de regrouper, sous une même appellation, les différents secteurs présents sur le site, c’est-à-dire l’animation, l’ethnobotanique, le tourisme et bien évidemment la conservation. Ainsi, les forges traditionnelles se sont éteintes dans la région, mais les oiseaux ont continué à fréquenter cette zone humide providentielle. La réserve naturelle a été créée au début des années 1980 pour pérenniser cet héritage, né de la rencontre entre les humains et la nature.

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La Réserve Naturelle de Virelles : Un Écrin de Vie Sauvage

L'Aquascope de Virelles est une réserve naturelle de plus de 130 hectares, dont 80 hectares d'étangs sur un territoire total de 160 hectares, constituant un milieu rare et diversifié. Il y a à la fois un plan d’eau et des arbres tout autour, formant un ensemble de biotopes uniques jouxtant l’étang, cerné de forêts et de prairies, ce qui constitue un paysage de grande qualité et une rencontre entre deux milieux naturels permettant l’hébergement d’un grand nombre de plantes et d’animaux. La riche biodiversité s’explique par un patchwork d’habitats de grand intérêt, dont plusieurs sont devenus très rares en Belgique. Un plan de gestion du site a été mis en place afin de prévoir la gestion des différentes zones en fonction des plantes existantes et des espèces que l’on souhaite conserver ou attirer.

Le vaste plan d’eau est bordé d’une roselière particulièrement attractive pour les oiseaux. À l’arrière de celle-ci, de splendides aulnaies évoluent sans intervention humaine, en témoigne un caractère sauvage très marqué. La roselière, bien que principalement composée de roseau et pauvre en espèces végétales, est très riche sur le plan ornithologique. Derrière une grande roselière, le pré de Fagne présente une richesse botanique exceptionnelle : la scorsonère des prés, la petite scutellaire ou le sélin, ainsi que diverses laîches et orchidées peu fréquentes y trouvent refuge. Cette grande zone ouverte qui se situe derrière la grande roselière était jadis fauchée et s’est réduite petit à petit face au développement de la forêt. Ce fragment de prairie est typique de la fagne et, grâce au défrichement de la forêt primitive, il favorise la reconstitution d’associations végétales typiques de ces sols schisteux. On observe également une recolonisation végétale, favorisant le développement d’une flore diversifiée. Certaines espèces apparaissent telles que le nénuphar blanc, le potamot à feuilles perfoliées et le myriophylle.

L’étang en lui-même, avec sa faible profondeur et ses berges en pente douce, est particulièrement propice à la faune et à la flore. Les grands herbiers de plantes aquatiques constituent de superbes terrains de ponte pour de nombreuses libellules. Le site est un lieu de nidification des oiseaux et un arrêt crucial sur les lignes de migration. Le plan d'eau et ses abords attirent une avifaune très diversifiée. Plus de deux cents espèces, principalement aquatiques, peuvent être observées : hérons, cormorans, grèbes, canards plongeurs et de surface, passereaux des marais. Certaines sont rares et menacées comme la sterne pierregarin - apparue suite à la pose de plates-formes de nidification à son attention -, la marouette ponctuée ou la locustelle luscinioïde. Chaque année, le site accueille le seul couple de cigognes blanches nichant à l’état sauvage en Wallonie. Les amateurs d'oiseaux pourront se régaler en observant de majestueuses cigognes blanches veillant sur leur progéniture, des sternes pierregarin fusant tels des flèches, et des rapaces impressionnants, comme le pygargue à queue blanche ou le balbuzard pêcheur. L’Étang de Virelles est un lieu stratégique pour la protection d’espèces rares et emblématiques. À Virelles, le Parc national et ses partenaires installent des paniers à cigogne, des nids à balbuzard pêcheur et des radeaux à sterne pierregarin, soutenant ainsi ces trois espèces d’avifaune remarquables. Tous les trois ans, l’étang est vidé pour préserver le bon équilibre entre les espèces.

L'Aquascope Virelles : Porte d'Entrée vers la Découverte et l'Éducation à la Nature

L’Aquascope Virelles, porte d’entrée du Parc National ESEM, vous invite à plonger dans une aventure nature riche en découvertes. Les objectifs de préservation, de sensibilisation et touristiques restent toujours bien présents, reflétant la volonté de promouvoir un tourisme et des activités alternatifs au tourisme traditionnel, connu sous le nom de tourisme vert. L’Aquascope vous invite à découvrir les merveilles de la vie aquatique.

La visite commence par quelques explications sur la faune et la flore via une exposition, ce qui permet de mieux comprendre ce qui sera découvert ensuite sur le sentier balisé. Ce chemin emmène les visiteurs le long des berges, avec, à chaque fois, des explications sur la vie sauvage. Un sentier de découverte permet de s'immerger dans cet environnement. Le site dispose de plusieurs affûts d’observation et même d'un mirador dans les arbres, offrant une chouette manière de varier les plaisirs de la balade, surtout avec des enfants. Les observatoires sont installés dans le bâtiment et au bord de l’étang, et des caméras en direct permettent d’observer en toute discrétion les oiseaux, que ce soit sur l’étang ou dans des nichoirs. Ensuite, carte en mains, les visiteurs peuvent partir à la découverte du sentier didactique en toute autonomie. Ils peuvent traverser le passage Moïse pour observer la vie aquatique sous l’eau, grimper au mirador pour admirer les oiseaux aquatiques qui peuplent l’étang, et, avec un peu de chance, apercevoir des espèces rares.

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Le centre ethnobotanique propose des activités qui éduquent et sensibilisent à l’environnement, abordant des questions telles que "Comment bien vivre avec la nature ?", "Comment nos ancêtres se soignaient avec les plantes ?" et "Quels sont les bienfaits de l’école du dehors ?". Le jardin de Millepertuis, géré par le centre ethnobotanique, est un espace de 25 ares où l'on découvre les plantes comestibles ainsi que quelques plantes médicinales également cultivées. Poursuivez votre exploration en famille au Jardin de Millepertuis, un lieu où chaque plante dévoile ses secrets et ses usages. L'Aquascope propose également un rucher didactique et des mares didactiques afin de sensibiliser à la vie présente dans les airs, au bord de l’étang et dans l’eau. Un cabinet de curiosités vous raconte les 500 ans d’histoire de l’étang de Virelles, complété par des expositions temporaires.

Tout au long de l'année, l'Aquascope offre aussi un large panel de stages pour enfants et adultes, de formations sur l'usage des plantes et d'animations pour groupes scolaires autour de la faune et de la flore locales. Pour les familles, il est possible de se lancer à la recherche des différentes espèces de l'Aquascope lors d'un parcours ludique et passionnant. Après, direction les observatoires couverts pour observer les oiseaux forestiers dans leur habitat naturel.

Des Expériences Uniques pour Tous les Publics

L'Aquascope Virelles propose une gamme variée d'activités et d'expériences conçues pour immerger les visiteurs de tous âges dans la nature. Des loisirs habituels sont évidemment présents sur le site, tels qu’une plaine de jeux, des panneaux didactiques, des visites guidées et un endroit de restauration. Ce qui est "top" à l’étang de Virelles, c’est le nombre d’activités différentes, accessibles à tous, mais toujours avec cet esprit de découverte de la faune et de la flore. Chacun pourra y trouver son compte.

Parmi les expériences phares, les "aubes sauvages" sont un véritable coup de cœur. Sur le lac, à bord d'un Rabaska, un grand canoë indien, les visiteurs peuvent profiter du réveil de la nature en présence d'un guide nature. C'est l'occasion d'admirer la brume du petit matin, d'écouter les clapotis dans les roseaux, et d'observer d’oiseaux dans les lumières du jour naissant. C'est une expérience intimiste et silencieuse inoubliable, proposée de mars à septembre. Embarquez à bord d'un rabaska une heure avant le lever du jour et vivez un moment suspendu à la surface du monde, enveloppé dans les lumières pastels qui se reflètent sur l'étang.

Pour ceux qui souhaitent prolonger le plaisir de l’immersion en pleine nature, des nuitées romantiques et insolites sont disponibles. Il est possible de passer une nuit dans une cabane au bord de l’étang, à quelques mètres du sol. Ces hébergements offrent une baie vitrée face au plan d’eau, un mini-salon, un poêle à bois, une salle d’eau et une toilette sèche. Un petit déjeuner bio, local et de saison est servi, garantissant calme et intimité. C'est une expérience magique à vivre à deux, en toute saison. Réservez une nuit inoubliable au cœur de la réserve naturelle de Virelles. Observer les étoiles depuis votre lit et assister au réveil de la vie sauvage est une expérience assez inoubliable. La nuit et le réveil le long d’un lac sont plutôt féeriques. Il est également possible de réserver des nuitées dans une bulle ou dans une cabane le long du lac, se retrouvant ainsi seul dans la réserve naturelle, quelle que soit la météo.

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Pour les familles, la grande plaine de jeux, avec des toboggans et une tyrolienne assez sympa, est un point d'attraction majeur. L’avantage de cette aire de jeux, c’est que la brasserie est juste à côté. Pour les enfants, ils vont adorer. Les visiteurs peuvent également se lancer à la recherche des différentes espèces de l'Aquascope lors d'un parcours ludique et passionnant. Des activités à la carte sont proposées, y compris l'escape game Aquascape. Des visites guidées sont organisées 2 fois par jour, le matin et l'après-midi. Pour les férus de nature, la visite peut durer une journée entière. Le site propose un agenda avec de nombreux événements organisés, notamment la fête de la pomme ou de l’abeille noire, car cette réserve protège cette espèce d’abeilles en voie d’extinction.

Le CREAVES : Un Engagement Concret pour la Faune Sauvage

Au-delà de la découverte et de l'éducation, l'Aquascope Virelles abrite également un centre de revalidation pour la faune sauvage, connu sous l'acronyme CREAVES (Centre de Revalidation des Espèces Animales Vivant à l'État Sauvage). Ce centre recueille les animaux vivant naturellement à l'état sauvage, qu'ils soient blessés ou malades, dans le but de leur rendre la liberté après guérison. Cet engagement est essentiel pour la préservation des espèces locales.

En 2011, plus de 500 admissions furent enregistrées, démontrant l'ampleur de son action. En général, au moins la moitié des animaux recueillis recouvre la liberté après revalidation, un taux de succès significatif. Le centre observe que près de 90 % des admissions sont des oiseaux, pour seulement environ 10 % de mammifères. Parmi les hôtes les plus prestigieux soignés et relâchés depuis l'ouverture du centre, on compte un hibou grand-duc d'Europe et une cigogne noire.

En 2012, le CREAVES disposait, outre d'un local de soins intensifs (infirmerie), de quatre volières fermées, de trois volières à l'air libre et d'un local fermé spécifiquement pour les mammifères, assurant des conditions optimales de soins et de revalidation pour une grande diversité d'animaux.

Le CREAVES joue également un rôle scientifique important. Tant les animaux vivants que ceux qui sont perdus ou euthanasiés sont tenus à la disposition de l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB), contribuant ainsi à la recherche et à la connaissance des populations animales sauvages. Financièrement parlant, le CREAVES n'est subsidié par la Région Wallonne que pour les frais d'hébergement des animaux, à condition que ceux-ci soient réellement relâchés ensuite dans la nature, soulignant l'importance de son rôle concret dans la conservation.

Virelles et son Territoire : Une Synergie Locale

La région de Chimay, où se situe Virelles, offre bien plus que la seule réserve naturelle, proposant une synergie entre nature, patrimoine et produits du terroir. Des restaurants locaux proposent des produits tels que la bière et le fromage de Chimay, ainsi que l’escavèche, permettant aux visiteurs de déguster des saveurs authentiques de la région. La brasserie avec terrasse panoramique de l'Aquascope propose également des produits locaux. La Cantine de l’Aquascope est le lieu parfait pour se retrouver entre amis ou en famille, siroter un verre et admirer la vue imprenable sur l’étang.

Aux alentours de Virelles, il est possible de visiter le Château de Chimay et l’Abbaye Notre-Dame de Scourmont, enrichissant l'expérience culturelle des visiteurs. On peut également découvrir le Pavillon de Madame Tallien, construit au début du XIXe siècle sur les bords du Lac de Virelles. Aujourd'hui propriété de l'association Natagora, ce pavillon porte le nom de Thérésa de Cabarrus (Madame Tallien), qui l'a fait ériger. À l’aube de l’indépendance de la Belgique, elle aurait écrit à son mari, François Joseph de Riquet de Caraman, quinzième Prince de Chimay, une lettre dans laquelle elle expliquait avoir eu l’assurance verbale du ministre de Prusse, le baron de Brockhausen, que Chimay appartiendrait bien au nouveau Royaume de Belgique, ajoutant une dimension historique singulière au site.

L’Élevage de la Petite Suisse, implanté près de Chimay, à Lompret, l'un des Plus Beaux Villages de Wallonie et en plein cœur de la Calestienne, est un autre acteur local remarquable. Hugues Derzelle y élève une dizaine de races de vaches rustiques, choisies pour leur adéquation avec le terroir. L'objectif est de rendre aux prairies leur biodiversité faunique et floristique originelle. Hugues propose la vente en direct à la ferme et assure la livraison à domicile dans les provinces de Namur, du Hainaut, du Brabant wallon et à Bruxelles. Proche et respectueux de la terre et du consommateur, il compose des colis de viande qui mettent en avant l’origine et la qualité des produits, mais surtout le plaisir de goûter au fruit d’un travail paysan en accord avec la terre. Autour du site, la promenade du Bois de Blaimont, longue de 6,5 kilomètres, invite également à explorer les paysages locaux.

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