La plongée sous-marine face aux défis de l’épilepsie latente et avérée

Explorer les fonds marins, ses récifs multicolores, nager en apesanteur dans le grand bleu et survoler une épave historique ! La plongée sous-marine vous offre tout cela. Mais ! Parce qu’il y a un « mais », il est crucial de connaître les contre-indications avant de plonger pour garantir une expérience sûre et agréable. Certaines conditions médicales et physiques peuvent rendre la plongée risquée. Les contre-indications à la plongée sont des conditions ou des situations qui peuvent augmenter le risque de complications lors de la plongée. Ignorer ces contre-indications peut mettre en danger votre santé et votre sécurité sous l’eau. Avant de plonger, il est essentiel de consulter un médecin spécialisé en médecine de plongée. Une évaluation médicale approfondie permettra de déterminer si vous êtes apte à plonger en toute sécurité.

Le cadre médical des contre-indications à la plongée

Les problèmes cardiaques sont l’une des principales contre-indications à la plongée. L’hypertension non contrôlée est également une contre-indication temporaire. Si vous avez déjà eu un infarctus, il est essentiel de consulter un médecin avant de plonger. Les problèmes respiratoires peuvent également empêcher une plongée sécuritaire. Les plongeurs asthmatiques doivent faire preuve de prudence. Les crises d’asthme peuvent être déclenchées par l’exercice, le stress ou des irritants dans l’air comprimé. La BPCO est une maladie pulmonaire qui rend la respiration difficile. Les infections respiratoires aiguës, comme la bronchite ou la pneumonie, sont des contre-indications temporaires. Les problèmes ORL peuvent affecter votre capacité à égaliser la pression sous l’eau, ce qui est crucial pour éviter des blessures. Les migraines sévères peuvent être déclenchées par des changements de pression. Les antécédents d’AVC nécessitent une évaluation médicale approfondie. Les troubles psychologiques peuvent également influencer la sécurité de la plongée. Les personnes souffrant de troubles de l’anxiété, notamment de crises de panique, doivent faire preuve de prudence mais la plongée de Bathysmed est particulièrement conseillée pour construire une boîte à outils de gestion du stress. La dépression sévère peut affecter la capacité à prendre des décisions éclairées et à réagir de manière appropriée en cas d’urgence. Une évaluation médicale est nécessaire avant de plonger, surtout en début de traitement par antidépresseur. Les fluctuations de l’humeur associées aux troubles bipolaires peuvent rendre la plongée imprévisible et risquée. Les personnes atteintes de diabète doivent avoir un bon contrôle de leur glycémie. L’obésité sévère peut affecter la capacité à nager et à gérer l’équipement de plongée, augmentant le risque de complications.

Comprendre l’épilepsie : mécanismes et prévalence

Les termes « épilepsie » et « crises » sont souvent utilisés indifféremment. Les crises d'épilepsie sont des manifestations paroxystiques (imprévisibles et incontrôlables) de l'activité électrique du cortex cérébral. Autrement dit, elles impliquent des décharges électriques incontrôlées et involontaires de l'activité neuronale dans tout ou partie du cerveau. Il est important de souligner que l'épilepsie est un trouble caractérisé par des crises récurrentes et non provoquées. Il peut paraître surprenant que les crises d'épilepsie soient des manifestations très fréquentes et non spécifiques de lésions et de maladies neurologiques. On sait que la fonction première du cerveau est de transmettre des impulsions électriques. La littérature médicale récente suggère que chacun d'entre nous a environ 9 % de chances de faire au moins une crise d'épilepsie au cours de sa vie et 3 % de chances de recevoir un diagnostic d'épilepsie. La prévalence de l'épilepsie active, cependant, n'est que de 0,8 %. Les crises d'épilepsie peuvent avoir de nombreuses causes : une prédisposition génétique, un traumatisme crânien, un accident vasculaire cérébral, une tumeur cérébrale, un sevrage alcoolique et/ou médicamenteux.

L'épilepsie - ces décharges anormales d'influx nerveux dans le cerveau - est le trouble neurologique le plus fréquent après la migraine (1% de la population, soit 500 000 personnes en France). On distingue deux grandes catégories d'épilepsie : l'épilepsie focale, lorsque l'activité électrique des neurones (cellules cérébrales) affecte une zone spécifique du cerveau, et l'épilepsie généralisée, lorsque l'ensemble du cerveau est touché. La zone cérébrale impliquée, partiellement ou totalement, est appelée cortex cérébral. Anatomiquement, elle correspond à la partie superficielle du télencéphale (la plus grande partie du cerveau). Les anomalies épileptiformes focales intercritiques, ou « ondes pointues », sont la caractéristique neurophysiologique clinique de l'épilepsie focale, et leur corrélat neurophysiologique cellulaire est appelé dépolarisation paroxystique (DP). Brièvement, ce processus implique la dépolarisation des neurones par l'intermédiaire des canaux potassiques calcium-dépendants, suivie d'une importante hyperpolarisation post-critique. Les mécanismes induisant une augmentation de l'excitabilité neuronale incluent une activation accrue des récepteurs NMDA, une synchronisation accrue entre les neurones due aux interactions éphaptiques et une synchronisation et/ou une activation accrues dues aux collatérales récurrentes.

Le sport et l’épilepsie : idées reçues et réalité physiologique

L'idée reçue que l'épilepsie serait une contre-indication à toute activité physique vient de loin. On a longtemps cru que les microtraumatismes crâniens occasionnés par le sport pouvaient aggraver l'épilepsie et générer une crise d'épilepsie. L'autre argument est le risque d'accident au cours d'une crise. Pourtant, les sports collectifs, l'athlétisme, les sports de raquette etc. sont à pratiquer sans limite même lorsque l'on souffre d'épilepsie. 60% des épileptiques pratiquent une activité physique. Dr Gilles Huberfeld, neurologue, Département de Neurophysiologie Clinique, CHU Pitié-Salpêtrière, souligne qu'à l'école, la dispense de toute activité sportive devrait rester l'exception, rare et passagère. Idées reçues et surprotection y sont pour beaucoup mais aussi la réalité des effets secondaires potentiels des traitements (fatigue, somnolence) qui peut décourager.

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En préambule, il faut distinguer le type de sport. Celui pratiqué en anaérobie (efforts intensifs, conditions extrêmes) serait plutôt protecteur vis-à-vis de la survenue de crises via les modifications d'acidité et de métabolisme du cerveau qui tendent à empêcher les neurones à entrer en fonctionnement pathologique comme au cours de la crise d'épilepsie. Mais la grande majorité des activités sportives se font dans le cadre d'un métabolisme aérobie. Le sport augmente le niveau de vigilance, ce qui peut avoir un effet antiépileptique. Dans les faits, il est rarissime qu'une crise d'épilepsie soit déclenchée au cours d'un sport. Globalement, le fait de reprendre l'entraînement améliore l'épilepsie et dans une étude, un tiers des personnes épileptiques a réduit la fréquence de ses crises grâce à la reprise de l'activité sportive. Une épilepsie s'aggrave en cas de stress, de dépression, d'anxiété. Or la reprise d'une activité sportive et sociale, un challenge, la sensation de bien-être, un comportement apaisé, un risque de dépression diminué etc. tout cela est positif.

Les risques spécifiques de l’environnement subaquatique

Si la pratique sportive générale est encouragée, l'immersion en milieu aquatique présente des défis uniques pour les personnes épileptiques. L’épilepsie accroît fortement le risque de noyade. Selon les études, le risque de noyade serait 15 à 19 fois plus élevé chez une personne épileptique qu’au sein de la population générale. Au cours de l’été 2021, 1 480 noyades accidentelles ont été recensées en France, un accident de la vie qui peut statistiquement toucher plus fortement la population des patients épileptiques. La première chose indispensable à savoir est que la baignade n’est pas contre-indiquée en cas d’épilepsie. Mais des mesures renforcées de prudence et de surveillance sont nécessaires pour prévenir les accidents.

Certaines situations semblent abaisser le seuil épileptogène, et l'immersion dans l'eau est certainement la plus importante, notamment en plongée sous-marine. La privation sensorielle, l'hyperventilation, la narcose à l'azote, l'acidose (due à l'accumulation de dioxyde de carbone), l'anxiété et l'hypoxie (quelle qu'en soit la cause) peuvent contribuer au déclenchement de crises dans des circonstances normales. Toutes ces situations sont plus fréquentes en profondeur. Parmi les autres facteurs, on peut citer la fatigue, le stress psychologique, la consommation de drogues, les lumières clignotantes, les maladies et certaines carences nutritionnelles. Même prises individuellement, chaque variable constitue une contre-indication à la plongée.

Évaluation des risques et décisions cliniques

L'épilepsie est une contre-indication majeure à la plongée. Bien que le risque ne puisse être quantifié, compte tenu de la possibilité d'une issue fatale, de nombreux médecins refusent de prescrire de la plongée de loisir aux personnes souffrant de crises d'épilepsie ou ayant reçu un diagnostic d'épilepsie. L'idée que l'épilepsie soit une contre-indication formelle à la plongée sous-marine est largement soutenue par les experts. L'auteur estime qu'une personne épileptique devrait canaliser son énergie aventureuse vers des activités terrestres lui procurant autant de joie et de satisfaction. Font exception les crises d'épilepsie dues à une stimulation du nerf vague, à une hypotension positionnelle, à une hypoglycémie, à la prise de drogues récréatives ou aux convulsions fébriles survenues avant l'âge de cinq ans (sans récidive).

Les données disponibles indiquent que 30 % des personnes épileptiques présentent des crises malgré un traitement médicamenteux ; environ 50 % des enfants ayant souffert d'épilepsie infantile ne présentent pas de risque accru de récidive à l'âge adulte par rapport à la population générale ; la probabilité d'une nouvelle crise diminue de façon exponentielle avec le temps, le risque atteignant des niveaux quasi normaux après cinq ans. Certains experts en plongée autorisent actuellement les personnes épileptiques à plonger après cinq années sans crise suivant l'arrêt du traitement. D'autres médecins estiment que deux années sans crise après l'arrêt du traitement permettent de considérer le risque comme acceptable, en limitant les plongées à 15 mètres de profondeur, en eau claire et chaude, et sans nitrox. Bien que l'incidence de la mort subite en épilepsie (SUDEP) soit faible, nombre de ces décès sont dus à une altération de la conscience. Le plongeur épileptique doit prendre une décision. La sécurité en plongée doit rester la priorité absolue. Ce principe s'applique également à l'épilepsie et aux médicaments antiépileptiques. N'oubliez pas que vous êtes aussi responsable de la sécurité des plongeurs qui vous accompagnent.

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Si l’épilepsie est parfaitement équilibrée depuis plusieurs années, aucun sport n'est véritablement interdit, même s'ils restent considérés comme dangereux. Dr Huberfeld précise : « En règle générale, ce type d'activité sportive est contre-indiqué, sauf quand l'épilepsie est totalement équilibrée, c'est-à-dire qu'il n'y a eu aucune crise d'épilepsie depuis un an sans traitement et cinq années avec traitement et sans crise d'épilepsie depuis au moins 10 ans. Cette plus grande tolérance est issue des récentes recommandations de la Ligue Internationale contre l'épilepsie. Il ne faut pas oublier que l'épilepsie est une maladie capricieuse : vis-à-vis de la fréquence des crises, les périodes ne se ressemblent pas forcément. De plus, le traitement antiépileptique se prend à heure fixe et la pratique sportive ne doit pas bouleverser ce rythme - avoir son traitement sur soi, signaler la maladie sur une fiche conservée en poche, surtout en déplacement loin de chez soi ».

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