Plongée : Tout savoir sur les flexibles et le gilet stabilisateur

S'il y a une pièce de l'équipement de plongée que tout plongeur possède, c'est bien le flexible. Mais il faut se l'avouer, le flexible en plongée passionne peu de monde et d'ailleurs peu de plongeurs s'y connaissent en la matière. Pourtant, c'est une pièce essentielle de votre équipement de plongée. En effet, sans lui, vos détendeurs et votre gilet ne serviraient pas à grand-chose. En cas de rupture, ce même flexible pourrait vous causer de sérieux problèmes et en cas d'usure, il dégraderait les performances de votre détendeur. Cela méritait bien un article sur le sujet. Essayons d'y voir plus clair.

Petit rappel technique sur le détendeur

Pour bien comprendre le rôle et les caractéristiques des différents flexibles, il est important de savoir de quoi on parle lorsque l'on évoque le terme "détendeur". Un détendeur de plongée est composé de trois pièces :

  • 1er étage : c'est la partie qui est connectée au robinet de la bouteille de plongée.
  • 2ème étage : c'est la partie qui arrive dans la bouche du plongeur par l'intermédiaire d'un embout buccal.
  • Flexible MP : c'est le flexible qui relie le 1er étage au 2ème étage.

Les différents types de flexibles en plongée

Globalement, on peut distinguer trois types de flexibles essentiels au fonctionnement de votre scaphandre :

Les flexibles détendeur ou flexibles MP (Moyenne Pression)

Ce sont les flexibles qui servent à relier le 2ème étage au 1er étage du détendeur. Ils peuvent également avoir la dénomination "LP" pour Low Pressure (Basse Pression). Comme leur nom l'indique, ils véhiculent la moyenne pression venant du 1er étage, qui est environ de 8 à 10 bars sur la majorité des détendeurs. Généralement, ils sont conçus pour résister à 35 bars de pression. Leur diamètre interne est important.

Les flexibles manomètre ou flexibles HP (Haute Pression)

Ce sont ceux qui servent à relier le manomètre au 1er étage. Le flexible HP peut également servir à relier (pour le déporter) l'émetteur de gestion d'air sans fil. Ils véhiculent la haute pression venant du 1er étage, qui est celle présente dans la bouteille de plongée. Généralement, les flexibles HP sont conçus pour résister à de très fortes pressions (1250 bars). Pour éviter trop de charge sur le filetage de connexion, leur diamètre interne est minuscule.

Lire aussi: Marques d'équipement de plongée sous-marine

Les flexibles inflateur ou flexibles DS (Direct System)

Ils servent à relier l'inflateur de votre gilet au 1er étage du détendeur. Comme les flexibles MP, ils véhiculent la moyenne pression venant du 1er étage et ils sont également conçus pour résister à 35 bars de pression. Leur diamètre interne est important. Les flexibles DS servent également à gonfler les combinaisons étanches. La connexion est la même que sur les inflateurs de gilets, mais dans ce cas, ils sont parfois dotés d'une bague externe en plastique pour faciliter la connexion et la déconnexion.

Identification et connexions des flexibles

Pour ne pas confondre et risquer de connecter un flexible MP sur un port HP (ou inversement), il faut observer les ports de connexion sur le 1er étage : les ports MP sont souvent au nombre de quatre, tandis que les ports HP sont souvent au nombre de deux.

Le système impérial et les filetages UNF

Toutes ces connexions ont été conçues dans le système impérial avec comme unité le pouce (1 pouce = 25,4 mm) et le pas de vis est exprimé en UNF (Unified National Fine). Pour la moyenne pression, la majorité des 1ers étages ont des ports en 3/8 UNF (9,53 mm). Toutefois, certains fabricants comme MARES ont doté quelques modèles de ports MP de 1/2 UNF (12,70 mm). Les ports haute pression sont systématiquement en 7/16 UNF (11,11 mm).

Pour visser les flexibles sur le 1er étage, utilisez une clé plate en 9/16ème de pouce. Attention de ne pas serrer trop fort : le 1er étage est en laiton chromé, un alliage tendre. Le joint torique sur le flexible suffit à assurer l'étanchéité ; forcer est inutile et nuisible.

Les coudes et accessoires

L'utilisation de coudes à 90° sur les flexibles de détendeurs fait chuter les performances de façon drastique. Bien que pratiques, ces dispositifs empêchent souvent le détendeur de passer les tests de performance sur banc électronique. De même, les protèges-flexibles (manchons en caoutchouc au sertissage) sont souvent plus gênants qu'utiles, notamment pour la plongée en eau froide.

Lire aussi: Choisir sa montre de plongée

Connexion au 2ème étage et systèmes propriétaires

Pour le 2ème étage, la connexion standard est femelle en 9/16 UNF. Certaines marques utilisent des systèmes spécifiques (AQUA LUNG Calypso QC, POSEIDON Cyklon). Des marques comme APEKS ou SCUBAPRO proposent des flexibles avec rotule intégrée pour le confort, garantissant les performances du détendeur. À l'inverse, l'ajout d'adaptateurs rotules génériques peut dégrader le débit d'air.

Concernant le "Direct System" inventé par SCUBAPRO en 1971, c'est une connexion femelle à déconnexion rapide (QD). Attention aux avertisseurs sonores pneumatiques connectés en série sur ce circuit : ils font chuter les performances de l'inflateur. Il est préférable de monter un flexible DS dédié.

Pour le manomètre, la connexion HP femelle 7/16 UNF nécessite impérativement un "swivel" (ou nipple), une pièce cylindrique munie de deux joints toriques. C'est une pièce d'usure essentielle : elle doit être graissée lors de chaque remplacement pour éviter les fuites.

Longueur et choix des flexibles

La longueur optimale des flexibles améliore l'hydrodynamisme et réduit les risques d'accrochage.

  • Flexible primaire : 74 ou 80 cm en plongée loisir ; 210 cm en plongée "tek".
  • Octopus : 100 cm est la norme, mais 120 cm est recommandé pour une assistance efficace. En configuration tek, un flexible court (56-65 cm) est monté sous la gorge.
  • Manomètre : 80 cm pour un manomètre simple, 100 à 120 cm pour une console.
  • Direct System : 75-80 cm pour un gilet classique, 100 cm pour des systèmes intégrés (Mares Airtrim, i3), et 80-90 cm pour une combinaison étanche.

Quant au revêtement, les flexibles standards en caoutchouc sont plus lourds mais durables, tandis que les flexibles tressés en nylon sont plus légers et flexibles, bien que leur longévité soit parfois moindre.

Lire aussi: Exploration sous-marine

L'entretien : gage de sécurité

Les flexibles s'usent avec le temps : les craquelures internes invisibles modifient les courbes respiratoires de votre détendeur, faisant passer un modèle haut de gamme pour un détendeur non compensé. La rupture au niveau du sertissage métallique est un risque majeur en plongée. Seul un professionnel avec un banc électronique peut confirmer l'état interne d'un flexible.

Le rôle du gilet stabilisateur (Stab)

Le gilet stabilisateur, ou BCD (Buoyancy Compensator Device), est indispensable pour contrôler la profondeur en plongée. Il fonctionne sur le même principe que la vessie natatoire d'un poisson. Il permet de neutraliser la flottabilité, surtout lorsque la combinaison néoprène se comprime avec la profondeur.

Types de gilets

  1. Traditionnel : Le plus répandu, polyvalent, avec air réparti sur tout le gilet.
  2. Semi-wing : L'air est concentré dans le dos pour favoriser une position plus horizontale.
  3. Wing : L'air est exclusivement dans le dos. Très apprécié pour l'hydrodynamisme et la position trim.
  4. Sidemount : Pour les configurations où les blocs sont fixés sur les flancs.

Composants clés

  • Inflateur : Relié au flexible DS, il commande le gonflage.
  • Purges : Indispensables pour évacuer l'air rapidement, surtout en cas de remontée incontrôlée.
  • Poches à lest : Permettent de gérer le poids du plongeur.
  • Backpack : La plaque dorsale qui maintient la bouteille.

Montage et préparation du bloc de plongée

Le montage du scaphandre doit suivre une logique rigoureuse pour garantir la sécurité. Avant tout, vérifiez la pression de la bouteille (généralement 200 bars).

  1. Installation de la stab : Placez-la sur le bloc en alignant les boucles derrière la robinetterie. La sangle doit être ajustée environ trois doigts sous l'épaule de la bouteille.
  2. Montage du détendeur : Vérifiez le type de connexion (DIN ou Étrier). Positionnez le 1er étage : flexible primaire à droite, Direct System à gauche. Vissez jusqu'en butée, sans forcer.
  3. Connexion du Direct System : Le tuyau du gilet se fixe comme un raccord d'arrosage.
  4. Ouverture et test : Ouvrez le robinet doucement, effectuez un contrôle croisé avec votre binôme, et testez les purges, l'inflateur et le détendeur avant la mise à l'eau.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *