L’Océan face au défi de la pollution plastique : enjeux, impacts et responsabilités

L’émergence d’une ère synthétique

Le problème, c’est que depuis plusieurs décennies, la quantité de déchets plastiques augmente à un rythme alarmant. Chaque année, environ 280 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde. Par rapport à 1950, ce chiffre a été multiplié par 140. L’ère du plastique a été inaugurée par le chimiste belge Leo Baekeland, qui a créé le premier plastique entièrement synthétique en 1907. Avec sa bakélite, un matériau résistant à la chaleur, incassable et chimiquement stable, ce chercheur, issu d’une modeste famille de cordonniers, a marqué le début d’une nouvelle ère. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Autrefois, la Terre était exempte de ces biens de consommation, fabriqués à l’échelle industrielle à partir de déchets. Le documentaire « Plastic Planet » met en lumière les risques environnementaux potentiels posés par ce matériau bon marché, dérivé chimiquement du pétrole et du gaz naturel. Il souligne le gaspillage inhérent à son utilisation par la société actuelle et la manière dont les familles du monde entier accumulent des quantités toujours croissantes de déchets plastiques, presque sans s’en rendre compte.

La dynamique de la pollution marine

Selon leur qualité, leur origine et les conditions environnementales, les plastiques peuvent avoir une durée de vie très longue et ne se décomposent souvent complètement qu’après des siècles. C’est pourquoi, sur terre, le plastique est réutilisé, enfoui ou incinéré. En mer, en revanche, il flotte, emporté par les vagues. Si l’équipage d’un navire jette ses déchets plastiques par-dessus bord, ceux-ci se dispersent dans l’eau et menacent la faune et la flore locales. Chaque année, entre 4,8 et 12,7 millions de tonnes de plastique terminent dans les océans. Le plastique marin représente à lui seul la majorité des déchets aquatiques ; on le surnomme le 7e continent de la planète. La concentration de déchets plastiques est particulièrement élevée là où les courants océaniques créent de puissants tourbillons, au sein desquels les déchets tourbillonnent comme dans une bonde de baignoire. Un autre immense amas de déchets a été découvert dans l’océan Atlantique, au nord des Caraîbes. On estime que jusqu’à 200 000 morceaux de plastique par kilomètre carré y flottent.

La fragmentation invisible : le péril des microplastiques

Sous l’effet du soleil, des marées, du vent et des vagues, les déchets plastiques jetés en mer se fragmentent en particules de plus en plus petites. Ce sont des microparticules de plastique que l’on voit à peine à l’œil nu. Les microplastiques proviennent de nombreuses activités humaines. L’entretien des vêtements en matériaux synthétiques comme le polyester libère des fibres microscopiques qui rejoignent l’air et l’eau. Les frottements sur les pneus de véhicules produisent de même des particules de plastique et de caoutchouc, transportées sur de longues distances par le vent. La pollution mondiale due aux microplastiques ne connaît pas de frontière. Les fibres synthétiques voyagent dans l’atmosphère, traversant océans et continents. Les particules issues de l’usure des pneus ou de la décomposition du plastique sont soulevées par le vent et transportées jusqu’aux mers polaires ou aux zones tropicales. Les microplastiques inhalés ou ingérés transportent des polluants comme les HAP, augmentant les risques de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Les particules pénètrent dans les poumons puis dans la circulation sanguine, pouvant atteindre des organes vitaux.

Les conséquences sur l’écosystème marin

D’une part, la faune marine peut s’emmêler dans des filets, des lignes de pêche, des cordages perdus ou des déchets plastiques comme des sacs, ce qui l’empêche de bouger et finit par la tuer. Les déchets flottant à la surface des océans, échoués sur les plages ou encore se trouvant dans les fonds marins nuisent à l’écosystème marin. De multiples déchets plastiques dérivent dans les courants océaniques transportant diverses espèces invasives et divers polluants. Ces espèces envahissantes sont des algues, mollusques ou encore des agents pathogènes qui se collent aux déchets plastiques et parcourent de longues distances loin de leur lieu d’origine. Les petits morceaux de plastique flottant peuvent être confondus avec des proies par les oiseaux marins, par conséquent ils les ingèrent. Environ 90 % des oiseaux marins ont des fragments de plastique dans l’estomac. Ingérées par des micro-organismes, ces particules contaminées pénètrent dans la chaîne alimentaire et, par conséquent, contaminent des animaux plus grands comme les poissons. Suivant ce chemin, elles peuvent également se retrouver dans le corps humain.

La plongée sous-marine face à la réalité du terrain

Portail de plongée ScubaPortal - Bien plus qu’un portail de plongée. Le portail italien de la plongée sous-marine. Découvrez les dernières actualités, techniques et plongées du secteur. Respirez l’air salin, sentez le frisson du grand bleu, et laissez-vous porter par la promesse d’un horizon où chaque immersion révèle l’envers de nos modes de vie. Sous la surface, microfibres et particules s’invitent dans vos expériences, modifiant la pureté des paysages et influençant vos sensations. Face à la pollution invisible qui s’infiltre dans l’eau comme dans l’air, il devient urgent de comprendre comment ces fragments façonnent votre santé, votre plaisir et l’avenir de la faune marine. L’observation des fonds marins révèle la présence croissante de microplastiques dans les écosystèmes aquatiques. Les plongeurs constatent des résidus flottants ou déposés sur les coraux, modifiant la perception visuelle des paysages sous-marins. Cette accumulation de particules rend certains sites moins authentiques et influence la qualité des explorations, en particulier dans les zones fréquentées. La pollution par microplastiques impacte aussi les sensations respiratoires. Lors de la respiration en surface, de fines particules en suspension peuvent être inhalées, surtout près des ports ou embouchures de rivières. Les plongeurs ressentent parfois un goût ou une odeur inhabituelle, indicateurs de la présence de microplastiques dans l’air ambiant ou l’eau.

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Responsabilité et engagement des centres de plongée

En tant que responsable ou propriétaire d’un centre de plongée, vous avez été témoin de la beauté du monde sous-marin et des menaces croissantes auxquelles il est confronté. La pollution plastique, le blanchissement des coraux et la hausse de la température des océans nous rappellent brutalement que l’industrie de la plongée doit agir. Gérer un centre de plongée respectueux de l’environnement ne consiste pas seulement à protéger la vie marine ; il s’agit d’assurer l’avenir de votre entreprise. De plus en plus de voyageurs recherchent activement des options de voyage de plongée durables, préférant les opérateurs qui donnent la priorité à la conservation. Un centre de plongée véritablement respectueux de l’environnement doit s’engager à éliminer les déchets plastiques en proposant des alternatives pratiques. L’un des moyens les plus efficaces de créer une excursion de plongée sans plastique consiste à installer des stations d’eau rechargeables et à fournir aux clients des bouteilles réutilisables de marque. Une autre mesure efficace consiste à éliminer les emballages en plastique dans les zones de vente au détail et de location. Adopter une philosophie de plongée zéro déchet signifie qu’un centre de plongée donne la priorité à la prévention des déchets, minimise la consommation de ressources et garantit que tous les déchets générés sont soit réutilisés, recyclés ou compostés.

Équipements et pratiques durables

Encourager l’adoption d’équipements de plongée respectueux de l’environnement peut contribuer de manière significative aux efforts de conservation marine. Les centres de plongée peuvent promouvoir des crèmes solaires sans danger pour les récifs, garantissant ainsi que les clients utilisent une protection solaire qui ne nuit pas aux écosystèmes marins. De plus, les centres de plongée peuvent donner la priorité à la vente et à la location d’équipements de plongée respectueux de l’environnement, tels que des combinaisons fabriquées à partir de matériaux végétaux ou recyclés, des tubas biodégradables et des palmes fabriquées à partir de sources durables. Privilégier des vêtements naturels avant et après l’immersion, vérifier l’état de son matériel et rincer soigneusement son équipement avec de l’eau propre figurent parmi les réflexes efficaces. Un entretien régulier du masque et du détendeur limite aussi la présence de résidus. Les fabricants développent des combinaisons et accessoires conçus pour limiter la libération de fibres et de particules lors des immersions.

Énergie et empreinte carbone des structures

Les opérations de plongée économes en énergie sont fondamentales pour réduire l’empreinte carbone d’un centre de plongée. L’un des moyens les plus efficaces d’y parvenir consiste à passer à des sources d’énergie renouvelables telles que l’énergie solaire, éolienne ou hydroélectrique. L’installation de panneaux solaires pour produire de l’électricité pour le magasin de plongée, les bateaux et les installations sur place peut réduire considérablement la dépendance aux combustibles fossiles. L’un des changements les plus critiques qu’un centre de plongée puisse opérer est la transition des bateaux alimentés au carburant vers des alternatives électriques ou hybrides. Les bateaux traditionnels alimentés au carburant contribuent de manière significative à la pollution des océans et aux émissions de carbone. Investir dans des bateaux de plongée hybrides ou entièrement électriques peut réduire considérablement les émissions et les coûts opérationnels. Les magasins de plongée durables peuvent intégrer des systèmes de refroidissement passifs, tels que la ventilation naturelle et l’ombrage, pour minimiser le recours à une climatisation à forte intensité énergétique.

Éducation et sensibilisation des plongeurs

Éduquer les plongeurs sur leur impact environnemental est essentiel pour promouvoir une plongée à impact minimal et favoriser des forfaits de plongée sous-marine durables. L’éducation à la plongée environnementale doit commencer par des briefings préalables à la plongée obligatoires qui mettent l’accent sur les pratiques de plongée responsables, notamment le contrôle approprié de la flottabilité, l’évitement du contact avec la vie marine et la minimisation des perturbations du fond océanique. Les initiatives d’éco-plongée telles que les plongées de nettoyage sous-marines, les projets de restauration des coraux et les plongées de conservation offrent des expériences d’apprentissage pratiques qui approfondissent l’appréciation des plongeurs pour les écosystèmes marins. S’associer à des organisations reconnues comme Green Fins ou obtenir des certifications écologiques comme le Green Star Award de PADI renforce la crédibilité d’un centre de plongée en tant que défenseur de la plongée pour la conservation marine. Les centres de plongée respectueux de l’environnement peuvent encourager un comportement durable en offrant des incitations aux plongeurs qui choisissent des alternatives à faible impact.

Cadre législatif et initiatives mondiales

Un Traité mondial contre la pollution plastique est en cours de discussion depuis 2022. Son objectif : mettre fin à cette contamination massive. Les principaux moyens identifiés, et soutenus par la communauté scientifique, consistent à réduire la production, à bannir les additifs chimiques reconnus toxiques et à améliorer le recyclage. La nouvelle législation approuvée par le Parlement interdit les produits plastiques à usage unique tels que les couverts, les assiettes, les pailles et les cotons-tiges. Les plastiques sont l’un des sept domaines considérés comme cruciaux par la Commission européenne pour parvenir à une économie circulaire dans l’UE d’ici 2050. Une application renforcée du principe « pollueur payeur », entre autres pour l’industrie du tabac, en responsabilisant davantage les producteurs. Pour les engins de pêche, qui représentent 27 % des déchets marins, les producteurs devraient couvrir les coûts de gestion des déchets des installations de réception portuaires. Les déchets de la pêche et de l’aquaculture représentent 27 % des déchets marins. Pour lutter contre le phénomène des « engins fantômes », les députés souhaitent un système de cartographie, des rapports et du suivi ainsi que des investissements dans la recherche et l’innovation pour développer des équipements de pêche respectueux de l’environnement.

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Vers une action collective : le rôle du plongeur

Récemment j’ai eu la chance de plonger dans un parc marin autour d’une île merveilleuse de la mer des Caraïbes. En fin de plongée, le guide de palanquée nous avait ramenés au bateau et nous laissait zoner dans les alentours. Instinctivement, je me dirige vers elle avant de constater avec horreur qu’il s’agit d’un sac en plastique blanc. Traversé par les rayons lumineux et les anses vers le bas, il me donnait l’impression d’une méduse. Sauf que moi, je ne l’ai pas mangé. Que mon estomac n’est pas comprimé par des tas de bouchons et autres déchets. Et que moi, en tant qu’être humain, je suis aussi en partie responsable de ce désastre qui touche nos océans ! En vrac j’ai déjà sorti de l’eau lors de mes plongées des sacs plastiques, cannettes, bouchons, lunettes de soleil… et même un disque de disqueuse ! Une manière pour moi de réagir face à la pollution en plongée. Chaque déchet remonté est une victoire, un geste de rébellion contre l’indifférence qui menace nos mers et océans. Imaginez l’impact colossal d’une mobilisation mondiale, où plongeurs et amateurs des mers s’unissent pour un grand nettoyage des océans. Cette armée bleue, armée de sacs réutilisables, de gants et d’une détermination sans faille, pourrait non seulement réduire de manière significative les déchets sous-marins, mais aussi sensibiliser à une échelle globale sur l’importance de protéger nos écosystèmes marins. Ce serait un mouvement puissant, illustrant parfaitement comment de petites actions collectives peuvent engendrer un changement monumental. Nous rappelant par là même que la préservation de la beauté et de la diversité de la vie sous-marine est entre nos mains.

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