La soie, fibre naturelle considérée comme la plus noble des fibres textiles, est une matière d'origine animale produite à partir de la bave de certains vers, principalement le Bombyx mori (soie de culture) et le Bombyx tussah (soie sauvage), lorsqu'ils atteignent le stade de la chenille. Appréciée pour sa luminosité et sa fluidité, l’utilisation de la soie en textile trouve ses origines trois millénaires avant notre ère en Chine, avant d’atteindre l’Empire romain d’Orient, puis l’Europe occidentale à la fin du Moyen Âge. Un seul cocon peut contenir jusqu'à 1 500 mètres de fil continu. La soie est célébrée pour son lustre naturel, sa douceur incomparable, sa résistance étonnante et ses propriétés thermorégulatrices. Il est important de distinguer la matière brute - la soie - des différentes techniques de tissage, comme le satin, avec lesquelles on la confond souvent.
La nature de la soie : Origines et propriétés fondamentales
La soie est une fibre textile naturelle, très résistante, elle est même utilisée dans la construction. Tout d’abord la soie est douce, aussi elle a des propriétés thermiques qui maintiennent au chaud en hiver, au frais en été. Ensuite la soie ne va pas irriter la peau et va rester à l’eau, au feu. Il est aussi rare de faire des allergies à la soie. La fibre du foulard produit par le ver présente la caractéristique d’avoir une section triangulaire, ce qui lui confère ses qualités exceptionnelles de réflexion de la lumière. Un fil de soie est composé de deux composants principaux : les deux sont des protéines, l’une est la séricine et l’autre la fibroïne, celle-ci constitue la partie centrale alors que la séricine va l’entourer. Le reste de la composition ce sont des matières grasses d’origines minérales ou de matières grasses mais aussi de l’eau. La séricine va donner à la soie sa couleur, les propriétés quant à elles reposent sur la fibroïne fibreuse. C’est aussi la séquence répétitive des acides aminés qui va donner lieu à une structure cohérente qui donnera au fil de soie ses propriétés uniques.
Distinguer la soie du satin : Une confusion fréquente
Soie ou satin, il est courant de les confondre. Ces deux matières, soyeuses et agréables au toucher, sont encore plus différentes que vous ne pouviez l’imaginer. Pourquoi ? Parce que si la soie est bien un tissu, le satin lui, n’est autre qu’une technique de tissage de haute qualité. La soie est une matière naturelle issue des meilleurs cocons fabriqués par les vers à soie. Les coquilles, une fois récoltées, sont plongées dans l’eau bouillante afin de démêler et de dérouler leur fil si fin. Contrairement à l’idée répandue, le satin n’est pas un tissu, mais une technique de tissage dont la trame est bien spécifique. C’est la haute densité de cette méthode qui apporte le côté brillant, souple et élégant du tissu. Il existe le satin de soie naturelle, né en Chine il y a plus de 2 000 ans, mais aussi le satin de coton, appelé « satinette », ou encore le satin de polyester, tissé avec des textiles synthétiques.
Les différents tissages et armures de la soie
La soie se décline en une multitude de textures et d'aspects, déterminés par le type d'armure utilisé lors du tissage. Chaque technique confère au tissu des propriétés mécaniques et esthétiques uniques.
La mousseline de soie
La mousseline est à la base un tissu extrêmement léger en coton qui est originaire de Bangladesh, elle est arrivée en Europe au XVIIIème siècle, en Italie plus exactement et est rapidement devenue populaire en France. La mousseline de soie est un tissu très doux au toucher, particulièrement fluide et léger. Sa particularité tient à sa transparence, ce qui permet aux imprimés de se voir aussi bien d’un côté que de l’autre. Elle est souvent utilisée dans la création de tenues haute couture, notamment pour les cérémonies ou les occasions spéciales, comme les mariages, avec des robes de mariée, de demoiselles d’honneur ou de mères de mariée. Sa légèreté confère également une certaine transparence, permettant de sublimer les imprimés des deux côtés du tissu et d’explorer les jeux de superpositions. Outre les robes, la mousseline de soie est prisée pour la confection de foulards, d’écharpes et même de lingerie.
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L’organza de soie
Également connu sous le nom d’organzine, l’organza est une matière produite traditionnellement à partir de la soie. L’organza de soie est également un tissu léger, plutôt transparent et donc régulièrement utilisé pour les détails comme les volants ou pour rajouter des plis dans des tenues d’occasions spéciales comme les robes de mariage, de cocktail ou de cérémonie. Cependant, contrairement à la mousseline de soie, c’est un tissu assez rigide avec un aspect mat et une retombée raide ce qui simplifie grandement sa tenue. Pour la création de l’organza, il faudra les fils les plus fins également nommés fibres. Les fibres sont tordues afin d’obtenir des fils à haute torsion, pour obtenir une fibre à aussi haute torsion, il faut tordre les fils dans des directions opposées. Par la suite, les fils sont enduits d’un acide qui va leur permettre de devenir plus dure et plus rigide, ce qui donne l’intérêt particulier à ce tissu.
La soie pongée
La soie pongée est le tissu idéal pour la conception de foulards, de mouchoirs ou pour des doublures de vêtements mais également pour l'ameublement. Il est lisse, brillant et naturellement blanc, et en fonction de l'épaisseur des fils utilisés, le tissu peut être plus ou moins transparent. L’avantage premier de ce tissu est qu’il peut être teinté de n’importe quelle couleur avec quasiment n’importe quelle technique. L’élaboration de la soie pongée provient de l’association entre la laine et la bourre de soie, la bourre de soie étant la partie la plus grossière du coton, celle qui ne se dévide pas. Son tissage est simple et elle est conçue sous plusieurs mommes, le poids de la soie pongée pouvant varier entre 5 et 16 mommes.
La soie twill
La soie twill a un touché proche du satin de soie, ce qui va les différencier c’est l’aspect semi-matte de la soie twill. Elle obtient cet aspect grâce à son tissage. La soie twill est l’inverse de la soie pongée : elle est produite avec des fils épais ce qui lui donne une épaisseur supérieure et empêche donc la traversée des encres. La soie twill a une épaisseur telle que l’encre traverse peu le tissu et va lui donner cette aptitude à avoir un côté avec des couleurs vives et d’un autre côté des couleurs plus sombres et ce fameux aspect mat. Au même titre, la soie twill a des rayures obliques qui mettent en valeur ses couleurs, en plus de ses 14 mommes qui lui cède une épaisseur et donc un poids légèrement lourd et une belle retombée. C’est un tissu de choix généralement employé dans la haute couture, célèbre pour être utilisé dans les carrés de soie de la marque de luxe Hermès.
Le satin de soie
Le satin est une technique de tissage plutôt compliquée à manier, il faut que des fils de trame soient tissés sur un fil de chaîne avec un nombre minimum de 4 fils de trame. Les croisements entre les chaînes et les trames vont leur permettre de se dissimuler et de donner un résultat lisse et brillant. Ceci donne un aspect nacré et opaque au tissu et une douceur incommensurable. Il est utilisé dans toutes les gammes de produits qui nécessitent du tissu, cela va des sous-vêtements les plus légers et fins, aux draps et linges de maison les plus imposants. En ce qui concerne le tissage, le satin est né en Europe au XIIème siècle, devenant très populaire à partir du XIVème siècle, réservé à la haute société uniquement car il était très coûteux.
Le taffetas de soie
Comme les précédents types de tissages, celui-ci a une apparence légère, lisse et brillante, mais il s’agit seulement d’apparence. Au toucher, le tissu sera sec et granuleux. De plus, il n’est aucunement transparent et a une capacité de réflexion puissante qui le rend tellement unique. Son tissage va permettre au taffetas de soie d’être un tissu raide et qui se maintiendra seul, idéal pour l'ameublement et certains habits haut de gamme, en particulier les robes. Il a la particularité d’avoir un son spécifique lorsqu’on le frotte contre lui-même puisque c’est un tissu sec. Le taffetas de soie était le tissu favori de grands couturiers après avoir fait son entrée en Europe au temps de la Renaissance. C’est d’ailleurs à ses origines que ce tissu doit son nom, car taffetas est le français du mot persan “taftâ” qui signifie “qui est tissé”.
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Le crêpe de soie
Avec son effet légèrement mat et chromé, vous pouvez retrouver de la crêpe de soie plus généralement dans des chemisiers, des pantalons, des jupes ou des robes du quotidien. Ce qui va différencier ce tissu des autres c’est sa texture, à la fois douce et rugueuse, la crêpe de soie est très opaque. Le crêpe de soie doit son nom à sa conception, crêpe est le successeur du mot cresp de l’ancien français, qui lui-même provient du mot latin crispus qui signifie ondulé, frisé. Lors de sa conception, le crêpe va faire face à différents procédés afin de lui donner un aspect ondulé, frisé. Les procédés qui vont être opérés vont être une torsion sous haute tension qui va donner un effet légèrement élastique au tissu, et un passage à température haute.
L’ikat de soie
L’ikat de soie est un tissu traditionnel dans plusieurs pays. C’est en Inde, en Indonésie et dans d’autres pays d’Asie, que ce tissu va être utilisé uniquement dans des tenues de cérémonies et d'événements spéciaux. C’est un tissu luxueux qui, dans les tenues de cérémonie, représente la richesse et le prestige. L’ikat de soie serait apparu vers le VIème siècle en Chine et n’aurait cessé d’évoluer et de voyager à travers l’Asie et le Moyen-Orient pour rapidement devenir la spécialité d’Ouzbèke. Chaque pièce conçue avec de l’ikat de soie est unique, car c’est une technique de tissage qui a besoin de plusieurs personnes afin de rechercher les motifs et les coloris idéals, et bien sûr la teinture et le tissage.
La culture de la soie : Sériciculture et transformation
L’élevage des vers à soie se nomme la sériciculture, et fournit la plus grande partie des besoins en soie. Les écrits de Confucius et la tradition chinoise racontent qu’il y a bien longtemps un cocon de vers à soie était tombé dans la tasse de thé de l’impératrice Leizu. En voulant l’extraire de sa boisson, la jeune fille de 14 ans commença à dérouler le fil du cocon. Elle eut ensuite l’idée de le tisser, pour cela elle commença à observer la vie du ver pour en faire un élevage, le début de la sériciculture. À partir de ce moment-là, la jeune fille est devenue la déesse de la soie dans la mythologie chinoise. Une machine spéciale permet de dévider les fils des cocons et de filer la soie. Par la suite, la soie subira différents traitements pour en améliorer la qualité et la colorer. Une des techniques de coloration utilisée est le « mat-mii ». Elle consiste à tendre les fils sur un cadre en bois et à entourer des groupes de fils par du plastique pour former un dessin. Le cadre de bois est ensuite plongé dans la teinture qui va colorer les parties des fils découvertes et laisser intactes les zones couvertes par le plastique.
Conseils pour travailler la soie en couture
La soie est en effet considérée - parfois à tort - comme une matière difficile à travailler, un « tissu qui fâche ». Pourtant, avec les bonnes techniques, il est possible de sublimer cette fibre. Tout d’abord, s’il y a une chose à retenir, c’est de respecter le droit fil de votre tissu, c’est-à-dire le sens des fils parallèle à la lisière du tissu. Il est conseillé d’étaler un tissu souple comme la soie en intégralité pour le travailler. Pour stabiliser de la soie et éviter qu’elle ne glisse de trop, afin de rendre la découpe plus aisée, deux méthodes existent. La première consiste à enduire préalablement le tissu d’amidon, comme de la maïzena, dilué dans de l’eau. La deuxième solution, moins contraignante, consiste à vaporiser un stabilisateur industriel sur le tissu. La couture anglaise est recommandée pour les tissus fins, une couture solide avec laquelle les bords de la première couture sont enfermés entre les deux piqûres, donnant une très belle finition. En ce qui concerne l’aiguille, vous pouvez utiliser une taille 60 pour les tissus très fins comme la mousseline ou une taille 70, mais également des aiguilles microtex. Pour le fil, il est très important de ne pas utiliser de polyester, qui s’entend mal avec la soie et la fait gondoler. Un fil en viscose conviendra très bien pour réaliser vos pièces en soie. Cependant, si vous souhaitez coudre une pièce importante pour vous et que vous désirez mettre les plus beaux moyens dans cette création, le meilleur choix reste le fil de soie.
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