Les plantes aquatiques représentent une composante essentielle de tout bassin de jardin, apportant une valeur esthétique indéniable tout en jouant un rôle primordial dans la préservation de l'équilibre biologique de l'écosystème. Elles offrent un refuge et de l'oxygène vital pour les divers organismes habitant le bassin. Les végétaux aquatiques sont aussi indispensables à la filtration naturelle de l'eau du bassin. Capables de retenir les excès de nutriments et les éléments nuisibles, ils jouent un rôle clé dans la préservation de la propreté et de la salubrité de l'eau. Ce mécanisme de filtration naturel permet de limiter le développement d'algues indésirables, garantissant ainsi un habitat sain pour la faune aquatique. Les plantes aquatiques servent de nourriture et offrent un abri protecteur aux poissons, consolidant l'écosystème du bassin et favorisant un équilibre écologique naturel.
Classification et typologie de la flore aquatique
On répartit la flore aquatique des bassins en trois types distincts : les plantes submergées, les plantes flottantes, et les plantes émergentes.
Les plantes submergées vivent entièrement immergées sous l'eau, jouant un rôle vital dans l'oxygénation de l'eau grâce à la libération d'oxygène durant le jour. Adaptées à la vie aquatique, elles possèdent des feuilles et des tiges conçues pour minimiser la résistance de l'eau. Les feuilles tendent à être fines et lisses, tandis que les tiges sont souvent longues et souples, capables de fléchir sous l'effet des courants. Parmi elles, l'Elodea canadensis est une plante à croissance rapide, couramment utilisée pour l'épuration de l'eau. Le Myriophyllum spicatum est reconnu pour ses feuilles en forme d'épis, et la Vallisneria spiralis, caractérisée par ses feuilles allongées, peut s'étendre sur plusieurs mètres.
Les plantes flottantes se maintiennent à la surface de l'eau, contribuant à la régulation thermique de l'eau et offrant un habitat à diverses espèces aquatiques. Leurs feuilles, épaisses et robustes, sont conçues pour survivre aux éléments extérieurs, et elles sont souvent dotées de racines ancrées au fond du bassin pour se stabiliser. On y trouve la lentille d'eau, qui forme un tapis dense avec ses feuilles rondes, le Nénuphar-Nymphea, plante florale très prisée dans l'aménagement de jardins aquatiques, et la jacinthe d'eau, reconnue pour ses fleurs éclatantes.
Les plantes émergentes sont partiellement immergées et présentent une partie de leur feuillage au-dessus de l'eau. Elles participent activement à la filtration de l'eau en absorbant les nutriments provenant des déchets organiques. Les feuilles émergées sont généralement plus larges et épaisses que celles subaquatiques, et ces plantes produisent souvent des fleurs attirant divers insectes. L'Iris des marais affiche de belles fleurs jaunes et possède une grande résilience, le Roseau-Phragmites est une plante vivace pouvant atteindre une hauteur impressionnante, et la Prêle des rivières, reconnaissable à ses feuilles fines et lisses, prospère dans les milieux humides.
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Stratégies écologiques et physiologie végétale
La vie dans l'eau ne présente pas les mêmes contraintes que dans l'air. D’abord en raison de la densité de l’eau, qui affecte directement l’autoportance des feuilles. Or, il s’agit d’un élément clé pour l’accès à la lumière. De plus, les plantes aquatiques sont les seules espèces dont l’accès au carbone peut être limité, en raison d’une diffusion plus lente des gaz dans l’eau. Chez les plantes terrestres, il existe un compromis entre la vitesse d’acquisition des ressources par la photosynthèse des feuilles et la conservation de ces ressources par cette même feuille. Des plantes qui consomment beaucoup de CO2, grâce à des vitesses de photosynthèse élevées, seront généralement associées à des longévités de feuilles plus courtes.
Ces mécanismes témoignent d'une intelligence végétale complexe. Les chercheurs ont découvert que les végétaux disposent d’un nombre incroyable de sens. La vue permet aux plantes de recevoir et de transmettre des informations sur la direction et la qualité des rayons lumineux, qu’elles savent distinguer de l’ombre. L’odorat utilise des récepteurs de substances volatiles pour communiquer. Le goût, bien que sans organe dédié, permet aux racines de reconnaître des quantités infinitésimales de sels minéraux. Le toucher, via des canaux mécano-sensibles, permet aux plantes de réagir à des stimuli physiques. Enfin, l’ouïe permet de percevoir des fréquences sonores : les basses favorisent la germination, tandis que les hautes fréquences peuvent l'inhiber. Les plantes savent également évaluer le taux d’humidité, jauger les champs électromagnétiques et la pesanteur.
Communication et mémoire chez les végétaux
Les plantes possèdent une forme de communication subtile. Les potentiels d’action, mis en évidence dès 1873, permettent à chaque partie de la plante d’envoyer un message à toutes les autres cellules via des signaux électriques. Les composés organiques volatiles (COV) jouent également un rôle majeur : une plante agressée peut émettre des molécules captées par ses voisines pour déclencher une réponse de défense plus rapide. Il existe aussi une communication racinaire par le biais d’anastomoses ou de mycorhizes, permettant des échanges d'acides aminés ou de sucres.
Au-delà de la communication, les végétaux sont dotés d’une mémoire et peuvent s’adapter. Ils s’habituent à des stimuli tactiles réguliers et mémorisent les courants de vent pour structurer leur croissance. Ils sont capables de réaliser des arbitrages et de prendre des décisions, comme orienter leurs racines vers les zones présentant le meilleur équilibre hydrique et nutritionnel. Cette capacité d'apprentissage et d'adaptation est un domaine de recherche prometteur pour l'agronomie moderne.
Plantation et aménagement du bassin
Pour optimiser la croissance des plantes et l'esthétique du bassin, il est important de planter chaque espèce à la profondeur appropriée, tout en respectant ses besoins en lumière et en espace. Un agencement réfléchi, plaçant les plantes plus grandes à l'arrière ou au centre et les variétés plus petites ou flottantes aux abords, créera une scène naturelle et attrayante. Il est également important de ménager un espace suffisant entre les plantes pour favoriser une bonne circulation de l'eau et prévenir la surpopulation.
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La résilience des plantes aquatiques varie selon les climats, la taille du bassin et l'exposition lumineuse. Un bassin bien conçu se divise en trois zones : la rive, les faibles profondeurs et les zones d’eaux profondes. Pour les berges, les plantes aiment les sols humides mais n’apprécient pas être complétement immergées, à l’instar de l’astilbe, l’acore ou le jonc fleuri. Pour les faibles profondeurs, vous pouvez choisir la jacinthe d’eau, le myosotis aquatique ou encore le trèfle d’eau. Quant aux zones d’eaux profondes, vous pouvez planter directement la végétation dans la terre ou en pot, comme pour le lotus, la pesse d’eau ou le nénuphar.
Entretien, hygiène et prévention des maladies
Un soin régulier est nécessaire pour maintenir les plantes aquatiques en bonne santé. Les plantes aquatiques, tout comme les plantes terrestres, peuvent être affectées par diverses maladies causées par des champignons, des bactéries, des virus, ou encore être impactées par des déséquilibres nutritionnels. La pourriture des racines, souvent causée par des champignons comme le Phytophthora et le Pythium, nécessite d'améliorer la qualité de l'eau et de retirer les parties affectées. L’excès de lumière ou de nutriments favorise les moisissures et algues nuisibles, imposant de réduire l’éclairage et les nutriments. En cas de chlorose, l’ajout de nutriments sous forme soluble est recommandé.
Concernant la désinfection des nouvelles plantes, plusieurs méthodes existent. Le traitement au permanganate de potassium (1 gramme par litre, puis dilué à 5ml pour 10 litres d'eau) est efficace pour éliminer les parasites et bactéries, bien qu'il puisse affecter les œufs de poissons. Une solution d'eau de Javel (500ml pour 10 litres d'eau) permet un trempage rapide d'une minute maximum. Le vinaigre blanc, dilué à 15ml pour 5 litres d'eau, est une alternative avec un temps de trempage de 10 à 15 minutes.
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