La voile-aviron séduit de plus en plus de passionnés de la mer et de plaisanciers en quête d’une expérience de navigation simple, autonome et proche de la nature. Cette embarcation polyvalente combine voile et aviron, offrant une grande flexibilité dans diverses conditions de mer et de vent.
Qu'est-ce que le Voile-Aviron ?
Le voile-aviron est une embarcation légère, généralement longue de 3 à 6 mètres, conçue pour être à la fois propulsée par une voile et par des rames. Cette conception ingénieuse lui permet de s’adapter à différents environnements nautiques, des côtes aux baies abritées, en passant par les rivières et les lacs calmes.
Les Avantages Multiples du Voile-Aviron
Flexibilité et Adaptabilité
L'un des principaux atouts du voile-aviron réside dans sa capacité à naviguer dans une variété d'environnements. Grâce à sa double propulsion, il peut explorer des zones difficilement accessibles avec d’autres types de voiliers, offrant une liberté d’exploration inégalée.
Facilité de Mise à l'Eau
Le voile-aviron se distingue par sa rapidité de mise à l’eau. Sa conception simple et son faible tirant d’eau facilitent la préparation des voiles et des rames, permettant une mise en route rapide et sans tracas.
Transport et Stockage Faciles
Léger et compact, un bateau de voile-aviron peut être transporté sur une remorque légère, voire sur le toit d’une voiture, selon le modèle. Son encombrement réduit permet un stockage aisé dans un garage standard ou un abri de jardin, contrairement aux embarcations plus imposantes qui nécessitent des espaces spécifiques dans un port ou un lieu de stockage.
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Choisir le Voile-Aviron Idéal : Les Critères Essentiels
Taille et Poids
Le choix de la taille et du poids doit être adapté à vos besoins spécifiques, en tenant compte de la facilité de transport et de mise à l’eau. Un modèle plus léger sera plus facile à manipuler, tandis qu'un modèle plus grand offrira plus d'espace et de stabilité. La notion de poids est très importante quand on veut choisir un canot voile-aviron. Il conditionnera, le programme de navigation, les options de mise à l’eau, le confort, la sécurité. Le nombre d’équipiers conditionne aussi le poids et l’encombrement du canot voile-aviron. D’une matière générale, préférez un bateau léger si votre programme est estival , si vous avez peu de force (mise à l’eau), si vous naviguez principalement en eaux calmes ou encore si vous souhaitez faire du raid rapide, voire de la régate. Les voile-avirons lourds sont généralement des répliques ou des bateaux de travail. Leur stabilité et leur capacité de charge sont importants et ils présentent souvent une bonne sécurité et tenue à la mer. Le poids est donc une question des dosage.
Type de Gréement
Il est important de vérifier la simplicité du gréement. Un bateau de voile-aviron est généralement équipé d’un mât unique et d’une voile facile à hisser, ce qui simplifie la navigation et réduit le temps de préparation. Plus le canot est simple, plus il sera rapide à mettre en oeuvre. Les bateaux les plus simples sont les misainiers au tiers et les canots à livarde. Les cotres auriques avec flèche et tapcul (oui, c’est possible!), prennent plus de temps à gréer. Ces canots haubanés donnent de la rigidité au gréement mais demandent plus de temps de mise en oeuvre (sauf certains comme le Monotype des Pertuis qui est équipé d’un mat basculant).
Matériaux de Construction
Les bateaux de voile-aviron sont souvent construits en bois, en fibre de verre ou en composite. Chaque matériau possède ses avantages en termes de poids, de durabilité et d’entretien. Le bois offre une esthétique traditionnelle et une bonne isolation, tandis que la fibre de verre et les composites sont plus légers et nécessitent moins d'entretien.
Programme de Navigation
Dans un premier temps, il convient de déterminer le programme de navigation de l’embarcation. On peut citer trois familles de canots : Le voile-aviron de travail (ce qui est rarement le cas aujourd’hui), le voile-aviron de ballade (sortie à la journée, rando) ou la version sportive (raids et régates).
Utilisation des Aviron
Un des éléments à ne pas oublier dans le programme est l’utilisation des avirons. Annexe, pour se déhaler ou essentiel pour une utilisation longue, les avirons sont la deuxième composante de la propulsion du voile-avirons (voir plus bas).
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Adaptation aux Plans d'Eau
Certains voile-avirons ont été conçus en fonction d’un plan d’eau particulier et ne sont donc pas toujours adaptés à toutes les conditions de navigation (plans d’eau protégés, lacs, mers intérieures, océan, Pertuis …). Préférez un bateau un peu plus dimensionné que votre plan d’eau habituel si vous avez l’intention de vous déplacer régulièrement.
Facilité de Mise en Oeuvre
La facilité de mise en oeuvre est aussi un point clef pour bien choisir un voile-aviron. La simplicité s’exprime aussi dans la mise à l’eau. Le choix et le réglage de la remorque sont très importants tant pour la facilité que pour les coûts liés à l’entretien de la remorque. Pensez aussi à observer la fluidité des manœuvres et l’ergonomie dans le bateau (position des taquets, passage de barre, accès aux éléments de sécurité, rapidité dans les opérations de sécurité …).
Performances
La majorité des vélirameurs ne recherche pas la performance; c’est en tous cas ce qui se dit ! Dans les faits, tous cherchent à faire marcher le canot. Certains bateaux marchent pourtant mieux que d’autres. Les voile-avirons modernes sont souvent plus performants que les anciens car leurs carènes sont étudiées pour allier esthétique et efficacité. Il n’en demeure pas moins vrai que les bateaux de travail sont souvent le fruit de nombreuses modifications empiriques qui en font de super challenger voire plus ! Certains canots sont extrêmement rapides et rivalisent avec les dériveurs légers. Les performances vont aussi dépendre de l’adéquation entre le bateau et les plans d’eaux qu’il devra parcourir.
Qualités "Ramiques" du Canot
Le vélirameur (pratiquant de la discipline) est plus ou moins vélique ; plus ou moins rameur ! Que vous soyez l’un ou l’autre, voire l’un et l’autre, il vous faudra faire des choix selon les différents critères déjà énoncés. Chacun de ces critères aura une influence sur les qualités « ramiques » du canot (l’adjectif n’est pas dans le Larousse mais il est bien pratique !). S’il est logique de penser qu’un bateau léger marche bien à l’aviron, c’est pourtant loin d’être toujours le cas. Il faut remonter à la conception par l’architecte pour trouver l’ADN ramique d’un canot. A ce jeu, les champions sont les bateaux étroits (les yoles et canots fins par exemple). Depuis quelques décennies, la recherche de performance à l’aviron est devenue une culture chez certains architectes « ex-voileux ». Au risque de me répéter, tout est une question de choix dans votre cahier des charges. Pour faire un raccourci, les meilleurs marcheurs voile-avirons sont, soit des canots modernes, étroits et légers, soit des bateaux lourds embarquant de nombreux équipiers (Yole de Bantry par exemple).
Godille
Il y a un débat entre vélirameurs quant à l’utilisation de la godille comme moyen de propulsion. Si la godille est la seule alternative à la voile, certains disqualifieront ces canots du « label » voile-avirons. Si les discussions sur le sujet vont bon train dans notre association à l’heure de l’apéro, nous ne sommes pas de ceux qui excluent mais plutôt de ceux qui accueillent.
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Les Constructeurs et Architectes de Voile-Aviron
Il existe plusieurs spécialistes de la conception et/ou construction de voile-avirons :
- François Vivier : Architecte naval spécialisé dans les bateaux en bois de type traditionnel.
- LiteBoat : Constructeur basé en Isère, proposant des modèles modernes de voile-avirons.
Documents Essentiels pour l'Immatriculation
Pour immatriculer un voile-aviron, plusieurs documents sont indispensables :
- Une déclaration écrite ou UE de conformité (DEC) : Ce document, rédigé en français, est l’engagement officiel du fabricant sur la conformité du bateau à la législation applicable.
- Un manuel du propriétaire : Rédigé en français, ce manuel doit être dans la langue du pays où le bateau est proposé à la vente.
- La plaque du constructeur : Fixée à demeure sur le bateau, cette plaque fournit des informations essentielles sur le fabricant et le modèle.
- Le numéro d’identification du navire (WIN) : Ce numéro unique, composé de 14 caractères, est apposé de façon permanente sur la coque du navire.
Catégories de Conception des Navires Marqués "CE"
Les navires marqués « CE » sont classés en quatre catégories de conception, définissant leurs aptitudes à affronter des conditions de mer spécifiques en termes de vitesse du vent et de hauteur de vague. La division 245 définit les exigences techniques et de construction des navires non soumis au marquage CE.
Influence du Plan de Voilure et des Caractéristiques de la Coque
Selon son plan de voilure et les caractéristiques de sa coque, un bateau réagit différemment à la poussée du vent. Quelques notions et calculs simples permettent d’avoir un aperçu des influences respectives de tous ces éléments.
Maîtrise de la Poussée Vélique
Pour les bateaux à moteur ou mus à l’aviron, la propulsion est maîtrisée à volonté. Les voiliers utilisent, pour leur part, la force du vent, mais cette dernière les fait également gîter, et parfois chavirer. Il convient donc de gérer au mieux ces effets. Si la force du vent n’est pas maîtrisable, on peut néanmoins régler les voiles pour contrôler la « poussée vélique ». Ainsi, si l’on réduit la surface, on diminue d’autant la poussée. Celle-ci est également proportionnelle à la vitesse du vent. Attention toutefois : si la vitesse du vent double, la poussée devient quatre fois plus forte. Il ne faudrait donc plus porter qu’un quart de la voilure initiale si l’on veut que la poussée reste identique, sauf si l’on accepte de gîter davantage pour gagner en vitesse.
Voiles Quadrangulaires vs. Voiles Bermudiennes
Les voiles quadrangulaires conviennent bien à des bateaux que l’on ne veut pas trop faire gîter. Leur centre de voilure est situé plus bas que celui des voiles bermudiennes.
Stabilité et Capacité à Porter la Toile
Les formes de carène et le déplacement définissent en grande partie la stabilité et donc la capacité à porter la toile. Une coque large avec une carène plate et peu de creux peut porter sa voilure en gîtant peu, grâce à une forte stabilité initiale qui augmente dans les angles de gîte modérés. Cela peut dispenser du recours à un lest ou en minimiser l’importance, à condition que ce type de bateau - un dériveur ou un day-boat léger par exemple - soit destiné à naviguer par beau temps sur des plans d’eau abrités, avec parfois l’équipage au rappel. Car on sait aussi que son comportement peut vite changer dans une survente et que sa stabilité de formes décroît brutalement aux angles de gîte plus importants, au point parfois de se solder par un chavirage. Mais rien n’empêche de lester une carène large, qui va, dans ce cas, bénéficier aussi d’une stabilité de poids.
Une carène étroite, de section ronde ou en V, avec un creux profond, a une faible stabilité de formes. S’il s’agit d’un bateau d’aviron, l’équilibre sera maintenu par le centrage de l’équipage. S’il s’agit d’un voilier, il sera obligatoirement lesté pour augmenter sa stabilité de poids. Ce type de carène est bien adapté à une navigation au large par vents puissants et mer formée, dans laquelle elle passe avec aisance. Ce fut d’ailleurs longtemps l’archétype du petit mais valeureux yacht de croisière.
Surface de Voilure Nécessaire
La voilure doit avoir une puissance suffisante pour « tirer » le bateau en charge. Une formule permet d’en juger : la racine cubique du déplacement en charge (en m3) multipliée par un certain coefficient, inférieur à 4 pour un bateau que l’on souhaite voilé modérément, entre 4 et 5 pour un bateau normalement toilé, et supérieur à 5 pour un bateau fortement voilé. Le résultat obtenu est ensuite élevé au carré pour obtenir la surface de voilure. Précisons que cette formule, rapide et pratique, n’a qu’une valeur indicative, de même que les tableaux auxquels on peut se référer pour estimer une surface de toile (graphique de droite, ci-dessous).
Comparaison de la Surface de Voilure à la Surface Mouillée de la Carène
Un second calcul permet de vérifier le bien-fondé de nos estimations. Il s’agit cette fois de comparer la surface de voilure à la surface mouillée de la carène (CM 245). La formule est des plus simples. On divise la surface de voilure (en m2) par la surface mouillée (en m2). Un résultat inférieur à 2 est la marque d’un bateau très peu voilé au regard du frein que constitue le frottement de l’eau sur la surface de carène. Entre 2 et 2,2, la voilure reste modeste. De 2,2 à 2,5, le rapport est satisfaisant. Supérieur à 2,5, le bateau est largement voilé.
Plan de Voilure et Contrôle de la Gîte
Un plan de voilure fin, c’est-à-dire en hauteur et étroit, permet le meilleur contrôle de la forme d’une voile pour une grande efficacité au près. C’est la définition du sloup ou du cotre bermudien. Ce type de gréement a sa place sur les petits yachts classiques de belle plaisance, croiseurs ou day-boat, surtout s’ils portent un foc 7/8 et un guignol. Question de style. Mais la médaille a son revers : un plan de voilure en hauteur élève, en effet, le centre de voilure et de poussée, augmentant la gîte, qui diminue la surface offerte au vent et rend la navigation moins confortable. La longueur du mât est, d’autre part, importante, ce qui entre aussi en ligne de compte lorsqu’il faut transporter son bateau ou le mâter.
Les voiles quadrangulaires - au tiers, à livarde, à corne, et houari - ont une géométrie qui place le centre de voilure plus bas qu’une voile bermudienne, donnant un « moment inclinant » plus faible. C’est une caractéristique précieuse pour les embarcations que l’on souhaite faire gîter le moins possible : les bateaux d’aviron légers, non lestés et étroits ; les voiliers larges, légers et de faible profondeur qui marchent mieux « à plat » ; les bateaux de promenade qui privilégient tranquillité et confort. Ce que ces voiles traditionnelles perdent au plus près du vent, elles le regagnent en puissance aux allures plus arrivées. La balance s’équilibre donc.
Division de la Voilure
Une voilure divisée avec un étalement longitudinal des voiles contribue à abaisser le centre de voilure, diminue la gîte, éloigne l’instant où la réduction devient nécessaire et facilite la réduction de toile, qui peut se faire en amenant une ou plusieurs voiles, tout en conservant l’équilibre à la barre. Le gréement à deux mâts n’est pas réservé aux grands voiliers. Parfaitement opportun sur un canoë, une plate, un day-boat, un canot à misaine et tapecul, une chaloupe ou un petit croiseur gréé en yawl, il est, de plus, très esthétique.