L'appel du grand large et la satisfaction de naviguer sur une embarcation façonnée de ses propres mains sont des motivations profondes pour de nombreux passionnés. Construire un kayak de mer en bois est une aventure qui allie l'ingéniosité technique à la patience, aboutissant à une embarcation unique et esthétiquement remarquable. Que ce soit par l'élégance du strip planking ou la robustesse du cousu-collé, la démarche de construction amateur offre une immersion fascinante dans l'art de la menuiserie marine, permettant de créer un kayak parfaitement adapté à ses envies et à son style de navigation. L'esthétique de ces bateaux, souvent mise en valeur par la beauté naturelle du bois, finit par séduire bon nombre de ceux qui, comme mon frère Jean-Baptiste pratiquant le kayak de mer dans le Golfe du Morbihan, découvrent les possibilités offertes par la construction amateur en bois.
I. Le Choix du Plan et des Critères de Conception
L'étape fondamentale de tout projet de construction de kayak de mer est la sélection rigoureuse du plan, qui déterminera les caractéristiques de l'embarcation finale. Le marché regorge de ressources, allant des plans gratuits aux créations d'architectes navals renommés, chacun offrant des avantages spécifiques. Des sites comme www.cnckayaks.com proposent des plans gratuits, à l'instar du modèle Vember, qui se distingue par sa forme et sa conception en petites lattes, idéale pour le strip planking. D'autres optent pour des plans plus élaborés, comme ceux de Bear Mountain, à l'image du modèle Resolut, dont le seul critère de choix peut être la stabilité. Les plans des architectes, à l'instar de ceux de Guillemot Kayak, sont également très prisés. Un constructeur a ainsi témoigné avoir construit un Guillemot L de 5,5 m de long, puis un deuxième dont le pont a été surbaissé pour réduire la prise au vent, le trouvant parfait pour son grand gabarit et ses 90 kg. Pour une stature moins encombrante, un kayak de 4,80 m pourrait être plus confortable.
Les critères de choix pour un kayak sont multiples et doivent être mûrement réfléchis. La stabilité est souvent une préoccupation majeure, assurant une belle sensation de sécurité à bord. La longueur est également déterminante, certains préférant des modèles ne dépassant pas quatre mètres pour une maniabilité accrue. Le poids est un facteur crucial pour le transport et la mise à l'eau ; il est souligné que pour atteindre un poids d'environ 20 kg, il faut tout mesurer, y compris la densité du bois qui peut varier du simple au double. L'autonomie pour un week-end de deux nuits est un autre critère pour les randonneurs, de même qu'une étrave polyvalente, adaptée à la rivière comme à la mer. La largeur du kayak, comme celle du Guillemot, caractérisée par une largeur suffisante pour une bonne stabilité sans être trop lourd à traîner, contribue également à sa maniabilité. Le Guillemot, par exemple, est réputé pour sa grande maniabilité et n'a pas besoin de gouvernail. Une dérive centrale pourrait être utile par vent latéral, mais le surpoids et la complication de fabrication ne se justifient pas toujours pour l'utilisation d'un amateur occasionnel.
Les plans sont généralement composés de dessins précis : pour le Resolut, on trouve le dessin de la moitié de chacun des 15 couples à l'échelle 1, un plan d'ensemble réduit, une forme d'hiloire et des ouvertures de coque. Ces plans sont souvent accompagnés d'un livret très complet, qui peut laisser peu de place à la fantaisie. Cependant, grâce aux nombreux sites disponibles en ligne, on remarque vite qu'il existe beaucoup de variantes et que l'on peut laisser libre cours à son imagination. Les plans de chez Guillemot Kayak sont livrés en grandeur 1, chaque couple de mannequin individuel, ce qui représente un gain de temps formidable. Pour les constructeurs soucieux de personnalisation, faire appel à un jeune architecte naval, comme Pierre, qui a plein de bonnes idées, peut permettre d'obtenir un plan sur mesure, tel que le kayak LEO, un modèle polyvalent de 4 m de long par 65 cm de largeur, avec un cockpit de grande taille et une très bonne stabilité. Une démarche collaborative peut même mener à la réalisation d'une petite série de kayaks, permettant de réduire les coûts d'achat. Pour une pagayeuse légère, reprendre les longueurs, largeurs et hauteur d'un Chesapeake 16LT (longueur 474cm, largeur 58cm, poids 20kg) serait une bonne option.
II. Les Méthodes de Construction : Strip Planking et Cousu-Collé
Deux méthodes principales se distinguent dans la construction amateur de kayaks de mer en bois : le strip planking, apprécié pour son esthétique et sa tradition, et le cousu-collé, reconnu pour sa rapidité et son efficacité. Chacune présente des spécificités techniques et des avantages distincts, influençant le choix du constructeur selon ses préférences et ses compétences.
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A. Le Strip Planking (Petites lattes) : Tradition et Esthétique
La méthode du strip planking, ou construction en petites lattes, est une technique ancienne qui a su évoluer avec l'introduction des matériaux modernes. Elle consiste à assembler de fines lattes de bois sur un mannequin, ou gabarit, pour former la coque du bateau. Cette méthode ne fait pas peur à ceux qui ont déjà réalisé des maquettes de voiliers ou des demi-coques en petites lattes sur couples, car c'est une véritable école de patience et de précision.
Les avantages de cette méthode sont multiples. D'abord, l'esthétique est un point fort indéniable, le bois offrant un rendu visuel chaleureux et unique. Ensuite, elle permet de construire des embarcations légères et résistantes, avec un entretien réduit une fois la coque stratifiée. Sa mise en œuvre est relativement simple pour des petites embarcations, d'autant plus que la technique est simplifiée par l'utilisation de lattes dont les champs les plus fins sont fraisés en forme concave et convexe (bouvetées) afin de venir s’emboîter facilement et garantir un joint parfait. Historiquement, le canoë construit dès la fin du XIXe siècle en lattes à mi-bois en est l'ancêtre. Les avancées sur les colles avant et après le siècle dernier ont permis la construction à petites lattes jointives, alors appelée "bordé Norvégien", utilisant des lattes à la section proche du carré, bouvetées ou non, collées entre elles et clouées sur chant. Les coques étaient construites sur moule, avec des membrures ployées espacées ajoutées par la suite.
Le processus débute souvent par le montage du mannequin sur une poutre rectiligne de sapin placée sur des tréteaux. Les gabarits sont ensuite fixés dans des encoches réalisées sur la poutre tous les 30 cm, de la proue à la poupe. Le fraisage des champs des lattes en formes concave et convexe est une étape cruciale pour un assemblage parfait. Des lattes en red cedar de 6 mm d’épaisseur par 20 mm de large, avec un bouvetage demi-rond réalisé à la défonceuse de table, sont couramment utilisées. La pose des premières lattes du bordé est délicate ; elles sont souvent collées avec une colle polyuréthane mono composant PU 100. Deux lattes de pin peuvent former la quille et matérialiser le centre du bateau, la partie sous la flottaison étant réalisée en pin. La ligne de flottaison peut être matérialisée par une latte de 9x9mm de pin et une latte de red cedar très foncée posée sur la tranche puis rabotée. Le bouvetage des lattes n'est pas toujours parfait et la colle PU a tendance à produire de la mousse dès qu'un espace libre se présente. Si cette mousse offre peu de résistance au papier de verre, elle n'est pas toujours accessible, nécessitant un retrait minutieux avant la stratification. Pour la proue, des lattes de pins de 5 mm peuvent être ployées à sec et collées à la colle polyuréthane (PU). Le rayon de la poupe, en revanche, ne permet pas toujours de se passer d'étuve. En l'absence de celle-ci, il est possible de pratiquer par collage d'éléments plats selon un plan vertical. Une fois les lattes mises en place, avant de stratifier, il est essentiel de retirer toute la mousse provenant de la colle PU logée entre les lattes. Les fissures ainsi découvertes sont colmatées avec un mélange d'époxy et de poussière récoltée au cours du ponçage. Les lattes de red cedar peuvent également être utilisées pour créer des motifs décoratifs sur le pont, reprenant des formes spécifiques.
B. Le Cousu-Collé (CP) : Rapidité et Efficacité
Le cousu-collé, ou stitch and glue, est une méthode de construction plus contemporaine, qui s'appuie sur l'assemblage de panneaux de contreplaqué marine. Cette technique est réputée pour sa rapidité de mise en œuvre et sa relative simplicité, la rendant accessible même aux constructeurs moins expérimentés.
Les plans de kayaks en CP sont infiniment plus rapides à construire et tout aussi solides que ceux en strip planking. Certes, ce sont des coques à bouchains, mais bien souvent, l'esthétique du bouchain ne se voit que lorsque le kayak est sur le toit. La construction en cousu-collé demande moins de temps et moins de matériel. Le budget des fournitures peut être équivalent à celui du strip planking, bien que le contreplaqué marine en 3 ou 6 mm soit un matériau coûteux. Les kayaks réalisés avec cette méthode peuvent être très performants, à condition de construire léger, avec une coque en 6 mm, un pont en 3 mm et des cloisons en 3 mm. Le montage en cousu-collé des panneaux de contreplaqué sur les conformateurs est une étape initiale, suivie des congés en résine. Les inserts pour les poignées et le filet sont mis en place, et une fois les congés terminés, les inserts sont positionnés avant l'opération délicate de pose du tissu de verre. Avant que la résine ne soit totalement prise, il faut procéder à la découpe du tissu. Avant la fermeture des deux parties, il est essentiel de penser aux détails, tels que les renforts de cales-pieds. Le même principe de congés et de tissu est appliqué pour ces renforts.
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III. Le Choix des Matériaux : Bois, Colles et Stratification
La réussite d'un kayak de mer en bois repose autant sur la qualité du travail artisanal que sur la sélection judicieuse des matériaux. Bois, colles, résines et tissus de stratification doivent être choisis avec soin pour garantir la solidité, la durabilité et l'esthétique de l'embarcation.
A. Les Essences de Bois pour la Coque et le Pont
Le bois est l'âme du kayak, et son choix est primordial. Le pin Douglas est un matériau fréquemment utilisé en France, et il est possible d'en trouver chez des grandes enseignes de bricolage. Le pin utilisé pour les lattes peut être de très bonne qualité, avec une structure très homogène et aucun nœud, comme celui acheté chez des fournisseurs spécialisés. Le Red Cedar est également très prisé pour sa légèreté et sa couleur. Des lattes en Red Cedar de 6 mm d’épaisseur par 20 mm de large sont courantes, souvent avec un bouvetage demi-rond. Pour des bois décoratifs, comme l'érable sycomore, certains préfèrent utiliser les cernes à plat dans le sens de la largeur, ce qui confère au bois un aspect moiré très beau, même si cela engendre un tiers de déchets. Heureusement, il suffit de quelques lattes sur le pont pour créer un effet décoratif saisissant.
La densité du bois est un facteur crucial, car elle peut varier du simple au double, influençant directement le poids final du kayak. Si l'on opte pour l'encapsulage, on peut mettre presque n'importe quel bois à l'intérieur. L'orientation du grain du bois est également une considération technique importante. Il est suggéré qu'il faut éviter que les lattes se fendent dans le sens de l'épaisseur lorsque le sandwich travaille. Il y a un risque de fente lors du sciage et une influence sur la facilité de grattage ou de rabotage. Surtout, le risque de surcreusement des zones de bois tendre lors du ponçage avec un papier un peu fatigué doit être pris en compte. Visiblement, même si le grain est un tout petit peu de traviole, cela ne pose pas de problème majeur.
Les livets, qui servent de supports, sont généralement réalisés en pin de 20x20 mm, reliés par scarf. Il serait plus judicieux de les réaliser en lamellé-collé avec des lattes de 20x10 mm pour une meilleure résistance. Pour le ponçage, une râpe Shinto peut être un outil très utile, il est conseillé d'en commander une en même temps que les autres fournitures.
B. Colles, Résines et Adhésifs
La sélection des colles et résines est aussi critique que celle du bois, car elles assurent la cohésion et l'étanchéité de l'ensemble. La colle polyuréthane mono-composant (PU 100) est souvent utilisée pour coller les lattes du bordé, parfois en cartouches, utilisables même par temps froid, jusqu'à 5 degrés, et dont la durabilité a été prouvée sur dix ans. Certains constructeurs utilisent des colles "extérieur" blanches, d'origine britannique, probablement vinyliques, même si leur spécificité pour le nautisme n'est pas toujours claire sur la notice.
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La résine époxy bi-composant est un élément central de la stratification. Des marques comme Resoltech proposent des produits performants. Avec un conditionnement donné, il est possible de réaliser deux kayaks avec quatre ou cinq couches par kayak. Cette résine résiste bien aux coquilles d'huîtres, et les rayures sont généralement très superficielles. Il est conseillé de doser finement l'époxy au gramme près, et des seringues de 60 ml, super-pratiques, se trouvent facilement en pharmacie. Les fissures découvertes après le retrait de la mousse PU sont colmatées avec un mélange d'époxy et de poussière récoltée lors du ponçage. Pour fixer les cales-pieds, des écrous en inox sont collés au mastic époxy dans les supports. Le hêtre, n'étant pas le meilleur bois pour les applications marines, est copieusement imprégné d'époxy pour le protéger. Des articles récents ont signalé la sortie de nouvelles époxy non toxiques, résistantes aux UV, ce qui représente une avancée intéressante pour les constructeurs.
C. Tissus de Stratification et Finitions
La stratification, réalisée avec du tissu de verre, confère au kayak sa résistance structurelle et son étanchéité. Un tissu de verre de 160g/m2 est couramment employé, mais pour privilégier la légèreté, un tissu sergé de 170 ou 140 g/m2 est suffisant. La stratification peut être réalisée à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la coque et du pont. La question se pose parfois de savoir s'il faut coller le pont à la coque avant ou après la pose de la fibre de verre.
En ce qui concerne la finition, il est unanimement déconseillé de peindre un kayak en bois, car cela masquerait toute la beauté du bois et des lattes. Une finition directe sur le bois est souvent préférée. Après la stratification, on peut lustrer l'ensemble à la peau de mouton. Une couche de vernis 2 composants est appliquée pour la protection. Pour l'entretien, un simple rinçage avant rangement, un stockage à l'abri des UV, et des retouches au vernis monocomposant sur les rayures éventuelles suffisent. Cependant, certains modèles peuvent utiliser une peinture bi-composant. Avant le ponçage final, il est astucieux de gribouiller toute la surface au marqueur noir pour s'assurer d'une uniformité parfaite lors du ponçage. Le vernissage du kayak doit idéalement se faire dans un hangar protégé des poussières et des intempéries.
IV. Le Processus de Construction : Étapes Clés et Astuces d'Atelier
La construction d'un kayak de mer est un cheminement méthodique, jalonné d'étapes précises où la patience et l'ingéniosité sont de mise. De la préparation initiale à l'aménagement des détails, chaque phase contribue à la naissance de l'embarcation finale.
A. Préparation du Mannequin et des Gabarits
La première étape concrète consiste à préparer le mannequin, qui servira de moule pour la coque. Le montage s'effectue sur une poutre rectiligne de sapin, solidement placée sur des tréteaux. Les gabarits, représentant les sections transversales du kayak, sont insérés dans des encoches réalisées sur cette poutre tous les 30 cm, puis fixés. Ces gabarits peuvent être fournis avec les plans ou réalisés par le constructeur. Il est courant de décalquer chacun des couples sur du papier blanc 300g, puis de les coller sur des planches de MDF à l'aide de colle blanche à bois diluée avec de l'eau. Une fois les gabarits en place, le fraisage des champs des lattes en formes concave et convexe est effectué. Par précaution, il est souvent recommandé d'appliquer une couche d'imprégnation sur le bois.
B. Assemblage de la Coque et du Pont
L'assemblage de la coque débute par la pose des premières lattes du bordé, collées avec une colle polyuréthane mono composant PU 100. Deux lattes de pin peuvent former la quille et matérialiser le centre du bateau, la partie sous la flottaison étant également faite en pin. La ligne de flottaison est matérialisée par une latte de 9x9mm de pin et une latte de red cedar très foncée posée sur la tranche, puis rabotée. La proue est réalisée en lattes de pins de 5mm ployées à sec et collées à la PU. Le rayon de la poupe peut nécessiter l'utilisation d'une étuve, mais en son absence, le collage d'éléments plats selon un plan vertical est une alternative. Les livets, souvent en pin de 20x20mm et reliés par scarf, sont vissés sur les couples ; il aurait été plus judicieux de les réaliser en lamellé-collé avec des lattes de 20x10mm.
Avant de stratifier, il est crucial de retirer toute la mousse provenant de la colle PU logée entre les lattes. Les fissures ainsi découvertes sont colmatées avec un mélange d'époxy et de poussière récoltée lors du ponçage. La stratification peut alors commencer avec du tissu de verre. Une latte faisant office de règle souple est agrafée sur le pont pour déterminer une séparation esthétique. Une scie japonaise permet de faire la découpe, et les chants de la forme obtenue sont poncés pour recevoir les lattes de décoration. Les lattes de red cedar reprennent la forme de flamme précédemment découpée jusqu’au livet. Le surplus sera découpé et poncé. Les stratifications intérieures de la coque et du pont peuvent être réalisées. Les jointures des panneaux sont faites en contreplaqué de peuplier stratifié. La jonction définitive de la coque et du pont est un moment très attendu. Le plan initial peut prévoir de visser le pont et de cacher les vis par un liston tout autour de la coque. Après séchage, le livet est arrondi et le collage renforcé par des bandes de fibre de verre.
C. Aménagements Intérieurs et Accastillage
Une fois la structure principale du kayak achevée, l'attention se porte sur les aménagements intérieurs et l'accastillage, essentiels pour le confort, la sécurité et la fonctionnalité de l'embarcation. Les cales-pieds réglables sont très pratiques et s'adaptent au type de chaussures. Pour les fixer, des supports en hêtre (à défaut de chêne) sont réalisés, avec une rainure reprenant leur dimension. Dans ces blocs, un écrou inox collé au mastic époxy permet d’y fixer le rail des cales-pieds. Le hêtre n'étant pas le meilleur bois pour les applications marines, il est copieusement imprégné d'époxy. Le siège est confectionné à partir d'un bloc de mousse poncé en forme et maintenu par des bandes de velcro. Des dispositifs pour caller les genoux ne sont pas toujours installés.
Les inserts pour les poignées et le filet sont mis en place. Avant la fermeture des deux parties, il faut penser aux détails, notamment les renforts de cales-pieds. Les parties visibles en noir sont des cloisons de mousse à cellules fermées, qui séparent le kayak en trois parties : coffre avant, cockpit, et coffre arrière. Elles assurent également une flottabilité de sécurité. L'étanchéité des coffres peut être assurée par des sandows à l'intérieur, maintenant les panneaux fermés. Des crochets peuvent être fabriqués avec des chutes de contreplaqué marine. Un petit ponté métallique est collé à la résine. Une bande de Kevlar est collée sur les deux étraves pour protéger des arrivées sur les cailloux. Une ligne de vie sur toute la longueur est obligatoire, accompagnée d'un filet élastique à l'avant.
D. Finitions et Détails Esthétiques
Les étapes finales sont dédiées aux finitions et aux détails esthétiques qui révèlent la beauté du travail accompli. Le ponçage est une phase cruciale. Un petit coup de râpe peut être nécessaire, puis un ponçage minutieux. Avant le ponçage final, il est suggéré de gribouiller au marqueur noir toute la surface, ce qui aide à uniformiser le ponçage en s'assurant que toutes les marques disparaissent. Enfin, vient l'étape de l'application du vernis. Il est impératif de vernir le kayak dans un hangar où l'environnement est maîtrisé, loin des poussières et des contaminants potentiels tels que caravanes, tracteurs, souris ou oiseaux.
V. Aspects Pratiques et Réglementaires
Au-delà de la construction pure, la possession et l'utilisation d'un kayak de mer artisanal impliquent des considérations pratiques et le respect de certaines réglementations.
A. Le Coût d'une Construction Amateur
Construire son propre kayak peut être perçu comme une solution économique, mais le budget réel dépend de nombreux facteurs. Pour les achats initiaux, un constructeur a mentionné un coût de 55 € pour le châssis et le plan de travail, 45 € pour le pin Douglas et 16 € pour la colle, indiquant que ce n'est pas encore la ruine. Le coût des fournitures pour un kayak en cousu-collé est souvent équivalent à celui d'un strip planking, bien que le contreplaqué marine en 3 ou 6 mm soit un matériau coûteux. Réaliser une petite série de kayaks peut permettre de diminuer les coûts des achats.
B. La Sécurité et l'Utilisation du Kayak
La sécurité en mer est primordiale. Il est fortement conseillé au futur constructeur de kayak de s'initier à ce sport dans une école de kayak de mer. Cela permet non seulement d'essayer différents kayaks en plastique pour comparer leur confort, mais surtout d'apprendre les règles de sécurité essentielles pour s'aventurer en mer en toute confiance. La stabilité est une caractéristique clé pour un kayak de mer, assurant une belle sensation de sécurité à bord. La maniabilité est également importante, un kayak comme le Guillemot étant caractérisé par sa capacité à ne pas nécessiter de gouvernail.
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