Plage du Métro: Une Histoire de Surf, de Colonies de Vacances et d'Évolution Littorale à Tarnos

Longtemps crainte et réservée surtout aux pêcheurs, la mer est aujourd’hui domptée par les surfeurs. En Bretagne, cette activité était encore confidentielle au moment où Daniel Tirilly a ouvert, avec Ronan Chatain, sa première école de surf à la pointe de la Torche en 1994. Si la Fédération Française dénombre aujourd’hui quelque 1 600 licenciés à l’échelle régionale, on estime à 80 000 le nombre de pratiquants en Bretagne.

La plage du Métro à Tarnos, dans les Landes, offre une histoire riche et complexe. Son nom insolite, son passé industriel, et son évolution en font un lieu unique sur la côte aquitaine. Bien que cette plage soit en cours de développement thématique, cet article vise à explorer son histoire, son lien avec le surf, et les particularités qui la distinguent des autres plages de la région.

L'histoire surprenante derrière le nom "Plage du Métro"

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le nom "Plage du Métro" n'a aucun lien avec une voie ferrée ou un quelconque transport en commun. Pour comprendre cette appellation, il faut remonter à l'époque du Front populaire. En 1936, le syndicat CGT de la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens), alors appelé "Métropolitain", acquiert une vaste bâtisse aux volets rouges à proximité de la plage.

Cette bâtisse servait de colonie de vacances pour les enfants des agents du Métropolitain parisien pendant l'été, et de sanatorium pendant l'hiver. Les habitants locaux ont rapidement pris l'habitude de l'appeler "le Métro". Bien que la plage n'ait été officiellement nommée "Plage du Métro" qu'en 1977, le nom est resté, témoignant de l'impact de cette colonie de vacances sur l'histoire locale. Les colonies de la RATP cesseront en 1995 mais la plage du Métro a, elle, gardé son appellation.

L'évolution de Tarnos: D'un passé industriel à une station balnéaire

La ville de Tarnos, souvent décrite comme une "cité ouvrière très verte", a connu une transformation significative au fil des décennies. Autrefois marquée par un passé industriel florissant avec les Forges de l'Adour, elle a dû se réinventer suite à la fermeture de ces usines dans les années 1980. Jean-André Maye, figure des Forges de l'Adour, du syndicat CGT et du Parti communiste, a joué un rôle clé dans la lutte pour la reprise en main du littoral par la commune.

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Avant la construction de la digue nord en 1966, les Tarnosiens se baignaient principalement dans l'Adour, à la Madrague. Après la construction de la digue, une zone située entre les deux digues, appelée "la piscine", est devenue un lieu d'apprentissage de la natation pour plusieurs générations. Cependant, ce spot a été fermé à la baignade en 1999 en raison de problèmes de qualité de l'eau.

Le surf à Tarnos: Un secret bien gardé

Tarnos est devenue une destination de choix pour les amateurs de glisse. Avec ses vagues régulières et puissantes, Tarnos est devenue une destination de choix pour les amateurs de glisse. Mathieu Sagarzazu, moniteur à l’école de surf locale Surfescapade, explique que « Nos spots offrent des conditions idéales pour l’apprentissage du surf, tout en satisfaisant les pratiquants plus aguerris ». L’école propose des cours et stages adaptés à tous les niveaux, dès 10 ans.

Contrairement à d’autres stations balnéaires, Tarnos a su préserver son environnement naturel. La forêt de pins maritimes s’étend jusqu’aux dunes, offrant un écrin de verdure rafraîchissant en été. « C’est ce qui fait le charme de Tarnos : on passe directement de la plage à la forêt », souligne Marie Etcheverry, guide nature.

La pratique du surf se démocratise en Bretagne. Didier Tirilly a ouvert l’une des toutes premières écoles de surf en Bretagne. Il a créé l’une des premières écoles de surf dans la région, l’esb La Torche. Il fait partie des premières générations à avoir arpenté les spots bretons. Chloé Richard : Vous avez plusieurs casquettes dans le surf : vous êtes le co-créateur de l’esb à La Torche, du Pôle Espoir qui forme les futurs champions.

Selon la Ligue régionale de surf, le surf compterait quelque 80 000 pratiquants. Une estimation obtenue par la Fédération française de ce sport de glisse “en s’appuyant notamment sur la fréquentation des plages et des écoles”, fait savoir Christine Hentic, directrice administrative et financière à la Ligue de Bretagne de surf.

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Les défis environnementaux et les aménagements

L’aménagement du Métro suit son cours, mais lentement. Dans les années 80, Tarnos figure parmi les cinq « fenêtres sur l’Atlantique » du plan plages élaboré par le Conseil général, la Région et l’État. À l’époque, la commune ne disposait que d'une simple caravane pour le poste de secours qu'il fallait amener et ramener tous les ans. Le site est prisé par les gens du voyage qui s'y installent l'été venu.

La commune se heurte au classement du site en zone d'équilibre naturel. Dès 1975, le plan d'occupation des sols prévoyait là des équipements de loisirs, mais la municipalité était toujours en lutte avec l'administration centrale. Afin d'accueillir un minimum l'estivant, la mairie décide l'aménagement de la place du Métro, regroupant l'Office de tourisme, des sanitaires et un snack.

Le passé militaire et industriel

Si Tarnos est aujourd’hui une station balnéaire paisible, son passé industriel et militaire a laissé des traces visibles. Le long de la plage de la Digue, on peut encore apercevoir d’imposants blockhaus datant de la Seconde Guerre mondiale. En longeant la plage, on tombe sur des blockhaus abandonnés, vestiges du Mur de l’Atlantique. Mais c’est à partir de 1942 qu’Hitler ordonne la fortification du littoral atlantique pour se prémunir d’éventuels assauts alliés.

Plus surprenant, Tarnos abrite les vestiges d’une ancienne usine sidérurgique. Les hauts-fourneaux des Forges de l’Adour ont fonctionné de 1881 à 1965, faisant de la commune l’un des principaux centres industriels du Sud-Ouest. « C’est un pan méconnu de l’histoire locale que nous cherchons à valoriser », explique Jean Petrissans, passionné d’histoire industrielle.

Activités et commodités à Tarnos

Au-delà du farniente sur la plage, Tarnos propose de nombreuses activités pour petits et grands. Les amateurs de sensations fortes pourront s’initier au kitesurf ou au paddle géant. Les plus jeunes apprécieront les cours de natation et les jeux aquatiques proposés par les maîtres-nageurs. Les sportifs profiteront des nombreuses pistes cyclables qui sillonnent la forêt de pins. On peut facilement rejoindre Bayonne ou Capbreton à vélo, c’est très agréable.

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Malgré sa taille modeste, Tarnos dispose d’une offre d’hébergement variée. Les campings sont nombreux et bien équipés, comme le camping municipal 3 étoiles de la Plage qui propose des emplacements à deux pas de l’océan. Pour un séjour plus confortable, l’hôtel La Plage offre des chambres modernes avec vue sur mer. Les locations saisonnières se sont également multipliées ces dernières années.

Gastronomie locale: Un avant-goût de la culture basque

La cuisine locale fait la part belle aux produits de la mer, avec en vedette le fameux axoa de veau, spécialité basque à base de veau haché et de piments doux. Côté douceurs, ne manquez pas de goûter aux tourons, ces nougats basques aux amandes et au miel.

Le surf et l'écologie: Vers une pratique plus durable

Si ce sport nature s’avère peu écolo avec ses équipements dépendants de la pétrochimie, à Tréméoc (29), Gaël Le Thellec propose des planches de surf en bois de paulownia. L’atelier de fabrication Gawood, lancé en 2016, fabrique des planches de surf en bois qui se veut le plus respectueux possible de l’environnement. Une solution face aux équipements dépendants de la pétrochimie.

Alors que la pratique du surf explose en Bretagne, entraînant avec elle la multiplication d’écoles de surf, de pratiquants libres ou encore de magasins spécialisés, Gaël Le Thellec, 36 ans, cheveux bruns bouclés et tongs aux pieds, fait partie de ces quelques entrepreneurs du surf qui tentent, du mieux qu’ils le peuvent, de verdir la pratique. Dans l’industrie de ce sport dit “nature”, à peu près tout l’équipement est issu de la pétrochimie : les combinaisons sont faites en néoprène, les planches en mousse ou résine polyuréthane et la wax - une cire à étaler sur la planche pour ne pas glisser - est majoritairement faite à base de paraffine.

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