Plus de quarante-cinq ans après avoir été lauréate d’un concours d'une ambition rare et construite à plus de 180 exemplaires un peu partout en France, la piscine Tournesol est une particularité architecturale singulière. Elle renvoie directement à l’âge d’or de la préfabrication industrielle et à l'esthétique audacieuse du plastique aux couleurs pop des années 1970. Icône de son temps, cette structure hémisphérique, souvent perçue comme une soucoupe volante posée en pleine ville, a marqué l'imaginaire collectif et l'enfance de nombreuses générations de Français. Aujourd’hui, pour de bonnes comme pour de mauvaises raisons, la tendance générale est au démontage, et les Tournesols, jadis symboles de modernité et d'accessibilité, disparaissent peu à peu, englouties par l'oubli et le délabrement. Cependant, certaines d'entre elles continuent de défier le temps, offrant aux amateurs d'exploration urbaine et aux curieux des spectacles à la fois envoûtants et mélancoliques, des vestiges d'un passé architectural audacieux.
I. L'Émergence d'une Architecture Iconique : Le Programme "Mille Piscines" et la Genèse des Tournesol
L'histoire des piscines Tournesol prend racine dans un événement qui, à première vue, semble éloigné de l'architecture : un cuisant échec, celui de l’équipe française de natation aux Jeux Olympiques de 1968 à Mexico. La délégation française ne ramenait qu'une seule médaille de bronze, un résultat jugé décevant pour la nation. La République, humiliée sur l’autel de la compétition sportive internationale, aurait pris conscience à cette occasion que la faiblesse des nageurs français n'était pas intrinsèque, mais avant tout due à un manque criant d'infrastructures. Il y avait trop peu de piscines couvertes et chauffées permettant une pratique sérieuse et continue de la natation en toute saison, condition essentielle pour développer des athlètes de haut niveau et, plus largement, pour promouvoir la natation auprès du grand public.
Face à ce constat, l'État français réagit avec une ambition sans précédent en lançant, en 1969, un vaste programme national baptisé "Mille Piscines". L'objectif était clair : doter la France de mille nouveaux équipements nautiques en l'espace de dix ans. Le cahier des charges rédigé pour cet ambitieux concours était particulièrement innovant. Il insistait sur la nécessité de construire un grand nombre d'installations, et surtout, de le faire rapidement. Cette contrainte majeure orientait naturellement les candidats vers des solutions architecturales favorisant la préfabrication des bâtiments à l’échelle industrielle. Les solutions de conception technique proposées devaient être suffisamment standardisées et économiques pour inciter les petites et moyennes villes à s’équiper, sans pour autant devoir se lancer dans de coûteuses études préalables ou des processus de construction complexes. Pour garantir la cohérence et l'efficacité de ce déploiement national, le programme fut entièrement organisé par l'État, qui endossait seul le rôle de maître d'ouvrage, une démarche centralisée rarement égalée.
Au-delà de la préfabrication industrielle, ce qui est particulièrement intéressant à la lecture du cahier des charges résidait dans une obligation architecturale singulière : les candidats devaient concevoir un édifice pouvant s’ouvrir sur l’extérieur par beau temps. Cette brillante idée traduisait un besoin profond de modularité saisonnière, pensée pour proposer des complexes sportifs à la fois dédiés à l'éducation physique, à l'entraînement intensif et aux loisirs balnéaires. Cette exigence de flexibilité a profondément façonné les systèmes constructifs et les propositions volumétriques des projets lauréats du concours. L'impact du programme fut significatif : bien que les mille piscines prévues n’aient de loin pas toutes été construites - les chiffres oscillant plutôt entre 600 et 700 équipements nautiques selon les sources -, il marqua une amélioration notable de l’offre de piscines publiques en France sur une dizaine d’années, entre 1972 et 1982. Le programme fut décliné en deux appels à projets distincts : le premier pour des piscines dites économiques, et le second pour des piscines dites transformables, chacune répondant à des impératifs et des capacités d'ouverture différents.
II. La Conception Récompensée : Le Génie de Bernard Schoeller et l'Origine du Nom "Tournesol"
Parmi les architectes et bureaux d'études qui se lancèrent dans ce défi, Bernard Schoeller se distingua de manière éclatante. Il réalisa l’exploit d’arriver à la première place dans les deux catégories du concours national, avec deux projets de coupoles astucieusement conçues pour pouvoir s’ouvrir partiellement en coulissant sur elles-mêmes. Son approche, à la fois esthétique et fonctionnelle, allait donner naissance à l'un des modèles de piscines les plus reconnaissables et les plus emblématiques de France : la Piscine Tournesol.
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Le projet de Bernard Schoeller, lauréat dans la catégorie "piscine économique", posait déjà tous les principes de base de la future Piscine Tournesol telle que nous la connaissons. Sa proposition se caractérisait par une ouverture par glissement de la coque, une compacité remarquable de l’enveloppe, une structure régulière et une préfabrication avancée des panneaux. Initialement, il est intéressant de noter que la coupole était prévue en acier Corten, un matériau à l'aspect rouillé et durable, doublée d’une isolation thermique et phonique. Cette première esquisse de Schoeller jetait les bases d'un modèle reproductible et efficace, répondant aux exigences d'économie et de rapidité de construction.
L’autre projet de Schoeller, également lauréat dans la catégorie "piscine transformable", reprenait les mêmes principes fondamentaux de conception, mais avec des dimensions et des ouvertures plus généreuses. Cette version plus grande était destinée à abriter deux bassins et un bâtiment annexe pour l’entrée, les vestiaires, et autres locaux techniques. D'un dessin particulièrement élégant, cette déclinaison n’a malheureusement jamais été construite à grande échelle, à l’instar de la quasi-totalité des piscines transformables imaginées dans le cadre du programme. La plus grande coupole, d’un diamètre impressionnant de 50 mètres, était prévue pour s’ouvrir de moitié. Sa particularité résidait dans sa conception héliotrope : chaque quart de la couverture était conçu pour pivoter sur, ou sous, son voisin, permettant ainsi à l’ouverture de suivre la course du soleil au fil de la journée. C’est cette ingénieuse conception, mimant le mouvement de la fleur vers l'astre, qui donnera son nom évocateur à la Piscine Tournesol. La version la plus petite, de 35 mètres de diamètre - celle qui sera massivement construite -, s’ouvrait quant à elle sur un quart seulement. Cette ouverture fixe, judicieusement placée au sud pour maximiser l'ensoleillement, sera portée à un tiers de la structure lors des études techniques préfigurant la fabrication du projet.
La Piscine Tournesol, bien que lauréate et très médiatisée, ne fut pas la seule piscine issue de ce programme à voir le jour. Les cinq meilleurs projets du concours allèrent jusqu’au bout de la phase de conception, débouchant sur la construction d’une série de piscines originales et économiques, portant des noms poétiques et légèrement désuets comme Iris, Plein-Ciel, Plein-Soleil, Caneton et, bien sûr, Tournesol. Au total, quelque 183 piscines identiques (ou presque) furent édifiées en France sur le modèle du prototype de Schoeller, construit en 1972 à Nangis, en Seine-et-Marne. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer étant donné sa renommée, la Tournesol ne fut pas le modèle le plus construit. Le projet Caneton, de conception plus classique et jugé plus économique, et qui était arrivé deuxième au concours, fut davantage déployé sur le territoire, avec 196 constructions recensées. Ces chiffres illustrent la diversité et l'ampleur de la réponse apportée au besoin national d'infrastructures aquatiques.
III. La Piscine Tournesol : Un Objet Industriel Révolutionnaire
La piscine Tournesol se distingue fondamentalement par sa conception en tant qu'"objet industriel". D’un diamètre standard de 35 mètres pour une hauteur contenue de seulement six mètres, l’ensemble de la structure se réduit à une coupole auto-portée, légère et indépendante. Elle est soutenue par une structure d’arcs en acier qui se rejoignent sur une couronne centrale, laquelle fait aussi office de pivot mécanique essentiel à son système d'ouverture. La première de ses grandes qualités réside précisément dans le fait que le projet est davantage un objet singulier et compact qu’un bâtiment traditionnel. Cette approche novatrice lui conférait une adaptabilité et une facilité d'installation remarquables.
Cette conception permettait à la Tournesol d'être montée simplement et rapidement sur n’importe quel terrain plat, pourvu qu'il soit prêt à accueillir la longrine circulaire en béton, sur laquelle reposeraient les 36 arcs métalliques de la structure. Comme l'illustre un témoignage évocateur, "Notre centre nautique, comme la mairie l’appelait pompeusement, était une piscine Tournesol, en forme d’igloo moderne avec des hublots." Cette image d'igloo ou de "soucoupe volante" posée dans le paysage urbain ou rural témoigne de l'audace et de la singularité de son esthétique, qui a tant marqué les esprits.
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Pourtant, au début des années 1970, la faisabilité d'un tel projet aux allures futuristes n'allait pas de soi. Il fallait résoudre des défis techniques majeurs : trouver comment maintenir ce dôme en toute sécurité, comment concevoir une enveloppe pérenne capable de résister aux éléments, et comment faire pivoter les panneaux amovibles de la coupole avec fluidité et fiabilité, le tout en respectant un souci absolu d’économie. Pour relever ces défis, le bureau d’études SERI, une filiale de Renault spécialisée dans l'ingénierie, fut chargé des études techniques du projet de Schoeller. La structure légère en treillis d’acier, que l’on peut nettement observer depuis l’intérieur de la coupole, est l’œuvre de l’ingénieur Thémis Constantinidis, assisté par la société Matra pour le choix et l'intégration des matériaux. Constantinidis est également crédité pour la conception de la clé de voûte centrale, une prouesse technique permettant à la coupole de tenir sans un seul poteau porteur à l'intérieur, tout en offrant la possibilité de s’ouvrir à 120 degrés.
L'industrialisation et la standardisation ne s'arrêtaient pas à la structure. Les revêtements des sols et du bassin, ainsi que l’aménagement intérieur de l’équipement - comprenant le vestibule, les vestiaires, le poste de surveillance, etc. - n’échappaient pas à la rigueur industrielle du projet. Jusqu’en 1977, l’entreprise Durafour, qui remporta le marché, construisit en usine près de 90% des éléments constructifs des 183 piscines Tournesol installées sur le sol français, et potentiellement quelques-unes à l’étranger. Ainsi, sur le papier, elles étaient toutes rigoureusement identiques, assurant une uniformité et une efficacité de construction. Mais dans les faits, chaque piscine Tournesol a fini par acquérir ses petites particularités, selon les besoins spécifiques de la commune d'implantation, les contraintes climatiques locales, la nature du terrain ou même les fantaisies de l’architecte local en charge de l’implantation du projet. Il n'était pas rare de voir des jeux aquatiques ou des bassins extérieurs s’ajouter, quand ce n’étaient pas des bâtiments annexes, plus ou moins bien accolés à la structure circulaire principale, modifiant légèrement l'intention initiale du concept.
IV. Le Déclin Inéluctable : Pourquoi les Tournesol ont-elles fané ?
En 1972, la Piscine Tournesol représentait à la fois une prouesse technique et un aboutissement conceptuel indéniable, salués par l'ensemble de la profession et par les élus locaux. Sa conception novatrice séduisit de nombreux conseils municipaux et syndicats mixtes, entraînant une vague de commandes qui se poursuivit jusqu’en 1982, date de sa dernière implantation officielle à Carros, dans les Alpes-Maritimes. Cependant, dès la fin des années 1970, le nombre de piscines Tournesol construites était bien en deçà des 250 exemplaires initialement prévus par le plan national, un constat partagé par les autres modèles retenus pour constituer le parc de mille piscines souhaité par le ministère. Ce demi-échec - les chiffres se situant entre 600 et 700 piscines construites pour l'ensemble du programme, loin des mille escomptées - est malheureusement symptomatique dans l’histoire de l’architecture industrialisée.
Trop souvent, les concepts, les choix techniques, les assemblages et les cahiers des charges de ce type de projets se déprécient prématurément. Les commanditaires finissent par se tourner vers d’autres solutions, jugées plus contemporaines, plus variées ou mieux adaptées aux évolutions des besoins. La Piscine Tournesol n’a pas échappé à cette "malédiction" du bâtiment industrialisé. Peu évolutive et globalement sous-dimensionnée au regard des attentes grandissantes, elle vit son attrait décroître rapidement après un pic de commandes enregistré en 1975. Cette désaffection fut si prononcée que l’entreprise Durafour, en proie à des difficultés financières, cessa de la fabriquer dès 1977, seulement cinq années après avoir commencé à produire les fameuses tuiles de polyester constituant sa coupole dans son usine. Les matériaux restants furent alors stockés et écoulés au cours des années suivantes, marquant le début de la fin pour la production de ces icônes architecturales.
Vingt-cinq ans plus tard, les petits carreaux de céramique de chacune des piscines Tournesol avaient été usés par des milliers de baigneurs, petits et grands. Vingt-cinq ans, c’est aussi la durée de vie - modeste - initialement prévue par les promoteurs du projet. Dès le début des années 2000, de nombreuses piscines Tournesol commencèrent à fermer leur accès au public. Se posa alors la question cruciale du maintien ou non de ces édifices d’un autre âge. Durant ces années, beaucoup de ces structures avaient vu leurs équipements intérieurs transformés ou remplacés, des travaux d’étanchéité et d’isolation avaient été effectués à plus ou moins grande échelle, et certaines entreprises s’étaient même spécialisées dans les travaux appliqués spécifiquement à la Piscine Tournesol. Mais au début du XXIe siècle, c’est la conservation à moyen terme de ces objets, dont on assumait mal l’esthétique parfois jugée datée, qui fut sérieusement remise en cause.
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Les projets issus du programme "Mille Piscines" avaient été conçus dans un contexte qui privilégiait avant tout la rapidité et l’économie de la construction, souvent au détriment de la durabilité, qui n’était clairement pas l’un des critères prioritaires de l’époque. Le fait que ces projets aient tous eu recours à d’importants procédés de préfabrication, impliquant l'utilisation de matériaux économiques et d’assemblages parfois de qualité médiocre, n’a fait qu’aggraver les affres du temps. La Piscine Tournesol, en particulier, est devenue vétuste et obsolète pour plusieurs raisons directement inhérentes à sa conception. Tout d’abord, les matières plastiques utilisées pour la coupole, emblématiques de son époque, vieillissent prématurément, surtout lorsqu’elles sont en contact constant avec les agressions climatiques (UV, intempéries). Ce processus entraîne une décoloration, un durcissement, une porosité et des fuites, allant jusqu’à présenter, dans les cas les plus extrêmes, des risques d’effondrement partiel.
Ensuite, malgré la présence d’une symbolique couche de mousse dans le complexe de toiture, la Piscine Tournesol s'est avérée être une véritable passoire thermique, alourdissant sensiblement les factures de chauffage du bassin et des locaux. En trente ans, les considérations environnementales et l’augmentation constante du coût de l’énergie ont poussé les administrations locales à se demander s’il était encore bien raisonnable d’exploiter un équipement aussi énergivore et aux normes dépassées. Le chiffre de 120 000 € de coût de fonctionnement annuel était souvent avancé, rendant l'entretien de ces piscines insoutenable pour de nombreuses municipalités. À tout ceci s’ajoutaient encore d’autres désagréments : des risques importants d’inflammabilité de la coque en polyester et un volume sonore intérieur assourdissant, amplifié par la forme hémisphérique et les matériaux durs.
La dernière raison, et non des moindres, qui a précipité la chute inévitable de ces braves Tournesol est imputable aux évolutions sociétales et aux attentes changeantes. En effet, les exigences toujours plus élevées des usagers en matière de confort, de diversité d'activités et de modernité, combinées au regroupement des communes en Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) désormais capables de financer de véritables centres nautiques modernes - avec plusieurs bassins, des spas, des saunas, des toboggans et autres équipements ludiques - ont largement précipité la décision des municipalités de se séparer de leurs piscines vieillissantes. La plupart du temps, les piscines Tournesol disparaissaient dans une relative indifférence, en quelques jours seulement, sous les mâchoires des pelleteuses et autres bulldozers, effaçant ainsi une part de l'histoire architecturale locale.
V. L'Abandon et la Fascination Urbex : Les Tournesol Oubliées
Dans ce contexte de déclin et de démolition, certaines piscines Tournesol ont échappé, du moins temporairement, à la destruction. Elles sont devenues des lieux emblématiques pour les passionnés d'exploration urbaine, ou "urbex". Telle une soucoupe volante posée dans la ville, la piscine d'une petite commune, comme celle d'Aniche dans le département du Nord, n’accueille plus de nageurs depuis des années. Ces sites, devenus de véritables trésors cachés des Hauts-de-France et d'ailleurs, sont les vestiges poignants de l’opération "1000 piscines" des années 1970. Ils offrent aujourd'hui une architecture iconique et une atmosphère mystérieuse qui séduisent profondément les amateurs d’urbex.
Nichée au cœur d’Aniche, la Piscine Tournesol abandonnée est un lieu emblématique pour ces explorateurs de l'oubli. Construite dans le cadre de l’opération des années 1970, cette piscine a connu des jours plus glorieux avant de sombrer dans le silence et l'abandon. Les murs de la piscine, marqués par le temps et l'humidité, portent encore les vestiges de sa splendeur passée, tandis que les mosaïques colorées, bien que ternies et parfois recouvertes de mousse, évoquent des souvenirs vibrants de baignades estivales et de rires d'enfants. L’atmosphère qui règne dans ces lieux est à la fois envoûtante et mélancolique, attirant ceux qui cherchent à capturer l’essence même des lieux oubliés, où la nature reprend lentement ses droits sur l'œuvre humaine. À travers des clichés urbex, beaucoup de ceux qui ont connu ces piscines se remémorent les souvenirs de leurs enfances, la forme ronde, les hublots caractéristiques, et l'excitation des jeux aquatiques.
La piscine de Douvrin, également dans le Nord, est un autre exemple frappant. Vide et abandonnée depuis 2004, elle est encore en place aujourd’hui pour le plus grand bonheur des amateurs d’urbex. Elle présente la particularité d’avoir des parois intérieures doublées et des ouvertures rectangulaires, des adaptations qui la distinguent légèrement du modèle standard. Ces lieux, figés dans le temps, racontent une histoire d'ambition nationale, de prouesse technique et, finalement, de désuétude. Ils offrent un terrain de jeu fascinant pour ceux qui apprécient la beauté étrange de la décadence industrielle et la capacité de l'architecture à évoquer des époques révolues. Pour ceux qui s'aventurent dans ces "soucoupes volantes" désaffectées, l'expérience est un mélange de respect pour l'ingéniosité passée et de mélancolie face à l'inéluctable passage du temps.