Conleau : Histoire, Évolution et Attraits de sa Piscine Naturelle et de sa Presqu'île

Un Joyau du Golfe du Morbihan aux Multiples Facettes

Conleau, l'un des quartiers pittoresques de la ville de Vannes dans le Morbihan, incarne un mélange fascinant de paysages naturels préservés et d'un patrimoine historique riche. Longtemps une île, son histoire reste intimement liée à celle de la commune voisine de Séné, avant de devenir une presqu'île prisée et une destination balnéaire emblématique. Facilement accessible depuis le centre-ville de Vannes, y compris par la ligne 3 de la compagnie de bus Kicéo, la presqu'île de Conleau constitue aujourd'hui une escapade idéale pour les visiteurs en quête d'authenticité et de tranquillité. Ce lieu unique, marqué par des transformations profondes au fil des siècles, offre une perspective privilégiée sur l'évolution du littoral vannetais et de ses usages, avec pour point d'orgue sa célèbre piscine naturelle d'eau de mer.

Des Origines Insulaires à la Propriété Écclésiastique : Les Premiers Siècles de Conleau

L'histoire de Conleau, dans sa partie la plus ancienne, est détaillée dans un article paru en 1932 dans la revue de la Société Polymathique du Morbihan, rédigé par Étienne RAULT et Léon LALLEMENT. Cette période reculée révèle que Conleau fut pendant des siècles une véritable île, son destin étant étroitement entrelacé avec les grands événements régionaux et nationaux.

En 1568, dans un contexte de guerre civile entre catholiques et protestants sous Henri III, le prince de Condé et l'amiral de Coligny s'étaient retirés à La Rochelle, où ils furent rejoints par d'Andelot, et recommencèrent alors la guerre civile en s'emparant d'Angoulême et des places voisines. Le trésor royal était à sec, ce qui eut des répercussions jusqu'aux possessions ecclésiastiques. Le siège épiscopal de Vannes était alors occupé par Monseigneur Jean Fabri, également connu sous le nom de Le Febvre, pourvu de l'évêché par le Pape Pie V le 15 mars 1566. Au nombre des biens de son domaine temporel se trouvait l'île de Conleau, située près de Vannes.

La procédure suivie pour parvenir à l'aliénation de cette île est particulièrement curieuse et mérite d'être en partie signalée, d'autant plus qu'elle s'appliqua sans doute aux autres biens ecclésiastiques situés dans le diocèse et choisis pour être vendus afin de renflouer les caisses royales. Les 15 et 16 juillet 1570, un certain Le Treste, sergent de justice, publia, proclama et afficha que la vente de l'île se ferait au plus offrant et dernier enchérisseur. La vente était conditionnée à une évaluation préalable, qui devait être faite par des "priseurs nobles" au denier 24. Ces experts désignés étaient Messires Guy de Lantivy, sieur de la Haye-Dréan, Georges Bardoul, sieur de la Ville-Picaud, Pierre de Courcelles, sieur du Prat, et Jehan Juhel, marchand juré. Tous les quatre furent assignés et convoqués, et leur expertise fut terminée pour le 12 août suivant, à l'auditoire du présidial.

Ce jour venu, le sénéchal leur fit prêter serment de dire la vérité. Puis, séparément enquis, ils attestèrent évaluer chaque journal (unité de mesure agraire) à 30 sous de rente. L'île, d'une étendue de 12 journaux, représentait ainsi 360 sous de rente, soit 18 livres de rente, sachant que la livre valait alors 20 sous. Admettant par ailleurs qu'il fallait 20 livres de capital pour constituer une rente d'une livre, l'île, selon le dire des experts nobles, valait 360 livres de capital. À cette somme, il y avait lieu d'ajouter le denier 24, c'est-à-dire un vingt-quatrième en plus, soit 15 livres, pour fixer la mise à prix à 375 livres. Le sénéchal demanda alors si, à ce prix, il y avait un acquéreur dans l'assistance. Personne ne répondit.

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L'adjudication fut alors remise à quinzaine, après de nouvelles "bannies" (publications publiques) et affiches apposées contre la « principale porte de l'Église Mr Saint-Pierre et au passé (à l'entrée) de l'auditoire dudit Vannes ». Le samedi 26 août 1570, l'auditoire était, cette fois, assez garni de monde. On y remarqua notamment M. Rolland Vincent, représentant l'évêque, et le procureur du roi, car l'évêque tenait l'île du roi en fief amorti. En ouvrant les enchères, le sénéchal demanda, comme quinze jours auparavant, s'il y avait un acquéreur. Par la suite, on ne sait exactement à quelle date, l'île fut acquise par un certain Lechet, qui la vendit plus tard à Messire Jean MORIN, sieur de Vieille-Vigne.

Conleau au Fil des Siècles : Commerce Maritime et Transmission Familiale

Le destin de Conleau continua de s'écrire au fil des générations et des évolutions économiques. Au milieu du XVIIIe siècle, Vannes, à l'instar de seize autres ports français, comptait des armateurs qui participaient activement au commerce triangulaire, impliquant la traite des noirs. Deux négociants vannetais ont été identifiés dans ce contexte : Joseph Ange Guillo du Bodan (1693-1755), qui fut maire de Vannes de 1747 à sa mort, et Ignace Advisse-Desruisseaux (1703-1786). Ce dernier, après avoir séjourné deux ans à Nantes, se lança dans des armements transatlantiques significatifs, dont témoignent les départs de navires de Conleau même : « La Marguerite » partit en octobre 1749, et « La Ressources » en 1752, soulignant l'importance de Conleau comme point d'ancrage maritime.

La propriété de l'île de Conleau et des terres environnantes fut également marquée par des transmissions familiales notables. Agnès Josèphe de GOUVELLO, née le 25 février 1689 et décédée le 20 avril 1749, fille d'Armand Le Gouvello et petite-fille de Renaud et de Perrone Carré, épousa en 1711, à l'âge de 22 ans, Georges de SERVAUDE, seigneur de la VILLE-ès-CERF (né le 29 mai 1670 à Plélan, décédé le 16 février 1748 à Vannes). Elle lui apporta en dot la terre noble du Petit-Conleau, à laquelle l'île était annexée. Cette propriété resta alors dans la famille de la Ville-ès-Cerf. Leur unique fils vivant, Joseph Zaccharie de SERVAUDE (né le 30 octobre 1711 à Plélan, décédé le 14 mai 1791 à Vannes), en hérita. Il se maria le 24 septembre 1764 à Vincente Ursule Le GOUVELLO (née en 1744, décédée le 17 mai 1791 à Vannes), mais leur unique enfant décéda prématurément en 1780.

Lors du relevé pour le cadastre de 1810, l'île de Conleau n'était bâtie que d'une simple cabane de passage, servant de refuge pour les passeurs qui assuraient la liaison entre Conleau et Séné. La construction ultérieure d'une digue allait permettre une activité plus régulière pour les bateliers, qui seraient ensuite désignés sous le terme générique de passeurs et passeuses, facilitant grandement la communication et les échanges dans cette partie du Golfe du Morbihan. Après avoir fait l'objet de différentes ventes au commencement du XIXe siècle, l'île fut finalement acquise par la famille THUBE, originaire de Nantes.

Le 2 juin 1829, M. Thubé concéda une portion de l'île, d'environ 4 ares, à MM. Pierre Marie et Jean Marie DUPUY, constructeurs de navires résidant à Vannes. Cette concession fut faite moyennant une redevance annuelle de 100 francs et le paiement des impôts, dans le cadre d'un contrat d'emphytéose. Il est important de noter que l'emphytéose est un contrat par lequel un propriétaire concède, pour de longues années, la jouissance d'un immeuble, moyennant une redevance annuelle. La charge pour le preneur, appelé emphytéote, est d'exécuter des constructions, des défrichements ou d'autres travaux ayant pour effet d'améliorer le fonds. D'après la loi de 1790, le bail emphytéotique ne peut pas être fait pour plus de 99 années ou pour plus de trois générations. Bien que le Code Napoléon ne se soit pas expressément occupé de l'emphytéose, il ne l'a pas non plus interdite, ce qui en fait un contrat licite.

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Le 2 décembre 1851, M. Gustave de LAMARZELLE acheta cette emphytéose à la famille Dupuy. Son droit au bail emphytéotique, acquis en 1851, n'avait pas pris fin en 1876, loin de là, puisqu'il restait encore 52 années à courir, ce qui justifie son rôle dans les transactions ultérieures.

L'Ère des Bains de Mer : La Transformation de Conleau en Station Balnéaire

La fin du XIXe siècle marqua un tournant décisif pour Conleau, avec l'émergence de l'engouement pour les stations balnéaires. Le 11 novembre 1876, MM. François Marie ROUILLE et Jean Baptiste PAVOT se rendirent acquéreurs de la totalité de l'île, avec respectivement 8/9ème et 1/9ème des parts, dans le but ambitieux de créer une véritable station balnéaire. Leur projet comprenait la construction de 5 chalets locatifs, d'un restaurant, d'écuries et de remises, ainsi que de cabines de bains. Le montant versé fut de 11 000 francs pour M. Amédée THUBE (né le 15 juin 1805 à Vannes, décédé le 23 août 1892 à Nantes), fils de Pierre Louis et propriétaire de toute l'île. Une somme de 8 000 francs fut également versée pour M. de Lamarzelle, qui n'était que locataire et nouvel emphytéote. Cette somme, relativement élevée pour un simple locataire, s'explique par le fait que son droit au bail emphytéotique acquis en 1851 n'était pas encore arrivé à expiration en 1876.

Les deux associés allaient profondément changer l'aspect et la destination de l'île de Conleau. De propriété privée, en grande partie négligée et même délaissée, l'île allait devenir un but de promenade et une sorte de petite station balnéaire pour la population vannetaise. François Marie ROUILLE, né le 7 juin 1819 à Hennebont, était le fondateur des Bains de Conleau. Son parcours personnel est riche : il était le neuvième d'une famille de 11 enfants, né de parents installés à Hennebont, son père menuisier et sa mère ménagère. En 1851, il présenta une invention à la Grande Exposition de Londres, et le 23 février 1853, il déposa un brevet pour un devant de chemise à contour déterminé, dit plastron serpentin. Lors de l'édition de l'Almanach FIRMIN DIDOT & BOTTIN REUNIS de 1858, il semble avoir racheté les parts de François VALTAT et associé son épouse, Mme Ernestine Besnard, à ses affaires. Le 7 mai 1863, il divorça d'Ernestine BESNARD. Pendant la guerre franco-prussienne, François Marie ROUILLE se trouvait à Paris et écrivait à Pavot au Journal de Vannes, qui publiait ses compte-rendus des combats. Les deux hommes devaient se connaître avant le conflit. On retrouve un François Marie ROUILLE incorporé au 62ème Régiment d'Infanterie de ligne, qui fut blessé le 14 août 1870 à la Bataille de Borny-Colembey, près de Metz, comme l'indique le rapport de guerre. Après la guerre franco-prussienne, il s'établit en 1877 au 8 rue Rochambault dans le IXème arrondissement de Paris. Après la vente de ses parts dans "Conleau les Bains" à M. Pavot, François Marie ROUILLE se retira sans doute à Nantes, rue de Rennes, où il décéda le 18 mars 1886, divorcé et vraisemblablement sans enfant. Son frère Vincent ROUILLE (né le 25 mai 1820, décédé le 19 août 1905) a dû hériter d'une partie de ses biens, et à son décès, il fit des legs à la ville de Vannes.

Jean Baptiste PAVOT, l'autre co-propriétaire, était un ancien chef de la Préfecture, né à Malestroit le 19 septembre 1826 et décédé le 23 mars 1889 à Vannes. Il fut secrétaire rédacteur au Conseil Général du Morbihan et rédacteur du Journal de Vannes.

La vision de François Marie ROUILLE, homme ayant l'amour de son pays natal et possédant une certaine fortune, méditait les plus vastes projets pour la prospérité de sa petite patrie. L'île, avant lui, n'était accessible par voie de terre, à marée basse, qu'au moyen de grosses pierres placées les unes à la suite des autres, que l'on enjambait difficilement au risque de tomber dans la vase. Pour remédier à ces inconvénients, le premier soin de M. ROUILLE fut de construire une digue reliant l'île au continent. Cette digue était précédée d'un chemin d'accès côtoyant le rivage, le long de la grande prairie au midi du village du Petit-Conleau. Les arbres de Conleau, notamment les sapins qui furent malheureusement abattus pendant la Première Guerre mondiale, constituaient alors une exception notable dans le paysage du Golfe du Morbihan, les vieilles cartes postales ne montrant généralement que des landes, des prés, des talus et des rochers sans aucun arbre.

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Au printemps 1877, le projet de François Marie ROUILLE retint l'attention de la presse. Le plan d'ensemble en couleur permettait de situer l'ensemble des composantes de son initiative. Le 7 février 1877, ROUILLE fit une demande, accompagnée d'un plan, pour l'établissement de cabines de bains, composées de bois et de toiles. Dans la foulée, il passa un marché avec l'entreprise Fléchelle pour la construction de 5 chalets, qui seraient loués meublés aux familles désireuses de passer une partie de la belle saison dans l'île. Ces chalets, dont les noms étaient tirés respectivement d'opéras de Daniel-François-Esprit Auber, Léo Delibes, Charles Gounod, Ernest Reyer, à l'exception de Jenny, reflétaient le style balnéaire contemporain. Depuis Paris, il finançait des encarts publicitaires dans divers journaux pour promouvoir sa station. Un sinagot, l'Angèle & Armentine, en 1905, était souvent photographié devant les chalets de Conleau. Le contrat pour construire les 5 chalets comprenait également un chalet-restaurant. On retrouve une annonce datée de mai 1878 par laquelle M. Bucher, le gérant, recrutait une dame de comptoir et un garçon de café pour ce premier restaurant.

Afin d'amener les visiteurs depuis Vannes, car il n'existait pas encore de voie carrossable directe, François Marie ROUILLE obtint le 3 juin 1878, en vertu d'un arrêté ministériel, l'autorisation pour établir une estacade en bois. Il s'agissait d'une longue jetée à claire-voie, située à la pointe sud-est de l'île, là où se trouve aujourd'hui la belle cale construite par les Ponts-et-Chaussées. Le plan d'ensemble (croquis n°2) prévoyait également un hôtel-restaurant avec chambres d'hôtes, ainsi qu'un bâtiment pour loger le personnel saisonnier et un bâtiment administratif. Cependant, un article daté de 1885 laisse à penser que ces bâtiments (hôtel, administration, logement du personnel) ne furent pas construits « sous l'ère Rouillé », mais plus tard par son successeur. En août 1885, alors que François Marie ROUILLE avait déjà vendu l'île de Conleau, le journaliste du Courrier de Bretagne rendit hommage à celui qui avait établi une chaussée pour relier l'île de Conleau à Vannes, pour avoir construit des chalets, un petit lac perpétuellement rempli d'eau salée, un restaurant et des jeux. Il ne faisait alors aucune mention d'hôtel, de logement social ou d'un siège pour l'administration de la station balnéaire. Un autre investisseur, Jean Marie LAPORTE, acquit l'île à M. ROUILLE.

Le développement de Conleau suscitait un grand enthousiasme, comme en témoigne un article du journaliste dans L'Avenir du Morbihan du 16 mars 1881, qui déclarait : « Tout cela va changer dans un avenir prochain, et notre pays si riche de souvenirs historiques et de monuments celtiques va voir sa clientèle de curieux décupler en raison des facilités qui vont surgir et des agréments qui s'offriront à eux. Cette future station balnéaire, nouveau quartier général des excursionnistes du Morbihan, se composera de deux parties. L'une, l'île de Conleau déjà reliée au continent par une chaussée carrossable et consacrée depuis quelques années à une petite exploitation balnéaire. » L'article décrivait les effets attendus des travaux : ils auraient pour objectif de retenir les eaux des lais de mer à l'ouest et d'en faire des lacs salés où l'on pourrait se baigner à toute heure. Dans ce vaste estuaire du Vincin, on aurait une pêcherie magnifique et de charmantes promenades nautiques. Mais ce n'était pas tout ; les digues dont on parlait formeraient les premières assises d'une large voie de communication entre Vannes et Moréac (4 km) où circuleraient de concert véhicules ordinaires et tramway à vapeur. La réalisation d'une ligne de chemin de fer reviendra à plusieurs reprises en débat au conseil municipal de Vannes, mais aucune ligne ne sera jamais réalisée. Finalement, un projet de tramway reliant Vannes à Conleau fut envisagé au début du XXe siècle, mais il fut abandonné en 1902.

Ainsi, en 1878, les propriétaires de Conleau transformèrent ce lieu en une petite station balnéaire reliée au continent par une digue construite en 1879. Ce projet prévoyait des cinq chalets locatifs, caractéristiques du style balnéaire contemporain, ainsi qu'un grand hôtel, un parc boisé et une piscine d'eau de mer, destinés aux plaisanciers. L'idée d'un casino fut même évoquée, bien qu'elle ne se concrétisât jamais. À partir des années 1950, la presqu’île devint un lieu de loisirs et de promenades incontournable pour les habitants de Vannes, et les anciennes villas, inspirées de l’architecture des chalets suisses alors en vogue, témoignent encore de cette période faste.

La Piscine Naturelle de Conleau : Fonctionnement, Usages et Controverses

Aujourd'hui, Conleau est l'une des balades préférées des Vannetais. Les visiteurs aiment s'y promener, observer les bateaux passer ou même s'y baigner. Accessible à pied depuis le port en une petite heure, elle est également facile à atteindre en vélo et en bus (ligne 3). Cette petite presqu’île se situe au sud de Vannes et est reliée à la ville par une route-digue qui date de 1879. Avant cette construction, Conleau était une île à part entière.

En accédant à la presqu'île par la pinède, une fois la côte passée, on a l’impression que le temps s’est arrêté. On y découvre alors un bassin de baignade, la piscine naturelle de Conleau, dont l’eau de mer se renouvelle en fonction des marées. De l’autre côté, les bateaux sont au mouillage. On trouve également sur la presqu'île une poignée d’habitations, dont certaines ont su garder leur style « petit chalet », un hôtel-restaurant (aujourd’hui le Best Western Le Roof) et deux bars-restaurants. Il est recommandé de prendre le temps de faire le tour en suivant le chemin côtier, permettant de découvrir la petite plage. Lors des beaux jours, la presqu’île se transforme véritablement en station balnéaire. La piscine, dont l’eau est testée quotidiennement, se remplit d’enfants côté petit bassin et de plus grands de l’autre côté. L’avantage principal de cette piscine est l’absence de vagues et la possibilité d'avoir pied presque partout. En juillet et août, la piscine ainsi que la petite plage sont surveillées, et la plage est accessible aux personnes à mobilité réduite pendant ces périodes.

La piscine d'eau de mer de Conleau, devenue municipale, côtoie une agréable plage et invite à la baignade de mai à octobre. C'est également un point d'embarquement pour l'Île d'Arz. La plage de sable de la piscine de Conleau à Vannes, située sur la presqu’île, bénéficie d'une fréquentation très importante en été car, à la différence des plages traditionnelles, elle ne subit pas les contraintes des marées. L’environnement y est très agréable, avec en bordure une belle pinède et, en face, une vue imprenable sur le port de Conleau.

Alors que les touristes affluent sur la presqu’île de Conleau pour se baigner, différentes écoles s’affrontent quant aux préférences des baigneurs entre la piscine et la plage. Concernant la température de l'eau, il est incontestable que l'eau est la plus chaude dans la piscine d’eau de mer. Avec une température de 22°C la semaine dernière, les baigneurs, comme Marie-Luce, la qualifient de « tiède ». Il est perçu qu'« on a beaucoup moins de mal à rentrer dans l’eau à la piscine qu’à la plage ».

Quant à la propreté des deux sites, les avis divergent fortement. Certains affirment que « la mer est trouble et sale sur la plage de Conleau, car c’est le fond du Golfe. C’est vaseux. Pour se baigner, mieux vaut aller à la piscine ». À l’inverse, pour Marie-Anne, une retraitée, c’est la piscine qui est jugée sale, car « la piscine est rarement vidangée, l’eau est renouvelée habituellement tous les quinze jours ». Elle a même rapporté y avoir trouvé une fois « une pièce de tracteur ». Il est à noter que les deux sites ont déjà été fermés par le passé pour des problèmes de propreté.

En ce qui concerne le choix du lieu avec des enfants, les parents recommandent globalement la piscine pour les enfants en bas âge. Jeanine, venue accompagnée de ses deux petites-filles, affirme que « dans l’espace petit bain, ils ont pied, et ça permet d’être plus serein quand on les surveille ». Cependant, une fois plus grands, ou s’ils portent des brassards, les enfants s’amuseraient davantage à la mer selon Catherine. Elle explique que « c’est plus drôle pour eux quand il y a quelques vagues. Ils peuvent prendre une planche et se laisser porter ! ».

Un avantage majeur de la piscine est l'absence de problème de marées, un atout pour de nombreux baigneurs. Marie-Anne reconnaît que « c’est vrai qu’à la plage de Conleau, il faut surveiller les horaires des marées. À marée basse, il y a de la vase et la plage est impraticable ». Sur ce point, la piscine offre une baignade accessible à toute heure.

Quant au plus beau paysage, les nageurs sont globalement d’accord. Si les deux sites sont très beaux, il est généralement admis qu'il faut aller à la plage pour avoir la meilleure vue. La plage est perçue comme « plus sauvage, plus naturelle ». De là, on peut observer les bateaux entrer dans l’embouchure du port, un spectacle jugé magnifique. C'est d'ailleurs la première île croisée par les bateaux sortant de la rivière de Vannes.

La presqu'île de Conleau est facilement accessible depuis le centre-ville de Vannes, se situant à 5 km au sud. Une fois sur la presqu’île, un parking payant est disponible sur la gauche. La piscine d’eau de mer constitue probablement l’une des activités les plus appréciées des Vannetais. Accessible à tous et compatible avec un billet de bus du réseau Kicéo, le Petit Passeur assure la traversée entre la presqu’île de Conleau et la cale de Barrarac’h, située de l’autre côté de la rivière de Vannes, sur la commune de Séné. Ce moyen de transport se présente sous la forme d’un bac propulsé à l’énergie électrique, permettant d’embarquer une trentaine de personnes et des vélos. Le service est régulier, il suffit de se présenter à la cale et d'agiter un drapeau rouge à disposition, si le bateau est à quai de l’autre côté de la rive. La traversée ne prend pas plus de 3 minutes et coûte 3 euros pour un aller-retour, sans supplément si l’on décide de passer avec son vélo.

La qualité de l'eau est une préoccupation constante. La baignade est parfois soumise à des interdictions temporaires, comme cela fut le cas le 13 juin suite à une pollution bactérienne causée par les orages. La piscine d’eau de mer de Conleau à Vannes fut temporairement interdite à la baignade en raison d’une contamination ce jour-là. Cependant, dès le lundi 16 juin, la baignade fut de nouveau autorisée à la piscine naturelle de Conleau à Vannes, jusqu’à nouvel ordre, après de nouvelles analyses. La raison de la contamination fut attribuée aux violents orages du vendredi 13 juin, qui avaient entraîné une pollution temporaire aux entérocoques, des bactéries susceptibles de provoquer des troubles digestifs. Ce type de contamination est fréquent après de fortes pluies, lorsque les eaux de ruissellement charrient diverses bactéries vers les zones de baignade. Par mesure de précaution, la baignade avait été interdite le temps que de nouvelles analyses soient réalisées. Les services de la Ville rappellent toutefois que la vigilance reste de mise en cas de futurs épisodes orageux, qui pourraient à nouveau altérer la qualité de l’eau.

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