L’odyssée de l’Ella’s Pink Lady : Le rêve océanique de Jessica Watson

Le retour à Sydney de l’Australienne Jessica Watson, devenue à 17 ans la plus jeune tourdumondiste, a suscité autant de ferveur que son départ avait soulevé de questions. Un Premier ministre, des dizaines de milliers de spectateurs sur l’eau et à terre : le retour à Sydney de Jessica Watson, devenue à 17 ans la plus jeune tourdumondiste, a suscité une sacrée ferveur. Sur son voilier de 10 mètres Ella’s Pink Lady, elle a bouclé en 210 jours ses 23 000 milles en solitaire, sans escale et sans assistance. Cette performance, réalisée le 15 mai 2010, demeure un témoignage puissant de détermination et de courage face à l'immensité des océans.

La genèse d'une vocation maritime

L’histoire de Jessica Watson ne commence pas sur une ligne de départ, mais bien plus tôt, dans le sillage de lectures d’enfance. Jessica Watson : « Je suis australienne, et on me connaît dans le monde de la voile pour avoir été la plus jeune personne à avoir fait le tour du monde en solitaire, sans escales et par les trois caps, à l’âge de 16 ans. » Ce désir est né quand elle avait 11 ans. « Je pense que cela est né d’une simple curiosité à la base. Ma mère nous lisait beaucoup d’histoires quand on était petits, notamment une qui parlait d’un jeune marin australien. J’étais fascinée et j’essayais d’imaginer ce que ce serait de vivre au milieu de l’océan, seule. »

Durant son enfance et son adolescence, Jessica Watson vit cinq ans et demi sur un bateau avec sa famille, acquiert pendant ce temps de nombreuses expériences sur l'eau et prend très tôt des responsabilités. La voile est devenue peu à peu une « affaire de famille », comme elle le décrit. Ses parents lui laissent de nombreuses libertés - dont celle de faire le tour du monde en solitaire - et récoltent pour cela de nombreuses critiques de la part du public. Mais ce sont ses parents et son enfance inhabituelle qui ont marqué Jessica et lui ont transmis beaucoup de choses : l'amour des voyages, le goût de l'aventure, l'aspiration à réaliser ses rêves et à prendre des décisions non conventionnelles, l'assurance et la confiance en ses capacités.

De la préparation technique au défi de l'Ella’s Pink Lady

Il ne s’agissait pas d’une idée spontanée ou d’une simple imprudence de jeunesse : avant de commencer son voyage, elle a passé de nombreuses années à se préparer, à réfléchir à son objectif et à surmonter de nombreux obstacles pour s'en rapprocher petit à petit. Pour elle, la partie la plus difficile de cette aventure a été de devoir convaincre sans cesse les gens de me prendre au sérieux. Jessica Watson raconte comment elle a obtenu son premier bateau, combien la recherche de sponsors a été difficile et comment il a fallu résister à la pression du public et aux critiques des médias.

L’implication de figures du monde de la voile, comme Don McIntyre, fut déterminante. Ce dernier a décidé d'acheter un S&S 34 pour soutenir le projet, tout en insistant sur un point crucial : « SHE must make all the final decisions. Not me, not any mentor, or adviser. » Le bateau fut transformé et complètement reconstruit pour devenir l’Ella’s Pink Lady, un voilier de 10 mètres qui allait devenir le compagnon indispensable de cette épopée. Bruce Arms a coordonné le réaménagement complet du bateau, transformant une unité classique en une machine capable d'affronter les tempêtes les plus rudes.

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Le périple en solitaire : 210 jours au cœur des océans

Watson a commencé son tour du monde à la voile le 18 octobre 2009 à Sydney, où elle est rentrée dans le port australien le 15 mai 2010. Entre-temps, elle a traversé l'équateur, passé Noël à Point Nemo, le point le plus éloigné de toute terre, et résisté à quatre chavirements dans l'océan Atlantique Sud. Elle a passé au total 210 jours en mer, seule, et a franchi le Cap Horn et le Cap de Bonne Espérance.

Elle a divisé sa croisière en six étapes : du nord vers les îles de la Ligne, puis vers le sud, cap sur le Chili et le Cap Horn, avant de remonter au nord du Cap Horn, de traverser l'Atlantique Sud vers le continent africain, de contourner l'Afrique du Sud, et enfin de naviguer dans l'océan Austral pour rentrer à la maison. Jessica Watson décrit son quotidien à bord, où des choses aussi banales que les soins corporels ou le sommeil prennent soudain une importance capitale. La vie simple en mer et la liberté la comblent et la rendent heureuse, car ici, seul l'instant présent compte toujours. Elle est soumise aux caprices de la météo, raconte les tempêtes et les calmes, les vagues monstrueuses et les chavirements, mais rien de tout cela ne l'arrête.

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