Naviguer en mer exige une préparation minutieuse, et la présence d'une trousse de premiers secours à bord est un impératif absolu pour apporter les premiers soins en cas d'incident. Cette nécessité s'applique à tous les types de navigation, qu'il s'agisse d'une courte sortie côtière ou d'une traversée océanique. Imaginez-vous en pleine mer, à des milles des côtes, lorsque vous vous rendez compte que vous n'avez aucune idée de ce qu'il faut faire si un membre d'équipage se blesse. Pas de panique ! Si votre trousse de secours à bord est bien fournie, vous devriez être en mesure de prodiguer les premiers soins. Un solide kit de premiers secours pour bateau est essentiel pour être prêt à faire face à toute forme d'accident. Chaque seconde compte en cas d'urgence, et le fait de disposer d'une trousse de premiers soins bien garnie peut faire la différence entre la vie et la mort, même pour un bateau peu éloigné des côtes. En mer, un accident peut survenir rapidement : coupure lors d'une manœuvre, brûlure, chute sur le pont ou malaise. À plusieurs milles des côtes, une blessure mal prise en charge peut rapidement s'aggraver. La pharmacie du bord est un élément essentiel à votre bonne santé, parant à toute éventualité au large. En cas d’accident, elle peut être déterminante pour le bon déroulement de la suite de votre navigation.
La Constitution Détaillée de la Pharmacie : Du Basique à l'Indispensable pour la Navigation au Large
La composition de la pharmacie embarquée est une phase importante de la préparation de votre croisière. Elle permettra de traiter à bord les problèmes médicaux ou traumatiques les plus fréquents. La trousse à pharmacie du bord doit couvrir la majorité des pathologies pouvant survenir sur un voilier. Une trousse de premiers secours pour la navigation de plaisance doit comprendre des objets pouvant être utilisées pour traiter des blessures légères rapidement, sans complications dans la procédure permettant de soigner un individu. Une trousse de base permet de traiter les petits incidents du quotidien. Les blessures, les maux et les accidents en mer se présentent sous plusieurs formes et degrés de gravité : mal de mer, hameçon enfoncé dans le doigt, brûlure, plaie, etc. D’où l’intérêt d’avoir une trousse de secours pour bateau pour faire face aux risques auxquels nous pourrions potentiellement être exposés lors de nos sorties en mer.
Pour une navigation hauturière, ou des traversées océaniques où les risques sont les plus grands du fait de la longueur et de l’éloignement, la trousse sera plus complète. Elle est nécessaire au quotidien, pour traiter des problèmes peu graves mais néanmoins handicapants, comme le mal de mer, les coups de soleil, les brûlures, les coupures, les traumatismes bénins ou encore la gestion des douleurs. Une trousse de premiers secours pour la voile en haute mer peut inclure des équipements pour la survie par temps froid, et pour prévenir des pertes de connaissance.
Parmi les éléments à considérer pour la constitution de votre pharmacie, vous ne devrez pas oublier les médicaments courants comme l'Ultralevure, un laxatif et des pansements intestinaux (Smecta), etc. Pour les urgences et blessures courantes, des antiseptiques, compresses stériles, pansements de différentes tailles, sparadrap, bandes de contention, ciseaux, pince à épiler sont indispensables. En cas de brûlures ou coups de soleil, des pommades spécifiques (ex. Biafine) sont nécessaires, ainsi qu'une crème écran total avec protection indice 60. Les médicaments spécifiques peuvent inclure des antalgiques forts, qui ne pourront être délivrés que sur ordonnance. Un antibiotique tel que la Pénicilline ou l'Amoxicilline (500mg) + Ac. Clavulanique est souvent recommandé. Il faut également prévoir une pommade ophtalmique antibiotique.
Pour les traitements spécifiques, des médicaments d’urgences tels que la trinitrine, l’épinéphrine, l’acide actylsalicylique, des corticoïdes peuvent être envisagés. Votre médecin habituel devra vous conseiller sur l’intérêt de ces produits, selon le type de croisière et le nombre d’équipiers à bord. Concernant le mal de mer, un traitement anti « mal de mer » à bord n’est pas obligatoire, c’est une affaire d’école et de conviction personnelle. Ces médicaments ont des effets secondaires qui ne sont pas anodins et les avoir testé avant peut être utile. Les moyens non médicaux pour prévenir le mal de mer sont à notre sens préférables. Certains médicaments homéopathiques sont très efficaces et sans effets secondaires pour diverses affections.
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Il est impératif de savoir que l’achat de produits pharmaceutiques non commercialisés en France sur Internet peut être dangereux. De plus, disposer de morphine à bord, bien que pouvant être très utile dans certains cas ou accidents graves, peut conduire à des problèmes sérieux avec les autorités de certains pays exotiques… ou pas. Il est toujours souhaitable de consulter votre médecin traitant qui pourra vous conseiller pour vos besoins particuliers. La dotation pharmaceutique ne comprenant pas les traitements habituels des navigateurs en rapport avec d’éventuelles pathologies chroniques, chacun devra emmener son traitement personnel.
Organisation et Conservation Optimale de la Pharmacie de Bord
Pour garantir l'efficacité de votre pharmacie de bord, son organisation et sa conservation sont primordiales. La trousse de premiers secours embarquée doit être facilement accessible. Une bonne solution peut consister à demander à chacun des participants de fournir un dossier médical sous enveloppe que le responsable des soins ouvrira si nécessaire. Il est vivement conseillé de conserver toutes les notices de médicaments et d’avoir un manuel de soins d’urgence à bord.
L’environnement marin en plaisance est souvent humide et enclin à des variations de température. Il est conseillé de stocker ces médicaments dans un ou des containers étanches à l'abri de l'humidité, de la lumière et des grandes variations thermiques, à l'accès facile mais hors de portée des jeunes enfants. Les produits peuvent être enlevés de leurs boites d’origine en notant les dates de péremption et en gardant leur notice. Ils sont alors rangés dans des boites étanches ou des sacs type Ziploc. Pour organiser votre trousse à pharmacie, nous vous invitons à retirer tous les emballages et ranger les médicaments et le matériel dans des sacs zippés.
Bien définir avec l’équipage la (les) localisation(s) de la pharmacie à bord (endroit accessible propre et sec…) est crucial. Un sac ou une boite spécifique contiendra de quoi faire face aux petites urgences, aux maux usuels comme la douleur ou le mal de mer, aux traumatismes bénins. Il est près de la descente du bateau ou de la table à carte. Les autres produits qui servent de façon plus exceptionnelle sont dans un autre contenant qui servira de réserve (bidon étanche éventuel).
Un contrôle régulier est nécessaire pour s’assurer de la disponibilité de tous les éléments obligatoires. Cela vous permet également de vérifier que les médicaments sont bien conservés et que leur date de péremption n’est pas dépassée. Une trousse de secours bateau doit être régulièrement contrôlée. Il est recommandé de vérifier les dates de péremption des médicaments et antiseptiques, l'état des emballages stériles ainsi que la présence de tous les éléments. Établir une liste avec les dates de péremptions des médicaments est une pratique essentielle.
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Les produits peuvent être classés selon les maladies qu’ils soignent ou par type de médicaments. Des codes de couleur peuvent être utiles en moyen mémotechnique : Rouge = Plaie, Bleu = Coups et traumatismes… Des boîtes alimentaires de couleur existent dans le commerce, ou vous pouvez coller des gommettes de couleurs sur les produits. D’autres classements sont possibles (les médicaments qui nécessitent un avis médical, les produits qui sont dopants ou pas, etc.). Le responsable des soins à bord aura la charge de réalimenter au fur et à mesure des utilisations la pharmacie des petites urgences depuis le stock gardé en réserve. L’ensemble du listing des produits est imprimé, protégé de l’humidité et mis à disposition dans la pharmacie et près des moyens de communication du bateau mais aussi sur l’ordinateur de bord (ce qui en permet l’envoi si nécessaire à un correspondant). La traduction des propriétés des produits en anglais est utile si l’on navigue à l’étranger.
Les médicaments génériques seront préférés pour leurs coûts moindres. Les comprimés orodispersibles ou lyoc sont pratiques en mer. Un plus fort dosage en comprimés peut être coupé en deux pour une dose plus faible (équipage mixte enfants/ adulte). Certains antibiotiques ont des durées de vie courte, demandez à votre pharmacien des produits avec les dates de péremption les plus tardives.
Gestion des Urgences et Bonnes Pratiques d'Utilisation en Mer
En cas d’urgence, la réaction rapide et appropriée est cruciale. C'est pourquoi il est primordial de contacter le CCMM (Centre de Consultation Médicale Maritime) en cas d’urgence ou de doute, qui vous fera une consultation médicale à distance et vous orientera sur l’attitude à adopter. Un médecin du CCMM déterminera alors la possibilité de soigner le malade à bord ou de prévoir une évacuation médicalisée ou sanitaire sur le réseau INMARSAT. Il y a de nombreux livres qui sont orientés sur la médecine en milieu isolé. Le biais de ce genre d'outils est de s'autonomiser, de savoir se débrouiller tout seul. Mais le souci de notre métier ce n'est pas une science exacte. Rien ne vaut un contact avec un médecin. Nous conseillons donc ces livres pour apprendre les gestes (pansements, immobilisation…), mais pas comme un outil de diagnostic ou de prescription. Pour autant, à bord, évitez l’automédication pour les pathologies sévères : certains médicaments, très efficaces, peuvent parfois s’avérer dangereux. Utiliser un médicament n’est jamais anodin. La majeure partie des médicaments présents dans ces dotations nécessitent un avis médical avant de les utiliser.
Il est souhaitable d'affecter à l’équipier(e) qui le désire ou qui a le plus de connaissances dans ce domaine le rôle de responsable des soins et de la pharmacie (au moins un membre de l’équipage avec des compétences de secouriste niveau PSC1). Instruire les équipiers des procédures médicales d’urgence et de la composition de la pharmacie sont des éléments de prévention. Connaître les numéros d’urgence médicale, avoir expliqué la procédure à tous les équipiers et avoir des moyens de communication adaptés, s’équiper de moyens de communiquer même si ça parait basique, ça reste encore un problème. Une couverture isotherme est utile. Un blessé ou un malade n’a pas les mêmes capacités pour lutter contre le froid ou le chaud.
Adapter la Composition de Votre Pharmacie au Type de Navigation et à l'Équipage
La trousse de premiers secours nécessaire évolue en fonction de la distance de navigation, de vos habitudes et de votre équipage. En fonction du type de voilier, une trousse de premiers secours pour la navigation hauturière peut comprendre toute une série de produits. La dotation de votre pharmacie dépendra de votre programme de navigation et de votre éloignement du port le plus proche. La navigation semi-hauturière se pratique généralement dans des mers moins profondes, les vagues sont donc moins importantes, ce qui signifie que les risques sont moins élevés. De manière générale, une trousse de secours basique sera nécessaire pour une navigation côtière au-delà de 6 miles d’un abri. Une trousse réglementaire est obligatoire et doit couvrir les situations d'urgence courantes.
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Lorsque vous préparez une trousse de secours pour votre location de bateau, il est important de prendre en compte les spécificités et les risques médicaux liés à la région que vous allez visiter. En cas de zones avec des risques spécifiques, étudiez les menaces sanitaires de votre destination et consultez les recommandations de santé des autorités sanitaires locales ou internationales. Si vous allez en zones tropicales, d’autres produits et des vaccinations seront recommandées. Dans ce cas, contactez le service des Maladies tropicales et des Vaccinations le plus proche de chez vous. Connaître les problèmes médicaux spécifiques à l’environnement aquatique fréquenté (hypothermie, hyperthermie, mal de mer, infections, animaux dangereux, maladies tropicales…) est essentiel.
La composition de la trousse doit également s'adapter à l'équipage. Il est crucial d'adapter le contenu à l'équipage : enfants, allergies, traitements spécifiques. Avant votre départ, il est impératif de connaître les traitements, maladies, allergies, intolérances, antécédents de vos coéquipiers, s’ils en sont d’accord. C'est utile dans le cas où la personne malade ne pourrait pas s'exprimer. Les dotations préconisées sont également faites pour les plaisanciers qui sont amenés à avoir des enfants à bord. Les risques sont très peu différents et les maladies sont les mêmes. À partir de la dotation officielle, il faut demander à son médecin des prescriptions avec des présentations pédiatriques adaptées au poids des enfants. Si des équipiers ont des allergies connues à certains produits comme les antibiotiques, il peut être utile d’avoir dans la pharmacie de bord celui qui est adapté. Il est également nécessaire d'établir les quantités de médicaments selon la durée de la croisière et le nombre d’équipiers avec le médecin qui vous fera l’ordonnance.
Cadre Réglementaire et Recommandations Officielles pour les Bateaux de Plaisance
La nécessité d'une pharmacie de bord n'est pas seulement une question de bon sens, elle est également encadrée par des réglementations. Oui, selon la Division 240 et la norme SOLAS, une trousse de premiers soins est toujours recommandée à bord de tout navire. La réglementation en France, encadrant la sécurité à bord, est définie par la Division 240. Pour une navigation au-delà de 6 milles nautiques d'un abri (navigation semi-hauturière et hauturière) et en fluviale (Coches de plaisance nolisés), la réglementation impose la présence d'une trousse de secours à bord. Elle doit permettre de traiter les blessures les plus fréquentes : coupures, saignements, brûlures et hypothermie. Les navires effectuant une navigation au-delà de 6 milles d'un abri embarquent le matériel d'armement et de sécurité semi-hauturier (de 6 à 60 milles) et hauturier (au-delà de 60 milles). En navigation fluviale, la trousse de secours est obligatoire uniquement pour les coches de plaisance nolisés, c’est-à-dire dans le cadre d’une activité de location de bateaux de plaisance à des usagers non titulaires d’un permis. Chaque bateau de plaisance doit avoir une trousse de premiers secours à bord. Si vous possédez une trousse de secours bateau, veillez à bien vérifier que celle-ci respecte la Division 240 et corresponde au matériel de sécurité bateau préconisé.
Les règles de l’Organisation maritime internationale (OMI) imposent aux navires d’avoir une dotation internationale de bord. L’OMS a publié un guide international pour les soins à bord et prodigue des conseils en la matière. En France, à partir du site du Centre de consultation médicale maritime (CCMM) www.chu-toulouse.fr/la-pharmacie-de-bord, vous pourrez télécharger cette liste de dotation. Pour le plaisancier, il y a un texte officiel, mais avec des recommandations et pas d'obligations réglementaires. Du coup, on a décliné l'équivalent des dotations professionnelles pour les plaisanciers. Ces documents sont accessibles gratuitement sur le site du CCMM.
Si vous êtes amenés à modifier votre pharmacie de bord, vous pourrez également leur envoyer la liste de votre bateau, de même que les fiches médicales individuelles remplies par les membres d’équipage. Ces documents seront annexés dans un dossier au nom du navire, qui sera alors accessible au médecin du CCMM à tout moment. Les médecins du Centre de consultation médicale maritime (CCMM), sont impliqués dans la prise en charge de toute personne ayant un problème médical en mer. D’autres médecins conseillent les skippers transocéaniques ou encadrent les courses en France ou dans les pays où la navigation de plaisance est répandue. Ils ont ainsi élaboré des dotations médicales en fonction du type de navigation pratiquée et de l’éloignement du navire par rapport à la côte. La responsabilité du chef de bord reste pleine et entière en la matière et pour la plaisance traditionnelle, la dotation D240 réglementaire nécessite d’être complétée pour la croisière hauturière.