Explication de l'Univers de Kid Paddle : Entre Réalité et Fantastique Ludique

L'univers de Kid Paddle, créé par Midam, est une immersion fascinante dans le quotidien d'un jeune garçon dont les passions débordantes pour les jeux vidéo et les monstres transforment la réalité en un terrain de jeu constamment réinventé. Dès ses premières apparitions, Kid Paddle se révèle être un personnage singulier, un petit garçon d'aujourd'hui, de l'âge de l'école primaire, mais surtout, fou, ainsi que ses copains, de jeux vidéo et de monstres. Son nom même, "Kid Paddle", évoque une jeunesse dynamique, capable de manipuler les "paddles" des bornes d'arcade avec une dextérité hors du commun. Cette série de bande dessinée humoristique belge, dont le parcours éditorial a vu des publications chez Dupuis, MAD Fabrik, et Glénat, est devenue un phénomène transgénérationnel, captivant son public par son humour gentiment gore et sa capacité à naviguer entre l'innocence enfantine et des thématiques plus adultes.

Le Profil de Kid Paddle : Un Champion des Jeux Vidéo au Cœur de Loup

Kid Paddle, ce n'est pas juste un véritable pro des jeux vidéo ; c'est aussi un gamin qui a un faible pour tout ce qui est gore, gluant, répugnant… et drôle ! Il est d’ailleurs très fort pour les premiers, excellant dans les jeux vidéo, et en ce qui concerne les seconds, aucun monstre n’est trop terrifiant ou répugnant pour lui. L’innocence de l’enfance lui permet même de se délecter sans aucune arrière-pensée attristante des pires photos médicales, une facette de son caractère que l'on pourrait presque lui envier. Il passe sa vie à dégommer des monstres gluants et terrifiants. Pourtant, Kid Paddle n'est pas un agent spécial intergalactique ; c'est juste un gamin, véritable pro des jeux vidéo. Qu'il essaye de battre des records sur ses jeux vidéo préférés ou qu'il rivalise d'imagination pour jouer de nouveaux tours pendables à sa sœur, il n'y a pas d'erreur : c'est Kid Paddle le meilleur ! On imagine mal Kid, adepte de films gore et de blorks dégommés, faire du baby-sitting. Son amour pour le gore, les monstres et les tripes de blorks dégommés l'amuse, et cette passion alimente son imagination débordante, faisant de lui un "serial player" à l'ingéniosité sans limite. Kid a un faible pour tout ce qui est gore, gluant et répugnant, ce qui lui donne sans cesse mille et une idées de blagues qu'il va présenter album après album. Il aime le gore, il adore les monstres. Il a enfilé son inséparable casquette verte, s’est échauffé les pouces et a huilé ses joysticks ; Kid Paddle est de retour, toujours aussi prêt à l'action.

La Bande de Kid Paddle : Une Galerie de Personnages Inoubliables

Autour de Kid Paddle gravite une galerie de personnages hauts en couleur, chacun apportant sa pierre à l'édifice de cet univers déjanté.

Big Bang : Le Génial Inventeur et Ami Fidèle

Big Bang est un petit génie en chimie et mathématiques, et surtout, le meilleur ami de Kid. Il invente tout le temps des gadgets, lesquels ne fonctionnent pas toujours comme prévu. Par exemple, une machine qui donne l'impression de voler est en fait un mécanisme de poulie où Big Bang soulève Kid, ou une combinaison de cosmonaute avec une bouteille de gaz finit par exploser. En réalité, lors de ses premières apparitions, Big n'était qu'un technicien de pacotille, mais au fur et à mesure des tomes, les inventions finissent par fonctionner, le transformant en un inventeur de (presque) génie. Heureusement que Kid peut compter sur le génial inventeur Big Bang, son Q à lui, pour le tirer de mauvais pas. La maison de Big Bang ressemble à un grand hangar, abritant un laboratoire qui est en même temps sa chambre, où il s'adonne à ses expériences. Elle sert aussi de QG, mais plus pour tester les trouvailles du petit génie.

Horace Beckett : Le Naïf Compagnon d'Aventures

Horace Beckett est l'autre meilleur ami de Kid, très naïf et pas franchement une lumière. Il se retrouve souvent blessé, généralement d'une énorme fracture à la tête, souvent à la suite d'un jeu de mots, comme lorsqu'il joue avec la famille de Kid au jeu où l'on doit deviner la carte qu'on a sur la tête : il enchaîne les bonnes réponses et se met à sautiller sur son siège et tombe par terre. Dans la case suivante, on le retrouve à l'hôpital avec une radio qui indique une double bosse, et il demande à Kid s'il a une bosse, à quoi Kid répond : "oui, même une double", puis il répond : "Est-ce que je suis un chameau ?". Il est fan de Rikiki, un canard rose avec un nœud de papillon, et possède des peluches, figurines, posters et DVD de ce personnage, ce qui entraîne souvent l'échec des tentatives de regarder un film d'horreur au cinéma. Il lui est arrivé d'oublier Rikiki dans la chambre de Kid, ce qui a donné des cauchemars au jeune héros. Horace, lui, se verrait plutôt dans le rôle de Money Penny. Ou de l'Aston Martin.

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Carole Paddle : La Sœur Antithèse

Carole Paddle est la sœur de Kid, première de classe désespérément raisonnable, et qui le prend pour un débile profond et un décérébré. Quand elle «gagne», elle n'hésite pas à étaler sa satisfaction, ce qui énerve et écœure son frère. Sa sœur Carole, première de classe désespérément raisonnable, risque encore d'avoir quelques petits soucis, tout comme son père fonctionnaire aussi cravaté que flegmatique ! Surnommée Blorkfinger par Kid, si elle n'est pas vraiment belle, elle reste aussi cruelle et vicieuse qu'une James Bond girl, surtout s'il s'agit de dénoncer les derniers méfaits de son frère. Entre leurs mains, le moindre objet anodin va se transformer en instrument de torture pour poupée trop maquillée. Souvent, les trois protagonistes "empruntent" les têtes à coiffer de Carole pour lui faire des opérations chirurgicales ou Horace met son grain de sel (Kid fait semblant de sauver la poupée qui a eu un arrêt cardiaque en parlant du pouls et Horace rase la tête de la poupée à cause du "pou"). D'autres fois, ils lui cassent sa poupée Cindy (l'équivalent de Barbie dans cet univers) pour tourner des films ou faire semblant de mener une enquête sur le meurtre de la poupée.

Monsieur Paddle : Le Père, Alias "Docteur No"

Le père de Kid et Carole est un fonctionnaire dont la vie n'est pas assez palpitante aux yeux de son fils. Il a une existence trop banale au goût de Kid, qui l'imagine souvent, dans ses rêveries, en super héros, façon Calvin & Hobbes de Watterson. Il appartient à un club de philatélistes et un club de mikado, des hobbies bien loin des préoccupations de son fils. Mais cet homme au joystick d'or doit aussi contrer les plans de docteur No, alias son père, qui lui dit toujours non. Le papa a un côté très classique, un peu fonctionnaire. Midam avoue avoir "quelques pourcents de ça".

Mirador : Le Gardien de City Game

Mirador est le patron de City Game, la salle de jeux où se retrouvent périodiquement Kid et ses amis. Il est très grincheux envers eux, bien qu'il puisse parfois montrer un peu de gentillesse. Il les traite souvent de bande de jeunes, surtout dans le dessin animé. Il en avait marre que Kid et ses amis maltraitent le "matériel de haute technologie de cette salle" et a dressé un chien ayant fait l'armée pour les en empêcher. Il craint bien moins les horribles Blorks que Mirador, le surveillant de City Game, la salle d'arcade, qui n'aime pas trop qu'on secoue ses machines.

Le Petit Barbare : L'Avatar Virtuel

Le Petit Barbare est le petit guerrier du jeu vidéo auquel joue le héros. Il perd souvent la partie, ce qui lui a valu une BD spéciale du nom de Game Over. C'est l'avatar virtuel de Kid Paddle, qui évolue dans un jeu vidéo. Bien que Midam apprécie le Petit Barbare, le côté répétitif de ses aventures lui fait moins rire.

Zara : La Mystérieuse Admiratrice

Exploser du blork, faire des expériences avec Big Bang, expliquer la vie à Horace, clouer le bec de Carole, confectionner des bricolages souvent de mauvais goût… Kid Paddle est un garçon si occupé qu’il ne remarque pas Zara, une mignonne petite blonde qui en pince pourtant sérieusement pour lui, mais qui peine un peu à le lui faire comprendre. Et pour un peu qu’Horace se retrouve à faire le messager entre la belle et Kid, ça vire carrément au massacre !

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Les Lieux Emblématiques de l'Aventure

L'univers de Kid Paddle est également défini par des lieux récurrents qui sont le théâtre de ses aventures et de ses gags.

City Game : Le Paradis des Gamers

Entre la maison des Paddle et l'école, il y a City Game. Salle d'arcade immense, avec un nombre infini de jeux, toujours plus fous et développés. C'est un vrai paradis pour Kid, qui pourrait passer ses journées à jouer avec ses amis sur les bornes. C'est le lieu de prédilection du trio ; ils y passent le plus clair de leur temps en s'adonnant à leur activité favorite.

La Maison des Paddle : Un Havre de Subversion

La maison de Kid est une petite maison tranquille dans une petite banlieue (trop ?) tranquille. C'est le cadre de nombreuses interactions familiales, notamment avec sa sœur Carole et son père, où les fantasmes de Kid se heurtent à la réalité quotidienne. Les gags à la piscine ou dans la chambre de Carole, transformée en scène plus gore les unes que les autres grâce à l'imagination de Kid, sont des exemples typiques des détournements qu'il y opère.

Planète Zombie : La caverne d'Ali Baba de l'Horreur

Planète Zombie est la boutique de jeux vidéo, de figurines de Blorks, de revues spécialisées dans le « gore », plus simplement de tout ce qui intéresse Kid. C'est un lieu où il peut assouvir ses passions et trouver l'inspiration pour ses prochaines farces ou ses fantasmes.

L'École : Le Royaume des Matières Indigestes

L'école, c'est là que nos héros passent leurs heures perdues à travailler. Subtilités des poèmes d'Amédée Feuillas, étude des oiseaux maritimes, mathématiques, autant de matières indigestes que Kid et Horace fuient. Étant donné son intelligence, cela ne pose guère de problèmes à Big Bang, qui y excelle sans effort.

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La Genèse et l'Évolution de la Série : L'Œuvre de Midam

Kid Paddle est une série de bande dessinée humoristique belge créée par Midam en 1993 pour le magazine Spirou n° 2887, avant de paraître en albums, édités à partir de 1996 par Dupuis. Le personnage de Kid Paddle apparaît pour la première fois en 1994 dans le magazine Spirou (n° 2887), en marge de la rubrique Shazam présentant les jeux vidéo du moment. Son nom n'est pas donné ; on trouve juste un texte à côté de l'illustration : « Qui c'est celui-là ? Dans trois semaines, il apprend à se servir d'une console ! ». La semaine suivante, on le retrouve, toujours en marge de la rubrique Shazam, dans une illustration où il se trouve séparé de sa console de jeux par divers obstacles sortis de divers jeux vidéo (bombes, piques et monstres). Le texte à côté précise : « Il n'a plus que deux semaines pour déjouer tous ces pièges ! » Encore la semaine suivante, on le retrouve, toujours en marge de Shazam, complètement emmêlé dans les fils de sa console. MC Sprite, le personnage de Mauricet qui illustrait jusqu'alors la rubrique, le regarde d'un air narquois et commente : « Et c'est "ça" qui va prendre la relève ?!… ». En effet, dans le numéro 2890 du 1er septembre 1993, la rubrique Shazam devient : Pas de Joystick pour Kid Paddle, dont chaque planche illustre un des trois jeux vidéo présentés dans la rubrique par Patrick Pinchart.

Midam, de son vrai nom Michel Ledent, a déjà vendu 7 millions d'albums de Kid Paddle en français. Le 12ème opus, Panik Room, est sorti en librairie. À cette occasion, le créateur du garçonnet fan de jeux vidéo - alors que lui-même n'y connaît rien - a rencontré Europe 1. "J'aurais pu animer la rubrique cuisine et Kid se serait probablement appelé Kid Chantilly. Tout ce que je voulais, c'était raconter des histoires", confie Midam, expliquant ses débuts. La rubrique sera par la suite renommée Labo Kid, tandis que les planches de Kid Paddle se font de plus en plus indépendantes de la rubrique elle-même qui disparaît de Spirou à partir du numéro 2992, le 16 août 1995. L’enthousiasme grandissant des lecteurs pousse Midam et le rédacteur en chef de Spirou, Patrick Pinchart, à passer de la demi-page à la pleine page. Puis, après quatre ans d'existence de Kid Paddle, un premier album paraît aux éditions Dupuis.

Depuis la parution du premier album, Jeux de vilains en 1996, plus de 6 millions d’albums de Kid Paddle (en langue française) ont été vendus. En 2010, Midam autoédite sa série chez MAD Fabrik, puis en 2014, Kid Paddle est publié par Glénat qui rachète l'éditeur. Midam a ainsi creusé le sillon d'un humour gentiment gore où chaque personnage reste fidèle à lui-même tout en s'étoffant gag après gag. L'évolution de son dessin est également notable : depuis sa première apparition dans Spirou en 1992, et ce même entre sa première et sa quatrième apparition, le dessin de Kid a changé. Les personnages, proportionnés à l'origine, ont progressivement évolué vers le dessin actuel, où la tête est disproportionnée par rapport au corps.

Le Succès Multiforme : Au-delà de la Bande Dessinée

Le succès de Kid Paddle ne se limite pas aux albums de bande dessinée ; il s'étend à de multiples supports et formats, témoignant de l'impact culturel de l'œuvre de Midam. Fort de ce succès confirmé par les ventes de l'album, les ayants droit décident d'exploiter le personnage sur d’autres supports. Ainsi, en 2002, le premier Kid Paddle Magazine apparaît, et un an plus tard, une première saison de 52 épisodes présente Kid Paddle dans un dessin animé diffusé sur les écrans de France, de Belgique, de Suisse et du Québec.

Dans le but de satisfaire les fans de la série, des centaines de produits dérivés ont été créés à l’effigie du héros dans les domaines du textile, de la bagagerie, de la papeterie, des jeux vidéo, du jouet, etc. Midam a accepté de se lancer dans les produits dérivés, considérant cela comme un "passage obligé". "Je m'exprime dans la bande-dessinée, dans un univers de papier. Mais je me suis rendu compte que c'était très excitant de faire sortir le personnage du papier pour le voir atterrir sur un verre à moutarde ou une chaussure", explique-t-il sur Europe 1. "C'est un moyen de toucher un autre public, qui ne connaît pas la BD mais qui va y venir à travers ces gadgets", justifie-t-il encore.

En 2004, une série « spin-off » de Kid Paddle intitulée Game Over paraît, mettant en scène l’avatar virtuel de Kid Paddle : « Le Petit Barbare », évoluant dans un jeu vidéo. Pour ce projet, Midam collabore avec Adam Devreux au dessin et s’entoure de divers scénaristes. Le succès de cette série est presque égal à celui de Kid Paddle. Et enfin, en 2009, Midam crée sa propre structure éditoriale et de gestion de droits dérivés. Il s’associe toujours avec Araceli Cancino, ainsi qu’avec Dimitri Kennes, ancien directeur général de Dupuis. Les premières lettres de leurs prénoms donne son nom à l'entreprise : MAD Fabrik. Cette société reprend les droits sur l’ensemble de l’univers Kid Paddle le 1er juillet 2010 et s’appuie sur une gestion centralisée et exclusive de la marque.

Un premier jeu de cartes est lancé par Éditions Atlas, Blorks Attack. Le but est de détruire le « Petit Barbare » de son adversaire grâce à de terribles « blorks » et des cartes « matos » pouvant renforcer l'attaque, le tir ou la défense. Le premier fascicule contient 30 cartes sont des cartes « blorks », des cartes « matos » et la figurine de Kid Paddle. Il contient aussi un tapis de jeu, les règles du jeu, un poster et des pions. Un second jeu sort en 2012 édité par La Haute Roche. Game Over Le jeu est illustré par Midam et créé par Jérémy Peytevin. Ce jeu se base un peu sur le principe du Mémory, jeu de mémoire où le principe est de reformer des paires éparpillées, le but étant de former tout un chemin à travers blorks invincibles et autres obstacles jusqu'à sa princesse. Chaque joueur place sa carte « Petit Barbare » sur son point de départ. Ensuite, le plus jeune joueur commence, il choisit une arme (massue, poison, pistolet ou arc), puis retourne une carte adjacente à la sienne. Si la carte retournée est un Blork qui ne peut être vaincu avec l'arme choisi ou un Blork invincible, c'est Game Over. Le joueur retourne toutes les cartes face visible et c'est au joueur suivant. Dans le cas contraire le joueur peut continuer son exploration : prendre une autre arme ou garder la même et retourner une autre carte adjacente à la sienne.

En plus de cet indéniable succès d'édition, le nom de Kid Paddle est immortalisé en sciences par un entomologiste (Yves Gomy) qui lui dédie une espèce de Coléoptère Histeridae de Tanzanie : Hypocaccus kidpaddlei.

Les Coulisses de la Création : Midam et Son Univers

L'approche de Midam dans la création de Kid Paddle est particulièrement éclairante quant au succès et à la profondeur de la série. "Kid Paddle, c'est une facette de moi. Tous les personnages de l'album ont quelque chose de moi", confie-t-il à Europe 1. Il ajoute : "Le caractère principal de Kid, c'est moi". Pour autant, Midam ne se considère pas comme le "père" de son personnage. "Je ne dirai jamais que Kid Paddle est mon enfant", assure-t-il, précisant que si Kid est "une œuvre qui [le] fait vivre, c'est aussi un personnage de papier".

Une particularité notable de la série est l'absence de la mère de Kid dans les albums. Midam explique qu'elle existe bel et bien et était présente dans le premier album, mais en voix off. Il aurait voulu la représenter physiquement, mais manquait de temps ce jour-là et s'est dit qu'il la dessinerait la semaine suivante. Cependant, la semaine suivante, il avait trouvé un gag où il n'était pas nécessaire de la faire apparaître. Et il aurait fallu trouver une raison à son absence dans le premier album ! De plus, certains journalistes l'avaient félicité d'avoir osé mettre en scène une famille monoparentale, trouvant ça tellement progressiste, et il n’avait pas voulu les contredire. Quelques années plus tard, les producteurs des dessins animés Kid Paddle lui ont demandé de dessiner la maman de son héros. Midam s'est caché sous son lit pendant un mois ou deux, invoquant des retards, un kidnapping extraterrestre, une perte de mémoire. Il a également reçu quelques versions du scénario d'un film Kid Paddle, actuellement en projet, où l'on trouve sa maman.

Midam ne partage pas la passion des jeux vidéo de son personnage. "Pour bien cerner un sujet, il ne faut pas rentrer dedans. Il faut rester à la périphérie parce qu'alors vous observez de loin", assure-t-il. Cette distance lui permet d'avoir une perspective unique et d'éviter les clichés. Il vise toutes les générations avec ce petit garçon, ses copains et sa famille plus que normale. "Je veux que mes parents de 75 ans, mes copains de 30 et 50 ans et les enfants comprennent mes gags", dit-il. "J'ai visé un large spectre, c'est peut-être la recette du succès."

Album après album, Midam nous régale des aventures de Kid Paddle. Loin de se répéter, il se renouvelle toujours aussi merveilleusement en surfant sur ces thématiques populaires chères aux jeunes (et aussi aux moins jeunes) : les jeux vidéo, le gore et la science-fiction. Il est comme ça, il préfère la qualité et prendre son temps plutôt que de bâcler son travail. C’est probablement aussi une des raisons qui l’ont poussé à ne pas renouveler son contrat avec Dupuis et à voler de ses propres ailes en créant sa maison d’édition en compagnie de son épouse et de Dimitri Kennes (d’où le nom MAD Fabrik). Midam note dans ses carnets toutes ses idées de scénarios qui peuvent parfois germer pendant plusieurs années avant de donner naissance à un gag, une histoire et finalement une planche ! Kid a évolué, comme son dessinateur, passant au départ du monde axé uniquement sur les jeux vidéos (3-4 premiers tomes) pour toucher aujourd’hui un public intergénérationnel.

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