Maîtriser la pêche du silure à la bouée : techniques, montages et stratégies

La pêche du silure est une discipline qui ne cesse de susciter l'intérêt de passionnés, évoluant constamment au fil des années pour s'adapter à la méfiance croissante des poissons, notamment dans les secteurs à forte pression halieutique. Parmi les méthodes les plus emblématiques, la pêche à la bouée s'est imposée comme une technique incontournable. C’est en 1997, lors de mon premier séjour à Méquinenza sur les berges du Segré que j'ai découvert une drôle de technique. Une pêche au vif, grossière qui consiste à mettre en place une énorme bouée reliée à un gros poids par une corde. Le montage, tout aussi grossier, est fixé à cette bouée par un fil de faible diamètre qui permet de maintenir le vif à poste fixe. Les résultats de cette technique sont hallucinants. Fasciné par la prise, à cette même époque, de mon premier silure au ver de terre, je décide d'apprendre cette technique et le comportement du silure.

Fondamentaux de la technique à la bouée

La technique de la pêche à la bouée après 17 ans de pratique, continue à donner de bons résultats avec toujours un matériel basique à savoir: une bouée de grande taille indispensable pour que son immersion accentue l'auto-ferrage lors de l'attaque du silure. La pêche à la bouée est une technique réalisée en poste fixe, nécessitant une préparation de la zone de pêche. Une bouée flottante ancrée sur le fond est installée près de la zone de pêche choisie à l’aide d’une embarcation. Elle sert de support pour accrocher un brin cassant qui reliera ensuite la ligne de pêche. Après avoir préparé le montage avec un vif de grosse taille, il est transporté jusqu’à la bouée et relié à celle-ci par le cassant. Une fois la canne à pêche installée sur son support en position verticale, il suffit de tendre la ligne avec le moulinet jusqu’à la limite de rupture du brin cassant. Ainsi, la ligne mise en tension sera tenue hors de l’eau jusqu’à la bouée. De plus, elle ne sera pas soumise à la pression du courant ni au ramassage des débris transportés par l’eau, même à grande distance. Lors de l’attaque du silure sur le vif, le brin cassant cède, libérant la ligne avec le silure à son extrémité. Cette technique est particulièrement intéressante pour cibler de beaux spécimens en proposant de grosses bouchées, souvent des poissons de 2m et plus.

Matériel et logistique de bord

La pêche du silure est sans contexte, la plus musclée que l'on peut trouver dans nos eaux. Au niveau des montages, pas question de faire des nœuds bricolés. La dépose des bouées ne peut se faire qu’en utilisant une embarcation, de même que la mise en place des montages. Le premier élément indispensable est donc une embarcation maniable, légère et stable afin de faciliter les manœuvres et les combats en pleine eau : un pneumatique de 2,70 mètres à 3 mètres offre un bon rapport entre encombrement, poids, maniabilité et rapidité de mise à l’eau. La pêche se pratique depuis la berge, canne en position verticale. Les cannes les plus adaptées sont donc d’une longueur comprise entre 3 mètres et 3,50 mètres. Elles devront être puissantes : 150 à 300 grammes pour permettre, non seulement de maintenir la tension du montage sans faire souffrir le blank, mais également pour assurer une réserve de puissance suffisante pour contrer les silures. Les moulinets doivent être à la fois robustes, légers et assez gros pour contenir 150 à 200 mètres de tresse en 50 centièmes. Il vous faudra également un pique pour placer la canne en position verticale. Préférez les piques en acier ou inox (à rechercher au rayon surfcasting), car les piques en aluminium ne sont pas assez rigides. Enfin, une bouée de mouillage sur laquelle sera préalablement fixée une potence sur la partie émergée de la bouée, un poids de 10 kilos et de la corde (diamètre de 8 à 10mm).

Montage, armement et précision du poste

Pas de place au hasard dans cette pêche ! Vous aurez besoin d’hameçons très solides et au piquant irréprochable. Ce point est le plus important car l’hameçon doit pénétrer rapidement dans la mâchoire du silure. En effet, la piqure intervient à la touche, impliquant un ferrage automatique immédiat. Les hameçons qui ont ma préférence sont les Gamakatsu « Triple16 » et Owner « ST56 » et « ST66 ». Vous utiliserez un hameçon simple en second hameçon pour fixer le vif par le dos. Le bas de ligne sera réalisé en tresse de gros diamètre (70 à 90 centièmes) protégée contre l’abrasion, qui résistera aux frottements provoqués par les minuscules dents disposées en râpe sur les mâchoires des silures. Il est simplement relié au corps de ligne par un émerillon baril de 75 à 100 kilos de résistance. L’émerillon baril recevra un brin cassant en nylon de 30 à 40 centièmes. Concernant la bouée, il faut installer une potence en tresse ou en cordelette terminée par un émerillon agrafe très solide. Personnellement, j’y adjoins un flotteur à son extrémité, ce qui permet de voir les mouvements du vif et ainsi de s’assurer qu’il est toujours vigoureux. Il faut bien penser à mettre la bouée en place un peu plus au large que le spot à pêcher, car une fois sous tension, le vif évoluera devant la bouée, à une distance égale à la longueur de la potence. La longueur du bas de ligne déterminera la profondeur maximale à laquelle le vif pourra descendre. Il sera par contre libre de remonter jusqu’à la surface puisqu’aucun plomb ne le retient. Vous pouvez cependant adjoindre un plomb de 50 à 200 grammes, suivant la taille du vif, afin de le forcer à rester à la profondeur souhaitée.

Choix des postes et stratégie de pêche

Les bons postes pour pratiquer la pêche du silure à la bouée se concentrent principalement aux abords des plateaux en bordure qui sont de véritables garde-manger pour les silures. Les tombants juste derrière ces plateaux constituent des spots de premier choix. En journée, allongez votre bas de ligne et ajoutez un plomb de 150 à 300 grammes pour faire évoluer le vif dans le tiers inférieur de la couche d’eau. Le silure, comme d'autres carnassiers ne change pas de secteur si celui-ci répond à toutes ses exigences alimentaires. Son comportement lorsque qu'il est en mode "chasse" par contre lui varie. A quelle profondeur faire évoluer son vif ? Tout dépend de la température de l'eau et de la saison, mais en règle générale j'aborde un poste avec cette méthode: je règle mon flotteur 20 cm de plus que la moitié de la profondeur. La pêche aux vifs est plus technique, plus stratégique et bien plus passionnante que ce que l’on peut lire ou dire çà et là à son sujet. La première étape consiste à dresser un profil type du parcours fréquenté. Une fois que vous avez construit mentalement la photographie de ce profil moyen, l’idée est de repérer tous les secteurs qui diffèrent significativement de cette photographie. Ce sont en général les meilleurs postes !

Lire aussi: Stratégies de pêche du silure géant

Gestion du vif et régulation alimentaire

Qui dit pêche au vif, dit vif. Il faut les manipuler le moins possible et le faire avec soin si l’on veut des vifs très remuants. Sur le poste de pêche, la meilleure méthode de conservation est la bourriche, identique à celle des pêcheurs au coup, d’une longueur de 3 mètres afin que les vifs s’y déplacent facilement sans se toucher. En matière d’espèces, seule la réglementation en vigueur bride ma sélection. En ce qui nous concerne, j’essaye d’utiliser systématiquement l’espèce et la taille de vifs qui est la plus consommée par les silures au moment et sur le lieu de ma session. La pêche au vif n’est plus trop à la mode. C’est pourtant une technique accessible à tous permettant presque à coup sûr de réussir ses premières pêches. Les règles de base pour le silure c'est être monté gros, costaud et ne pas hésiter à rentrer dans l'excès concernant la taille des appâts. Ne les pêche pas avec des gardons de 10/15 cm, tu toucheras d'autres carnassiers. Des vifs de 1 ou 2 kg seront au poil.

Techniques complémentaires : posé, verticale et flotteur

La première technique de pêche au silure que je vous propose de découvrir est la pêche au posé. Cette technique de pêche au silure consiste simplement à lancer votre montage avec la canne sur la zone de pêche souhaitée. Ensuite, laissez le plomb se déposer sur le fond, et maintenez l’appât sur place, décollé ou posé sur le fond. Une des techniques de pêche au silure est la pêche au flotteur submergé. C’est une technique de pêche au posé qui permet de présenter l’appât décollé du fond grâce à un flotteur monté sur le bas de ligne. Étant donné que la ligne sera soumise au courant, il est important de la lester fortement. L’utilisation d’une pierre de plusieurs kilos, attachée par un brin cassant devant le bas de ligne, est très efficace.

La pêche en verticale consiste à prospecter lentement et précisément le relief du fond et les différentes couches d’eau où les silures peuvent se tenir. On la pratique en déplaçant doucement l’embarcation pour faire nager le leurre grâce à la force du courant. La pêche au fireball, bien que plus contraignante que la pêche aux leurres, nécessite l’utilisation de vifs de belle taille et s’avère captivante et très efficace. Elle se pratique en dérive en verticale, en suivant le relief du fond pour optimiser la présentation du vif. La pêche à la traîne au plomb palette peut se réaliser en poste fixe ou en dérive. Durant la dérive, il suffit d’animer le plomb en effectuant de petits mouvements de haut en bas pour créer un effet ondulatoire et rendre les appâts attractifs. La pêche au flotteur, technique ancienne et fondamentale, est le B.A-BA de la pêche et reste efficace pour la capture des silures. Cette méthode consiste à utiliser une ligne équipée d’un flotteur pour maintenir le montage et l’appât à la profondeur désirée.

#

Lire aussi: Bien choisir son embarcation : canoë ou kayak de pêche en mer ?

Lire aussi: Guide ultime : Canoë gonflable de pêche

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *