Le Maroc, destination prisée des passionnés de pêche, offre une diversité incroyable de spots et de techniques, allant du surfcasting sur ses vastes plages atlantiques à la pêche en haute mer au large de ses côtes méditerranéennes. Connue pour être l’un des paradis des kitesurfeurs, Dakhla est aussi la Mecque du surfcasting et des grosses courbines. Le potentiel halieutique y est riche et varié, attirant des pêcheurs du monde entier à la recherche d'aventures mémorables et de prises spectaculaires.
Dakhla et l'Oued Eddahab : Un Écosystème Unique pour le Surfcasting
La région de Dakhla, en particulier l'Oued Eddahab, se distingue comme une destination phare pour la pêche sportive. À Dakhla, la plupart des épiceries sont assez bien achalandées en matériel de pêche basique, et il y a quelques marchands d’articles de pêche, ce qui évite de se surcharger avec du matériel trop souvent inadapté aux conditions locales. Le riche potentiel halieutique de la province d’Oued Eddahab, la qualité de la structure d’accueil et la gentillesse de ses habitants font de Dakhla une destination-pêche sportive idéale et bon marché. Il est cependant crucial de choisir la bonne période pour s'y aventurer. Par conséquent, on évitera d’y poser ses cannes de juillet à fin octobre et de janvier à mars. Mais le reste de l’année, quel régal !
Autour de Dakhla se succèdent des plages à forte déclivité, des petites baies protégées par des enrochements et des falaises tombant sur des fonds importants. Sur toute cette portion de côte, les passionnés pourront établir leur bivouac directement sur les lieux de pêche. L’Oued Eddahab, cette petite mer intérieure de près de 40 km sur 20 environ, constitue une frayère abritée des vagues de l’Atlantique favorisant la reproduction de nombreuses espèces. Cette zone de près de 20 km constitue une frayère abritée des vagues de l’Atlantique pour plusieurs espèces, notamment les courbines, les liches, les ombrines, les petits requins, les bars francs et mouchetés, les raies diverses, les daurades, les pageots et autres gros Sparidés. D’énormes bancs de pélagiques sont calés à quelques mètres du bord, offrant des opportunités de pêche excitantes.
Une expérience récente illustre parfaitement les attraits de Dakhla. Mick et Daniel, en connaissance de cause, ont décidé de s’y rendre au mois de mai. À la sortie de l’aéroport, nos deux amis rencontrent Si’Abdenbi, qui sera leur guide de pêche et leur mentor pendant tout le séjour. L’accueil est direct et chaleureux, imprégné d'une ambiance résolument pêche dans le garage, avec de nombreuses cannes entreposées et tout un matériel destiné aux campements sur les plages. Au mur, une vieille affiche incite à la protection des phoques moines, espèce en voie de disparition dans le monde.
Préparation et Techniques de Surfcasting à Dakhla
Pour une première session, nos amis s’équipent immédiatement. Pendant ce temps, Si’Abdenbi part s’approvisionner en « Sépias » fraîches, sans oublier les indispensables bonbonnes d’eau. Daniel, en habitué des lieux, s’attable à la terrasse ombragée d’un petit café tout proche et commande l’incontournable thé vert. Après ce cérémonial, il salue ses voisins de table, des Raïs* enturbannés et drapés dans leurs gandouras. Très avenants, ils ne tarissent pas de conseils sur les techniques de pêche de la « corbina ». Mick les rejoint au moment où Daniel est lancé dans les avantages comparés du « Pulley Rig* » par rapport aux classiques empiles hautes. L’auditoire est sceptique.
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Une heure plus tard, le 4×4 quitte la petite ville en direction du nord. Si’Abdenbi conduit la tête hors de sa fenêtre, l’usage des lave-glaces étant inconnu dans cette région très aride. La mer est d’un bleu-vert dense, les vagues s’écrasent régulièrement sur les contrebas rocheux, le vent est supportable, voilà qui est prometteur, Inch’Allah ! Ils décident de prospecter les blocs rocheux au bas des falaises pendant que la mer se retire. Une corde est attachée à l’essieu arrière du 4×4, garé parallèlement à la côte, et nos deux amis entament prudemment la descente vers une plate-forme accueillante, quelques mètres plus bas. Les vers coréens ont bien supporté le voyage. Tac-Tac-Tac, ferrage souple du poignet, Daniel ramène un premier sar d’un kilo environ, et le rejette immédiatement à l’eau. « Nous ne garderons que les gros », précise-t-il à Mick interloqué.
Le soleil s’enfonce lentement dans l’Atlantique et le ciel majestueux s’embrase de couleurs. Assis sur ses talons, Si’Abdenbi sert le thé avec des gestes immémoriaux, tirant de courtes bouffées sur sa petite pipe en forme de fume-cigarette. L’odeur du tabac noir parfumé au clou de girofle se mêle à la senteur sucrée de la menthe verte pour embaumer la sérénité du coucher de soleil. Mick, impatient de se mesurer aux grands Sciaenidae, brise la magie de l’instant en klaxonnant sur l’air des lampions. C’est l’heure de rejoindre la « Maison de la Courbine », haut-lieu du surfcasting, tout au bout de la piste. La pleine lune apparaît dans le ciel pourpre, annonçant une forte marée.
Les waders enfilés, nos amis renforcent leurs montages, sans toutefois exagérer. Le matériel est un facteur clé de succès dans ces conditions exigeantes. Une tresse de 18 mm sur le moulinet est utilisée, une ligne-mère en fluocarbone de 60/100, une empile courte en 50/100, un plomb grappin de 140 gr, et un hameçon 4/0 sont les choix techniques. L’attente est silencieuse, la concentration intense sur les mouvements de houle transmis par les cyalumes phosphorescents fixés au bout des scions ; les surfeurs sont en communion totale avec l’environnement marin.
Le cœur battant, Mick sent une tirée lourde et puissante sur la canne qu’il tient à la main. Départ en force, le fil se déroule rapidement. Le frein, pas très serré, émet un long bruit de crécelle. Ferrage énergique à deux reprises, la main sur la bobine, le corps rejeté en arrière. Puis, canne haute, il rentre dans l’eau poursuivre le combat contre ce qui semble être une très belle prise. Le souffle court, Mick exulte. Le son strident du frein de bobine et le sifflement du vent sur la tresse tendue amplifient son excitation. Le poisson déploie toute sa puissance, et Mick s’efforce de brider sa course vers le petit cap rocheux à gauche. Tout à coup, le fil se détend. Le nœud de l’émerillon, trop sollicité par les prises précédentes, a lâché au moment où il ne fallait pas. Dure école que la pêche ! Le vent se renforce rapidement, rendant la pêche difficile.
Réveil à l’aube. Les muscles endoloris, mais en pleine forme, nos deux amis invitent le ponctuel Si Abbès à partager leur petit déjeuner, tartines et œufs durs saupoudrés de cumin, accompagnés du tonique thé à la menthe. Le 4×4 longe les salines à l’extrémité du bras de mer, avant de prendre la route qui continue vers la frontière mauritanienne, quelques 380 km plus au sud. Direction El Argoub, de l’autre côté de l’Oued Eddahab. Daniel tente en vain quelques lancers avec un popper dans les chasses qui animent les bancs. Mais les grosses liches sont trop loin, accessibles seulement à marée basse. Des pêcheurs professionnels, dont le campement est tout proche du rocher où sont perchés nos amis, leur proposent une balade dans leur « flouka », une petite barque à moteur. S’ils se laisseraient bien tenter, Mick et Daniel doivent refuser, n’ayant pas trop le pied marin. Le vent a tourné, et l’eau devient laiteuse car elle se mélange avec le calcaire des falaises. Les pêcheurs décident de changer de poste. Si’Abdenbi les conduira sur la magnifique plage de Chica. Et c’est avec furie que les deux amis se ruent sur la grande plage abritée par un cap formé de hautes falaises. Entrant jusqu’à la ceinture dans les vagues glacées, ils lancent rageusement leurs lignes, visant la différence de courant. Daniel annonce vouloir retarder son retour de quelques jours, lorsqu’une brusque secousse lui arrache presque la canne des mains. Cependant le lendemain, c’est avec regrets que nos deux amis quittent cette attachante ville et cette ambiance-pêche unique de la région de Dakhla.
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Matériel et Équipement Indispensables pour la Pêche au Maroc
Pour réussir ses sorties de pêche au Maroc, un équipement adapté est primordial. Il n’est pas nécessaire de se surcharger avec du matériel trop souvent inadapté aux conditions locales. En revanche, un matériel solide et fiable s’avère indispensable pour résister aux nombreux transports et pour parer à toutes surprises. Il est recommandé des cannes suffisamment puissantes (100-250 gr minimum) et des moulinets irréprochables, avec des bobines de rechange. Évitez de monter des fils trop gros : l’utilisation de fil fin ou de tresse procure un plaisir décuplé de la touche et du combat, et permet d’allonger la distance des lancers.
Dans le contexte des pêches en bateau, des ensembles spécifiques sont testés et approuvés. Par exemple, après les premières joies de la veille, une nouvelle heureuse matinée avec de très beaux poissons a permis de tester les deux ensembles Maxel à bord. Nous rencontrons ainsi plusieurs épreuves consistantes en quelques heures, incluant du mérou bien agressif et des dentis excités. La première chose marquante est que ces cannes ont un superbe comportement sur la détection de touches. Les moulinets ont fait un sans-faute, seul le Maxel Rage demande un petit temps de prise en main supplémentaire lié à l’absence de gâchette, accessoire dont est pourvu l’Hybrid, une version légèrement moins onéreuse. De l'indétrônable Shimano Tiagra au performant Penn Squall, nous avons sélectionné les références mondiales qui dominent la pêche au gros.
Pour les pêches en profondeur, l'utilisation de moulinets électriques peut s'avérer nécessaire. Nous sommes donc de sortie avec le plus gros moulinet électrique du marché, le XF 655, une sorte de F150 (le fameux pick-up de Ford, capable de tracter des dizaines de fois son poids). Ce type de matériel est essentiel pour explorer des fosses de 300 mètres et placer une mitraillette avec 3 beaux chinchards encore vifs (« cabale » au Maroc ou « severau » en Provence). Le marin estime que les conditions peuvent devenir trop difficiles pour pêcher, mais parfois une belle touche survient juste avant de quitter les lieux.
Les leurres sont aussi d'une importance capitale. Si les poissons locaux ne sont pas très méfiants - peut-être parce qu'ils sont aussi moins prospectés que chez nous -, leur dentition puissante fait des ravages sur les leurres sous-armés. Finalement, c’est le madaï Sepia qui a fait le job sur des dentis à plume assez vigoureux. De jolies Sama de pluma (denti à plumes) y sont capturées, des espèces que l'on ne trouve pas encore dans d'autres régions. Une autre cartouche performante pour les grands fonds est le Kraken Star JLC 170mm en 90gr et 120gr, qui a permis de sortir un mérou approchant la dizaine.
Diversité des Techniques de Pêche au Maroc
Le Maroc offre un large éventail de techniques de pêche. Au-delà du surfcasting en Atlantique, d'autres méthodes sont pratiquées avec succès sur les côtes marocaines.
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La pêche à l’inchiku est une technique très simple qui est accessible à tous, y compris aux débutants. Redoutable d’efficacité sur tous les prédateurs marins, l’inchiku est un leurre incontournable pour toutes les pêches verticales.
La pêche à la traîne est également très efficace, notamment pour les espèces pélagiques. Des essais ont été réalisés avec une nouvelle canne Top Fishing 20/50lbs dédiée à la traîne lente. Le premier essai peut se faire avec une seiche capricieuse, suivie parfois d’une très belle touche, même si le poisson n'est pas toujours ferré. Ces pêches peuvent être pratiquées en grandes profondeurs, testant la résistance du matériel et l'endurance des pêcheurs.
Pour les zones abritées, notamment près des ports, des techniques spécifiques sont privilégiées. Vue la mer déchaînée, il est parfois préférable de rester dans les eaux portuaires, ainsi abrités on pêchera dans de faibles profondeurs. Afin d'avoir un minimum de stabilité à bord, les bateaux sont ancrés à l’avant et à l’arrière. Côté pêche, les techniques classiques de Martigues sont parfois utilisées : coulisseau, petit plomb poire, une agrafe, un bas de ligne de 80cm avec un hameçon Gamakatsu. Un bonheur n’arrivant jamais seul, il arrive de pêcher un premier bar moucheté avec un crabe, laissant le pourquoi du comment un peu dubitatif, mais la joie prime. « Trop de vent aujourd’hui… ;-(. Du coup les techniques de pêches Marseillaises s’exportent, petite calée aux crabes ;-D… j’adore cette pêche… »
Des sessions de pêche en casting sont aussi pratiquées. Cette semaine marocaine a été l'occasion de pêches en casting, pêche à la traîne et en grandes profondeurs.
Sites de Pêche du Nord au Sud : Expériences et Potentiels
Au-delà de Dakhla, le Maroc présente d'autres régions d'intérêt majeur pour la pêche.
Le littoral tangérois, au nord du Maroc, offre également des opportunités intéressantes. Jérôme, inspirateur de la gamme Top Sea et ambassadeur Italcanna-WFT en France, est parti une semaine au Maroc. Suivant son habitude estivale, Jérôme Carlier s’est rendu à la Marina Smir sur la côte tangéroise pour conseiller un client Top Fishing et faire avec lui une prise en main de matériel. Pour rappel, ce moniteur guide-pêche opère généralement dans les eaux Marseillaises de la côte Bleue. Il est un des grands inspirateurs de la gamme Top Sea, composée d'introuvables, de raretés et de coups de cœur. On a par exemple vu Jérôme en mer avec Papé J. Dès son arrivée, Jérôme se livre à un premier galop d’essai réussi. La météo docile incite parfois à prolonger le séjour, comme lorsque Jérôme a changé son billet d'avion pour s'offrir une journée supplémentaire.
Une autre zone prometteuse se trouve au large de Cabo Negro. Un matin, des pêcheurs font cap sur Cabo Negro. Au pied de cette falaise rocheuse, il y a un à-pic où la profondeur passe de 30 à plus de 250 mètres de fond sur quelques ramées. C’est le terrain idéal pour tester du nouveau matériel et de nouvelles techniques de pêche profonde.