Guide Complet pour Partir en Catamaran Autour du Monde

Faire le tour du monde en catamaran… Voici un projet qui fait rêver ! C’est un appel de la mer pour sa sérénité, une quête de liberté que partagent de nombreux plaisanciers. Alors que l’expédition de l’explorateur portugais Magellan, au XVIème siècle, fut à l’origine du premier tour du monde en bateau à la voile, un exploit accompli avec un seul des cinq navires de départ, les conditions actuelles sont bien différentes et l’aventure bien plus accessible. Il est désormais possible de partir en voyage autour du monde en étant parfaitement équipé, que vous soyez seul ou en famille. Que ce soit pour des mois, des années, voire toute une vie, l'idée de déménager à bord d'un bateau et de faire de la mer son nouvel élément séduit. Ce guide a pour objectif de structurer ce rêve en fournissant des informations concrètes, des témoignages de navigateurs expérimentés et des conseils pratiques pour concrétiser cette ambition hors du commun.

Pourquoi Choisir un Catamaran pour l'Aventure Autour du Monde ?

Le catamaran, avec ses deux coques et sa plateforme centrale, offre des espaces de vie larges et un confort inégalé pour la grande croisière. Cette configuration présente des avantages significatifs par rapport aux voiliers monocoques, rendant l'aventure du tour du monde plus accessible et agréable pour un large éventail de marins, qu'ils soient aguerris ou novices.

Confort et Stabilité Inégalés à Bord

Un des atouts majeurs du catamaran est sa stabilité. Contrairement aux monocoques, il ne subit pas les effets de gîte, ce qui facilite grandement les activités quotidiennes à bord. Déplacements, cuisine, toilette, études ou travail, tout est simplifié. Même en escale, sur un mouillage rouleur et particulièrement désagréable pour un monocoque, le catamaran reste la plupart du temps stable et confortable. Laura, Enrique, Aizea et leur chien Bandit, par exemple, ont choisi un catamaran, un Bali 4.2 du chantier Catana nommé Aitayama, spécifiquement pour la stabilité et le confort du voyage au long cours. David et Amy Alton, un couple d'Américains ayant réalisé un tour du monde, ont également souligné qu'ils passaient moins de 13% de leurs nuits en mer sur l'ensemble de leur périple et qu'ils naviguaient principalement au portant, minimisant ainsi l'inconfort lié à la gîte.

Espace de Vie et Capacité de Stockage Généreux

Avec ses deux coques et sa plateforme, le catamaran propose des volumes habitables impressionnants. Les cabines, simples ou doubles, et les cabinets de toilette sont la plupart du temps confortables, permettant d'accueillir un équipage varié, voire de nouveaux passagers en fonction de la composition de l'équipage. Par exemple, le volume habitable du catamaran Excess 11 est très généreux, offrant des espaces optimisés pour la convivialité - comme le grand cockpit dégagé - mais aussi des zones pensées pour la tranquillité, pour profiter de moments en solo ou avec plus d’intimité. Les catamarans offrent presque toujours de grandes capacités de stockage, permettant aux équipages qui se lancent dans un tour du monde d'emporter bien plus que s'ils embarquaient sur des voiliers monocoques. Cette capacité est essentielle pour les voyages au long cours, réduisant la fréquence des ravitaillements.

Performances et Sensations en Navigation

Il est souvent dit qu'entre monocoque et multicoque, seul le voilier monocoque permet de vivre des sensations en navigation. C'est faux ! La gamme de catamarans Excess, par exemple, démontre qu'un catamaran comme l'Excess 14 propose une expérience de navigation particulièrement performante. Avec des lignes tendues, un mât avancé, une bôme basse, un roof reculé et un franc-bord abaissé, l’architecture novatrice de l’Excess 14 invite à ressentir des sensations inédites en navigation. La légèreté du bateau et la large surface de voilure permettent souvent à l'équipage de naviguer à la voile même par petit temps, réduisant ainsi la dépendance au moteur et la consommation de carburant. L'Excess 13, conçu pour les navigateurs avides de sensations et de liberté, est un catamaran au caractère affirmé qui offre des espaces particulièrement bien travaillés, un design intérieur moderne et un volume intérieur optimisé.

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Autonomie Énergétique et Polyvalence

Par rapport à un monocoque, la largeur de pont d’un multicoque permet souvent l’installation d’une plus grande surface de panneaux solaires, pour une indépendance énergétique accrue. Cette autonomie est un atout considérable pour les navigations lointaines et les mouillages prolongés. De plus, les catamarans sont parfaitement adaptés à diverses activités nautiques, comme le kitesurf, la plongée sous-marine ou le snorkeling, offrant un accès facile à la mer depuis leur large plate-forme arrière.

Préparation et Formation : Les Fondations d'un Départ Serein

Partir à la conquête du monde, braver l'horizon et les éléments pour vivre l'aventure de sa vie est une décision majeure. Même avec très peu d'expérience de la voile, dans l'esprit, l'idée de voyager en voilier en famille ou en solitaire peut prendre forme. Pour prendre un bon départ, une préparation rigoureuse et une formation adaptée sont indispensables.

Acquérir l'Expérience Progressivement

La décision de se lancer dans une nouvelle aventure procure souvent un sentiment libérateur et l'énergie nécessaire pour franchir les premiers obstacles. Cependant, de nombreuses questions surgissent : Par où commencer ? Quel choix de bateau ? Quels cours suivre ? La navigation hauturière se distingue à bien des égards de la navigation côtière. Ne plus voir la terre peut être un facteur anxiogène, avec l'impression d'être livré à soi-même.

Même si vous avez déjà pris des cours de voile, considérez que partir en voyage en voilier en famille ou seul avec peu d’expérience, c’est un peu comme se lancer seul sur le périphérique parisien le lendemain de l’obtention de son permis de conduire. Il est essentiel de débuter par de courtes navigations de deux ou trois heures, que vous allongerez progressivement. Bâtissez votre confiance dans le bateau, en vous-mêmes mais aussi dans votre équipage. Tout le monde à bord doit pouvoir apprendre à maîtriser le bateau et à en comprendre ses réactions. Laura et Enrique, par exemple, n'étaient absolument pas des navigateurs. Ils se sont formés sur le Lac Léman, ont passé leur permis voile Lac, puis ont commencé à se former au permis hauturier avec le CCS Lémanique. Ils ont eu une première expérience de navigation de nuit avec Explora Project à Marseille, ont fait le tour de l’île de Batz avec Damien Cloarec et une croisière moteur avec le CCS autour de l’île de Porquerolles. Ils ont réalisé la plupart de leurs milles sur leur catamaran, toujours accompagnés d’un skipper pour se former le mieux possible. En été 2024, ils ont obtenu leur permis hauturier, avec 1000 milles nautiques au compteur.

La Météo, Votre Principal Allié

En voilier, c'est bien connu, c'est la météo qui dicte le rythme. Et c'est encore plus vrai lorsque l'on débute et que l'on a peu d'expérience. Évitez de vous confronter à des vents de plus de 25 nœuds, sauf si vous n'avez pas le choix. Si vous partez de Méditerranée, méfiez-vous, car elle est beaucoup plus traître que l’Atlantique avec des vagues courtes et violentes. Avant de prendre la mer ou de quitter un mouillage, étudiez bien les fichiers météo en vous basant sur les prévisions les plus pessimistes. Prenez les prévisions en mode « rafales » et ajoutez encore entre 5 et 10 nœuds pour vous accorder une marge de sécurité. Renseignez-vous également sur les particularités de votre zone de navigation.

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Maîtriser les Manœuvres Essentielles

  • Navigations de nuit : Ne vous lancez pas tout de suite dans des navigations de nuit. Toutes les sensations et les perceptions sont différentes. Commencez par faire de petites parties de nuit, comme partir en navigation en fin de nuit pour avoir une ou deux heures d'obscurité. Puis allongez au fur et à mesure les durées. Vous gagnerez progressivement en confiance et apprécierez ces navigations qui offrent souvent un spectacle grandiose : Voie lactée, plancton fluorescent, dauphins.
  • Mettre le bateau à la cape : En mer, nous ne sommes jamais très loin d’une difficulté, d’une météo changeante, d’un problème technique ou d’un gros coup de fatigue. L’une des meilleures options est de mettre votre bateau à la cape. Il suffit de faire virer le bateau sans rien toucher aux voiles ni aux réglages. La grand-voile changera d'amure et la voile d'avant se gonflera à contre, opposant les forces pour que le bateau s'arrête face aux vagues. Bloquez la barre « au vent ». Même dans une grosse mer avec beaucoup de vent, vous retrouverez tout de suite un peu de « confort » et de tranquillité. C’est également une manœuvre d’urgence en cas d’homme à la mer. N’hésitez pas à pratiquer cette manœuvre dès vos premières sorties.
  • La communication : Le manque d’assurance peut vite faire paniquer dans des situations stressantes. Une bonne communication est cruciale. Le capitaine reste le chef d’orchestre à bord. Mettez-vous d’accord avant la manœuvre sur des signes qui vont vous aider à communiquer. Prenez votre temps, expliquez ce qu’il y a à faire, décomposez les manœuvres et surtout, restez calme ! L’énervement est la meilleure recette pour se rater. L’erreur est humaine, et c’est ainsi qu’on apprend.

S'entourer d'Expérience

Même si vous avez pris des cours de voile, il n’est jamais facile de se lancer seul au milieu de nulle part. N’hésitez pas à vous faire accompagner par des personnes expérimentées qui finiront de vous rassurer dans la prise en main de votre voilier. Savoir que vous avez des personnes qui auront les bons réflexes en cas de problème, qui pourront tenir des quarts sans que vous ayez à vous inquiéter, ça vaut de l’or. Il y a beaucoup de personnes qualifiées qui souhaitent s’embarquer pour des navigations plus ou moins longues. Franz et Nadine, après leur rencontre fortuite avec un couple de navigateurs aux Seychelles en 2014, se sont lancés dans un programme avec Dream Yacht. Pour leurs premiers charters, ils ont fait équipe avec des amis et des inconnus qui savaient déjà manœuvrer un voilier et qui avaient beaucoup d’expérience à partager, apprenant ainsi les bases, étape par étape, de manière intensive.

Prendre le Temps Nécessaire

Votre programme est de voyager au long cours. Profitez de la lenteur qu'offre le voilier. Inutile de vouloir aller trop vite dans vos étapes. L’aventure peut commencer à seulement deux heures de navigation de son point de départ. Donnez le temps à chacun de trouver son rythme à bord. En voilier, le rythme effréné de la terre n’a pas lieu d’être. Laissez-vous porter par vos envies et vos coups de cœur.

Choisir son Compagnon de Route : Le Catamaran Idéal pour un Tour du Monde

Le choix du bateau est la première étape primordiale pour que son voyage soit réussi. Sécurité et performance sont les caractéristiques les plus importantes.

La Taille du Bateau : Un Compromis entre Confort et Maniabilité

Un retraité, seul et sans obligation, s'interroge après le salon nautique de Paris : les vendeurs de 36 pieds lui disent qu'il peut partir sans problème, tandis que ceux de 14 mètres le qualifient de "kamikaze". Cette divergence met en lumière une question cruciale : Ne pas voir trop grand dans le choix du bateau.

Lorsque l’on décide de partir en voyage au long cours, nous avons tendance à vouloir conserver un minimum de confort. Or, il est utopique de penser que toutes les commodités d'une maison se retrouveront sur un voilier. Un bateau doit rester le plus possible minimaliste, car plus il est complexe et équipé, plus les risques de pannes augmentent. Chacun doit trouver le meilleur compromis entre le confort, les équipements et les coûts associés.

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Que votre choix se porte sur un monocoque ou sur un catamaran, plus votre bateau est grand, plus il coûtera cher en entretien - souvent des milliers d’euros - et en frais de marina. Un grand bateau sera également plus physique à manœuvrer en mer. Même avec de l’assistance électrique, le bateau développera une puissance plus importante qu’un voilier plus modeste. À moins que vous ne naviguiez avec des équipages conséquents (ce qui n’est souvent pas le cas en famille, et encore moins en solitaire), vous devrez être en mesure de manœuvrer votre voilier en équipage réduit. Mieux vaut donc le choisir dimensionné à son programme et aux capacités de son équipage. David et Amy Alton, après mûre réflexion, ont opté pour un Hélia 44, un catamaran de 44 pieds (environ 13,4 mètres), soulignant leur volonté de conserver une forte valeur de revente et ayant constaté la présence de catamarans Fountaine Pajot de toutes tailles partout dans le monde. C'était pour eux la décision facile à prendre. Laura et Enrique, avec leur Bali 4.2 (environ 12,8 mètres), ont également choisi une taille intermédiaire, parfaitement adaptée à leur famille et leur chien.

Achat ou Location : Quel Choix pour Votre Projet ?

Le budget n'est pas le même pour un bateau neuf ou d'occasion récente. Le prix d'achat d'un voilier peut varier de 50 000 à 400 000 euros, incluant souvent des rénovations et travaux.

  • Location : Si vous souhaitez partir un an et sans stress, la location est la meilleure option. Tout est compris : assurance, équipements, et un bateau entretenu, ce qui est moins coûteux à court terme. SamBoat, par exemple, est spécialisé dans les projets de navigation longue durée et peut vous accompagner dans la recherche de votre bateau de location.
  • Achat : Si vous achetez un 14/15 mètres, il faudra peut-être chercher un revenu en le louant, une idée qui ne dérange pas certains car ils ne sont pas attachés aux choses matérielles. C'est l'approche adoptée par Franz et Nadine, qui, après avoir été mordus par le virus de la navigation, ont signé un contrat de partenariat pour un catamaran Lagoon de 40 pieds, 4 cabines, 2 salles de bain, aux Seychelles, via un programme qui leur a permis d'apprendre à naviguer tout en ayant un bateau à long terme.

La question de la taille du bateau doit être étroitement liée à votre niveau en navigation et à l'espace que vous désirez avoir, tout en restant réaliste quant à votre capacité à le gérer seul ou en équipage réduit.

Itinéraires et Escales de Rêve Autour du Monde

L'itinéraire de votre tour du monde est une composante essentielle de la préparation, offrant une carte des découvertes qui vous attendent. La route des Alizés est l’itinéraire classique, poursuivi par la plupart des catamarans de voyage. Elle promet aux équipages de naviguer tout autour du monde poussés par le vent, au portant, à condition de suivre le rythme des saisons.

La Traversée de l'Atlantique et l'Exploration Caribéenne

Vous débuterez probablement votre voyage au départ de la côte Atlantique ou de la mer Méditerranée. Après la traversée du golfe de Gascogne ou du détroit de Gibraltar, vous mettrez le cap sur les archipels des Canaries et du Cap-Vert. De premières belles découvertes vous y attendent, auprès de peuples accueillants et habitués au passage de voiliers de voyage. Certains équipages marquent ensuite une étape au Sénégal, où ils peuvent, du même coup, déposer du matériel humanitaire embarqué en France.

Ensuite, direction les Antilles. Après votre première navigation hauturière de plusieurs semaines, en transatlantique, vous pourrez ainsi envisager de plus courtes traversées, entre de nombreuses îles qui valent le détour. Du nord au sud : les îles Vierges Britanniques, Anguilla, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Antigua, la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines, les îles de Trinité et Tobago… Toutes ces destinations vous promettent une fin d’année ensoleillée, ainsi que des conditions de navigation particulièrement agréables. Franz et Nadine ont particulièrement apprécié les îles Sous-le-Vent des Caraïbes, décrivant Saint-Martin comme moins "sauvage" et plus "Côte d'Azur", avec de bons vents, de bons restaurants et des bars de plage branchés comme le Rainbow Café. Si vous disposez d’un peu de temps avant le passage du canal de Panama, vous pourrez envisager la navigation dans les îles ABC - Aruba, Bonaire et Curaçao, au large du Venezuela, idéales pour les sports nautiques.

L'Immense Océan Pacifique : Un Joyau Incomparable

Le Pacifique Sud était la zone de navigation préférée de David et Amy Alton. Ils ont trouvé les îles reculées et incroyablement belles, et les gens étonnamment amicaux. Après votre première traversée atlantique, vous continuerez d’en prendre plein les yeux, après le passage du canal de Panama. Après l’exploration des côtes pacifiques du Panama et du Costa Rica, l’archipel des Galapagos, en Équateur, est une étape confortable avant la transpacifique.

Dans le sillage de nombreux autres navigateurs, vous ferez escale dans l’archipel des Tuamotu, dans les îles du Vent, dans les îles Sous-le-Vent, ou bien, encore plus loin, dans les îles Australes. La Polynésie française est une destination de rêve, avec des îles isolées dans les Marquises, ou des atolls idylliques dans les Tuamotu. Bora Bora a dépassé toutes les espérances de David et Amy, avec ses eaux cristallines et ses raies manta. Bénédicte et sa famille ont fait le choix de visiter l’archipel des Gambier : « En Polynésie, pour sortir des sentiers battus, nous avons choisi de faire cap sur l’archipel des Gambier. Y aller depuis Panama est exigeant : près de 3 semaines de mer, à des allures moins portantes que d’habitude, au travers. Mais avec un catamaran de 55 pieds comme le nôtre, ce n’est pas un problème. À lui seul, l’archipel des Gambier est un concentré du meilleur des Marquises, des Tuamotu et des îles Sous-le-Vent. On y trouve des motus et un récif corallien magnifique avec une faune sous-marine très riche. Nous nous sommes régalés, sous l’eau et à terre ! Il y a une culture très forte, avec des valeurs de partage et d’accueil très chaleureuses. On lie facilement contact, notamment pour troquer les fruits et légumes qui poussent dans les jardins des habitants, comme aux Marquises. Comme dans les îles Sous-le-Vent, on peut profiter de jolies balades et randonnées à pied, dans la forêt, le long des jardins bien soignés, avec des vues magnifiques du haut des sommets. » Beaucoup de plaisanciers sont conquis par la Polynésie française, estimant souvent avoir trouvé le plus bel endroit sur terre et décident, parfois, d’interrompre le voyage.

En poursuivant la route vers l’ouest, toujours dans le Pacifique sud, vous découvrirez d’autres pays et peuples qui méritent une étape. Dans les îles Cook, dans l’archipel des Samoa, dans les îles Tonga ou à Wallis-et-Futuna, vos navigations vous mèneront dans des lieux magiques, au contact de populations très accueillantes. Aux Fidji, vous profiterez de villages traditionnels et de nombreux spots parfaits pour les sports nautiques. Au sujet de la Nouvelle-Zélande, Bénédicte confie : « Tout le monde pense qu’elle ne se visite qu’en van, et c’est un secret bien gardé qu’elle se visite aussi très bien à la voile ! Elle offre trois bassins de navigation exceptionnels avec, dans chacun, des dizaines de mouillages très sûrs, des panoramas splendides, des randonnées magnifiques et un approvisionnement très facile. »

L'Océan Indien : Terres Méconnues et Faune Exubérante

Si certains voiliers optent pour une navigation qui enroule l’Australie, la majorité des bateaux empruntent la mer de Corail et le détroit de Torrès pour rejoindre l’océan Indien. Parmi les destinations méconnues en faisant cap à l’ouest, il y a le petit archipel australien des îles Cocos (Keeling) : une étape que Bénédicte qualifie de « très intéressante à tous les points de vue ». Elle se souvient d’un excellent mouillage, d’un magnifique plan d’eau pour le wingfoil, d’une plage agréable et conviviale, ainsi que de sessions de snorkeling sympathiques.

Ensuite, le voyage se poursuit, en navigation transindienne jusqu’à l’île Maurice, jusqu’aux îles Maldives, aux îles Seychelles ou jusqu’à la Réunion. Pour Bénédicte, l’île Maurice devrait être bien plus qu’une étape : « C’est l’escale traditionnelle d’une traversée de l’océan Indien, où les bateaux songent à faire relâche, se contentant de rester à Port Louis. C’est vrai que c’est une escale sympa avec la marina du Caudan, sa grande galerie commerciale ouverte, ses musées, son marché très vivant, ses restaurants… Mais Maurice se visite aussi à la voile ! » Elle et sa famille ont fait le tour de l’île Maurice à la voile, s’arrêtant à Trou d’Eau Douce, Mahébourg et au parc marin de Blue Bay sur la côte est, et à Rivière Noire et Tamarin sur la côte ouest.

Au-delà de cette destination bien connue, la navigatrice recommande de visiter d’autres territoires dans l’océan Indien : « Les îles Chagos, par exemple, constituent une réserve naturelle qui regorge d’oiseaux et de poissons ! Il y a des crabes de cocotiers par milliers, des frégates, des dauphins et des bécunes dans le lagon intérieur, ainsi qu’une vie sous-marine très riche. On peut y passer trois semaines maximum, pas plus, sur autorisation. Et c’est un privilège d’être témoin d’une nature aussi sauvage et foisonnante ! » L’archipel désert de Saint-Brandon vaut également le détour : « C’est une destination bien connue des plaisanciers mauriciens et réunionnais où le dépaysement est assuré ! C’est un atoll semi-fermé composé de dizaines d’îlots plus ou moins grands, réputé pour ses fonds marins et la pêche. » Enfin, Rodrigues est une petite île à l’ambiance surannée et tranquille, que la voyageuse conseille encore : « Nous y avons passé dix jours de navigation fantastiques. L’île est très accueillante et offre deux mouillages : en ville, à Port Mathurin, et à Port Sud-Est. » Bénédicte insiste en confiant que, pour elle, les destinations de grande croisière dans l’océan Indien sont mal connues et largement sous-estimées.

Le Retour en Atlantique et l'Achèvement du Cercle

Après la visite de ces quelques destinations, ce sera l’heure de réaliser vos dernières escales dans l’océan Indien. Ce pays sera un point d’étape obligatoire - mais aussi très agréable ! - avant votre deuxième traversée de l’Atlantique : l’escale à Cape Town vous permettra de préparer le bateau à une des dernières navigations hauturières, dans un port où tout est facilement accessible. Vous effectuerez la traversée de l’océan Atlantique sud, d’est en ouest. À cette occasion, vous pourrez éventuellement faire un arrêt sur le territoire de Sainte-Hélène. En Atlantique-Ouest, avant de rentrer en Europe, vous pourrez être tenté de refaire les mêmes escales que lors de votre premier passage. Mais, si vous désirez en voir plus, votre tour du monde en catamaran pourra être l’occasion de visiter de nouvelles destinations ! Enfin, pour votre dernière traversée hauturière, la traversée atlantique retour, vous ferez sûrement escale dans l’archipel portugais des Açores. Nul doute que vous rencontrerez, là, d’autres équipages qui, comme vous, ont fait le tour du monde en catamaran.

La Vie à Bord : Quotidien, Gestion et Plaisirs

Vivre à bord d’un catamaran pendant un tour du monde est une expérience transformatrice, où le bateau devient réellement votre maison. Cela implique une adaptation au quotidien, une gestion rigoureuse des ressources et une appréciation des plaisirs simples qu'offre cette vie nomade.

Gérer les Ressources à Bord

Pour ce qui est de l'alimentation, il est tout à fait possible de concocter de savoureux repas à bord. Plus votre bateau sera petit, plus l’espace cuisine risque de l’être aussi, un retour aux kitchenettes étudiantes qui peut être un coup de jeune pour certains ! Si vous ne comptez pas faire d’escales régulièrement, pensez à faire un stock d’aliments qui se conservent bien (riz, pâtes, semoule, œufs, pommes de terre, conserves …) afin d’éviter la pénurie. Le pain peut avoir une place sacrée lors d’un repas, et pourtant la boulangerie ne sera pas accessible chaque matin.

Votre hygiène ne sera pas au dépens de votre voyage. La plupart des voiliers sont équipés de douches et de salles de bains, généralement dans les cabines et sur le pont. Cependant, les réserves en eau douce sont limitées sur un bateau, il vous faudra être économe entre deux escales.

Avoir accès à internet durant son voyage peut paraître futile, mais c’est une réelle question à se poser. L’accès à internet peut s’avérer utile, notamment près des côtes et du mouillage où une connexion via le réseau mobile 4G est souvent facile à obtenir. La seule question à vous poser est la suivante : « À quelle fréquence vais-je avoir besoin d’utiliser Internet ? » Au quotidien ? Seulement à quai ?

Les Joies du Quotidien en Mer

La vie à bord d'un catamaran est riche en activités. Franz et Nadine ont découvert, par exemple, que leur catamaran entièrement équipé était idéal pour prendre soin de leur nouveau-né tout en s’amusant avec des amis et en découvrant des endroits magnifiques. Aux Bahamas, ils ont passé leurs journées à divertir leur enfant, à travailler leurs compétences en apnée, à pêcher leurs repas au harpon, à faire de la conche, à pêcher la langouste ou simplement à regarder l’arrière du bateau sans pouvoir croire à quel point cet endroit est irréel. Sur la Sardaigne, avec un ami passionné de pêche, ils ont finalement réussi à attraper un "thon de rêve" après une lutte de 50 minutes, un moment mémorable après avoir longtemps recherché un "géant délicieux".

Devenir tour à tour skipper puis chef cuisinier, s’essayer au kitesurf, à la plongée sous-marine, au snorkeling, observer et découvrir la faune et la flore sous-marine, ou simplement vivre au jour le jour au gré du vent et de la météo, sont autant de facettes de cette vie en mer. Les îles Chagos, par exemple, sont une réserve naturelle regorgeant d’oiseaux et de poissons, offrant un privilège d'être témoin d’une nature aussi sauvage et foisonnante. Aux Whitsundays, Franz et Nadine ont cherché les baleines à bosse, profitant d'être sur l'eau 24 heures sur 24 pour maximiser leurs chances de rencontrer ces doux géants.

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