La Plongée Moderne : Naviguer entre la Sécurité des Palanquées et les Avantages des Recycleurs

La plongée sous-marine représente une aventure passionnante, offrant l'opportunité unique d'explorer les profondeurs souvent mystérieuses de l'océan. Cependant, cette exploration exige une rigueur et une préparation constantes, que l'on évolue en palanquée traditionnelle ou avec des technologies de pointe comme le recycleur. La sécurité en immersion, notamment la gestion des imprévus au sein d'une palanquée, et la compréhension des équipements qui révolutionnent l'accès aux fonds marins, sont des piliers fondamentaux de cette pratique.

La Sécurité en Plongée : Gérer la Perte de Palanquée

La perte de palanquée est un incident qui peut survenir à tout moment, même en eau claire et pour des plongeurs expérimentés. Les causes peuvent être multiples et variées. Il peut arriver, par exemple, que l'on ne fasse pas suffisamment attention aux autres membres du groupe. De même, une visibilité réduite, comme cela peut être le cas dans certaines conditions, augmente significativement ce risque. L'éloignement excessif des plongeurs les uns des autres est également une cause fréquente, tout comme la présence de nombreuses palanquées sous l'eau ou la réalisation d'une plongée de nuit, qui ajoute une complexité supplémentaire à la coordination visuelle.

L'expérience démontre la réalité de cet incident. Une première fois, lors d'une sortie à Plougasnou en juin 2011 sur le site de Menval, une grosse roche isolée couverte de faune fixée et dotée de nombreuses anfractuosités, une plongeuse Niveau 1 s'est laissée surprendre. En suivant la roche et en m'efforçant d'éclairer les divers trous pour montrer les étrilles, galathées et autres tourteaux, je me suis rendu compte qu'une des plongeuses, C., n'était plus là. Elle n'avait pas dû gérer son équilibre et s'était laissé embarquer vers la surface. Heureusement, elle a eu le bon réflexe de purger régulièrement sa stab et de souffler pendant sa remontée involontaire.

Un second incident est survenu en juin 2017, au large de l’île d’Yeu, lors de plongées de formation PE40 sur le site « Les Marmites ». Une grosse houle d’ouest résiduelle avait rendu la visibilité très réduite dès les premiers mètres. En arrivant sur le fond vers 30 mètres, après avoir rencontré un calmar très furtif, je me suis rendu compte que je ne voyais plus un autre membre de la palanquée, R., la visibilité étant de seulement 1 à 1,50 mètre. La décision logique a été de remonter avec l'autre binôme, T., permettant ainsi de travailler la remontée contrôlée depuis cette profondeur. Une fois en surface, R. nous attendait, ayant pris la même décision. Ces anecdotes illustrent bien que, malgré l'expérience, la perte de palanquée est une éventualité qu'il faut toujours anticiper.

Réagir Correctement en Cas de Perte de Palanquée

L'important, lorsque l'on se retrouve face à ce type de situation, est de réagir correctement pour ne pas générer un sur-accident. Le bon sens est, bien entendu, de tout mettre en œuvre pour éviter que cette situation ne survienne, en constituant des palanquées de petite taille, en maintenant une proximité constante entre les membres, en faisant attention très régulièrement les uns aux autres et en s'équipant chacun d'un phare lors d'une plongée de nuit, par exemple. Néanmoins, si l'incident se produit, une procédure claire doit être appliquée.

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Premièrement, il est primordial de garder son calme. Ce n'est pas parce que le reste de la palanquée a disparu qu'il faut entrer dans une phase de stress intense. Il ne faut pas paniquer. Ne plus voir ses binômes n'est pas si grave que cela en soi ; ils sont quelque part, certainement pas très loin, et l'on respire normalement, l'équipement est en parfait état de fonctionnement, et il y a de l'air disponible.

Deuxièmement, il est crucial de ne pas perdre de temps pour réagir. Même si la vie n'est pas immédiatement en danger, être immergé seul place de fait le plongeur dans une zone de risque accrue. Il faut immédiatement effectuer un 360° : faire un tour sur soi-même en regardant légèrement vers la surface (et non vers le fond) pour tenter de voir ses partenaires ou de percevoir un chapelet de bulles qui remonte. Si un des partenaires est aperçu, tout va bien et la palanquée peut se reformer. Si des bulles sont visibles, il convient de se diriger vers elles et de rejoindre la palanquée qui les émet, ce sont certainement les partenaires.

Si la palanquée n'est pas retrouvée visuellement ou par les bulles, l'étape suivante est de remonter à la bonne vitesse vers la surface. À ce stade, les choses peuvent sembler se "compliquer" un peu. Si le plongeur est autonome, il sait effectuer une remontée contrôlée à l’aide de son gilet stabilisateur. Il suffit alors de répéter, sans panique, ce geste technique qui a été enseigné et qui est maîtrisé.

En cas de plongée profonde ayant généré des paliers obligatoires, il est impératif de faire les paliers obligatoires. Il ne faut pas ajouter de risque à une situation déjà inconfortable. Il est préconisé d'effectuer ces paliers avec un parachute de palier, car tenter de faire un palier de sécurité dans une telle situation est une très mauvaise idée.

Enfin, il faut faire surface en signalant que tout va bien (aucun signal de détresse n'est nécessaire si l'on n'est pas en danger immédiat nécessitant une intervention rapide des secours), puis gonfler le gilet stabilisateur pour rester en surface. Une fois en surface, il convient d'attendre et de rechercher ses partenaires : regarder autour de soi pour les retrouver. Normalement, les autres membres de la palanquée auront réagi de la même manière, et ils ne devraient donc pas tarder à faire surface.

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Une fois la palanquée réunifiée, la décision de se ré-immerger ou non dépendra des circonstances (courant, profondeur, etc.), du gaz restant dans les blocs et de l'état d'esprit collectif du groupe. Si tous les membres appliquent cette procédure, l'incident de perte de palanquée ne sera qu'une petite péripétie dont on pourra rire avec les partenaires une fois de retour au port. L'idée fondamentale de cette procédure est d'éviter un sur-accident, en transformant un incident mineur en une expérience gérable.

Les Recycleurs : Une Révolution dans l'Exploration Sous-Marine

La plongée sous-marine a connu des avancées technologiques significatives, parmi lesquelles le recycleur occupe une place prépondérante. Un recycleur est un dispositif sophistiqué utilisé en plongée sous-marine qui, comme son nom l'indique, recycle et réutilise l'air expiré par le plongeur. Les recycleurs fonctionnent selon le principe de la boucle fermée, ce qui les distingue fondamentalement des systèmes de plongée en circuit ouvert où l'air expiré est simplement relâché dans l'eau.

Le fonctionnement d'un recycleur est ingénieux. L'air expiré par le plongeur est dirigé vers un faux poumon, une sorte de sac qui se remplit et se vide au rythme des expirations et inspirations. Un système de filtration et de purification, basé sur de la chaux, est ensuite utilisé pour éliminer le dioxyde de carbone (CO2), qui est un produit métabolique toxique. Grâce à ce circuit fermé, aucune bulle n'est émise lors de l'expiration. Cette absence de bulles réduit considérablement le bruit sous l'eau et augmente le confort du plongeur, mais elle a aussi des implications majeures pour la faune marine, qui n'est pas effrayée par le bruit ou les panaches de bulles.

Les recycleurs représentent une avancée majeure dans le monde de la plongée sous-marine en offrant des avantages significatifs. Le principe même du recycleur permet des explorations plus profondes et plus longues, car il optimise l'utilisation du gaz respiratoire. L'autonomie en gaz n'est plus une contrainte comme elle l'est en circuit ouvert, surtout lorsqu'ils sont associés à des mélanges respiratoires contenant de l'hélium, ce qui rend l'accès aux abîmes une réalité. De plus, la décompression est optimisée grâce à la gestion constante de la Pression Partielle d'Oxygène (PO2), ce qui est un véritable atout pour les plongées prolongées ou techniques.

Ces performances ont un corollaire direct : il est indispensable de se former à « piloter » ces nouvelles machines et d'apprivoiser de nouvelles sensations. On ne passe pas d'un avion de tourisme à un avion de chasse sans quelques formations spécifiques, et il en va de même pour la transition vers le recycleur. Encore plus que la plongée bouteille, la plongée en recycleur exige une rigueur et une connaissance approfondie du matériel. Les recycleurs doivent être utilisés avec soin et entretenus régulièrement pour garantir leur bon fonctionnement. Les plongeurs doivent être pleinement conscients des procédures d’entretien, de l’inspection des filtres et des capteurs, car la fiabilité de l'appareil est directement liée à la sécurité du plongeur.

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Bien que le concept du recycleur remonte au XIXe siècle, son développement est resté cantonné essentiellement à quelques utilisations militaires pendant longtemps. Il ne s’est véritablement développé et démocratisé que depuis une quinzaine d’années. Le recycleur à circuit fermé s’est naturellement imposé car il permet des plongées aux capacités incroyables. Actuellement, toutes les grandes explorations et découvertes sous-marines se réalisent grâce à ces « machines ». Elles permettent des pénétrations lointaines dans des galeries souterraines en plongée spéléologique, un accès direct à de nouvelles espèces marines profondes (comme le cœlacanthe), et la découverte de nouvelles épaves (telles que l’Estérel ou le Campéador). Le recycleur, offrant la possibilité de rester en immersion un temps infiniment long avec une décompression optimisée et sans bulle, est un outil inestimable pour le biologiste ou le photographe/vidéaste sous-marin.

Comprendre le Fonctionnement des Recycleurs : PO2 et FO2

La maîtrise des concepts de Pression Partielle d'Oxygène (PO2) et de Fraction d'Oxygène (FO2) est fondamentale pour tout plongeur recycleur. Le contrôleur AP, un composant essentiel de ces systèmes, maintient une PO2 constante, fixée par un « setpoint », durant toute la plongée. Habituellement, ce setpoint est de 0,7 bar à la surface et pendant la descente, puis de 1,3 bar pour le reste de la plongée. Il y parvient grâce à l'injection de giclées d'oxygène chaque fois que la PO2 chute sous la valeur du setpoint, que ce soit par consommation de l'organisme ou pendant la remontée.

Ceci a pour résultat une variation constante de la FO2 (ou pourcentage d'O2) avec la profondeur. Pour mieux comprendre ce fonctionnement, il est utile d'imaginer un plongeur remontant d'une profondeur de 50 mètres. À 50 mètres, la pression ambiante est de 6 bars. Si le contrôleur maintient la PO2 à un setpoint de 1,3 bar, la fraction d'oxygène dans la boucle est alors d'environ 1,3 / 6 = 0,21, soit 21%. Au fur et à mesure de la remontée du plongeur, la pression ambiante diminue, entraînant une chute potentielle de la PO2 dans la boucle. L'oxygène est alors injecté par le contrôleur pour maintenir la PO2 au niveau du setpoint (1,3 bar). Par conséquent, la pression partielle d'oxygène (PO2) ne change pas, tandis que la fraction d'oxygène dans le mélange augmente. Cela signifie que le gaz respiré par le plongeur devient particulièrement riche en oxygène dans la zone de décompression, pouvant atteindre de 80% et jusqu'à 100% d'oxygène à 3 mètres, ce qui est idéal pour accélérer le processus de décompression.

Les Bénéfices d'une FO2 Importante

Pourquoi les gaz enrichis en oxygène sont-ils considérés comme meilleurs en plongée ? C'est une excellente question à laquelle de nombreux plongeurs sont déjà familiers. En un mot, plus il y a d'O2, moins il y a de gaz inerte (azote, hélium) absorbé par le corps, et moins ces gaz inertes n'imposent de paliers de décompression. Ainsi, un gaz riche en oxygène se traduit par la possibilité de faire plus de plongées, d'atteindre plus de profondeur, et de réduire les paliers de décompression.

Comprendre la Pression Partielle d'Oxygène (PO2)

La question fondamentale concernant la toxicité à l'oxygène est de savoir si le danger réside dans la PO2 ou la FO2. La réponse est clairement la PO2. Après tout, il est possible de respirer 100% d'oxygène en toute sécurité en surface ou jusqu'à 6 mètres de profondeur, comme le faisaient les premiers recycleurs à oxygène pur.

Imaginons une seconde la plongée avec un équipement respirant uniquement de l'oxygène pur. À la surface, avec une FO2 de 100%, la pression partielle d'O2 est de 1 bar, une PO2 tout à fait sûre. La plage de pressions partielles d'oxygène viables pour l'être humain se situe entre 0,16 bar et 1,6 bar. Mais en descendant avec cet appareil fictif, la pression ambiante augmente. À 1 mètre de profondeur, la pression partielle d'O2 est de 1,1 bar. À 2 mètres, elle monte à 1,2 bar, à 3 mètres à 1,3 bar, et ainsi de suite. Par conséquent, une fois arrivé à 6 mètres, la PO2 atteindrait 1,6 bar. Même si le plongeur respire toujours 100% d'oxygène, à 1,6 bar de PO2, il entre dans une zone à risque où l'oxygène commence à devenir un poison hyperoxique. Inversement, si un plongeur montait dans une montgolfière jusqu'à trois fois la hauteur de l'Everest, atteignant un point où la pression ambiante descend en dessous de 0,16 bar, même un mélange à 100% d'oxygène ne fournirait plus que 0,16 bar de PO2 et commencerait à être hypoxique. Tout est une question de PO2, de la pression réelle de l'oxygène.

C'est pourquoi, lors d'une formation recycleur, la consigne « Toujours connaître sa PO2 ! » est répétée en permanence. Contrairement au circuit ouvert où l'enseignement met l'accent sur la quantité de gaz disponible dans la bouteille, la plongée en circuit fermé insiste sur l'importance de connaître « Quel gaz ? », c'est-à-dire quelle PO2 est en cours de respiration.

L'Intégration des Plongeurs Recycleurs : Défis et Perspectives

L'accueil des plongeurs au recycleur représente parfois un défi, en particulier dans certains contextes, comme en France. La question se pose de savoir si les plongeurs recycleurs sont compatibles avec les plongeurs de loisir en circuit ouvert classique. Il est essentiel de préciser que nous parlons ici des plongeurs recycleurs utilisant un diluant Air ou un diluant Trimix normoxique, évoluant dans la zone habituellement fréquentée par les plongeurs dits « classiques » de loisir. Il est bien évident que si l'on évoquait des plongées techniques engagées avec du Trimix hypoxique, des "run time" très spécifiques et des procédures de réchappe différentes, un refus de la mixité des palanquées semblerait plus que normal.

Le nombre de plongeurs et de plongeuses loisirs en recycleur ne cesse de croître, et c'est une évidence. En dehors des frontières françaises, l'accueil des plongeurs recycleurs se fait sans aucune difficulté et souvent avec le sourire, comme un client classique pourrait l'être. En Italie, Espagne, Grèce, Égypte, Suisse, Soudan, Mayotte, Philippines, Sultanat d’Oman, Écosse, Guadeloupe, Polynésie, la situation est généralement plus facile qu'en métropole. Par exemple, à une heure maximum de la France, en partant du Var, on arrive en Italie, et là, l'impression est d'être dans un autre monde. Le chef de centre trouve normal qu'un plongeur ait un recycleur, il demande si le plongeur a ses "Bail out" ou s'il en souhaite, et avec quels gaz. La station multi-mélanges est présente et accessible. Ce n'est pas spécifique à l'Italie, mais une tendance observée dans de nombreux pays. Dans de telles conditions, il n'y a pas trop de soucis pour faire des palanquées homogènes afin de regrouper les recycleurs ensemble. Il n'y a aucune réticence à ce sujet, et tout se déroule manifestement sans incident ni problème. Il ne s'agit pas de faire n'importe quoi, n'importe comment, mais d'une acceptation et d'une organisation adaptée.

Alors, pourquoi cette situation est-elle différente en France ? Certains centres (que l'on compte sur les doigts d'une main) ont compris cette évolution et organisent des rotations matinales assez tôt pour permettre aux recycleurs de faire une plongée autonome un peu plus longue que les autres. Mais cela reste exceptionnel. Bien que cette approche soit appréciée et ne perturbe pas le déroulement de la journée, elle est souvent limitée.

La question de la mixité des palanquées, entre plongeurs recycleurs et plongeurs en circuit ouvert, est souvent soulevée. S'il s'agit d'une palanquée composée exclusivement de plongeurs sans bulles, il est très difficile de les repérer de la surface, et dans ce cas, un respect impératif du "Run Time" est demandé aux plongeurs. Cependant, si un plongeur recycleur est intégré à une palanquée majoritairement en circuit ouvert, aucun problème ne se pose, au contraire. Le ou les plongeurs recycleurs sont équipés de blocs complémentaires, appelés "Bail out", qui leur permettent de s'alimenter en circuit ouvert si nécessaire et d'être autonomes. Ils peuvent même alimenter un partenaire en circuit ouvert qui tomberait en panne d'air, offrant ainsi une couche de sécurité supplémentaire à la palanquée.

Pour la plupart des situations, comme la gestion du courant, la réaction à avoir sera exactement la même que celle apprise lors des formations conventionnelles en circuit ouvert. Les accidents spécifiques à cette pratique, tels que les accidents chimiques liés au recycleur, restent marginaux. Un plongeur recycleur est généralement équipé d'un "Bail Out", qui est toujours ouvert pendant la plongée et permet à tout moment de respirer un gaz fiable. En théorie, il suffirait de prendre ce détendeur, de le mettre en bouche et de commencer une remontée, comme cela est pratiqué lors des diverses formations en circuit ouvert. L'auteur souligne que, en théorie, la gestion des interventions sous-marines est souvent très personnelle, mais la façon de réagir face à un problème sera similaire, que ce soit en circuit ouvert ou fermé, en termes de procédures de base. Ce qui change, ce sont principalement les volumes de gaz et leur gestion.

Malheureusement, bien que bon nombre de jurys présents aux examens (Guide de palanquées, Monitorats) et autres formations techniques de plongeurs et de moniteurs utilisent régulièrement des recycleurs dans leur vie courante, une grande majorité refuse ou ne peut pas les utiliser lors de ces formations, par peur de perturber les candidats. Or, il est impératif de former et de sensibiliser les futurs encadrants à ce type d'intervention. Pourquoi ne pas instaurer, lorsque cela est possible, une introduction théorique à cette pratique, avec une présentation de matériel, suivie d'un essai sous-marin ? Il faut démocratiser cette pratique et la présenter comme quelque chose que ces futurs candidats à la direction de plongée peuvent être amenés à gérer. Il est essentiel, par l'intermédiaire de ces formations, de présenter et d'expliquer cette pratique de la plongée, car elle n'est plus du tout confidentielle. De cette façon, les Directeurs de Plongée pourront accueillir sereinement cette pratique qui n'est nouvelle que pour eux.

Il est important de souligner qu'un plongeur recycleur n'est pas forcément un plongeur profond, et qu'il ne part pas systématiquement pour des plongées de deux heures. Il peut faire exactement la même plongée que des plongeurs en circuit ouvert. C'est en respectant aussi cette réalité que les plongeurs en recycleur seront acceptés et intégrés. Le plongeur recycleur est aussi, dans la majorité des cas, une personne capable de respecter les paramètres que le directeur de plongée impose en termes de temps et de profondeur. Ce sont souvent des plongeurs respectueux de ces deux paramètres, car les respecter est le seul moyen pour la sécurité surface de mettre en place une action rapide en cas de besoin. De plus, il y a quelques incohérences entre les cursus de formation et les demandes d'heures de pratique. Souvent, les moniteurs utilisant des recycleurs, bénévoles dans des structures associatives où ils font le plus d'heures de pratique, ne sont pas autorisés à les utiliser dans le cadre de leur encadrement ou des formations qu'ils dispensent.

Face à ces diverses réactions et aux problématiques d'accueil de cette pratique en France, une nette tendance à la "fuite vers l'étranger" est observée. Surtout depuis qu'un organisme comme PADI s'est lancé dans cette pratique et y a mis les moyens, il est nécessaire de s'accrocher au risque de perdre une bonne partie des pratiquants. La différence d'accueil, de pratique et de démocratisation du recycleur est vraiment importante à l'étranger.

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