La pratique du Stand Up Paddle (SUP) est devenue incontestablement en vogue depuis plusieurs années sur nos plages françaises. Accessible et ludique, ce sport attire chaque année de nouveaux pratiquants. Cependant, bien que de nombreuses personnes souhaitent connaître le plaisir de ramer debout, il est crucial de garder à l’esprit que le SUP peut présenter des dangers si l’on n’est pas correctement équipé et si l’on ne suit pas quelques règles simples. Le paddle board n'est pas dangereux, loin de là, toutefois, comme tout sport nautique, nous nous devons d'être conformes à la loi, de porter un VFI et de faire preuve de gros bon sens. En SUP, la sécurité est votre réflexe primaire.
Les fondements de la sécurité en Stand Up Paddle
La pratique du Stand Up Paddle peut s’avérer périlleuse si l’inconscience se mêle à votre sortie. Beaucoup débutent sans connaître les règles de sécurité de base. C’est un problème, car sur l’eau une situation peut basculer vite, vent qui se lève, courant, fatigue, chute loin du bord. L’un des dangers majeurs lors de la pratique du SUP est la surestimation de ses capacités physiques et la sous-estimation des conditions de la mer. La majorité des accidents pourraient être évités en portant un gilet de sauvetage, en utilisant un leash, en restant à distance raisonnable du rivage et en respectant la météo.
La base de toute sortie commence par l'évaluation de vos compétences. Il est impératif de savoir nager. Avant de s’éloigner du bord, il faut être capable de retourner sa planche en cas de besoin et d’y remonter dessus. Assurez-vous aussi de savoir ramer allongé sur la planche, pour pouvoir rattraper sa pagaie par exemple. Il faut également apprendre à se diriger, tenir un cap et à tourner. Si vous vous trouvez en difficulté au large avec votre SUP, il est crucial de rester sur la planche et de ne pas la laisser, sous aucun prétexte. N’essayez jamais de rentrer à la nage, votre planche est votre radeau de survie. Mettez-vous à genou ou allongez-vous sur la planche pour éviter de dériver encore plus, et pour limiter les risques de chute.
Comprendre l'environnement : Météo, vent et courants
En paddle board, le vent est un élément que l'on doit connaître. Tout comme le courant d'une rivière, la direction du vent peut faciliter ou ralentir ta glisse. N'hésite donc pas à regarder les prévisions météo et à jeter un coup d'œil particulier à la vitesse et à la direction du vent. Si votre instinct s’assurera de l’ensoleillement pour vous accompagner, pensez surtout à éviter le facteur le plus contraignant : le vent. Il est indispensable de regarder la météo avant toute sortie, et d’anticiper les possibles changements de temps. Éviter bien sûr de partir par temps d’orage ou par vents forts, sauf si vous êtes un champion du downwind.
Ne surestimez pas votre capacité à remonter au vent. L’idéal est de toujours partir face au vent, pour pouvoir rentrer vent dans le dos : déjà, c’est plus gratifiant, et en plus, vous avez la certitude de pouvoir revenir à votre point de départ, même si un coup de fatigue est survenu entre-temps. Renseignez-vous également sur les courants et les marées de la zone où vous prévoyez de pratiquer le SUP. Anticipez l’évolution possible des conditions en prenant toutes les informations utiles en amont de votre navigation.
Lire aussi: Stand-Up Paddle Surf : Genèse
Cadre réglementaire en France
La pratique du SUP en France est régie par la FFS depuis 2016. Le stand-up paddle est un sport diurne ; il est interdit de pratiquer la nuit, sauf lors de sorties encadrées par un professionnel avec autorisation spéciale. Si vous avez un SUP gonflable simple chambre ou bien un SUP rigide de moins de 3,5 mètres (11’6), votre planche est considérée comme un engin de plage, et il est interdit de franchir la bande des 300 mètres d’un abri. Un abri est un endroit de la côte où vous pouvez vous mettre en sécurité en abordant et où vous pouvez en repartir sans assistance.
La plage est donc un abri, des falaises rocheuses n’en sont pas. Notez qu’aucun matériel d’armement et de sécurité n’est requis pour les engins de plage dans la limite des 300 mètres. Néanmoins, la recommandation fédérale est de tout de même porter le gilet d’aide à la flottabilité ainsi que le leash. Si vous avez un SUP rigide ou gonflable double chambre de plus de 3,5 mètres (11’6), alors vous pouvez aller jusqu’à 2 milles nautiques d’un abri, soit environ 3,7 km. Pour aller dans cette zone de 300 mètres à 2 milles nautiques, vous devez avoir avec vous l’équipement obligatoire appelé basique.
La navigation en rivière a, elle aussi, une réglementation particulière. Le leash est à proscrire pour éviter les coincements avec le courant. Le gilet d’aide à la flottabilité et des chaussures fermées sont obligatoires. Lorsque la pratique s’effectue dans les eaux intérieures exposées ou sur le lac Léman, il faut s’équiper en supplément avec un moyen de repérage lumineux individuel.
Équipement obligatoire et essentiel
Six équipements simples suffisent pourtant à réduire considérablement les risques. Aucun n’est coûteux.
Le Gilet de Flottaison ou de SauvetageEn France, la Division 240 impose un gilet de 50 N minimum dès que tu navigues au-delà de 300 mètres d’un abri. En deçà, il reste fortement recommandé par la Fédération Française de Surf. Deux options existent : le gilet classique, fiable et toujours actif mais plus encombrant, ou le gilet gonflable à ceinture, discret et sans gêne pour le coup de pagaie mais qui nécessite une activation manuelle et le remplacement régulier de la cartouche CO2. Il est crucial de noter qu'un gilet de sauvetage (flottabilité supérieure à 100 N) n’est pas la même chose qu’un gilet de flottaison (50 N). Le premier a la capacité de se retourner dans l’eau afin de dégager les voies respiratoires. Tous les gilets doivent être certifiés CE ou approuvés pour la sécurité de la vie en mer (SOLAS).
Lire aussi: Choisir une planche à voile gonflable : Le guide complet
Le Leash (Cordon de sécurité)Le leash te relie à ta planche. Sans lui, une chute en conditions venteuses peut te séparer de ton paddle en quelques secondes. Or ta planche est ton radeau de survie. En mer et en lac, le leash est obligatoire. En rivière, c’est l’inverse : il est interdit, car le courant pourrait le coincer sous un rocher et te bloquer sous l’eau. Pour la pratique en eau vive, il existe une alternative : la ceinture à largage rapide, où le leash s’attache à la taille plutôt qu’à la cheville.
Le moyen de signalisation sonorePetit, léger, et pourtant essentiel. Un sifflet permet d’alerter un bateau qui ne t’a pas vu ou d’appeler à l’aide en cas de détresse. La voix porte mal sur l’eau, surtout face au vent. Le sifflet, lui, s’entend de loin.
Le repérage lumineuxLa Division 240 l’exige au-delà de 300 mètres : un moyen de repérage lumineux étanche, avec une autonomie de six heures minimum. Lampe flash, lampe torche étanche ou cyalume, le choix est libre. Même en dessous de cette distance, une lumière reste utile car une session qui commence en plein jour peut se terminer à la tombée de la nuit.
Moyen de communicationAu-delà d’une heure de navigation ou en itinérance, un téléphone dans une pochette étanche est vivement recommandé. Il permet de prévenir les secours ou un proche en cas de problème. Pour contacter le CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) depuis votre portable, appelez le 196. Une VHF est également une solution efficace pour les pratiquants réguliers en milieu marin.
Protection contre le soleil et les élémentsSur l’eau, la réverbération amplifie l’exposition aux UV et le risque de brûlure est réel, même par temps couvert. Trois éléments suffisent : une casquette ou un chapeau, un lycra anti-UV (UPF 50+) et une crème solaire waterproof. En eau froide, même par temps chaud, il est possible de souffrir d’hypothermie. Portez une combinaison appropriée si les conditions le nécessitent.
Lire aussi: Tout savoir sur le SUP