La question de la fessée, qu'elle soit envisagée sous l'angle de l'éducation ou de l'érotisme, traverse les époques et les cultures. Si le terme désigne techniquement un châtiment corporel, ses implications varient radicalement selon le contexte. Cet article explore les dimensions psychologiques, historiques et sociales de cette pratique, tout en distinguant clairement les enjeux de la discipline parentale des jeux de consentement entre adultes.
Les Enjeux du Développement de l’Enfant
Pour bien se développer, l’enfant a besoin de vivre un sentiment de sécurité physique et psychologique auprès de ses parents. Certains parents tendus en viennent à frapper leur enfant dans l’espoir de reprendre le contrôle de la situation. Toutefois, secouer, taper ou pincer un enfant ne sont pas des formes de discipline efficaces. Un enfant qui subit ces traitements accumule en lui de la peur et de la rage, qui risquent de ressortir plus tard. Il pourrait avoir des difficultés plus tard à l’école et présente plus de risques de devenir un adulte violent.
L’argument fréquemment entendu, « J’ai reçu des fessées quand j’étais enfant et je vais très bien! », est souvent contredit par les experts. Il est possible qu’une personne ayant reçu des fessées dans l’enfance s’en sorte bien, cependant, il y a un risque élevé que ce ne soit pas le cas pour bien des personnes. En effet, les enfants victimes de punitions corporelles sont nombreux à vivre des impacts négatifs sur leur développement. Ils apprennent également que la violence physique est une bonne stratégie pour gérer les conflits, comme le souligne Marie-Ève Clément, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la violence faite aux enfants.
Éduquer sans Frapper : Vers une Discipline Bienveillante
Vous êtes le premier modèle de votre enfant. L’influence que vous exercez sur lui repose avant tout sur la qualité de votre relation avec lui. Une relation basée sur le respect mutuel et sur l’amour pousse votre enfant à se responsabiliser et à avoir une estime de soi positive. Il est essentiel d’assurer d’avoir des règles claires adaptées à l’âge de votre enfant et d’appliquer des conséquences logiques. Travaillez en équipe avec votre conjointe ou conjoint et l’éducatrice de votre enfant. Formulez clairement votre désaccord à votre enfant lorsque vous ressentez de la déception, du mécontentement ou de la colère.
Ignorez certains comportements dérangeants de votre enfant quand ils ne sont pas trop graves. Appliquez la règle des 3 R (Recule, Respire et Réagis) quand vous sentez la colère monter. Isolez-vous quelques instants pour prendre du recul ou envoyez votre enfant dans sa chambre pour un court moment, le temps que la tension baisse. Demandez de l’aide extérieure si vous vous mettez souvent en colère contre votre enfant. Aller chercher du soutien est essentiel afin de maintenir une bonne relation avec lui. Les punitions corporelles n’ont aucun effet positif sur l’enfant et affectent son estime de lui. Avec du soutien, vous pouvez développer des stratégies positives pour exercer une discipline bienveillante.
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Perspective Historique et Juridique
Rappelons qu’il fut un temps, certes ancestral, où le père de famille détenait un droit de vie ou de mort sur les membres de sa famille sans avoir à se justifier de ses actes à l’égard de la société dans laquelle il évoluait. À ne pas confondre avec le « droit de correction paternel » créé en France en 1803 par Napoléon, qui ouvrait la possibilité pour un père de faire enfermer son enfant, sans avoir à en justifier des raisons, dans une « maison de correction », véritable prison pour enfants. Ce droit fut aboli en 1935.
Aujourd’hui, en France, les punitions corporelles sont interdites dans les entreprises, les prisons, l’armée, les écoles, et même dans la fonction publique. Seule, la fessée punitive persiste dans la famille. C’est à la suite d’un arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme rendu en 1998, que le Conseil de l’Europe s’est engagé à faire cesser les châtiments corporels infligés aux enfants au sein de ses états-membres. En France, outre les dispositions de 1881 et de 1889, un règlement de 1991 rappelle l’interdiction des châtiments corporels au sein des établissements scolaires. Par ailleurs, l’article 222-13 du Code Pénal vise à punir les auteurs de violences, bien que son application à la « fessée parentale » demeure complexe et souvent considérée comme disproportionnée par certains juristes.
La Fessée comme Pratique Érotique
La fessée est également une pratique érotique, et l’on en trouve la trace dès l’Antiquité. Certains adeptes pratiquent la fessée comme jeu érotique. Elle apparaît comme l’un des degrés du jeu sado-masochiste entre adultes. Elle peut être effectuée dans le cadre d’un couple ou dans le cadre d’un jeu en présence d’adultes consentants.
La fessée est indissociable de l’instrument de son application. La main en est l’instrument le plus simple. Puis vient le paddle, instrument constitué par un manche relié à une partie plate et rigide créant une large zone d’impact. Celle-ci peut être simplement le dos d’une brosse à cheveux, une raquette de ping-pong, ou faite de bois comme une petite planche à découper. La strap est de forme similaire au paddle mais en matériaux semi-souples, cuir ou caoutchouc. Un instrument plus douloureux encore est la tawse, la plupart du temps fabriqué avec une poignée reliée à deux languettes de cuir ou de caoutchouc. Enfin, la canne anglaise, sorte de bambou, est utilisée pour des intensités très fortes.
Le plaisir de la fessée érotique réside dans différents éléments. De manière générale, l’intensité ressentie diminue avec la durée de la punition grâce à la montée salvatrice d’endomorphine. La soumission à celui qui donne la fessée est un autre aspect du plaisir, car cela demande une pleine confiance. Enfin, l’humiliation engendrée par la situation est au cœur du plaisir de la fessée érotique. Derrière ce geste qui peut avoir des côtés régressifs se cache une pratique qui joue totalement sur les capacités de notre cerveau de faire en sorte qu’on apprécie la vie. La claque reçue sur les fesses va dans un premier temps générer une sensation de douleur. Pour répondre à cela, le cerveau va relâcher dans le corps son petit cocktail de dopamine, adrénaline, ocytocine et endorphine.
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