L'Essence du Prone Paddleboard : Exploration d'un Sport Nautique Authentique et Exigeant

Aujourd’hui, nous partons à la découverte d’un sport, peu connu en France mais qui fait de plus en plus d’adeptes parmi les SUPers, et qui connaît un énorme engouement en Australie, en Californie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud ou encore à Tahiti. Cette discipline, le prone paddleboard, également connu sous le nom simple de "prone", représente une forme de rame distincte qui captive par sa pureté et l'engagement physique qu'elle requiert. Loin des artifices, le prone offre une connexion intime et authentique avec l'élément marin, invitant à une exploration profonde de l'océan et de ses propres limites.

Parmi ses ambassadeurs et pionniers français, Médéric Berthe se distingue. Le SUP Surfer de Fanatic France et l’un des prone paddlers français de la 1ère heure, Médéric est intarissable sur le sujet. Nous avons eu la chance de le voir à l’œuvre à Tahiti sur la course de prone du Air France Paddle Festival et au cours du Waterman Tahiti Tour Round 2 à Papara. Son parcours personnel est un témoignage éloquent de cette passion. Médéric Berthe, 38 ans, marié à Sandrine Berthe et papa d’une petite Keilana, a toujours eu une vie qui tournait autour de la plage et de l’océan. Sa mère travaillait sur la plage et son père pratiquait occasionnellement le windsurf, de sorte qu'il ne passait pas une seule semaine sans mettre un pied sur la plage. A l’âge de 6 ans, il a découvert le bodyboard et tout s’est enchaîné depuis cette époque. À l’arrivée du SUP en France, il a naturellement sauté sur ce support pour découvrir ce qu’il avait à offrir. C'est ensuite que le sauvetage lui a ouvert les portes du paddleboard, connu aussi sous le nom de “prone”, et il a vraiment accroché tout de suite avec cette discipline, trouvant une nouvelle dimension à sa relation avec l'océan.

Aux Racines du Prone Paddleboard : L'Héritage des Watermen et des Pionniers

L'histoire du paddleboard est intrinsèquement liée à celle du surf, puisant ses origines dans les cultures polynésiennes ancestrales. Les premières observations de cette pratique remontent à la fin du 18ème siècle, lorsque l’équipage du Capitaine Cook, lors de sa découverte des îles Hawaii, fut témoin d'autochtones utilisant des planches pour se déplacer rapidement sur l’eau. Cette méthode de navigation, à la fois utilitaire et récréative, s'est perpétuée à travers les générations. Au début du 20ème siècle, le légendaire Duke Kahanamoku joua un rôle crucial dans sa démocratisation, faisant connaître au monde entier les joies de la glisse et de la rame.

Dans la foulée du Duke, un autre nageur et surfeur de talent, Tom Blake, fut déterminant pour élever l'activité du paddleboard à un statut de sport à part entière. Inventeur de génie, Tom Blake a consacré les années 1920 à de multiples essais pour construire la planche de rame la plus rapide possible. Son héritage est d'autant plus significatif qu'il est également à l’origine de la plus ancienne course de paddleboard au monde, la « Catalina Classic ». Cette épreuve mythique, créée sous sa forme actuelle en 1955, voit les rameurs s'élancer de « Two Harbors » pour une arrivée à « Manhattan Beach », soit un parcours exigeant de 51 km. La « Catalina Classic » eut lieu 5 fois entre 1955 et 1960, posant les jalons d'une tradition de l'endurance en pleine mer qui perdure encore aujourd'hui.

Pour des passionnés comme Médéric Berthe, le concept de "waterman" incarne l'esprit du prone paddleboard. En avançant dans le milieu du surf, il a découvert l’histoire des pionniers. À cette époque pas si lointaine, le terme de waterman n’était que très peu répandu, mais il aimait cette idée de savoir tout faire, d’être capable d’évoluer à l’océan dans n’importe quelles conditions et sur n’importe quel support. Les récits et les images des "vieux de la vieille" illustrent cet idéal : des gars se jetant dans un solide Waïmea sans leash avec des planches de plus de 30kg, affrontant les vagues imposantes, perdant parfois leur planche mais rentrant au bord à la nage avec le sourire aux lèvres. « Çà c’était des watermen ! » s'exclame Médéric, soulignant leur préparation hivernale consistant à ramer en prone pendant la saison « flat » pour maintenir leur condition physique avant d'aller surfer des vagues incroyables. Cette connexion profonde avec l'élément marin et cette quête de polyvalence sont au cœur de l'attrait pour le prone.

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La Compétition et le Modèle Australien : Une Pépinière de Talents du Prone

Bien que le paddleboard longue distance trouve ses racines dans la culture polynésienne et, plus récemment, dans la culture nord-américaine, l'Australie a façonné de manière significative son développement compétitif moderne. En 1996, un rameur Hawaïen, Dawson Jones, fort de son expérience à la « Catalina Classic », prit l'initiative de créer une course de rame majeure à Hawaï. Grâce à la volonté inébranlable de trois passionnés - Dawson Jones, Garret Macamara et Mike Takahashi - et au soutien financier de Quiksilver, la toute première édition de la « Molokai 2 Oahu » vit le jour en 1997. Il est essentiel de rappeler que, à la base, la « Molokai » est avant tout une course de prone, bien avant que le Stand Up Paddle ne connaisse son essor actuel.

Lorsque l’on examine les classements de ce qui est aujourd'hui considéré comme la course la plus importante de notre sport, la « Molokai », il est frappant de constater que tous les podiums sont systématiquement raflés par les Australiens. Cette domination écrasante s'explique en grande partie par une institution nationale : le « surf life saving », ou sauvetage côtier. Ce sport, né de la nécessité de former et d'entraîner les sauveteurs côtiers, permettait à l'origine aux équipes des différents postes de secours de se mesurer les unes aux autres. Il regroupe diverses épreuves athlétiques : course à pied, natation, kayak et, de manière centrale, le paddleboard.

Fédéré en 1907, le SLSA (Surf Life Saving Australia) est aujourd’hui l’un des sports les plus pratiqués au pays des kangourous. Un nombre extraordinaire d’enfants s’entraîne dès le plus jeune âge dans toutes les disciplines précédemment citées, créant ainsi une base solide de futurs athlètes. Un championnat professionnel d’un niveau tout simplement ahurissant réunit régulièrement les athlètes les plus doués de leur génération. Cette culture du sauvetage côtier a ainsi créé une véritable pépinière de talents pour le prone paddleboard, expliquant la supériorité australienne dans les compétitions internationales d'endurance.

L'Équipement du Prone Paddleboarder : Conception, Catégories et Performance

Le prone paddleboard se caractérise par des spécificités de conception visant à optimiser la vitesse, l'endurance et l'efficacité sur l'eau. Une planche de prone typique est reconnaissable par sa longueur, généralement entre 12 et 16 pieds, et sa largeur considérablement plus étroite, allant de 18 à 20 pouces, comparée à un paddleboard plus générique ou à un Stand Up Paddle. Cette géométrie particulière confère à la planche une allure rapide et une hydrodynamique exceptionnelle, permettant une performance sur l'eau qui, une fois l'équilibre maîtrisé, récompense l'effort physique intense.

Les compétitions de prone distinguent principalement deux grandes catégories de planches :

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  • Les UL ou unlimited : Il s'agit des "Formule 1" du paddleboard. Ces planches mesurent 15 pieds et plus, et sont conçues pour offrir la performance maximale sans restriction de longueur, permettant aux rameurs de tirer le meilleur parti des conditions océaniques.
  • La catégorie « Stock » : Ces planches sont limitées à une longueur de 12 pieds. Au sein de cette catégorie, on observe deux philosophies de design prédominantes, le shape australien et le shape californien.
    • Le shape australien : Les planches façonnées en Australie sont souvent inspirées des planches de sauvetage côtier. Elles sont généralement plates tant sur le pont que sur la carène et conservent fréquemment le "square tail" (arrière carré) que l'on retrouve sur des planches plus courtes (10’6). Ces paddleboards sont réputés pour leur stabilité et leur maniabilité, des atouts importants dans les conditions agitées des compétitions de sauvetage. Cependant, pour les très longues distances, leur glisse et leur confort peuvent être jugés insuffisants par certains.
    • Le shape californien : dont la référence absolue est Joe Bark, un nom vénéré dans le monde du prone. Les planches de ce design sont beaucoup plus effilées, caractérisées par un pont creusé (un "knee well") conçu pour bien caler les genoux du rameur, une carène très ronde et un "pin tail" (arrière effilé) très prononcé. Ces caractéristiques confèrent à ces planches une glisse exceptionnelle et un confort supérieur, des qualités particulièrement appréciables lors de courses de plus de 50 km. Joe Bark est une figure emblématique, ayant façonné les meilleures planches de paddleboard depuis 1983 et ayant lui-même complété la légendaire Catalina Classic 38 fois. Sa philosophie est claire : "More races have been won on Bark paddleboards than any other brand. Why? Because no surf/paddleboard designer has logged more time on the water than Joe Bark." Pour les novices en prone et ceux qui privilégient la durabilité, une planche Surftech est souvent recommandée comme point de départ.

La conception du prone paddleboard est plus proche de celle d'un bateau que d'une simple planche de SUP ou de surf. Grâce à sa coque élaborée, il est capable de fendre efficacement les vagues et la houle, permettant de maintenir et même de générer de la vitesse à travers des conditions difficiles. De plus, le fait d'être très près de l'eau aide considérablement à conserver sa vitesse par grand vent, en réduisant la prise au vent du rameur et de l'embarcation. En haute mer, sa grande flottaison est un atout majeur, lui permettant « d’attraper » la houle et de la surfer sur de longues distances, une technique qui optimise l'effort et la performance sur les parcours d'endurance.

Maîtriser le Prone Paddleboard : Positions, Musculature et Sensations Pures

La pratique du prone paddleboard repose sur l'alternance et la maîtrise de deux positions fondamentales : à plat ventre, ou allongé, et sur les genoux. La position couchée est généralement la plus intuitive et la plus facile à maîtriser pour les débuts. Dans cette posture, la propulsion se fait par un mouvement de nage où les trapèzes, le grand dorsal et les épaules sont très sollicités. Le cou doit être relevé, ce qui demande un certain effort, pour garder le cap et scruter l'horizon. Il est important de ne pas se décourager si cette position semble inconfortable lors des premières tentatives. Comme pour l'apprentissage de tout nouveau sport, le corps nécessite un temps d'adaptation pour s'habituer à ces nouvelles contraintes physiques.

La position sur les genoux, quant à elle, engage une tout autre chaîne musculaire. Elle sollicite intensément les muscles du fessier, du dos, et des jambes, notamment les ischio-jambiers. En raison de l'étroitesse de l'embarcation, adopter la position sur les genoux peut rendre la planche quelque peu chambranlante au départ. Cependant, une fois le "core" engagé - c'est-à-dire les muscles profonds de l'abdomen incluant le grand droit, les obliques internes et externes - la planche se stabilise grâce à l'engagement simultané des deux bras dans le mouvement de rame.

Les pratiquants de Stand Up Paddle (SUP) s'interrogent souvent sur la difficulté du prone, formulant des questions telles que : « mais t’as pas mal au dos ? t’as pas mal au cou ? ça à l’air tellement dur ! … ». Il est vrai que le prone peut générer une sensation d'inconfort initial, tout comme le SUP ou n’importe quel sport que l’on n’a pas l’habitude de pratiquer. Le premier contact est rarement des plus aisés. Beaucoup de nouveaux pratiquants sont surpris par le peu de stabilité offert par ces planches très effilées et rencontrent des difficultés à ramer allongé, sans même parler de la rame à genoux.

Mais pour ceux qui persévèrent, la récompense est immense. Quel pied ! Ils découvrent la glisse la plus pure qu’on puisse avoir sur l’océan. Avec simplement une planche et ses mains, sans intermédiaire, on fait littéralement corps avec l’élément. En étant au ras de l’eau, on distingue la moindre houle, on sent la planche vibrer sous soi, et l’eau asperge le visage, créant une expérience sensorielle intense. Contrairement à d'autres sports nautiques comme le SUP, le kayak ou la planche à voile, la simplicité de la position, la proximité immédiate avec la surface de l’eau et le fait de se propulser uniquement avec les bras favorisent une connexion rapide et profonde avec l'élément aquatique. Joseph Gueguen incarne parfaitement cette capacité d’adaptation et cette séduction par la glisse. Ayant débuté le prone pour les épreuves du Waterman Challenge, il fut tellement conquis qu'il compte aujourd’hui parmi les meilleurs rameurs de prone français, tout en étant également un des meilleurs en SUP. Pour ceux qui pratiquent les deux disciplines, les sensations ressenties sont souvent perçues comme plus grisantes en prone.

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Le Prone, un Outil de Préparation Physique Inégalé et un Chemin vers le Bien-être

Au-delà de la pureté des sensations et du plaisir inhérent à la glisse, le prone paddleboard s'impose également comme un formidable outil de préparation physique complète. L'alternance des deux positions de rame - à genoux et allongé - assure une sollicitation de l'ensemble du corps. En effet, la pratique du prone, en particulier sur de longues distances et en position à genoux, engage un éventail impressionnant de muscles : les muscles stabilisateurs du tronc, les bras, les épaules, le dos, le bassin, et même les jambes (avec les ischio-jambiers notamment) sont intensément sollicités. Cette discipline représente ainsi un excellent moyen de s’entraîner, que ce soit spécifiquement pour le surf, la nage, ou même d’autres sports, qu'ils soient reliés ou non au monde nautique.

Cette pratique offre la possibilité de diversifier son travail de proprioception, améliorant l'équilibre et la coordination, et d’affiner sa glisse grâce à une meilleure compréhension des mouvements de l'eau. Pour les rameurs assidus qui maintiennent un rythme d’entraînement élevé, le prone permet de varier les activités et d’éviter le risque de « l’overdose » de SUP, ainsi que la lassitude qui peut en découler. Titouan Puyo, figure du SUP mondial, a par exemple partagé qu'il avait beaucoup ramé en prone en Nouvelle-Calédonie, ce qui lui a permis de maintenir sa forme physique tout en réduisant son volume d’entraînement en SUP et en souffrant moins de la chaleur intense. Le prone est pratiqué tant de manière récréative, pour le plaisir pur de la glisse, que dans un cadre compétitif exigeant, comme en témoignent les courses Molokai 2 Oahu et la Catalina Classic, qui proposent des parcours en pleine mer s'étendant sur des distances allant de 30 km à 60 km. Ces épreuves de longue haleine soulignent la dimension d'endurance et de dépassement de soi inhérente à la discipline.

Il est important de rappeler que l’équilibre sur la planche sera, sans doute, le plus grand défi durant les premières sorties. Mais comme toute initiation à un nouveau sport, le corps finira inévitablement par s’adapter aux différentes positions et aux exigences de la planche. Pour faciliter cette phase d'apprentissage, il est vivement conseillé de privilégier des petites distances en eaux calmes au début. La sagesse du pionnier Tom Blake résonne encore : “When there’s no surf, paddle.” Le prone paddling possède un héritage prestigieux et demeure l'une des façons privilégiées d'expérimenter l'océan et de repousser ses limites, jour après jour. Participer aux Waterman Challenges, comme ceux organisés à Morgat ou Soulac, peut même offrir la chance de gagner un billet pour des événements incroyables tels que le Waterman Tahiti Tour, témoignant de l'engagement total que ce sport demande.

L'Aventure Québécoise : Démocratiser le Prone et ses Défis

L'attrait magnétique du prone paddleboard, avec sa promesse de connexion pure et de défi physique, a traversé les continents, trouvant des adeptes inattendus dans des régions moins traditionnellement associées aux sports de rame océanique. L'histoire personnelle de Mat Palardy et de ses amis au Québec illustre parfaitement cette passion contagieuse et l'esprit pionnier qui anime les rameurs de prone. Son aventure a débuté un après-midi de juillet, où, au lieu d'une sortie de canot conventionnelle, Mat et un ami ont eu l'idée de prendre de vieilles planches à voile familiales et de les utiliser pour se déplacer sur l’eau. Une activité qui, sans qu'ils le sachent alors, avait des échos de leur enfance : « En fait, on s’est rendu compte qu’on s’adonnait tous les deux à ce loisir depuis qu’on était petit, comme beaucoup de Québécois d’ailleurs. » L'idée d'utiliser une planche à voile, sans sa voile, comme une île flottante pour s'amuser au milieu du lac était une pratique informelle, presque un jeu d'enfant.

Mais cette fois-ci, l'expérience fut différente. Un véritable déclic s'est opéré : ils ont réalisé qu’ils se déplaçaient à une vitesse surprenante d’un bout à l’autre du lac en pagayant simplement avec leurs bras. Que ce soit à plat ventre ou sur les genoux, ils couvraient des distances considérables avec une aisance et une rapidité inattendues. Ce qui les a le plus conquis, c’était la simplicité du « set-up » - juste une planche, pas de pagaie - et la sensation unique d'une connexion et d'une proximité physique incroyable avec la surface de l’eau. « Nous avions le sourire fendu jusqu’aux oreilles, » se souvient Mat, soulignant la joie pure de cette découverte.

Inspirés par cette révélation, ils ont décidé de s'équiper plus sérieusement. Mat a ramené sa planche en ville, et son ami s’en est procuré une. Pour améliorer le confort, ils les ont modifiées de manière ingénieuse : « en enlevant tout ce qui se trouvait à la surface de la planche et en installant des matelas de yoga avec de la colle contact (super hi-tech !) ». L'ajout de filets élastiques pour transporter un petit sac étanche a complété leur équipement. Durant cet été, ils ont parcouru plus de 100 km avec leurs "prones de fortune", créant au passage un certain émoi. Des plaisanciers les prenaient pour des personnes à la dérive au beau milieu de la voie maritime sur le fleuve, et la Garde côtière, confrontée à une activité qui lui était inconnue, ne savait trop comment interagir avec eux. Une chose était certaine : « on est devenu pas mal accro. »

Ils savaient que le prone paddleboarding était populaire sur la côte ouest des États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Hawaï. Cependant, leurs recherches montraient qu'il n'y avait « rien de documenté sur la pratique du prone ici ou sur la côte est du Canada », et que très peu de gens le pratiquaient de manière organisée. Seuls les clubs compétitifs de sauvetage océanique utilisaient des prones pour l’entraînement, mais ces planches étaient très différentes, moins conçues pour la longue distance. C’est à ce moment que leur ami David Boisvert, qui avait lui-même expérimenté le prone en Nouvelle-Zélande, apporta sa connaissance du sport. Durant l'hiver, il prit contact avec Kim Gauthier, la fondatrice de Maui Sup, pour lui parler de leur "petit projet de planche à voile", de leurs expéditions estivales et du potentiel du prone au Québec et sur la côte est du Canada. Kim, immédiatement enthousiaste, « a tout de suite embarqué. » En un temps record, elle a rencontré ses responsables de production, et « peu de temps après, ils nous ont fabriqué des planches de prone en carbone et au printemps, nous les recevions à Montréal. À n’y rien comprendre. Le rêve. »

L'arrivée de ces planches high-tech a cependant marqué un « gros temps d’adaptation ». Leurs anciennes planches à voile, lourdes, larges et relativement courtes, offraient une grande stabilité mais étaient lentes. Lors des premières sorties sur les nouvelles "fusées de carbone", ils ont eu l’impression de « repartir à la case départ. Grosso modo, tout était à réapprendre. » La stabilité rassurante de leurs premières embarcations avait, paradoxalement, engendré de « mauvais plis » qu’ils sont, encore à ce jour, en train de corriger.

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