Le surf est né loin des côtes européennes. Pourtant, il est devenu indissociable de certains paysages français comme le Pays basque ou les Landes. Derrière les vagues de l’Atlantique se cache une histoire faite de passionnés, de transmission et de voyages. La France a la plus longue façade atlantique d’Europe, et sans doute la plus variée. Des beach breaks lourds des Landes aux reefs des falaises basques, avec les presqu’îles sauvages de Bretagne entre les deux, on peut bâtir un trip surf à peu près comme on veut. Si le surf trouve son origine dans le Pacifique, il ne faut pas oublier que c’est à Biarritz qu’il a été pratiqué pour la première fois en France et même en Europe.
L’ancrage historique : De Hawaï à Biarritz
L’origine du surf remonte à plusieurs siècles, en Polynésie et à Hawaï. La glisse sur les vagues était à ce moment un rituel social, une pratique spirituelle et un marqueur culturel fort. Au 15ème siècle, à Hawaii, défier l’océan sur de lourdes et longues planches en bois, appelées Papa-he-nalu, était un moyen pour les chefs de tribus de montrer leur puissance et leur supériorité. Mais la pratique fut par la suite interdite lors des colonisations par les Américains. Au début du XXe siècle, le surf moderne se structure à Hawaï avant de voyager vers la Californie, puis l’Australie.
L’histoire du surf en France débute à Biarritz en 1957. Peter Viertel, un scénariste américain marié à l’actrice Deborah Kerr, importe le surf lors d’un tournage sur la côte basque. En voyant les vagues, il fait venir l’une de ses planches. Contraint de repartir avant de goûter aux vagues françaises, c’est son scénariste Peter Viertel, surfeur novice, qui s’essaye au « sport des rois hawaïens » sans trop de succès… Mais la graine est semée ! L’année suivante, en 1957, l’Américain revient à Biarritz avec plusieurs planches et entraîne dans son sillage trois premiers frenchies : George Hennebutte, Jacky Rott et Joël de Rosnay. La Côte des Basques, berceau du surf en France, est devenue leur « spot » ! En septembre 1959, ils créent le Waïkiki Surf-Club permettant ainsi de réunir les surfeurs.
La géographie du surf dans le Sud-Ouest
La côte landaise déroule presque cent kilomètres de sable bordé de pins, de Capbreton jusqu’à l’estuaire de la Gironde. C’est le berceau du surf de compétition européen. Hossegor est le nom le plus bruyant de la liste, et l’a mérité. La Gravière est le titre. Un beach break lourd et creux qui balance des barrels près du bord sur un banc de sable bien aligné. Au mieux en septembre-octobre quand la houle s’ouvre, ouest à nord-ouest, taille de tête à un peu plus. Pas une vague de débutant. La Nord sort les jours où La Gravière sature. Sur les plus grosses houles d’hiver, elle tient des faces de 3 mètres et des courants à ne pas tester. La Sud est la plage famille, plus douce, plus abritée, l’endroit pour apprendre. La Centrale est le pic central principal. Une particularité locale qui sert : quand La Centrale somnole, marchez quelques centaines de mètres au nord vers Les Culs Nus.
Capbreton jouxte Hossegor au sud, séparé seulement par le port du Boucarot. La Piste / VVF est sa vague signature. Des blockhaus de la Seconde Guerre mondiale à moitié immergés bordent les dunes derrière le break, le littoral le plus photographié du Sud-Ouest. Puissant, rapide, creux. Les gros jours, elle rivalise avec La Gravière. Seignosse prend la suite au nord d’Hossegor. Trois plages nommées s’enchaînent sur quelques kilomètres. Le Penon marche quand les bancs sont alignés. Les Bourdaines est le pic de qualité mondiale, des gauches et des droites partout sur la plage. Vieux-Boucau, Moliets, Mimizan plus au nord forment l’extrémité plus calme des Landes. Même formule beach break mais une fraction de la foule d’Hossegor.
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Le Pays basque : Entre tradition et puissance
Au sud de Capbreton, la côte tourne. Les dunes laissent place aux falaises, les plages s’étrécissent et toute l’ambiance change. C’est ici qu’est né le surf européen. La Côte des Basques ne marche qu’à marée basse. À marée haute, la plage disparaît entièrement sous la falaise. Calez-vous sur le marnage. Quand c’est surfable, c’est le beach break taille hanche-épaule le plus indulgent qui soit. La Grande Plage est en plein centre de Biarritz, entre le casino et le phare. Plus accueillante que la Côte des Basques en été, avec des vagues gérables pour débutants et intermédiaires.
Cinq minutes en voiture vers le sud et vous êtes à Bidart, village basque avec six plages sur cinq kilomètres de falaises. Ilbarritz avec sa promenade et son aire de jeux pour enfants, Pavillon Royal plus sauvage et plus large, Erretegia nichée dans des dunes protégées, Plage du Centre sous la place du village, Uhabia, et la fameuse Parlementia, le reef de grosses vagues qui se réveille à 6 pieds et devient un point break sérieux à 10. Guéthary est à trois kilomètres au sud de Bidart, c’est le cran au-dessus. Avalanche, Les Alcyons, Parlementia : reefs au pied de falaise qui tiennent la vraie houle. Le big-wave Guéthary est réservé aux surfeurs confirmés.
Au-delà du Sud-Ouest : Gironde, Bretagne et autres côtes
Lacanau-Océan se situe au nord de l’estuaire de la Gironde, à une heure en voiture de Bordeaux. Quatorze kilomètres de plage de sable, des bancs façonnés par la houle ouest atlantique. Les jours où on ne peut pas surfer sont rares. Le surf y est question de quantité plus que de qualité, du tout-beach-break avec des courants parfois forts. La ville est faite pour les surf-trips : des dizaines d’écoles de surf, des locations partout, une ambiance détendue. Plus au nord sur la presqu’île du Médoc, Carcans-Plage et Hourtin-Plage sont des stretches beach break plus calmes, même exposition ouest atlantique.
La Bretagne est un autre pays par rapport au Sud-Ouest. L’eau est plus froide, le vent plus capricieux, le surf moins régulier mais constamment plus sauvage. La Torche dans le Finistère est le porte-drapeau breton. Une large plage exposée avec des pics pour tous les niveaux étalés sur la grève, un point break à la pointe et des vagues surfables presque chaque jour de l’année. L’été reste plat la plupart du temps mais de l’automne à l’hiver le spot s’allume sous les houles atlantiques. La presqu’île de Crozon, à une heure ou deux à l’ouest, aligne une série de beach breaks et quelques points pour surfeurs confirmés. La Palue, Pen Hat, Lostmarc’h : de jolis endroits pour surfer, plus difficiles d’accès, presque jamais bondés.
Entre la Bretagne et la Gironde, la côte de Vendée aligne des beach breaks doux : Les Sables d’Olonne, Bretignolles-sur-Mer, Saint-Gilles-Croix-de-Vie. La Normandie en haut de la côte atlantique a du surf à Étretat, Siouville et quelques points sur le Cotentin. La Méditerranée en Roussillon (Argelès, Le Barcarès, Leucate) et en Provence ne marche vraiment qu’en automne-hiver quand les tempêtes du sud poussent du clapot. Ne planifiez pas un trip dessus.
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Éléments techniques et logistique de voyage
Pour réussir son trip, il faut deux questions : quel est votre niveau, et à quel mois partez-vous ? La Côte des Basques à Biarritz est la plage la plus indulgente du pays à marée basse, fond de sable et mousse hanche-épaule taillée pour les premières fois. L’alternative landaise est Hossegor La Sud ou n’importe laquelle des écoles de surf de Seignosse. Pour les reefs en point break, Parlementia et Avalanche entre Bidart et Guéthary sont des destinations de choix. Septembre est la réponse à peu près partout. Eau chaude, houle régulière, moins de monde qu’en août. Mai, juin et début juillet conviennent aux débutants et intermédiaires avec des vagues plus petites. Août, c’est les vacances scolaires et c’est plein.
Biarritz si vous voulez la commodité urbaine, les restos et la vie nocturne avec des vagues d’apprentissage fiables à la Côte des Basques. Hossegor si vous voulez la forêt de pins landaise et l’ambiance pure village surf, mais restez à La Sud et passez par une école. Concernant l’équipement, le surf se pratique toute l’année sur l’Atlantique. 3/2 mm au printemps et en automne, shorty 2 mm ou boardshort en plein été (eau 20-22 °C en août), 4/3 mm en hiver. La Bretagne est plus froide, prévoyez un 4/3 mm et une cagoule à partir d’octobre.
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