Les bouteilles de plongée sont des équipements essentiels pour la plongée sous-marine, car elles fournissent l'air nécessaire à la respiration sous l'eau. Leur fabrication, leur utilisation et leur maintenance sont soumises à une réglementation stricte afin de garantir la sécurité des plongeurs. Cet article détaille les aspects réglementaires et les contrôles applicables aux bouteilles de plongée, en tenant compte des directives européennes et des réglementations françaises.
Cadre réglementaire européen et français
Depuis 2002, toutes les bouteilles de plongée commercialisées dans l'Union Européenne doivent porter le marquage « CE », attestant de leur conformité au règlement UE 2014/68 sur les Équipements Sous Pression (ESP). Cette directive vise à harmoniser les réglementations nationales et à faciliter la libre circulation des équipements sur le territoire européen. Avant 2002, les bouteilles pouvaient présenter des marques différentes, liées aux réglementations nationales antérieures. Il est donc important de connaître ces anciennes marques pour assurer la sécurité lors du gonflage de ces bouteilles.
La directive européenne a modifié le rôle des Directions Régionales de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement (DRIE), qui sont chargées de surveiller l'activité des organismes notifiés et de contrôler les équipements mis sur le marché français. Les DRIRE supervisent également les contrôles des équipements en service. L'arrêté du 20 novembre 2017 relatif à l’exploitation des équipements sous pression (ESP) définit les règles de vérification périodique des bouteilles de plongée en France.
Il faut noter un point crucial concernant l'Article 7 : la déclaration doit être faite aux conditions suivantes : "Les récipients sous pression de gaz dont la pression maximale admissible PS est supérieure à 4 bar et dont le produit pression maximale admissible par le volume est supérieur à 10 000 bar". Ce n'est pas le cas pour une bouteille de plongée dont la valeur est inférieure. En synthèse, vous êtes l'exploitant d'une bouteille de plongée et la date de mise en service correspond à la réception de la bouteille chez vous ou par extension la date d'achat de votre facture.
Contrôles périodiques obligatoires : inspection et requalification
La réglementation impose deux types de contrôles périodiques pour les bouteilles de plongée : l'inspection périodique (visuelle) et la requalification périodique (réépreuve).
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L'inspection périodique, couramment appelée « visite » ou T.I.V (Technicien d'Inspection Visuelle), consiste en une vérification extérieure de la bouteille, une vérification des accessoires de sécurité et des investigations complémentaires si nécessaire. Elle porte sur toutes les parties visibles de la bouteille, après démontage des éléments amovibles. La fréquence de l'inspection périodique est de 12 mois maximum pour les bouteilles utilisées pour la plongée subaquatique.
La requalification périodique, ou « réépreuve », comprend une inspection de l'équipement sous pression, une épreuve hydraulique et une vérification des accessoires de sécurité associés. L'épreuve hydraulique consiste à maintenir l’équipement à une pression égale à sa pression d’essai hydrostatique (PT) ou d’épreuve initiale (PE). Cette pression est maintenue pendant le temps nécessaire à l’examen complet des parois extérieures. Elle est satisfaisante si l’équipement ne présente pas de suintement, fuite, rupture ou déformation permanente. La fréquence est de 2 ans pour les bouteilles de plongée subaquatique, ou 6 ans si elles respectent le cahier des charges relatif à l’inspection périodique. Il est important de noter que la réépreuve tous les 2 ans ne dispense pas de la visite annuelle.
Acteurs, responsabilités et centres de contrôle
Le propriétaire de la bouteille est responsable de la réalisation de la visite annuelle par une personne compétente. Cette personne peut être récusée par l’autorité administrative compétente si elle ne satisfait pas aux conditions requises. Les visites et les épreuves peuvent être réalisées par des organismes de contrôle agréés, tels que la SMR Industries, qui opèrent sous le régime de l'autosurveillance. Leur organisation est auditée par un organisme notifié, contrôlé par la DREAL et le COFRAC.
Pour faciliter ces démarches, des partenaires comme Dräger Suisse AG (Berne) ont mis en place des centres de collecte. Vous avez la possibilité de déposer commodément vos bouteilles au centre de Liebefeld et de les récupérer une fois le contrôle effectué (délai : env. deux semaines). Les frais de transport aller-retour s’élèvent à CHF 15.00 par bouteille, en sus des frais de contrôle. Il est conseillé d’apporter l’ordre de contrôle dûment rempli, téléchargeable sur leur page d’accueil, afin de gagner du temps pour les formalités. Vous recevrez le certificat de contrôle lors de la récupération des bouteilles.
La SMR propose également une formation complète pour permettre aux professionnels de réaliser eux-mêmes l’inspection périodique. Dans leur salle de formation, les participants découvrent les bases essentielles : connaissance des matériaux (acier, aluminium, composites), normes de fabrication (DIN, EN, ISO) et mise en pratique des étapes d’inspection et de requalification.
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Focus sur les éléments de sécurité : robinetterie et filetage
La robinetterie est un élément essentiel. La SMR Industries refuse toute bouteille non accompagnée de son robinet lors de la requalification. L'examen porte sur l’état général, le filetage et la manœuvrabilité du robinet. Il est crucial de vérifier l'état et la conformité du filetage par rapport à la bouteille. Pour cela, des calibres à limites (bagues et tampons) sont utilisés, conformément à la norme ISO 1502. La dimension la plus répandue est le 25×2, mais d’autres dimensions existent. Les robinets pour bouteilles nitrox et oxygène sont fabriqués en M26x2 6g conformément à la norme EN 144-3.
Le contrôle du filetage est fondamental car il peut être endommagé sans qu’il y ait de jeu apparent. Le technicien utilise un petit dispositif périscope éclairé pour magnifier et examiner chaque filet. Alternativement, il pourra fouetter le réservoir : un fouet est une longue tige d’aluminium avec de longs brins de câble abrasif sur une extrémité. Un testeur à courant de remous est également introduit dans le réservoir pour envoyer un courant électrique à travers les filets afin de détecter les fissures invisibles à l’œil nu, même avec grossissement.
Maintenance spécifique des gaz : Nitrox et Oxygène
Pour les bouteilles Nitrox, Trimix et Oxygène, la SMR a mis en place une chaîne de traitement particulière. Les raccords haute pression, les brosses et le système d’inspection, de décontamination et de séchage sont spécifiques. Après grenaillage, les bouteilles sont systématiquement passées au nettoyeur haute pression.
Lors de la requalification, si la bouteille est destinée à ces gaz, on démonte intégralement le robinet, on le dégraisse, et si besoin on remplace les joints et les clapets. Le remontage s'effectue avec une graisse spéciale compatible oxygène. L’attestation de requalification précisera que la bouteille a fait l’objet d’un traitement « OXYCLEAN ». Attention, il n'est pas possible pour un centre de regroupement de modifier la désignation du gaz que le fabricant stipule sur la bouteille. Il faut que la bouteille indique NITROX, OXYGENE ou GROUPE 1 pour qu'elle soit apte. Pour vérifier s’il y a des matières inflammables dans le réservoir, le technicien utilisera une lumière UV.
Si vous possédez une bouteille "air respirable", vous pouvez demander un traitement OXYCLEAN pour votre usage personnel, mais sachez qu'un professionnel peut refuser un gonflage Nitrox si le réservoir n'est pas spécifiquement identifié pour ce type de gaz. Inversement, il est possible d’effectuer la requalification d’une bouteille marquée Nitrox/Oxygène pour l’utiliser en air comprimé, mais le certificat précisera alors que la bouteille n’est pas compatible avec les mélanges suroxygénés.
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Considérations techniques : structure et stockage
Le cœur de la bouteille de plongée est le fût. Les bouteilles sont fabriquées à partir de plaque ou tôle découpées, embouties et filées pour donner la forme du cylindre, avec une ogive soudée sur le tube. Dans d'autres cas, des tubes exempts de soudure sont chauffés par induction puis mis en forme par fluotournage. Les blocs subissent ensuite un traitement thermique pour assurer une résistance accrue du métal. Certains modèles ont un culot plus épais, augmentant leur poids de 1 à 2 kg.
Pour le stockage, il est impératif de conserver la bouteille droite et non couchée. La présence d’huile à l’intérieur est un facteur critique que vous ne pouvez pas forcément maîtriser ; elle peut nuire au confort et à la sécurité du plongeur. Négliger l'entretien du robinet peut également compromettre votre sécurité. Si le volant est endommagé, il peut être réparé, mais en cas de fuite sur d'anciens modèles à réserve dont les pièces ne sont plus disponibles, le robinet devra être rebuté.