Chris Burkard est un explorateur accompli, un photographe, un directeur créatif, un conférencier et un auteur dont le travail transcende les frontières traditionnelles de la photographie de surf. Voyager tout au long de l'année pour parcourir les contrées les plus éloignées de la Terre, Burkard œuvre à capturer des histoires qui inspirent les êtres humains à considérer leur relation avec la nature, tout en promouvant la préservation des lieux sauvages partout dans le monde. Ses images, caractérisées par des thèmes variés incluant l'outdoor, le voyage, l'aventure, le surf et le mode de vie, sont particulièrement reconnues pour être ponctuées de paysages puissants et indomptés. Grâce aux médias sociaux, Chris s'efforce de partager sa vision des lieux sauvages avec des millions de personnes et de les inciter à explorer par eux-mêmes. Avec 3,7 millions de followers sur Instagram, Chris Burkard est un phénomène dans l’univers de la photographie, un Américain de 35 ans né en Californie qui s’est rapidement fait un nom dans le monde des sports outdoor. Ses clichés ont fait la une des plus grands magazines à l’image du National Geographic ou de Surfer Magazine, et c’est d’ailleurs dans le surf que Chris Burkard est reconnu comme le plus talentueux des photographes.
Les Racines d'un Explorateur Visuel : Le Parcours de Chris Burkard
Né en 1986, Chris Burkard a grandi sur la côte centrale de la Californie et a su dès son plus jeune âge qu'il devait s'évader. La photographie est devenue son chemin, l'avenue par laquelle il a pu concrétiser cette aspiration. Principalement autodidacte, Burkard a remporté la bourse Follow the Light Foundation en 2006, un événement qui a lancé sa carrière. Dès lors, il a pris son envol, travaillant en tant que photographe principal pour Surfline, Water magazine et Surfer magazine, tout en collaborant en freelance pour des publications de renom telles que The New Yorker, National Geographic et ESPN.com. Considéré comme l’un des meilleurs photographes de sports outdoor au monde, Chris Burkard s’est fait une spécialité de photographier le surf, prouvant par son parcours et la qualité de son œuvre qu'il était voué à une carrière exceptionnelle dans ce domaine exigeant. Sa capacité à se positionner non seulement comme un observateur mais comme un participant immersif des scènes qu'il capture, a forgé sa réputation et son style unique, souvent dans des conditions extrêmes.
L'Appel des Terres Froides : Une Réinvention de la Photographie de Surf
Pour la plupart des gens, le surf évoque le sable ensoleillé et l'eau chaude et bleue des tropiques. Cependant, une figure emblématique de la photographie, le photographe de SURFER Chris Burkard, a choisi une voie différente, brisant les conventions et redéfinissant les attentes. Dans son livre intitulé "Distant Shores", ce photographe autodidacte se détourne résolument des clichés habituels pour s'aventurer vers les littoraux de la Norvège, de l'Islande et de l'Alaska. Il y photographie des surfeurs qui chevauchent les vagues sur des plages glacées, des lieux qui ont rarement été photographiés, et encore moins surfés. Ce choix audacieux révèle un penchant marqué de Burkard pour les régions plus froides, une affinité qui transparaît à travers les titres de ses ouvrages photographiques. Parmi eux figurent "The California Surf Project", "Come Hell or High Water: The Plight of the Torpedo People", "Distant Shores", "High Tide" et "The Boy Who Spoke to the Earth".
En s'aventurant dans des extrêmes souvent dangereux pour découvrir des paysages inconnus, Burkard compose des images qui transcendent les simples instantanés d'action. Son approche place la nature au centre de ses compositions, offrant une perspective où l'élément humain se fond dans la majesté des environnements sauvages. Loin des paradis balnéaires, Chris Burkard met en lumière la beauté brute et la puissance intrinsèque de lieux où la mer rencontre le froid intense, proposant une esthétique qui est à la fois époustouflante et profondément inspirante. Il est constamment à la recherche des plus belles vagues et des images les plus saisissantes, mélangeant l'aventure, le voyage et le surf dans une symbiose parfaite, pour offrir des clichés que "surfers ou non, on est tous tombés, un jour ou l’autre," et qui sont devenus emblématiques de son œuvre.
L'Islande, une Révélation et une Seconde Patrie
Avant d'atterrir à Reykjavík pour la première fois, en 2008, Chris Burkard pensait vivre la vie de ses rêves. Photographe de surf, il accumulait les visas sur son passeport et gagnait tous les mois un salaire plus que confortable en parcourant le monde pour le compte de magazines. Pourtant, deux ans seulement après le démarrage de sa carrière, il avait déjà l’impression que sa créativité ne s'exprimait pas pleinement. « Je vendais de l'aventure, mais depuis des hôtels grand standing et des restaurants gastronomiques. À mes yeux, cela manquait de cohérence », nous confiait récemment Chris Burkard, aujourd'hui âgé de 35 ans, depuis sa maison de Pismo Beach, en Californie. C’est en Islande qu’il a trouvé cette cohérence tant recherchée. En arrivant sur place pour la première fois, en 2008, une rafale salée l'a frappé en plein visage dès la sortie de l’avion. « Le vent a quelque chose de différent en Islande », se souvient-il, encore émerveillé. « Il y avait des champs de lave à perte de vue et, au loin, des volcans qui émergeaient des nuages. L'Islande, ça a été la gifle !"».
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« Au fond de moi, je savais que c'était ce que je cherchais », explique le photographe. À ce jour, même s'il connaît l’Islande par cœur, pour y être allé 53 fois, son premier voyage est encore bien présent dans son esprit. Il était alors chargé par le magazine « Men's Journal » de photographier le cinéaste et surfeur américain Timmy Turner, qui s'était récemment reconverti au surf en eaux froides à la suite d'une infection au staphylocoque qui avait presque failli lui coûter la vie. L'Arctique est « un terrain de jeu différent », explique Chris Burkard, un endroit avec peu de visibilité où règnent des vents violents de tous côtés, rendant impossible de sortir de sa voiture pour prendre une simple photo sans risquer de subir les assauts impitoyables de la nature. Derrière chaque cliché du photographe se cache toujours une histoire d’averse de grêle ou d'engelure, témoignant des conditions extrêmes qu'il affronte.
La recherche des vagues dans ces contrées lointaines est une aventure en soi. « Vous allez dans des endroits uniquement vus sur Google Earth, perçus sur une photo satellite aérienne comme une minuscule tache d'eau vive. Et parfois, vous vous dites : ‘‘Ça pourrait être une vague’’ », détaille-t-il, illustrant la ténacité et l'intuition nécessaires à sa quête. C'est ainsi qu'un jour glacial, le long d’une péninsule sablonneuse, Chris et Timmy ont eu droit à "un surf incroyable, le genre de surf dont on rêve en Californie pendant un an », raconte Chris Burkard avec un enthousiasme palpable. Il se souvient s'être assis autour d'un feu de camp sur la plage et s'être dit que ça pourrait bien être le plus beau jour de sa vie. Peu de temps après, les aurores boréales ont illuminé le ciel, ajoutant une touche de magie à cette expérience déjà inoubliable. Comme il l'explique dans son livre, cette terre de feu et de glace lui a « ouvert les yeux sur l’ailleurs », sur des spots tels que la péninsule du Kamtchatka en Russie ou les îles Féroé dont il s'est mis à rêver avec une nouvelle ferveur. Il a commencé à photographier l'Islande il y a environ deux décennies, et est tombé tellement amoureux de l'endroit qu'il a fini par déménager là-bas avec sa femme et ses deux fils, quelques années auparavant, consolidant ainsi son lien profond avec cette terre d'exception. Au fil des ans et de ses 53 voyages, Chris Burkard a saisi les plus belles images, chacune racontant une histoire de persévérance et de connexion profonde avec des environnements souvent hostiles mais toujours sublimes.
L'Art de Capturer l'Extrême et l'Authenticité
La démarche artistique de Chris Burkard est intrinsèquement liée à sa recherche de l'authenticité et à son immersion totale dans les environnements qu'il photographie. « Souvent, je me retrouve dans des situations où je suis absolument seul au milieu des éléments ou sur la route… » explique Chris. « J’essaye de faire en sorte de retranscrire ce que je vois, tel quel, et l’expérience que j’en fais. » Cette volonté de capturer l'essence même de l'instant et du lieu est une pierre angulaire de sa philosophie. Au début de sa carrière, il était à la recherche de beaucoup d’inspiration et regardait le travail de plein de photographes. Henri Cartier-Bresson, avec son concept de l'instant décisif, l’a notamment beaucoup inspiré, son travail étant un travail de l’instant, de l’instinctif, une approche qui résonne profondément avec la quête de Burkard pour saisir l'éphémère et le vrai.
Son attraction pour les endroits perdus est une constante dans son œuvre. « Je suis attiré par les endroits perdus comme les Féroé, simplement parce que peu de gens se déplacent jusque là-bas, » déclare-t-il. Cette préférence pour les lieux reculés garantit non seulement l'originalité de ses clichés, mais elle lui permet également de se confronter à la nature dans sa forme la plus pure et la plus impitoyable. Passer autant de temps dans les zones arctiques au cours des sept dernières années lui a fait réaliser leur beauté fragile, une prise de conscience qui imprègne ses photographies d'une dimension écologique et d'un appel à la préservation des lieux sauvages partout dans le monde. C'est une exploration constante des étendues les plus lointaines de la Terre, où il s'efforce de capturer des histoires qui invitent l'humanité à réfléchir à sa relation avec la nature.
La dangerosité des extrêmes qu'il affronte est une composante inhérente à sa quête de paysages inconnus. Par exemple, alors qu'il était sur la côte isolée et gelée du parc national de Hornstrandir, le photographe Chris Burkard (célèbre pour son TED Talk : The Joy of Surfing in Ice-Cold Water) et son équipe étaient à la recherche du Shangri-La du surf en eau glacée. Au lieu de cela, ils ont rencontré la plus grande tempête qu'ait connue l'Islande en 25 ans, un événement qui témoigne des défis imprévus et des risques élevés associés à ses expéditions. L'Arctique, tel qu'il le décrit, est véritablement un terrain de jeu différent : un endroit avec peu de visibilité, où règnent des vents violents de tous côtés, rendant même la tâche la plus simple, comme sortir de la voiture pour prendre une photo, périlleuse. Ces conditions extrêmes forgent non seulement son caractère mais aussi la puissance évocatrice de ses images, qui sont souvent le résultat d'une lutte acharnée contre les éléments. Il compose ainsi des images qui transcendent la simple photographie d'action, plaçant la nature au cœur de ses compositions, des images qui sont ponctuées par des paysages indomptés et puissants.
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