Le mal de mer, ou naupathie, est une expérience vécue par un grand nombre de marins, des novices aux plus expérimentés. Si vous vous apprêtez à embarquer pour une croisière, il est essentiel d'aborder ce sujet avec lucidité. Comprendre les mécanismes physiologiques à l'origine de ce trouble et adopter les bons gestes permet de transformer une appréhension en une simple étape de l'acclimatation à la vie en mer. Contrairement aux idées reçues, le mal de mer n'est pas une fatalité qui gâche irrémédiablement le séjour, mais un déséquilibre sensoriel que l'organisme est capable de gérer avec le temps et une préparation adéquate.
La physiologie du déséquilibre : pourquoi tombe-t-on malade ?
Le mal de mer est un trouble de l’adaptation au mouvement de l’eau. Médicalement connu sous le nom de « cinétose », il est causé par un désaccord entre les informations sensorielles perçues par votre corps. Lorsque vous êtes à bord d'un bateau, vos yeux peuvent voir le mouvement des vagues et du bateau, mais votre système vestibulaire dans l’oreille interne, responsable de votre sens de l’équilibre, peut envoyer des signaux contradictoires au cerveau.
Pour faire simple, l’oreille interne détermine le positionnement de la tête et donc du corps, les yeux fournissent des repères visuels concernant l’espace qui nous entoure et ce sont les pieds au sol qui nous permettent de savoir si nous sommes stables. Le mal de mer touche surtout quand les yeux et l’oreille interne n’envoient pas le même message au cerveau. Vos yeux voient un décor qui bouge peu mais votre oreille interne ressent la houle. Ce décalage crée nausée, sueurs froides et fatigue. Le cerveau humain s’adapte normalement à ce genre de discordance sensorielle avec le temps, ce qui explique pourquoi de nombreuses personnes s’acclimatent après quelques heures en mer.
Les avantages du catamaran face au mal de mer
Faut-il choisir une croisière en catamaran pour limiter les risques ? La réponse penche clairement en faveur de cette embarcation. Dans un voilier dit monocoque, l’équipage est souvent rassemblé dans le cockpit extérieur du bateau, c’est à dire à l’extérieur dans la zone arrière, située autour du poste de barre du voilier.
Premièrement, le catamaran protège mieux du froid. Sur un catamaran, les zones de vie sont plus nombreuses et mieux protégées des intempéries. Il est donc plus rare d’avoir froid lors de votre navigation sur un catamaran, car le cockpit est mieux protégé tant des vagues par la nacelle du catamaran que par un bimini rigide. Si vous avez vraiment froid car vous n’avez pas l’équipement vestimentaire adapté, vous pouvez encore vous réfugier dans la nacelle du catamaran qui se situe de plein pied avec le reste du bateau, et qui vous permet de conserver votre repère visuel : l’horizon.
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Deuxièmement, le catamaran fait moins peur aux novices. Le catamaran ne gîte pas contrairement à un voilier monocoque. Un monocoque navigue souvent penché sur un côté de 10° jusqu’à 30°, et cette situation provoque un sentiment d’inquiétude chez les novices, générateur du mal de mer. Il est plus difficile de se déplacer à bord d'un monocoque, les débutants peuvent avoir peur de tomber à l’eau ou que le bateau se retourne. En catamaran, oui on peut être malade, mais cette mauvaise expérience est rarement traumatisante, et ceux qui l’ont vécu à bord du catamaran auront quand même envie de revenir naviguer.
Stratégies de prévention avant le départ
La préparation est la clé. On estime que 25 à 30 % des touristes en moyenne sont sujets au mal de mer de manière assez occasionnelle. Il est important d’être en pleine forme pour ne pas « tomber malade ». Dormez correctement et arrivez hydraté. Bien dormir permet de limiter considérablement la nausée, avant et pendant la traversée.
Le froid est la première cause du mal de mer. Il faudra donc bien vous équiper et bien vous couvrir avant de prendre le large que ce soit pour quelques heures ou pour plusieurs jours. En mer, le vent contribue souvent à la sensation de froid, même sous un grand soleil. De même, l’humidité de la mer fait baisser la température ressentie. Couvrez-vous bien avant de ressentir les effets du mal de mer, et évitez à tout prix d’être mouillé.
On a tendance à penser qu’avoir le ventre vide limite les ballonnements, or c’est faux ! Avoir l’estomac vide n’est jamais conseillé quand on veut éviter tout mal de mer. Avant d’embarquer, il faut penser à bien s’alimenter avec des aliments sains et équilibrés. Prévoyez de petits-déjeuners légers et salés. Il est important d’emmener avec vous des fruits, biscuits ou bien bonbons, afin de vous alimenter tout le long de votre croisière et ne jamais avoir l’estomac vide. Consommer des boissons alcoolisées ou fumer de la nicotine provoquent une aggravation du mal de mer. Bannissez les apéros, vous aurez largement l’occasion de boire votre cocktail favori à terre.
Les bons réflexes à adopter à bord
Une fois en mer, la gestion de votre position et de votre comportement est primordiale. Si vous commencez à sentir des premiers vertiges, allez mettre votre nez dehors et placez-vous au centre du bateau, l’endroit le plus stable. Effectivement, pour des raisons de physique, le centre du bateau est la partie la plus stable. Asseyez-vous face à l’horizon. Fixer l’horizon est une bonne solution pour diminuer les sensations de vertige.
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Essayez de garder la tête bien droite et d’éviter un maximum de baisser la tête. Si vous sentez que le mal de mer commence à monter, privilégiez les endroits ventilés. L’eau, c’est la vie ! Geste très simple : buvez ! L’hydratation est cruciale pour ne pas être déshydraté, surtout s’il y a de forts vents ou embruns marins. Faites des micro-gorgées d’eau. Grignotez des crackers salés ou des biscuits secs. Le sucré seul peut aggraver la situation.
Le stress ou la peur augmentent votre probabilité d’être malade. Nous avons tous connu cette situation en mer où l’on perd son calme et où l’on commence à stresser de plus en plus et perdre ses moyens. Rien de pire pour contrer le mal de mer. Nous vous conseillons donc d’éviter toutes montées d’angoisse, posez-vous calmement avant de prendre vos décisions, ou faites-vous accompagner afin de ne pas prendre des décisions trop hâtives et augmenter votre stress.
Solutions médicales et accessoires spécialisés
Si vous êtes sujet au mal de mer, parlez-en à votre pharmacien. Selon votre profil, il pourra proposer un antihistaminique anti-nausée (comme le Mercalm, traitement reconnu qui, comme son nom l'indique, est très efficace) ou un patch à la scopolamine là où c’est autorisé. Demandez un avis médical si vous êtes enceinte, si vous avez un glaucome ou des traitements en cours. Certains de ces médicaments pour lutter contre le mal de mer ont des effets très somnolents.
Pour lutter contre le mal de mer, les patchs qui se placent sous l’oreille vont permettre de dissiper les capteurs de l’oreille interne, la sensation de déséquilibre sera ainsi dissipée. Les lunettes « Boarding Ring » intègrent un canal qui entoure les yeux d’un liquide coloré. Ce liquide suit les mouvements du bateau et permet à l’œil de les percevoir. L’objectif de ces lunettes est donc de coordonner les informations envoyées par les yeux et par l’oreille interne. Selon les acupuncteurs, le point d’acupuncture P6 empêche les reflux au niveau de l’estomac, donc lutte contre les vomissements. Le gingembre peut également être très efficace pour prévenir et arrêter les nausées.
Enfin, une technique réalisée par des ORL consiste à stimuler le mal de mer via des exercices optosymétriques, utilisant des fauteuils rotatoires, pour entraîner le cerveau à mieux interpréter les signaux contradictoires.
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Accompagnement de l’équipage et gestion de crise
Tout marin finira un jour par faire l’expérience du mal de mer. Même si ce n’est pas vous, il est inévitable que vous soyez appelé à soutenir l’un des membres de votre équipage. Un membre d’équipage souffrant du mal de mer peut se sentir seul, exclu et inutile. Il peut entendre le reste de l’équipage discuter, rire et s’amuser, alors qu’il est coincé sur sa couchette. Les bruits du bateau sont amplifiés en cabine - le claquement des vagues sur la coque, le grondement des treuils électriques et le battement des voiles. Sans contexte, cela peut être effrayant.
Mettez en place un moyen pour le coéquipier de vous faire savoir qu’il a besoin d’aide, car il n’a probablement pas l’énergie nécessaire pour crier ou se lever du lit. Une radio VHF dans sa couchette, peut-être paramétrée sur un canal spécifique, ou un système de drapeaux ou de cloche peut s'avérer utile. Lorsque vous allez le ou la voir, parlez doucement. Expliquez-lui ce qu’il se passe : où vous êtes, quel est le jeu de voiles, quel est le plan de navigation. Passez du temps avec la personne et ne vous contentez pas de visites fugaces pour cocher une case. Divertissez-le. Au fur et à mesure qu’il ou elle se rétablit, réintégrez-le en douceur. Confiez-lui des tâches qui lui permettent de se sentir utile, mais qui sont aussi accessibles à quelqu’un qui est encore probablement faible et lent.