La navigation de plaisance, bien qu'elle soit une activité de loisir prisée par des milliers de passionnés, comporte des risques intrinsèques qui se trouvent démultipliés par les conditions météorologiques et l'impréparation humaine. La chute d'un skipper à la mer constitue l'un des scénarios les plus redoutés par les marins. Ce type d'événement, particulièrement complexe en période automnale où les températures chutent, met en relief l'importance cruciale de la chaîne de secours, de la coordination des moyens de sauvetage et de la préparation technique des équipages.
La mécanique d'une urgence maritime : le cas d'Oléron
Drame évité de justesse hier soir lundi au large d’Oléron. Le skipper d’un voilier de 10 mètres, qui naviguait avec trois passagers inexpérimentés, est tombé à la mer. Dans des creux de 4 mètres, de nuit, il a survécu plus de 30 minutes dans l’eau à 14 degrés et a été sauvé par hélicoptère. Quatre plaisanciers sont passés très près du drame. C’est un sauvetage exceptionnel qui a eu lieu hier soir lundi 20 novembre, 4 milles dans l’Est du phare de Chassiron, au large de l’île d’Oléron. C’est de nuit, dans ces conditions hostiles, que le skipper sexagénaire d’un voilier de plaisance de 10 mètres est tombé à l’eau.
La situation s'est rapidement dégradée en raison de la panique des passagers restés à bord. Désemparés, en proie au mal de mer et seuls à bord du voilier qu’ils ne maîtrisent pas dans ces conditions, les sexagénaires ne donnent pas l’alerte dans les règles. « Ils ont appelé l’épouse d’un d’entre eux, qui a appelé les pompiers qui ont appelé le CROSS. L’alerte finit par arriver au CROSS Etel (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) qui déclenche immédiatement l’opération de sauvetage, en faisant décoller de La Rochelle un hélicoptère Dauphin de la Marine nationale, tout en diffusant un Mayday relay sur zone.
La réactivité des secours a été exemplaire. Arrivé sur zone à 19 h 23, soit 24 minutes seulement après l’alerte, l’hélicoptère de la Marine Nationale parvient à repérer l’homme à la mer et à réussir son hélitreuillage à 19 h 34. « Il était grand temps, il s’est effondré dans l’hélicoptère ». La SNS 070 de La Cotinière, d'où le plongeur a pu embarquer et prendre le contrôle du voilier en détresse, pendant que l'hélico de la Marine nationale réussissait à repérer et à hélitreuiller le skipper passé à la mer (archives).
La gestion des risques et la dérive des navires sans pilote
Lorsqu'un skipper tombe à l'eau, le navire lui-même devient un danger pour lui-même et pour les autres usagers de la mer. Pendant ce temps, il faut éviter au voilier devenu hors de contrôle de finir à la côte, vers laquelle il dérive dangereusement. Le CROSS coordonne l’action d’un autre voilier sur zone - qui « vient se mettre en parallèle au premier voilier en détresse » - tout en déclenchant le départ du canot tout temps de la SNSM de la Cotinière. Celui-ci, le SNS 070 Patron Louis Blanchard, arrive sur les deux voiliers à 20 h 24. Les sauveteurs de la SNSM ont joué un rôle déterminant dans ce sauvetage peu banal.
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Ce sauvetage démontre la nécessité d'une synergie parfaite entre les différentes entités. Une fois de plus il faut rendre hommage à la fois au CROSS, à la SNSM, à l’équipage de l’hélicoptère de la Marine Nationale, à celui du célèbre voilier Kriter VIII venu en soutien sur zone, à l’équipage de l’autre voilier venu aider… et au grand courage du sauveteur de la SNSM qui a réussi en urgence à prendre le contrôle du voilier en détresse, dans des conditions scabreuses.
L'ampleur des moyens déployés : l'intervention au large d'Ouessant
L'efficacité des secours ne dépend pas seulement de la rapidité, mais aussi de la disponibilité des moyens sur zone. Opération de sauvetage peu ordinaire cet après midi au large d'Ouessant. Autant le dire, l'opération de sauvetage survenue cet après midi au large d'Ouessant restera dans les mémoires de ses participants, par son ampleur et son heureux dénouement. Ce jeudi, vers 17h, le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Corsen a été alerté qu’un homme était tombé à la mer au nord-ouest de Ouessant.
Ce plaisancier était le skipper d’un voilier anglais d'une dizaine de mètres de long, le Caprice, qui navigait avec 3 personnes à son bord. Aussitôt alerté, le CROSS-Corsen a mis en œuvre de nombreux moyens nautiques et aériens déjà présents sur zone dans le cadre de l’exercice naval franco-allemand Spontex, à savoir un hélicoptère EC 225 et deux hélicoptères Caïman de la marine nationale, la frégate anti-sous-marine Primauguet, l’aviso commandant l’Herminier, les deux frégates allemandes Emden et Bremen ainsi que le ravitailleur allemand Frankfurt am Main. La vedette de la SNSM d’Ouessant a été envoyée sur zone pour assister le voilier Caprice et le ramener à quai.
Les facteurs déterminants de la survie : équipement et protocole
La survie en mer repose sur des variables techniques précises. À 18h30, le naufragé, un homme âgé de 55 ans, a été répéré par la frégate allemande Bremen qui l'a récupèré au moyen d’un semi-rigide. L’hélicoptère Caïman a hélitreuillé à son bord l’équipe médicale du service de santé des armées. Le naufragé était vivant mais en hypothermie. Il a été évacué par l’hélicoptère Caïman de la flottille 33 F vers l’hôpital de la cavale blanche de Brest. Grâce à une excellente coordination des moyens aériens et nautiques sur zone, l’homme a été recupéré en moins de deux heures.
Le skipper portait une combinaison étanche ainsi qu’un vêtement à flottabilité intégrée qui lui ont permis de survivre près d'une heure trente dans une eau à 10 degrés. Ces équipements sont souvent ce qui sépare une issue heureuse d'un drame irréparable. Le contraste est frappant avec les situations où l'alerte n'est pas donnée ou lorsque les conditions de récupération sont entravées par l'absence d'équipement de survie adéquat.
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