Les Maxi-Trimarans de Lorient : Vitrine d'Innovation et Ambitions Océaniques

Lorient, véritable berceau de la voile en France, continue d'être le théâtre de l'ingénierie nautique de pointe et des ambitions sportives les plus audacieuses. Au cœur de cette effervescence, les maxi-trimarans de la classe Ultim, ces géants des mers, repoussent sans cesse les limites de la performance et de l'innovation. La ville bretonne a récemment vu le lancement de navires révolutionnaires et l'annonce de nouvelles constructions qui promettent de redéfinir la course au large. Ces trimarans de 32 mètres de long et 23 mètres de large incarnent la fusion entre la haute technologie et l'artisanat, fruit d'un travail collectif intense mobilisant des centaines d'ingénieurs, d'architectes et d'artisans.

L'Avènement du Nouveau Maxi Banque Populaire 15 : Regard sur l'Avenir

Un nouveau chapitre s'ouvre pour l'écurie Banque Populaire avec l'annonce de la construction du Maxi Banque Populaire 15. Ce quinzième navire de la lignée est destiné à remplacer l'actuel trimaran bleu et blanc, barré par Armel Le Cléac'h. Il répondra au cahier des charges rigoureux imposé aux navires de la classe Ultim, ces trimarans géants qui dominent la course au large. Le chantier CDK aura l'honneur de construire ce voilier, dont la conception sera le fruit d'une collaboration étroite entre le bureau d'études de l'écurie de voile et le cabinet de l'architecte naval Antoine Koch.

Sébastien Josse, le directeur sportif de l'équipe, a exprimé l'importance de l'expérience accumulée : « C'est riche de l'expérience acquise ces dernières années que nous allons nous projeter sur la construction du Maxi Banque Populaire 15. » L'objectif avec ce nouveau géant est ambitieux : « Nous souhaitons un bateau polyvalent et augmenter encore sa performance à certaines allures, notamment au portant. » Cette volonté de polyvalence et d'optimisation de la performance illustre la quête constante d'excellence qui anime le milieu de la course au large.

Avant même sa mise à l'eau, le Maxi Banque Populaire 15 s'inscrit dans une stratégie à long terme. La transition vers ce nouveau bateau ne se fera pas de manière abrupte. Armel Le Cléac'h a en effet souligné que « le bateau actuel reste très performant pour les courses qui arrivent dans les prochains mois. On connaît ses nombreux points forts et on ne part donc pas d'une page blanche pour la construction d'un nouveau bateau. » Le trimaran actuel est ainsi prévu pour prendre le départ de la Route du Rhum 2026, tenter un Trophée Jules Verne l'hiver prochain, et viser une victoire sur l'Ultim Challenge, le tour du monde en solitaire entre maxi-trimarans, en 2027. Cette approche permet de capitaliser sur les atouts du bateau existant tout en préparant activement l'avenir. Le Cléac'h a d'ailleurs précisé l'impératif de cette nouvelle construction : « Mais on se lance dans cette super nouvelle aventure car à l'horizon 2030, il existait un risque de ne pas disposer du bateau le plus rapide. L'ADN du team, c'est la victoire, les records. » Cette démarche assure à l'équipe de rester à la pointe de la compétition mondiale des Ultim.

Maxi Edmond de Rothschild (Gitana 18) : Le Révolutionnaire Dévoilé à Lorient

Le samedi 14 février 2026 a marqué un événement majeur dans le monde de la voile de haute compétition : la mise à l'eau du très secret trimaran de classe Ultim de l'équipe Gitana, le "Gitana 18", à La Base de Lorient. Ce multicoque, désormais connu sous le nom de Maxi Edmond de Rothschild, représente le modèle dernier cri des maxi-trimarans et a été présenté au public avec ses nombreuses innovations. Pendant trois ans de fabrication, ces avancées ont été tenues secrètes, promettant de rendre le bateau plus stable et plus rapide sur les mers. L'ambition avec le Gitana 18 est d'atteindre les 40 nœuds de vitesse moyenne, soit environ 80 km/h, et de maintenir cette performance plus facilement sur l'eau.

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Le skipper Charles Caudrelier a détaillé les spécificités techniques qui distinguent ce géant : « Toutes nos ailes sont différentes cette fois. Les ailes principales, les foils, sont en forme de T et ils peuvent bouger dans tous les sens en trois dimensions. Le mât aussi est différent. On a des barres de flèches qui nous permettent de changer la forme des voiles. Ce qui nous apporte aussi un gain de vitesse. » Ces innovations de pointe positionnent le Gitana 18 comme un foiler de haute mer radical, une passionnante première ébauche d'une nouvelle génération de trimarans Ultim entièrement volants. Cyril Dardashti, directeur de l'équipe, a résumé les performances attendues : « Il vole plus tôt, va plus vite et est plus stable. »

La mise à l'eau de cette plateforme Ultim de 32 mètres sur 23 mètres, suivie de l'érection d'un mât de plus de 36 mètres de haut, ne laissait guère de place à l'erreur et nécessitait une planification méticuleuse. Une météo adéquate était non seulement souhaitée, mais aussi nécessaire. Fort heureusement, l'équipe Gitana a bénéficié d'une chance météorologique exceptionnelle ce jour-là : la pluie bretonne s'est calmée pendant quelques heures et le vent a soufflé plus doucement. Des centaines de fans et de curieux se sont rassemblés à Lorient pour célébrer cet événement. Charles Caudrelier a témoigné de ce succès : « Tout s'est bien passé aujourd'hui. La fenêtre météo était presque inattendue, mais elle nous a permis de mettre la plateforme à l'eau et de rentrer le mât juste après. Tout s'est parfaitement déroulé ! » Ces vents modérés à légers étaient une rareté dans les semaines précédentes, où plusieurs dépressions atlantiques avaient balayé la Bretagne.

Le coût de ce bijou technologique, environ 18 millions d'euros, a été entièrement financé par la baronne Ariane de Rothschild, propriétaire de la banque du même nom et armatrice des Gitana. Ce budget est destiné à être amorti sur les dix ans de course que le bateau doit offrir à l'équipe. Charles Caudrelier, quant à lui, a partagé sa joie de skipper un tel trimaran, soulignant son caractère unique : « C'est assez unique, des bateaux comme ça, dans le monde, il y en a cinq ou six. Les sensations sur ces bateaux-là sont incroyables. »

Après la mise à l'eau et le début des tests statiques habituels - effectués sur toutes les nouvelles constructions à leur sortie de chantier - la phase de mise au point se poursuit. De nombreux composants sont encore à monter et à installer progressivement. Le gouvernail central rétractable et la dérive seront ajoutés prochainement. Les foils pivotants en forme de Y, d'une envergure de plus de cinq mètres chacun, seront installés ultérieurement, une fois la première phase de test achevée. L'histoire de ce prototype Ultim ne fait que commencer.

Pour Charles Caudrelier et le Gitana Team, les mois à venir seront consacrés à la mise au point finale d'un design exigeant et très complexe. L'équipe dispose d'un délai serré, jusqu'au 1er novembre, soit huit mois, pour se préparer à sa première grande régate et défendre son titre Ultim sur la Route du Rhum - Destination Guadeloupe au départ de Saint-Malo. Ce défi est de taille, comme l'a reconnu Charles Caudrelier : « C'est un objectif ambitieux, presque irréaliste, de participer à une régate avec un tel bateau huit mois après sa mise à l'eau. Mais nous allons essayer de le faire. » L'équipe a eu l'occasion d'effectuer les premiers bords du Maxi Edmond de Rothschild équipés de son premier foil, un appendice pendulaire en Y aux dimensions inédites inspiré des monocoques de la Coupe de l'America. Le géant de 32 mètres a ainsi effectué ses premiers bords en vol, une performance remarquable compte tenu des conditions particulièrement légères, entre 10 et 13 nœuds au large de Belle-Île, qui ont prévalu lors des essais initiaux. L'équipage a pu hisser les voiles de ce projet initié fin 2022 après deux ans de construction, un grand moment pour toute l'équipe.

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Genèse et Construction du Gitana 18 : Un Projet d'Avant-Garde

La conception et la construction du Maxi Edmond de Rothschild, ou Gitana 18 de son nom de projet, constituent une prouesse d'ingénierie et d'innovation, fruit d'une collaboration intense et d'un travail collectif remarquable. Le concept architectural très audacieux de ce nouveau maxi-trimaran volant avait été dévoilé de manière spectaculaire par Ariane de Rothschild début décembre. La date de mise à l'eau, le 14 février, a marqué la fin d'un cycle de construction et le début de la vie maritime de ce géant des mers. Le 3 décembre dernier, après de longs mois de travail et une attente palpable, le voile était levé sur le nouveau Maxi Edmond de Rothschild, révélant un concept architectural innovant, des appendices révolutionnaires et une silhouette tout aussi singulière qu’élégante.

Depuis plus de vingt mois, le nouveau Maxi Edmond de Rothschild a grandi jour après jour dans le plus grand secret, au cœur du chantier CDK Technologies de Lorient. Le projet, annoncé en décembre 2023, a vu le nouveau géant de 32 mètres prendre forme, avec une équipe Gitana prenant ses quartiers dans les coques de carbone pour donner vie au bateau. Le dessin et le concept architectural de cet ULTIM sont le fruit d’une étroite collaboration entre le bureau d’études maison de l’écurie aux cinq flèches et le Team Verdier, avec Guillaume Verdier en tant qu'architecte principal de Gitana 18. Sébastien Sainson, responsable du design Team Gitana, a été un des grands témoins de cette aventure.

Au sein du collectif du bureau d’études Gitana, dirigé par Sébastien Sainson et composé de sept membres aux profils variés et hautement qualifiés, Alice Duvivier, ingénieure et architecte navale, a occupé un poste clé. En collaboration étroite avec Charles Caudrelier et la cellule navigante, elle a conçu le cockpit et la cellule de vie du Maxi Edmond de Rothschild. Pour créer ce véritable centre névralgique du bateau, Alice a naturellement bénéficié de l’expérience accumulée avec Gitana 17 et d’un cahier des charges très détaillé fourni par le skipper.

L'esthétique et l'identité visuelle du Gitana 18 n'ont pas été laissées au hasard. Ariane de Rothschild a souhaité poursuivre la démarche artistique initiée près de dix ans plus tôt avec le Palais de Tokyo. Pour cette nouvelle étape et une nouvelle réflexion sur la peinture contemporaine, le choix s'est porté sur un duo d'artistes, Florian et Michaël Quistrebert. Ces derniers ont exprimé leur vision sur les 2 000 m² de surface développée, incluant les coques et les voiles, en collaboration avec le Palais de Tokyo. Cette alliance d'intelligence, d'art, d'ingénierie et de technologies de pointe fait du nouveau Maxi Edmond de Rothschild l'incarnation de la vision d'innovation de la légendaire lignée des Gitana.

La construction a impliqué une coordination exemplaire. Pierre Tissier, directeur technique de Gitana, a mené la partition de chef d'orchestre de la construction du Gitana 18, partageant la scène avec Tanguy Redon, responsable du bureau d'études de CDK Technologies, et Stéphane Digard, directeur général de CDK Technologies. L'éclatante victoire de Charles Caudrelier et du Maxi Edmond de Rothschild (Gitana 17) sur l’Arkea Ultim Challenge Brest, célébrée il y a un an déjà au large de Brest, a servi de référence et d'inspiration. Gitana 17 était d'ailleurs le pionnier de cette nouvelle génération de grands multicoques océaniques, le premier imaginé et conçu pour voler au large. Gitana 18, fruit de l'expérience de son prédécesseur, a été pensé dans la même veine, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle génération de multicoques océaniques volants.

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Le Palmarès et l'Évolution du Maxi Banque Populaire XI

Le Maxi Banque Populaire XI, fruit d’un intense travail collectif mélangeant haute technologie et artisanat, est un acteur majeur de la scène des Ultim. Fabriqué par le chantier naval CDK Technologies, sa construction a nécessité 24 mois de travail et a mobilisé 150 entreprises en plus du Team Banque Populaire. Le Team a favorisé le « made in France », sollicitant en grande majorité des entreprises françaises et locales, et collaborant avec des centaines d’artisans, d’ingénieurs et d’architectes. Conçu entièrement en carbone, ce bateau se distingue par la finesse de ses formes, un poste de pilotage très innovant et une recherche poussée pour améliorer l’aérodynamisme. Ses foils sont environ deux fois plus grands que ceux des précédentes générations. Ces études de performance ont toujours été menées en parallèle d’un enjeu majeur : la fiabilité et la sécurité à bord, avec l’ensemble des parties critiques vérifié à deux reprises par un cabinet d’experts.

Armel Le Cléac’h, skipper emblématique, a souligné les progrès par rapport à son prédécesseur : « Par rapport à l’ancienne mouture, nous avons progressé dans tous les domaines avec ce Maxi Banque Populaire XI. Nous savons qu’il va être plus rapide, plus performant, plus marin. » Armel Le Cléac’h, son co-skipper Kevin Escoffier et toute l’équipe ont multiplié les sorties en mer pour fiabiliser et mettre au point Banque Populaire XI. Cette montée en puissance progressive les a menés jusqu’au 7 novembre 2021, date du départ de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre. Armel a rappelé : « Notre objectif premier, c’était d’arriver en Martinique. Nous y parvenons en terminant sur le podium, c’est forcément très positif. »

La saison 2022 a marqué les premières expériences en solitaire pour Armel Le Cléac’h et le Maxi Banque Populaire XI. Avant cette étape solo, Armel et le Team Banque Populaire ont participé à la toute première édition de la Finistère Atlantique, obtenant une deuxième place. Les 24h Ultim ont également signé la première course en solitaire du Maxi Banque Populaire XI, avec une belle deuxième place à la clé. Le 9 novembre 2022, Armel s’est élancé à la barre du Maxi Banque Populaire XI sur la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Suite à une avarie de dérive, le bateau a été contraint de revenir à Lorient pour une escale technique. Après 36 heures d’efforts collectifs du Team Banque Populaire, Armel a pu reprendre la route vers Pointe-à-Pitre.

L’année 2023 a vu l’arrivée d’une nouvelle casquette pour le Maxi Banque Populaire XI, une amélioration visant à optimiser l’aérodynamisme du bateau en vue du premier Tour du Monde en solo à bord d’un Ultim début 2024. Pour se préparer à cette échéance, le bateau a effectué sa première course de la saison en équipage lors de la Rolex Fastnet, où il a terminé deuxième. En septembre, Armel est revenu au format duo avec Sébastien Josse pour les 24h Ultim, et le binôme a signé une victoire convaincante. Un mois plus tard, le duo a participé à la Transat Jacques Vabre, reliant Le Havre à la Martinique. Après un départ musclé, Armel et Sébastien ont réalisé une course presque parfaite, passant notamment 11 jours en tête sur les 14 passés en mer.

L’année 2024 a commencé fort pour le Maxi Banque Populaire XI avec son premier tour du monde. Dès le 7 janvier, le bateau a pris le départ de l’Arkea Ultim Challenge - Brest, la première course solitaire autour du monde en Ultim. Cette aventure a nécessité 56 jours et deux escales techniques pour accomplir ce tour du monde. Le 7 juin 2024, le Maxi Banque Populaire XI a entrepris une mission exceptionnelle depuis Brest : transporter la Flamme Olympique de Paris 2024 jusqu’aux Antilles dans le cadre du Relais des Océans. À son bord, un équipage inédit composé d’Armel Le Cléac’h, Sébastien Josse, Marine Lorphelin, Marie José Pérec, Alexis Michalik et Hugo Roellinger a traversé l’Atlantique pour partager l’esprit olympique avec les Guadeloupéens. Après ce passage exceptionnel en Guadeloupe, la Flamme Olympique a repris le large en direction de la Martinique avec un nouvel équipage, incluant Laura Flessel, Coralie Balmy, Kéni Pipérol-Dampied, Thomas Debierre et Tony Estanguet.

Pour 2025, le Maxi Banque Populaire XI est voué à évoluer à nouveau. Après quatre années passées à naviguer autour du monde et à récolter de nombreuses données sur les performances de l’Ultim, le Team prévoit de mettre en place de nouveaux appendices, en changeant les foils et les safrans. Cette évolution technique permettra au bateau de voler plus tôt et d’améliorer sa vitesse. Convaincu par ces changements, l’ensemble du Team, désormais mené par Erwan Steff et Sébastien Josse, n’a pas caché son ambition pour la Transat Café L’OR (anciennement Transat Jacques Vabre).

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