Les sports de glisse aquatique ont connu une transformation significative avec l'apparition et la démocratisation du foil. Grâce à l’intégration d’un foil sous une planche de surf ou un SUP, le rider peut soulever sa planche au-dessus de l’eau, créant une sensation de vol unique. Dès lors, les supports de glisse équipés d’un foil relèvent pleinement de la compétence de la Fédération Française de Surf (FFSurf), qui accompagne activement cet essor remarquable.
L'attrait pour le foil réside dans ses propriétés novatrices et les sensations inégalées qu'il procure. Les avancées technologiques récentes rendent les foils plus faciles à utiliser, un facteur clé dans leur popularité croissante. Ces innovations permettent aux pratiquants de décoller à très faible vitesse, de voler plus longtemps et, par conséquent, de pratiquer dans des conditions jusqu'alors inédites. Aujourd’hui, ces disciplines séduisent un public passionné, profondément attiré par la liberté et la sensation de glisse aérienne que procure le foil. En France, des pratiques telles que le Foil Surfing, le Foil Pumping et le Downwind Foil connaissent un fort développement, attirant un nombre croissant d’adeptes.
Le Foil : Une Innovation Technique au Cœur de la Glisse
Le concept du foil, bien que semblant futuriste dans le contexte des sports de glisse, s'appuie sur des principes fondamentaux d'aéronautique appliqués aux milieux aquatiques. Ce qui va permettre au foil de s’élever, c’est son décollage qui ne se fait pas dans les airs mais sous l’eau. Il s’agit d’une innovation majeure, popularisée initialement sur les bateaux, notamment lors du Vendée Globe, où elle a démontré sa capacité à gagner en vitesse en réduisant les frottements avec la coque. Bien que cette technologie ait été greffée sur planche dès les années 2000, c'est sa récente optimisation qui a véritablement propulsé sa démocratisation.
Le terme "foil" en tant que tel est souvent utilisé de manière générique, mais il englobe en réalité une multitude de pratiques spécifiques. Parmi celles-ci, on retrouve le Kitefoil, le Windfoil, le Wakefoil, le Surfoil, le SUP foil, et plus récemment le Pumping foil et le Wingfoil. Chacune de ces disciplines utilise un "appendice" particulier, une partie amovible qui se fixe sous la planche, agissant comme une aile sous-marine. Cette "greffe" permet à la planche de léviter au-dessus de l'eau dès qu'une certaine vitesse est atteinte, offrant une glisse silencieuse et fluide. Selon Steve Robert, membre-fondateur de l’Annecy Foil Team, sur la planche et sur la vague, les pratiquants recherchent des sensations uniques que seul le foil peut offrir.
La Fédération Française de Surf, consciente de l'engouement et de la complexité technique inhérente à ces nouvelles formes de glisse, souligne que ces disciplines ne s’improvisent pas. Elle souhaite accompagner cet essor avec des repères clairs, promouvant ainsi une pratique responsable, respectueuse des autres usagers des plans d'eau et, de manière primordiale, des écosystèmes aquatiques fragiles. Ce cadre de référence se veut évolutif, s'adaptant au fil du temps aux innovations et à l'évolution des pratiques.
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L'Avènement du Wingfoil : Genèse et Atouts d'un Sport en Pleine Croissance
Le Wingfoil, en particulier, s'est imposé comme le benjamin des sports nautiques, né et présenté il y a environ trois ans, notamment sous les cocotiers d’Hawaï. Il est le fruit d’un mariage ingénieux entre le Windfoil et le Kitefoil, combinant des éléments de plusieurs disciplines existantes pour créer une expérience de glisse singulière et très accessible. Il s’agit encore d’un jeune sport, mais avec une croissance rapide et exponentielle, il s'envole déjà dans le paysage des sports nautiques.
L'histoire du Wingsurf, qui est à la base du Wingfoil, remonte même à 1982, lorsque son inventeur, Roland Le Bail, dépose un brevet sous le nom de « bird sail » pour une aile dont les caractéristiques sont identiques à celles d’une wing moderne. En 1986, Tom Magruder présente son « Wind Weapon », une voile à rotation libre fermement fixée avec un demi-mât sur la planche de surf. Dans les années qui ont suivi, la technique fut adaptée et a continué d'arriver sur le marché sous différentes versions et sous de nouveaux noms, incluant les termes « Skate Sails », « Wind Skates » ou « Kitewings » comme jalons de ce développement.
Cependant, la raison du succès modéré de tous ces développements initiaux était principalement physique : la friction. Des ailes suffisamment grandes pour mettre en mouvement une planche de surf lourde et lente, sans compter le poids du surfeur, devaient être très grandes, encombrantes et lourdes. Ce n’est qu’avec l'introduction du foil surf que le Wingsurf a connu une véritable renaissance. L'idée de la marque de cerf-volant Slingshot de transférer le concept de l'aile du kitesurf au wingsurf, en proposant une aile à vent gonflable, compacte, légère et peu coûteuse, a été révolutionnaire. Cette nouvelle technique a su convaincre des figures emblématiques du surf américain comme Robby Naish, ainsi que des fabricants connus qui ont développé des ailes gonflables pour l'été 2019.
La pratique du Wingfoil est aujourd'hui considérée comme plus accessible et moins dangereuse que le windsurf et le kitesurf, tout en offrant des sensations similaires. Elle connaît ainsi une croissance exponentielle parmi les pratiquants de sports de glisse. Le Wing foiling est un des nouveaux sports de glisse dont le nombre de pratiquants ne cesse d’augmenter, certains allant même jusqu’à délaisser leur pratique de prédilection. La facilité de prise en main est quasi immédiate, permettant une évolution rapide et la capacité de décoller ou de surfer sur la houle et les vagues rapidement.
Caractéristiques Techniques de l'Équipement
L'équipement du Wingfoil se distingue par sa légèreté et sa modularité. L'aile, élément central, est faite de tissu de cerf-volant léger ou de tissu spi, qui est étiré par des tuyaux d'air gonflables, appelés boudins et protégés par des fourreaux de dacron. Ces ailes, en constante évolution, ont vu leur design et leurs performances s'améliorer de manière exponentielle. Selon Julien de Boards&More, une filiale annécienne d’un géant de l’équipement de sports nautiques, l'industrie est déjà à la 5e génération d’aile depuis la première présentation en 2019, témoignant d'un travail de recherche et développement constant.
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Les foils eux-mêmes sont majoritairement construits en fibres carbone préimprégnées pour leur rigidité et leur légèreté, bien qu'il existe également des versions avec des mâts en aluminium, plus abordables. Quant aux planches, les constructions sont diverses, mais de manière générale, elles se basent sur un pain de mousse usiné par machine-outil à commande numérique, ensuite drapé de matériaux composites, tels que du carbone ou de la fibre de verre, pour garantir robustesse et performance.
Une particularité notable du Wingfoil est que, contrairement à d'autres sports, l'aile n'est pas liée à la planche. Cette flexibilité permet de l'utiliser non seulement avec une planche de surf, un kiteboard ou un stand-up paddle, mais aussi en combinaison avec un skateboard, un snowboard, un longboard, ou même sur des patins à roues alignées, élargissant considérablement le champ des possibilités et l'accessibilité de la pratique.
Accessibilité et Performance
Le Wingsurf sur des planches équipées d'un foil est particulièrement apprécié. Il est possible d'avancer avec de petites ailes à une vitesse d'environ 8 nœuds pour les débutants. La plage de vent utilisable est étonnamment large, allant de moins de 10 nœuds à plus de 30, bien que les novices se cantonneront généralement à une plage de 15 à 20 nœuds pour les premières sessions. Aujourd'hui, les pratiquants les plus chevronnés atteignent des vitesses approchant, voire dépassant, les 30 nœuds, illustrant le potentiel de performance de la discipline.
D'un point de vue technique, le wingsurf présente de nombreuses similitudes avec la planche à voile, car l'aile est contrôlée directement par les mains du rider. Il partage également des fonctionnalités avec le kitesurf, de par sa ressemblance avec un cerf-volant de traction. La question de savoir si le wingsurf est une variante du kitesurf, du windsurf, ou un sport totalement indépendant n'est pas seulement théorique. Elle a des implications pratiques, concernant par exemple la mesure dans laquelle les interdictions de kite sur certains spots s'appliquent également aux wingsurfeurs. De plus, il est discuté dans quelle mesure le surf ailé, en tant que sport de surf hybride, parvient à fonctionner comme un élément de connexion et à réduire les rivalités existantes entre les kitesurfeurs et les véliplanchistes, en offrant un terrain d'entente.
Les Avantages Multiples du Wingfoil : Une Pratique pour Tous
Le Wingfoil se distingue par une série d'avantages significatifs qui expliquent son succès et son expansion rapide. Quand on se met à la Wing après avoir pratiqué le Kitesurf ou le Windsurf, tout semble plus simple.
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L'un des premiers atouts est le caractère minimaliste de l'équipement. Vous n’avez qu’à gonfler votre Wing et mettre en place votre foil. Si l’on opte pour une planche gonflable telle que la SROKA Air, l'intégralité du matériel peut être rangée dans un seul sac, ce qui est parfait pour transporter et préparer son équipement n’importe où, avec une facilité déconcertante. Le matériel est léger, et il n’est pas nécessaire d’avoir une grande voile, ni des straps ou un harnais, simplifiant grandement la logistique. En moins de 10 minutes, tout le matériel peut être prêt à aller sur l’eau.
La mise à l’eau est également aisée. Selon les spots, il est possible de partir directement de la plage ou d’une cale, sans contrainte majeure. Le retour est tout aussi simple : si le vent baisse, le volume suffisant des planches permet de rentrer en naviguant, contrairement au Kite où un retour à la nage est souvent inévitable en cas de manque de vent.
Un grand avantage de ce sport de glisse est la possibilité de naviguer même par vent faible, puisque l'on peut décoller dès 7 à 8 nœuds. C’est d’ailleurs un point idéal pour les débutants qui s'initient à la Wing, leur permettant de s'exercer dans des conditions moins intimidantes. Le Wingfoiling ne requiert pas non plus de grandes conditions de vague. Il est possible de surfer sur des vagues molles et qui ne cassent pas, ou même sur la houle de vent générée par un clapot dans des endroits dépourvus de vagues comme le sud de la France ou le Lac Léman en Suisse. Par conséquent, nul besoin d’être à Hawaï dans des conditions majestueuses; il suffit d'un peu de vent pour s'éclater.
Le WingFoil ne demande pas de grandes conditions physiques préalables, ce qui rend cette pratique accessible à tous, indépendamment du niveau, du gabarit ou de l’âge. Toute la famille peut s’y mettre, rendant les sorties sur l’eau encore plus fun, car chacun peut pratiquer à son rythme, de 7 ans à 77 ans. Ce n’est pas un sport traumatisant, les vitesses n'atteignant pas celles du KiteFoil ou du WindFoil, ce qui est très rassurant.
De plus, le WingFoil s’écarte des mentalités parfois vaniteuses de certains sports. Ici, on se détache du bord et du monde pour se recentrer sur sa pratique personnelle, favorisant une connexion plus intime avec l'élément aquatique. Pour Benjamin Billarant, ancien compétiteur, le Wingfoil, c’est un peu, beaucoup, à la Foil-ie, offrant une liberté inégalée. Il souligne : « Tu peux aller surfer à des endroits où en temps normal tu ne pourrais pas ». Il ajoute qu'il n’y a pas les interdictions du kite, ce qui ouvre des spots de navigation jusque-là inaccessibles, notamment autour du lac d’Annecy où les spots de levage pour le kite se comptent sur les doigts d’une main.
L’aile en elle-même est très maniable, ce qui rend le pratiquant « beaucoup plus libre de ses mouvements » par rapport au kite où l'on est solidaire du harnais. C’est une pratique plutôt sécurisante, car « la voile, tu la tiens dans les mains. Si ça se passe mal, tu la lâches et ça s’arrête », minimisant les risques en cas de problème. Les chances de chocs avec l’équipement de Wing Foil sont largement réduites, et lorsque c’est le cas, ceux-ci sont moins douloureux qu’en planche à voile.
Hors de l’eau, l'aspect pratique est également un atout. En wing, la planche est plus petite et l’aile prend moins de place. Cette facilité de transport et de manipulation permet une mise à l’eau et une sortie de l’eau très rapide. Benjamin Billarant en témoigne : à la fin de sa session, il était en retard pour aller chez le poissonnier, mais en une minute, tout était plié.
Le Wingfoil est également moins tributaire des vents constants, ce qui lui confère un gros potentiel pour les lacs. Benjamin informe : « Les zones comme chez nous ne disposent pas de vents constants. On n’est pas à Tarifa, il n’y a pas 30/40 nœuds tous les jours ici, or pour faire de la Wing, tu peux partir avec 7/8 nœuds », ce qui est différent pour le Kite et la planche à voile. Le lac de Monteynard, par exemple, est un gros spot de Wingfoil.
En termes de bienfaits physiques, le Wingfoiling fait travailler aussi bien les muscles du dos que ceux des jambes, notamment grâce au "pumping" avec les jambes ou les bras sur la Wing pour avancer. On a vraiment l’impression de travailler tous les muscles du corps. C’est une pratique également intéressante pour le cardio, axée sur l’endurance et beaucoup moins sur l’explosivité. C’est un sport très accessible à tous, et particulièrement adapté à la gent féminine. Après avoir découvert comment débuter en Wing Foil, il devient évident que c’est la manière la plus facile d’apprendre le Foil, et surtout de s’éclater sur l’eau, comparativement à d’autres sports nautiques.
Le Nombre de Pratiquants de Foil : Une Enigme Statistique et son Éclaircissement par la FFSurf
L'évaluation précise du nombre de pratiquants de sports de glisse à foil en France représente un défi statistique significatif. La permanence des représentations à l’égard des surfeuses et des surfeurs - souvent associés à l’oisiveté, la passion, une vie sans contrainte, la marginalité, ou encore à des écologistes - tient principalement au fait que cette population, en France comme ailleurs, n’est pas facilement captable par l’enquête statistique. Il est quasi impossible de les comptabiliser de manière exhaustive, tant le taux de pratiquants hors association ou école de surf commerciale est très élevé et en nette croissance depuis la « crise Covid » du début des années 2020.
En effet, la Fédération Française de Surf (FFS) se caractérise par un très faible nombre de licenciés, avec seulement 15 104 en 2024, contrastant fortement avec les plusieurs centaines de milliers de pratiquants qui évoluent hors du cadre fédéral. Dès lors, une seule population spécifique de pratiquants peut être étudiée avec une certaine fiabilité grâce à l’enquête statistique : les licenciés à la FFS.
Pour pallier ce manque de données globales, une enquête quantitative a été réalisée en 2023 auprès des licenciés de la Fédération Française de Surf. Cette étude, menée en collaboration avec la fédération et diffusée sous la forme d’un questionnaire anonyme, a permis d'analyser les profils sociaux des surfeurs et des surfeuses licenciés. Elle a également permis d'établir leur rapport au surf, les modalités de pratique, leurs mobilités, et bien d'autres aspects. Au total, 1 567 réponses exploitables ont été recueillies, constituant un échantillon représentatif de la population mère des licenciés de la FFS.
Profil Socio-Démographique des Licenciés FFSurf
L'analyse des données recueillies offre un aperçu éclairant sur le profil des pratiquants de foil et de surf en général, au sein de la population fédérée.
Selon la variable « sexe », la prépondérance masculine est manifeste, représentant les deux tiers des pratiquants licenciés. Cette proportion suggère une légère persistance des stéréotypes de genre dans les sports de glisse, bien que l'accessibilité accrue de nouvelles disciplines comme le Wingfoil puisse contribuer à un rééquilibrage futur, notamment grâce à ses avantages qui le rendent particulièrement adapté à la gent féminine.
L’analyse de la variable « ligue de surf » confirme une dé-régionalisation progressive de la pratique. Historiquement concentrée sur des bastions côtiers, la discipline voit ses pratiquants se répartir plus largement sur le territoire national. Cependant, la Nouvelle-Aquitaine conserve une position dominante, concentrant encore près de la moitié des licenciés. Cette région, avec ses côtes propices et sa culture surf bien établie, demeure un pôle attractif, même si l'attrait pour le foil commence à s'étendre à d'autres zones, y compris les plans d'eau intérieurs comme les lacs.
Au sein de l’échantillon circonscrit à la population active (les scolaires et étudiants représentant près d’un enquêté sur cinq et les retraités 5 %), les cadres et professions intellectuelles supérieures sont nettement surreprésentés parmi les pratiquants licenciés. En effet, 62 % des enquêtés appartiennent à ce groupe socioprofessionnel de l’INSEE, alors qu’ils ne pèsent que 19 % dans la population active française. A contrario, les licenciés déclarant appartenir aux classes populaires, composées du groupe des ouvriers et des employés, sont largement sous-représentés, avec seulement 11 % de l’échantillon, contre 48 % dans l’ensemble des actifs. Cette disparité sociale met en lumière une certaine homogénéité du profil des licenciés, qui tend à provenir de catégories socio-professionnelles plus favorisées.
Ces observations sont corroborées par les niveaux de diplômes et de salaire des licenciés. Près de 40 % d'entre eux sont titulaires d’un diplôme de niveau Bac+5 ou plus (master, doctorat, diplômés d’école d’ingénieur ou d’école de commerce, etc.), reflétant un niveau d'éducation élevé. Si la distribution en termes de revenu positionne également la majorité des surfeurs parmi les classes moyennes et supérieures, c’est toutefois moins net que pour leur appartenance socioprofessionnelle. Cette légère nuance peut s'expliquer par les secteurs d’activité investis et les territoires dans lesquels ils travaillent, majoritairement à proximité du littoral et parfois éloignés des grands centres urbains, où les salaires peuvent être différents.
Mobilité et Impacts Environnementaux : Un Regard sur les "Surftrips"
La pratique du surf, et par extension du foil, n’est pas exclusive à un seul « spot » de pratique proche du lieu de résidence. Une des dimensions fondamentales de la culture plurielle du surf réside dans l’exploration de nouveaux « spots ». Cette caractéristique se manifeste par la densité des voyages effectués, non seulement en France, mais aussi et surtout à l’étranger.
Cette propension aux voyages est renforcée par les propriétés sociales et les ressources dont dispose une forte proportion de licenciés. Plus précisément, 21 % d'entre eux ont effectué entre un et neuf voyages à l’étranger, et un pourcentage encore plus élevé de 26 % déclare même avoir effectué 10 « surftrips » et plus au cours de leur carrière de surfeur. Près de 600 répondants, soit environ 38 % de l’échantillon, ont indiqué le pays dans lequel ils avaient surfé le plus grand nombre de fois. Si les pays à proximité de la France métropolitaine, réputés pour la qualité de leurs vagues (Espagne, Portugal et surtout Maroc), sont les plus cités, des destinations lointaines, exotiques et coûteuses sont également souvent mentionnées, telles que l'Indonésie, l'Australie, les États-Unis, ou les Antilles.
La plupart de ces « surftrips », à l'exception peut-être de l’Espagne et du Portugal, se réalisent donc par voie aérienne. Les ressources financières dont disposent les licenciés autorisent de tels voyages, souvent auto-organisés dans le cadre d’un loisir socialement distinctif.
Cet engouement pour les « surftrips » entre en contradiction avec le supposé rapport « sensible » des surfeurs à « la nature » et la croyance essentialiste selon laquelle ils seraient tous défenseurs de l’environnement. Les pratiques de mobilité intense, notamment par avion, ont une empreinte carbone significative. De plus, près d’un enquêté sur deux déclare changer de planches de surf au moins tous les deux ans. Ces planches, qu'elles soient fabriquées en polyester ou en époxy, sont issues de la pétrochimie, et leur production ainsi que leur élimination soulèvent des questions environnementales. Ces éléments rappellent que la réalité des pratiques peut parfois diverger des représentations idéalisées.