L'histoire de Nicolas Troussel et de son projet Vendée Globe avec le bateau Corum L'Épargne est une chronique de passion, d'ingénierie avancée et d'une persévérance confrontée à la dure réalité des océans. Marin aguerri, Nicolas Troussel incarne le rêve d'une vie de nombreux navigateurs, celui de prendre le départ du Vendée Globe. Ce rêve, un véritable rêve d’enfant pour le marin de Morlaix, semblait enfin se réaliser. Âgé de 46 ans, il s'apprêtait à vivre son tout premier Vendée Globe, une chance qu'il pensait auparavant envolée, faute de sponsor. Double vainqueur de la Solitaire du Figaro, Troussel portait en lui une expérience et une détermination exceptionnelles, des qualités indispensables pour s'attaquer à la plus exigeante des courses autour du monde.
Genèse et Démarrage du Projet Corum L'Épargne
L'engagement de la société Corum L'Épargne dans le monde de la voile remonte à 2018. Avec cette implication, les ambitions étaient clairement affichées : soutenir Nicolas Troussel dans sa quête du Vendée Globe. Pour ce faire, un bateau de dernière génération a été conçu, un Imoca dont les objectifs primordiaux étaient la performance et la fiabilité. Dessiné par le renommé Juan Kouyoumdjian, l'architecte naval visionnaire, et construit par les experts de CDK et Mer Agitée, ce monocoque représentait la pointe de la technologie maritime. Sa mise à l'eau, en mai 2020, marquait le début d'une aventure qui devait être couronnée de succès. Toute l'équipe avait une seule idée en tête : que ce bateau permette à son skipper de boucler le tour du monde. La famille de Nicolas Troussel, à Fouesnant, vivait pleinement avec lui ce rêve qui le ferait participer au Vendée Globe 2020, témoignant de l'ampleur personnelle de ce projet.
Une Succession d'Épreuves Techniques et Humaines
Cependant, le parcours du bateau Corum L'Épargne a été jalonné de multiples avaries depuis sa mise à l'eau. Chaque incident a mis à l'épreuve la résilience de l'équipe et la solidité du projet. Le démâtage sur le Vendée Globe 2020 a été un coup dur, forçant Nicolas Troussel à l'abandon. Ce n'était que le début d'une série de revers. L'an dernier, le bateau a également rencontré un problème de fond de coque, ajoutant aux défis techniques à surmonter. S'y est ajouté un problème de quille, soulignant la complexité et les contraintes extrêmes imposées aux machines et aux hommes dans la course au large.
Face à ces difficultés persistantes, un effort considérable a été déployé pour ramener le bateau au meilleur de sa forme. Il venait d'être remis à l'eau en juillet après plus de six mois de chantier et de profondes modifications. Ces travaux comprenaient l'intégration d'une nouvelle étrave et de nouveaux foils, des améliorations destinées à le fiabiliser et à le rendre plus performant. Ces investissements massifs et ce travail acharné visaient à transformer le destin du monocoque. La saison de course à venir devait être celle du renouveau et de la confirmation des ambitions.
Le Coup de Grâce : Le Démâtage du Défi Azimut
C'est dans ce contexte de renouveau et d'espoir que le bateau a pris ses premiers bords en course de la saison, participant au Défi Azimut. Malheureusement, le destin s'est de nouveau acharné. Le démâtage de vendredi dernier, après seulement quelques heures de mer dans le Défi Azimut, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Ce fut une casse de trop, comme le dit Nicolas Troussel lui-même. Cet incident a conduit la société Corum L'Épargne, après mûre réflexion, à prendre une décision radicale. Frédéric Puzin, fondateur de Corum L'Épargne, est venu à Lorient annoncer la fin du projet voile et de ses ambitions de Vendée Globe avec Nicolas Troussel à toute l'équipe.
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L'annonce a été un moment dur et plein d'émotion, une grande déception pour tout le monde. Joint par téléphone, le skipper a réagi à cette décision qualifiée de « dure à encaisser » mais qu'il respecte. Nicolas Troussel a appris la nouvelle le matin même, un mardi. Il confie ne pas s'y être vraiment attendu après le démâtage. Pour lui, l'objectif principal restait le Vendée Globe. La fin du projet, telle qu'elle a été annoncée, avait un sens pour Corum L'Épargne, mais pas entièrement pour le marin. Néanmoins, il respecte leur décision. Il déclare ne pas vouloir les accabler après tout ce qui leur est arrivé depuis le lancement du bateau en mai 2020, énumérant les précédents malheurs. « C'est la mésaventure de trop », a-t-il affirmé, reconnaissant que Corum avait réinvesti pas mal d'argent pour refaire le bateau. Aujourd'hui, tout le monde est malheureux. La Transat Jacques-Vabre, qui devait initialement voir Nicolas Troussel prendre le départ au Havre le 29 octobre, n'aura donc pas lieu pour lui sur ce bateau.
L'Avenir de Nicolas Troussel et du Bateau
Malgré cette profonde déception, Nicolas Troussel ne baisse pas les bras. Il exprime toujours l'envie de faire le prochain Vendée Globe. Avec pas mal de milles à son compteur, il sait que le monde de la course au large peut encore réserver des opportunités. Il espère rebondir, en restant concentré et prêt à saisir la moindre chance qui se présentera. Quant au bateau, il va être rangé proprement, et ensuite, Corum décidera de son avenir, un chapitre qui reste à écrire pour cette machine de course.
La Diversité des Aventures Maritimes : De la Course au Large à la Plaisance Familiale
L'univers du "bateau" ne se limite pas aux défis extrêmes de la course au large, comme l'illustre l'histoire de Nicolas Troussel. Il englobe également un vaste monde de plaisance, d'exploration et de partage, où l'aventure se vit souvent à une échelle plus intime et familiale. Les débuts dans la navigation, qu'il s'agisse de gérer un petit voilier habitable ou un bateau de location, sont très simples dans leur essence, même s'ils demandent un engagement constant. Il faut tout gérer en famille : les départs, les retours, les entretiens, les lavages… Bref, les journées sont fortement remplies, d’autant plus que l’aventure commence surtout avec des voiliers habitables.
Cette réalité du quotidien maritime est particulièrement palpable pour les professionnels de la location de bateaux. Le Vendredi soir, quand les bateaux rentrent d’une semaine de navigation, il faut les préparer méticuleusement pour le départ du lendemain. La nuit est souvent très courte, témoignant de l'investissement nécessaire pour garantir une expérience de qualité aux plaisanciers.
L'Évolution Technologique et Commerciale de la Location de Bateaux
Le secteur de la plaisance a également connu ses propres révolutions, parallèles aux avancées de la course au large. Le début des années 2000 a vu arriver un bouleversement un peu inattendu : le moteur 4 temps pour les hors-bords. Cette innovation a marqué la fin des nuages de fumée au démarrage et des consommations incroyables, entre autres. C’est surtout enfin la fiabilité et le silence qui arrivent sur les bateaux, transformant radicalement l'expérience de navigation pour des milliers d'utilisateurs. Cette amélioration a rendu la navigation plus accessible et plus agréable.
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Un exemple notable de cette évolution et de l'adaptation du secteur est celui de "La Route du Sud", une entité qui a su se réinventer. Au milieu des années 90, la célèbre Route du Rhum, une course au large emblématique, a vu son nom déposé. C'est à cette période que "La Route du Rhum" est devenue "La Route du Sud", marquant une nouvelle ère pour cette compétition. Parallèlement, ou peut-être en lien avec cette terminologie, une entreprise portant ce nom a prospéré dans le domaine de la location. En 2011, la Route du Sud a continué son développement en louant des vedettes à moteurs allant jusqu'à 50 pieds, comme les luxueux Prestige 50, élargissant ainsi son offre à une clientèle plus exigeante.
L’année Covid a fait craindre le pire pour la profession de la location, un secteur fortement impacté par les restrictions de déplacement. Cependant, la Route du Sud a fait preuve d'une grande anticipation en recentrant son activité sur les locations de bateaux sans cabine. Cette stratégie a permis de s'adapter aux nouvelles demandes et aux contraintes sanitaires, offrant des options plus flexibles et accessibles. Aujourd'hui, Salpa, Zodiac, Joker boat, Jeanneau Cap Camarat, toutes les plus belles références du moment sont à la location au sein de cette entreprise. Ce succès durable n'est pas le fruit du hasard. En fait, on ne fête pas sa 34ème saison de location sur le port d’Hyères sans avoir le plus grand respect pour ses clients. Cette longévité est un témoignage de l'engagement envers la satisfaction de la clientèle. Aujourd’hui, l'équipe est très fière d’accueillir jusqu’à 3 générations de plaisanciers de la même famille sur un bateau, illustrant la fidélité et la transmission d'une passion pour la mer. Ces entreprises contribuent à démocratiser l'accès à la navigation et à enrichir l'expérience maritime pour un public varié.
Saint Nicolas : Un Patron des Marins Ancré dans l'Histoire et la Culture Maritime
Au-delà des histoires contemporaines de marins et de bateaux, il existe une figure historique dont le nom, Nicolas, est intrinsèquement lié à l'univers maritime et qui continue de façonner des traditions à travers l'Europe : Saint Nicolas. Ses origines remontent au quatrième siècle sur la côte de Myre, une ville portuaire du sud de la Turquie. Dans cette cité, Nicolas était évêque. Les légendes racontent qu'il aidait les personnes dans le besoin, qu'il soutenait les enfants et les familles, et qu'il s'engageait sans relâche pour ses semblables. Lui-même vivait dans la modestie, un exemple de vertu qui a traversé les âges. Après sa mort, les histoires le concernant se sont répandues dans tout le monde chrétien, et aujourd'hui encore, elles sont racontées chaque année à l'occasion de la Saint-Nicolas.
La Légende Fondatrice du Patronage des Marins
L'une des légendes les plus connues sur Nicolas est étroitement liée à sa ville natale, Myre, et cimente son statut de saint patron des marins. Dans ce récit poignant, un bateau est pris dans une violente tempête. Le vent déchire les voiles avec une force dévastatrice, et de hautes vagues s'écrasent sans pitié contre la coque, menaçant d'engloutir l'embarcation. L'équipage, pris de panique, perd le contrôle de son navire, se retrouvant dans une détresse absolue. Dans leur désespoir, les marins, se souvenant des miracles attribués à l'évêque, appellent le célèbre évêque de Myre et lui demandent son aide.
Soudain, et de manière inattendue, un homme étrange apparaît à bord du navire. Sans un mot, il prend la barre avec une assurance surnaturelle, réajuste les voiles avec une habileté divine, et reprend ainsi le contrôle du navire. La tempête, comme par miracle, commence à s'apaiser sous son influence. Mais lorsque la tempête se calme et que le navire dérive tranquillement sur l'eau, l'inconnu a mystérieusement disparu, ne laissant derrière lui que le souvenir de son intervention providentielle. Après leur arrivée saine et sauve à Myre, les marins se rendent à l'église pour remercier de leur sauvetage inespéré. C'est là qu'ils voient un tableau représentant l'évêque et reconnaissent en lui l'homme qui les a sauvés, confirmant la nature miraculeuse de leur expérience. C'est sur cette histoire que repose la légende de Saint Nicolas, patron des marins, une légende qui a traversé les siècles et les océans.
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Traditions Maritimes de la Saint-Nicolas en Europe
La vénération de Saint Nicolas, notamment dans son rôle de protecteur des marins, a donné naissance à des coutumes régionales riches et variées à travers l'Europe. Ces traditions témoignent de la profondeur de son impact culturel et religieux, particulièrement dans les communautés liées à la mer.
En Allemagne, le lien entre Saint-Nicolas et la navigation reste avant tout un motif culturel profondément ancré. Dans les régions côtières, il est fermement considéré comme le saint patron des marins. Des coutumes régionales, telles que l'installation de petits bateaux en papier le jour de la Saint-Nicolas, font partie intégrante de la tradition, un geste symbolique pour honorer le protecteur des navigateurs. De plus, certaines églises le long des côtes de la mer du Nord et de la Baltique, comme celles de Fehmarn ou de Helgoland, portent fièrement son nom, renforçant son association avec le monde maritime. Les sauveteurs en mer eux-mêmes font référence à cette tradition à l'occasion de la Saint-Nicolas, allant parfois jusqu'à arborer un personnage sur leurs canots de sauvetage, bien entendu représenté avec un gilet de sauvetage, une touche moderne à une légende ancienne.
Aux Pays-Bas, la signification maritime de Saint-Nicolas, connu sous le nom de Sinterklaas, est particulièrement évidente et célébrée avec une ferveur unique. Son arrivée, l'un des moments les plus attendus de l'année, se fait traditionnellement par bateau. Chaque année, des milliers d'enfants et de familles se rassemblent, impatients d'assister à son arrivée spectaculaire dans différents ports. L'idée que Saint Nicolas arrive d'Espagne à bord d'un bateau à vapeur fait partie intégrante du récit néerlandais et marque le début officiel des festivités. Après l'accostage du navire, les festivités continuent avec un grand défilé à travers la ville. Saint Nicolas est alors monté sur un cheval blanc, accompagné de groupes de musique entraînants et de ses assistants, les Zwarte Pieten. La parade d'Amsterdam est particulièrement impressionnante, comptant parmi les plus grands événements de ce type et étant retransmise en direct à la télévision depuis des décennies, soulignant l'importance culturelle de cet événement. La référence à la mer, par laquelle commence le récit et la célébration, reste aujourd'hui encore une caractéristique centrale de la tradition néerlandaise, une illustration vivante de son lien indéfectible avec la navigation.
En Grèce aussi, les festivités de Noël sont étroitement liées à la navigation et à la figure de Saint Nicolas. Dans de nombreuses régions du pays, un bateau décoré remplace le sapin de Noël traditionnel. Cette coutume charmante est née autrefois dans les familles de marins, qui confectionnaient de petits bateaux comme un signe d'espoir pour le retour sain et sauf de leurs proches partis en mer. Aujourd'hui encore, on les voit sous les formes les plus diverses : comme modèles réduits délicats dans les appartements familiaux, comme décorations imposantes sur les places publiques des villes et villages, ou comme d'éclatantes installations lumineuses dans les ports et les marinas, illuminant le paysage hivernal. Cette tradition perpétue l'hommage à Saint Nicolas et rappelle l'importance de la mer dans la vie grecque.
Enfin, en Italie, et plus spécifiquement dans la ville portuaire de Bari, la vénération de Saint Nicolas prend une forme particulière, intimement liée au transfert de ses reliques. L'arrivée de ses ossements à Bari au 11e siècle est aujourd'hui encore l'occasion d'une fête de plusieurs jours, célébrée chaque année début mai avec une grande solennité et une ferveur populaire. Cette fête comprend des processions religieuses grandioses à travers la ville. Au cours de ces célébrations, une statue de Saint-Nicolas est transportée solennellement à travers le port sur un bateau, un spectacle à la fois émouvant et impressionnant, très apprécié des touristes et des habitants. Cette procession maritime est un rappel puissant du rôle de Saint Nicolas comme protecteur des voyageurs et des marins.