L'Art de la Navigation : Une Odyssée de Quatre Jours et les Enseignements de Voile Mercator

La mer, vaste et imprévisible, offre des aventures inoubliables à ceux qui osent s'y aventurer. Qu'il s'agisse d'une traversée de longue haleine ou d'une exploration côtière, chaque navigation est une leçon, une épreuve et une récompense. Cet article plonge au cœur d'une navigation exigeante de quatre jours, reliant les fjords norvégiens aux côtes néerlandaises, tout en explorant les fondamentaux, les défis et les joies de la voile, notamment à travers les enseignements et les opportunités offertes par des entités comme Voile Mercator et des infrastructures telles que la Jachthaven Mercator. L'univers de la voile est un mélange de passion, de technique et de préparation, où l'expérience de skippers chevronnés, la robustesse d'un voilier comme Papa Charlie et la minutie des préparatifs sont essentielles.

L'Appel du Large : Préparation et Premiers Milles

Le début de toute grande aventure maritime est souvent marqué par une préparation méticuleuse et une bonne dose d'anticipation. Pour ceux qui débutent dans le monde de la voile, Voile Mercator offre une introduction idéale. L'apprentissage commence par des notions de base et une familiarisation avec le voilier. Les nouveaux venus apprendront comment hisser les voiles et comprendre les principes fondamentaux du vent et de la navigation. Le choix du voilier est crucial pour une expérience de navigation réussie. Il est important de considérer la taille, le type et la capacité du voilier en fonction des besoins spécifiques. Voile Mercator propose une gamme de voiliers adaptés à différents niveaux de compétence et d'expérience. Avant de prendre la mer, une préparation minutieuse est essentielle. Voici une liste de vérifications à effectuer : inspection du voilier, vérification des équipements de sécurité et consultation des prévisions météorologiques.

Pour notre équipage, le voyage vers la Norvège, point de départ de notre traversée, s’est avérée une expérience chaotique et particulièrement désagréable, avec un arrêt sprinté à Amsterdam avant d'arriver à Stavanger. Une fois à destination, l'équipage rejoignait Julien, qui avait déjà rempli le fond de cale de victuailles pour la traversée. Le bateau, un Oceanis 40 nommé Papa Charlie, était amarré dans la petite marina de Børevigå, à quelques centaines de mètres du centre-ville de Stavanger et à côté du musée du pétrole. Dans ce type de marina, ne cherchez pas de maître du port, il n’y en a pas ; on paie via l’application GoMarina et on reçoit le code d’accès aux sanitaires. La mission pour la semaine était simple : ramener Papa Charlie de Norvège jusqu’en Zélande, un trajet de 480 milles nautiques (environ 900 km) en ligne droite. Soit 4 jours de navigation si les cieux étaient cléments, un objectif ambitieux qui nécessitait une équipe chevronnée. Philippe, qui skippe régulièrement le bateau, est un marin de grande expérience, accompagné de Julien et Thibaut, des habitués. Après un petit briefing à bord, l'équipage s'est dégourdi les jambes dans Stavanger. La ville, troisième de Norvège, était calme pour un samedi après-midi, sans bateau de croisière amarré ce jour-là, et est apparue plus sympa que Bergen, plus authentique et moins touristique. La soirée s'est conclue par un apéro à bord, suivi de currys et butter chicken chez Zouq, un restaurant pakistanais prisé.

Un autre projet de convoyage, celui de l’Etap 39 Urga, depuis la Belgique vers la Norvège, est également prévu sur une période de 7 jours (avec de la marge) pour faire presque 500 milles nautiques. Un faux contact dans le relais électrique pour les instruments de navigation a occupé les premières heures à bord de Urga un vendredi après-midi. Stijn a pris le problème à bras le corps et en a profité pour programmer l’AIS avec son ordinateur, les identifiants venant d'être reçus. Le samedi matin, après avoir par hasard découvert l’origine du faux contact, les amarres ont été larguées à l’heure prévue - 11 heures - sous le regard des parents de Stijn venus saluer. Ce type de voyage débute souvent par de longues heures au moteur, et ce fut le cas pour Urga, avec 6 heures de moteur prévues. Ces récits soulignent l'importance des compétences techniques et de la résilience de l'équipage face aux imprévus, des qualités primordiales que Voile Mercator cherche à développer chez les navigateurs.

La Vie à Bord : Rythme, Manœuvres et Rencontres Inattendues

La vie en mer est une immersion constante, où le rythme des vagues et les caprices du vent dictent chaque mouvement. Réveil 7h en ce dimanche, les amarres de Papa Charlie ont été larguées à 8h15, tandis que le Queen Mary II, bateau de croisière mythique de la compagnie Cunard, s’amarrait au centre-ville. Jusqu’à midi, la légère brise venant du large n’était pas suffisante pour progresser à la voile ; le bateau a donc buté contre le relief de la côte, nécessitant l'usage du moteur. Les premières 36 heures de cette navigation se sont avérées très favorables. Le vent d’ouest variait entre 8 et 15 nœuds, et Papa Charlie avançait entre 5 et 8 nœuds, permettant à l'équipage de s'impatienter de voir les plateformes pétrolières promises. La navigation s'est poursuivie pendant de longues heures sous gennaker, au portant, au soleil sur une mer plate. Cette grande voile de portant a été affalée par précaution lorsque la nuit est tombée. Au menu du midi : pâtes brocoli chèvre gruyère. La première nuit fut noire. La lune pleine et orangée a disparu très tôt, et le bateau a avancé dans l’obscurité totale. Puis, enfin, est apparue une première plateforme, ressemblant à un sapin de Noël avec toutes ses lampes et sa torchère au sommet. À l’AIS (Automatic Identification System), un système qui permet aux bateaux de partager leur position, cap et vitesse via les ondes VHF, l'équipage a pu voir quatre bateaux stationnés autour. Papa Charlie a continué sa route rectiligne.

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La journée du lundi a été rythmée par le passage de grains. Les grains - nuages monstres - visibles à l’horizon s’approchaient lentement avant de surgir subitement. Le vent montait de 10 à 20 nœuds et forçait à manœuvrer. On réduisait la puissance de la grand-voile en lâchant le hâle bas et choquant l’écoute. Le génois était enroulé de quelques tours. Enfin, on abattait d’une vingtaine de degrés pour réduire le vent apparent. Les trois grains du jour ont arrosé l'équipage mais sont passés facilement. À midi, poulet courgette quinoa, et le soir, poulet courgette pâte pesto. Le vent s’est écroulé à la fin de cette deuxième journée, et la soirée et la nuit se sont passées au moteur. Julien et Philippe ont fait quelques tentatives d’avancer à la voile, mais sans résultat autre que de réveiller le quart qui se reposait. À minuit, Thibaut et l'auteur de ces lignes sont montés sur le pont. La lune était beaucoup plus haute que la nuit précédente, un véritable spot qui se réfléchissait sur la mer. Vers deux heures du matin, la lune a disparu, et les étoiles ont brillé d’autant plus par cette nuit sans nuages. Depuis le départ, de nombreuses manœuvres à la voile (hisser, affaler, dérouler, enrouler) avaient été effectuées, mais l'équipage n’avait pas encore viré ou empanné de bord, c’est-à-dire que les voiles étaient, et resteraient jusqu’aux Pays-Bas, à bâbord.

Pour naviguer efficacement sur un catamaran ou un monocoque, il est crucial de maîtriser les bases de la navigation à voile. Participer à des cours dans une école de nautisme peut être très bénéfique. Il est recommandé de naviguer avec une personne expérimentée, de toujours garder un œil sur la météo marine et d'apprendre à ajuster les voiles en fonction du vent. La sécurité doit toujours être une priorité. Il est essentiel de porter toujours un gilet de sauvetage, de vérifier régulièrement l'équipement de sécurité et d'être prêt à affronter des conditions météorologiques changeantes. La nuitée à bord d'un voilier est une expérience unique. Vous aurez l'opportunité de participer activement aux manœuvres de navigation. Sous la tutelle de votre capitaine, vous apprendrez les rudiments de la navigation à voile, une compétence précieuse pour tout marin en herbe. Les principaux types de voiles et instruments que vous pourriez rencontrer à bord incluent la grand-voile, le génois, le spi pour la navigation au portant, le compas et le GPS pour la navigation, et le sondeur pour mesurer la profondeur de l'eau. Ces connaissances fondamentales sont partagées par Voile Mercator, garantissant que chaque marin est bien préparé.

Le monde de la navigation moderne ne se limite pas à la voile pure. La présence continue de plateformes gazières et pétrolières tout au long du parcours rappelle l'importance stratégique de la Mer du Nord. L'équipage s'est accroché, subissant les désagréments de la houle et la fatigue. Mercredi, la mer s'est calmée progressivement, redonnant confiance et plaisir à la navigation. Pendant le quart du matin (8h-13h), Luc et le narrateur ont repris des forces et mangé abondamment. Luc a préparé du café, et une omelette a été dégustée avec du saucisson et un bloc de fromage. Quand Nico et Stijn ont émergé, Luc est descendu faire une sieste. Comme prévu, le vent a molli et a tourné au sud, le bateau gîtant de moins en moins. La belle journée a été célébrée par un petit apéro, et un quinoa légumes a été préparé pour le soir, échappant ainsi aux pâtes sardines suggérées par Nicolas.

Les Enjeux de la Co-navigation et la Préparation Extrême

L'apprentissage auprès d'un mentor expérimenté est crucial pour acquérir des compétences pratiques en navigation. Vérifier la météo marine, choisir un itinéraire adapté et prévoir les équipements nécessaires sont des étapes clés partagées par les associations de voile. Les récits de ceux qui ont partagé leur voyage en mer révèlent souvent des leçons précieuses sur la dynamique de groupe et l'adaptation aux situations imprévues. Ces témoignages offrent un aperçu authentique de ce que c'est que de naviguer avec des inconnus ou des amis et comment ces expériences peuvent transformer les relations. Naviguer avec des partenaires implique plus que de simples compétences nautiques ; cela nécessite une compréhension et un respect mutuels. Il est essentiel d'établir des règles claires dès le début, de communiquer ouvertement et régulièrement, et d'être flexible et patient avec les autres. Ces conseils peuvent aider à prévenir les malentendus et à assurer une expérience agréable pour tous les participants. La préparation d'une traversée de l'Atlantique en co-navigation, par exemple, est une entreprise majeure qui nécessite une planification minutieuse : choix du bateau adapté aux besoins de l'équipage, planification de l'itinéraire et des escales, et préparation des provisions et du matériel de sécurité. Voile Mercator encourage ces pratiques pour des voyages réussis, quel que soit le niveau d'expérience.

Au matin du troisième jour, le vent est entré du sud-ouest, et le bateau a entamé un long bord de près. La gîte a usé les organismes. Manger, s'habiller, se déplacer ; toutes ces choses anodines étaient compliquées. À midi, le narrateur a préparé un risotto saucisse petits pois lentilles, étonnamment le premier repas préparé par lui, l’équipage ayant bien assuré jusqu’ici. La journée a suivi son cours tranquille au rythme des variations de vents, et l'équipage est passé - enfin - près d’énormes et nombreuses plateformes gazières. La troisième nuit fut éreintante. Un front chaud est arrivé, enchaînant des grains nettement plus violents que la veille. Ces immenses nuages déversaient des torrents d’eau. Le vent passait de 5 à 30 nœuds en quelques secondes, de rien à tout. L'équipage réduisait puis renvoyait de la voile toutes les trente minutes. La mer désordonnée faisait danser, sauter, valdinguer dans tous les sens. Après trois plats à la sortie d’une vague, Philippe a changé la couchette avant pour la couchette stratégique et confortable à l’arrière tribord. Le narrateur est resté à la barre pendant trois bonnes heures, l’adrénaline empêchant toute possibilité de dormir, tout son corps étant tendu et crispé. Il y avait beaucoup trop de lumières non identifiées à l’horizon, et de nouveaux grains se devinaient dans la nuit noire car très nuageuse. Après le front, le vent a « pris de la droite », il a tourné de SW à WNW (sud-ouest à ouest-nord-ouest). Le bateau s’est retrouvé au portant et a commencé à foncer.

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Ces conditions de navigation complexes exigent non seulement des compétences techniques mais aussi une forte cohésion d'équipage. Pour notre dernière nuit en mer, l'équipage a alterné entre moteur et voile. Le vent a tourné en quelques minutes du sud au nord. La dépression approchait, et il restait une vingtaine de milles jusqu’à l’entrée de Stavanger. Au matin, la brume limitait la visibilité à 500m. Un cargo en route pour les Féroé a été repéré à l’AIS ; il a changé son cap pour éviter le voilier, passant à 1 mille nautique (1.852 mètres) derrière, sans même être visible. Luc s’est éclaté à la barre, au près de nouveau. Papa Charlie fonçait à 8 nœuds. Le vent forçait déjà, et un ris a été pris dans la grand-voile. À 4h, l'équipage du quart s'est retiré pour dormir alors que la bouée ouest (9 éclats toutes les 15 secondes) signalant l’entrée du chenal était en vue. Deux virements de bord plus tard, l’autre quart a allumé le moteur et est remonté face au vent dans le fjord de Stavanger. À 8h, le bateau a enroulé la pointe en même temps qu’un paquebot de croisière géant. Les voiles ont été hissées, et cette belle navigation s'est terminée au portant. Le bateau s'est amarré au centre-ville. Des hordes de touristes allemands débarqués du paquebot sillonnaient la ville. L'équipage, fatigué mais avec le sentiment du devoir accompli, a marqué la fin de cette étape mémorable.

L'Arrivée en Zélande et la Complexité des Eaux Côtières

Au matin, après la tempête de la nuit, l'équipage était un peu groggy, mais il n'y avait pas de temps à perdre : la côte hollandaise était toute proche, et elle est piégeuse à cause de son trafic dense et de ses zones interdites. Vers 8h, au moment où le narrateur sortait de sa couchette, quatre bateaux commerciaux passaient derrière, faisant route vers Ijmuiden (Amsterdam). Avec le courant favorable, Papa Charlie traçait à 9 nœuds entre Amsterdam et Rotterdam. Ce qui était surprenant, c'étaient encore et toujours des plateformes gazières, cette énergie du passé contrastant fortement avec les milliers d’éoliennes construites et encore en développement qui jalonnaient l'horizon. Grâce à la vitesse élevée du voilier, les chenaux d’entrée du port de Rotterdam ont été franchis sans encombre. Des centaines de navires étaient à l’ancre, vides, attendant leur prochaine cargaison. Après Rotterdam, il restait une vingtaine de milles jusqu’à l’écluse du Roompot puis l’Oosterschelde jusqu’à Wemeldinge. L'équipage s'est détendu et a grignoté sur l’heure de midi, pensant que le plus dur était derrière eux.

Cependant, la mer réserve toujours des surprises. Le courant s’est inversé, faisant passer le bateau de 9-10 nœuds à 6-7 nœuds. Le vent contre le courant a fait lever la mer, rendant la navigation plus difficile. Le chenal jusqu’à l’écluse s'est avéré beaucoup plus étroit, long et piégeux que dans les souvenirs, avec 10 milles nautiques à serpenter entre des bouées peu visibles. À 16h, le bateau est arrivé devant l’écluse. Un problème s'est posé : la marée était trop haute, et la hauteur libre en dessous du pont était insuffisante pour laisser passer le mât de 19 mètres au-dessus de l’eau. En attendant, l'équipage a grignoté les restes du frigo : fromage, jambon, chips, et une petite bière, avant de nettoyer le bateau. À 18h, l’éclusier (à distance), a confirmé qu’il y avait assez de place pour passer sous le pont. Il restait encore 18 milles nautiques jusqu’à Wemeldinge, mais avec 1,5 nœuds de courant contraire. Au lieu de progresser à 5-6 nœuds, le bateau se traînait à 3,5. Des grains sont réapparus au loin. Le narrateur a réfléchi tout haut à affaler la grand-voile haute et à continuer au moteur. Un magnifique nuage est apparu sur l'arrière tribord. Thibaut et Julien sont allés au pied du mât pour affaler la grand-voile quand une rafale à 35 nœuds est arrivée. Le narrateur leur a crié de s’agripper. Trente-cinq nœuds. Papa Charlie s’est couché sur son flanc tribord. Thibaut s’est tenu au mât et Julien aux filières bâbord. Philippe a réagi ensuite en choquant la grand-voile. La voile a battu dans tous les sens pendant qu’elle était descendue en catastrophe. Après le vent, la pluie et la grêle se sont abattues. Philippe s’est mis au poste de barre pour guider le bateau au moteur pendant que des trombes d’eau tombaient. Réfugié à l’intérieur, le narrateur s'est équipé pour intervenir au cas où. En arrivant à hauteur de Colijnsplaat, alors que le grain était cru passé, la foudre suivie immédiatement d’un coup de tonnerre a déchiré le ciel. Personne ne faisait le malin. Fort heureusement, cela est passé sans dégâts. Deux heures plus tard, la nuit bien entamée, le bateau est arrivé à bon port.

Ce type de navigation, avec ses hauts et ses bas, ses moments de beauté et ses défis intenses, est au cœur de ce que Voile Mercator promeut. Les premiers pas en voile, le choix du bon voilier, la préparation avant le départ, la navigation sur un catamaran avec ses avantages de stabilité et d'espace, et l'importance des techniques de navigation et de la sécurité à bord sont des thèmes essentiels. Une check-list avant d'embarquer, incluant le matériel essentiel, la surveillance de la météo marine et des conseils de sécurité rigoureux, est cruciale pour une expérience agréable et sécurisée.

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